Est-ce parce qu'elle est un monument de la littérature occidentale que La Divine Comédie est si souvent citée et cependant si peu lue ? Sans doute. Il convient donc d'ouvrir le livre. Mais la difficulté du texte n'arrête-t-elle pas le lecteur contemporain dès les premiè... > voir plus
Que peut encore dire ce vieux texte, sommet d'une culture qui meurt ? On suit un voyage mystique, chargé de visions que l'on souhaiterait, nous qui sommes passés par le cinéma d'horreur et la modernité noire, plus "dantesques". Les supplices sont décrits pour faire réellement peur. On en sourit. La montée vers Dieu est encore plus insaisissable que la descente aux enfers. Dante y croise plein de gens qui nous sont inconnus et qui incarnent les vertus d'un monde passé. Il s'approche, émerveillé, d'une lumière divine qui pour nous est pâlissante. Bref, le temps nous éloigne de ce qui, parait-il, fut un chef-d'oeuvre, et l'on est déçu de ne plus pouvoir en saisir la grandeur.
Le génie de Florence ( XIVe siècle) La force de son œuvre : le long poème écrit en tercets enchaînés décrit la traversée des enfers effectuée par l'auteur, accompagné de Virgile, jusqu'à la vision finale de la Trinité. Son influence sur le monde : Dante écrit son oeuvre en toscan. La force du texte est telle qu'elle permettra à ce dialecte de s'imposer comme langue italienne dans le pays. "La Divine Comédie" devient en quelques années l'un des plus importants témoignages culturels de la civilisation médiévale, tout en modernisant les codes stylistiques.
Il initie la pratique du commentaire de texte, de la glose littéraire et constitue une avancée artistique qui annonce la Renaissance. (source l'Internaute Livres)
Ce texte est une traduction adaptée pour un public scolaire. Mais, même simplifié pour être compris rapidement par un public novice, il me fait percevoir le poids de la religion chrétienne au XIIIe siècle. Il m'informe sur les croyances des hommes et leurs représentations des mondes (celui des vivants et celui des morts). Conte merveilleux, narration fantastique, récit d'un parcours dans le monde des morts (une traversée des Enfers, du Purgatoire et du Paradis). Cet avant goût de la grande oeuvre fondatrice de la littérature italienne est, tout compte fait très agréable, me poussant à prolonger ma découverte dans une édition intégrale.
J'ai mis ce livre par défaut car je n'ai pas trouvé la traduction que j'ai lue, je parle de celle plus proche du vieux français, plus belle, plus riche, plus étonnnate et pas aussi abstruse qu'on veut le faire croire, que l'on retrouve dans la Bibliothèque de la Pléïade. Je conseille à quiconque veut vraiement goûter à la beauté de cette oeuvre monumentale cette traduction, qui vous fera paraître celle dite "grand public" comme totalement fade et dénuée d'intrêt.
Comme vous vous en doutez, un roman qui date de 1308 ne se lit pas comme un Harry Potter. Il faut donc bien se concentrer pour comprendre la terrible histoire de Dante qui va, en sorte, faire une visite guidée des enfers. Après avoir lu, je me rends compte que je manque cruellement de culture antique et médiévale latine. Lorsque Dante évoque Hélène et Paris, je me sens à l'aise mais lorsqu'il parle de ses contemporains, je suis totalement perdue. Malgré ça, j'ai vraiment apprécié cette oeuvre. J'avais très peu de connaissance de L'Enfer pour les chrétiens de l'époque. Je savais à peine qu'il y avait différents cercles. Ma culture s'est donc enrichie et rien que pour ça, je suis vraiment très contente d'avoir lu ce livre.
Jamais un lierre ne serra de si près
un arbre, que cette horrible bête
n'entortilla ses membres à ceux de l'autre;
ensuite ils se collèrent, comme s'ils avaient été
de cire chaude, en mêlant leurs couleurs;
ni l'un ni l'autre ne semblait plus ce qu'il était:
tout comme s'avance, poussée par la chaleur,
sur le bord du papier une couleur brune,
qui n'est pas encore noire, et où le blanc meurt.
Les deux autres damnés regardaient, en criant:
"Hélas, Agnel, comme tu changes!
Voici que tu n'es plus ni deux ni un!"
Déjà les deux têtes n'en formaient plus qu'une,
quand deux figures mêlées y apparurent
en une face où toutes deux étaient perdues.
Au milieu du chemin de notre vie, ayant quitté le chemin droit, je me trouvai dans une forêt obscure. Ah ! qu’il serait dur de dire combien cette forêt était sauvage, épaisse et âpre, la pensée seule en renouvelle la peur, elle était si amère, que guère plus ne l’est la mort ; mais pour parler du bien que j’y trouvai, je dirai les autres choses qui m’y apparurent.
Comment j’y entrai, je ne le saurais dire, tant j’étais plein de sommeil quand j’abandonnai la vraie voie, mais, arrivé au pied d’une colline, là où se terminait cette vallée qui de crainte m’avait serré le cœur, je levai mes regards, et je vis son sommet revêtu déjà des rayons de la planète qui guide fidèlement en tout sentier, alors la peur qui jusqu’au fond du cœur m’avait troublé durant la nuit que je passai avec tant d’angoisse fut un peu apaisée.
Et comme celui qui, sorti de la mer, sur la rive haletant se tourne vers l’eau périlleuse, et regarde ; ainsi se tourna mon âme fugitive pour regarder le passage que jamais ne traverse aucun vivant.
Lo duca mio di sùbito mi prese,
come la madre ch'al romore è desta
e vede presso a sé le fiamme accese,
Mon guide me prit aussitôt dans ses bras,
comme une mère éveillée par le bruit
prend son enfant et fuit sans s'arrêter,
ayant plus soin de lui que d'elle,
à peine vêtue d'une seule chemise ;
sur le dos, du haut de la dure falaise,
il se laissa glisser sur le rocher en pente
qui ferme un des côtés de l'autre bolge.
Jamais l'eau ne coula si vite par un canal
pour faire tourner sur terre une roue de moulin
quand elle approche le plus près de ses aubes.
O voi che siete in piccioletta barca .. O vous qui êtes en une petite barque, désireux d'entendre, ayant suivi mon navire qui vogue en chantant, retournez revoir vos rivages, ne gagnez par le large, car peut-être en me perdant vous seriez égarés. L'eau que je prends n'a jamais été parcourue