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ISBN : 2080712160
Éditeur : Flammarion (2004)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 231 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Peut-on encore aujourd'hui aimer Francesca, être troublé par Ugolino, trembler aux tourments des damnés de la Comédie ? L'Enfer de Dante, poétique et médiéval, n'a-t-il pas pâli irréparablement auprès des Enfers tout proches, et actifs, que notre époque n'a pas encore f... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 13 juin 2013

    olivberne
    Divine, oui, comédie, pas vraiment! On touche au divin dans ce roman, qui raconte le voyage de Dante aux enfers puis au paradis, où il va côtoyer tous les hommes illustres de son époque, mort de toutes les manières, certains attendant en enfer, d'autres heureux au paradis. On ne rit pas vraiment, on est plutôt effaré de toutes ces morts suspectes et de beau pays qu'est Le Paradis.
    Il faut avoir un bon appareil critique pour comprendre qui sont tous ces Florentins, Génois ou Vénitiens, mais petit à petit, on d'habitue à cette longue énumération, à ces visages et on est impressionné par la construction du récit, toute en rapport avec les cercles concentriques des enfers et du paradis.
    Dante n'est pas totalement novateur, il reprend L'Enéide de Virgile mais il ne fait pas que l'imiter, il lui donne une dimension chrétienne et mystique.
    Il y a des descriptions merveilleuse et l'amour pour Béatrice semble intemporel.
    D'autres s'y sont essayé, on pourrait faire une divine comédie pour chaque siècle de notre ère, mais peu arriveront au génie de Dante, à la qualité et la complexité de ce texte.
    C'est long mais c'est un incontournable de la littérature mondiale.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lismonde, le 05 février 2014

    Lismonde
    Mettre une "note" à Dante, et puis quoi encore !
    autant "noter" la Joconde, le David ou la Passion selon Saint Matthieu !
    La Divine comédie est un monument littéraire qui traverse huit siècles d'histoire pour avoir (notamment ) contribué à la formation de la langue italienne - qui peut prétendre la "noter" ?
    Sur les parterres qui sont devant le Collège de France, il y a deux sculptures d'un côté Ronsard et de l'autre Dante lui-même qui a même une grande rue à son nom un peu plus bas vers la Seine !
    Après, qu'on choisisse d'entrer ou non dans La Divine Comédie, c'est affaire personnelle !
    J'ajoute à cette première réaction d'humeur, très anecdotique, que toute personne s'intéressant de près à la littérature et à ce qu'elle peut inspirer de plus sublime doit avoir lu la Divine Comédie au moins une fois dans sa vie -
    (question : faut-il attendre la maturité pour en apprécier pleinement toute la dimension vitale, métaphysique et spirituelle ? je me suis aussi posé la question mais je n'ignore pas "la valeur n'attend pas le nombre des années", non plus que les tourments spirituels ou métaphysiques ! ).
    La Divine Comédie emporte le lecteur dans un immense voyage initiatique, avec un tel souffle et une telle ampleur que personne n'en revient indemne :
    "Nel mezzo del cammin di vita nostra/
    mi ritrovai per una selva oscura /
    che la diritta via era smarrita ..... ,

    Ce milieu du chemin de la vie où l'on ne sait plus comment se diriger dans la forêt obscure, chacun peut l'éprouver, c'est ce moment où la vie semble basculer comme elle bascula pour Dante lui-même, par suite d'un sérieux revers dans son combat politique - "Guelfe blanc", il luttait pour une plus grande autonomie de la ville de Florence par rapport au pape (Boniface VIII, souvent cité) - alors que ses ennemis politiques les Guelfes noirs prennent le pouvoir, il se retrouve menacé de mort, chassé de Florence et privé de tous ses biens, il doit prendre le chemin d'un exil définitif (1)
    Certes, certains passages pourront paraitre obscurs à un lecteur français car truffés de références à des familles ou factions toscanes et autres avec lesquelles Dante continue à règler ses comptes jusqu'au sein du "Paradis" .
    Au delà des identités évoquées, cet enracinement dans la vie concrète contribue à rendre plus proche, plus réel encore ce voyage dans l'univers, le temps et l'histoire, où Dante commence par explorer les neuf cercles d'un enfer où Lucifer est pris dans la glace.
    Conduit par Virgile lui-même, et au Paradis par Béatrice, archétype de la femme aimée, il explore les confins de vie et de la mort , d'un façon souvent haletante (le rythme impulsé par la "terza rima" en italien) et il rencontre une foule de personnages, par exemple Ulysse l'avisé, avec ses compagnons, qui leur enseigne 'qu'ils ne sont pas faits pour vivre comme des bêtes, mais pour suivre vertu et connaissance" -
    "Considerate la vostra semenza
    fatti non foste a viver come bruti
    ma per seguir virtute e conoscenza"
    Si ces questions vous habitent, plongez vous sans attendre dans cette grande quête de cet Amour à dimension mystique qui est pour Dante (vers ultime du Paradis)
    '"l'amor che move il sole e l'altre stelle" - "
    L'amour qui meut le soleil et les autres étoiles".

    P.Lismonde
    Aux lecteurs français, je ne saurais trop recommander la magnifique traduction (7 ans de travail) établie par Jacqueline Risset en 3 volumes pour les éditions Flammarion
    voir cette critique aussi sur le livre qu'elle a auusi consacré à Dante
    http://wodka.over-blog.com/article-12487295.html
    (1) Non seulement Dante finalement établi à Ravenne n'est jamais revenu à Florence, mais la ville de Ravenne a toujours refusé de restituer ses cendres à Florence. Une sépulture vide l'attend depuis plusieurs siècles dans l'église de Santa Croce où sont enterrés tous les grands florentins Michel Ange, Galilée ou même Machiavel - Pour se consoler sans doute, les Florentins ont fait ériger une statue de Dante en pied à l'entrée de l'église.



    Lien : http://www.babelio.com/auteur/Jacqueline-Risset/92887
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    • Livres 5.00/5
    Par isajulia, le 22 février 2013

    isajulia
    Quelle merveilleuse trilogie! Ces livres m'ont touchée au plus profond du coeur. Dante nous emmène dans un cheminement hors du commun,celui de l'âme en quête de compréhension et de perfection divine.J'ai adoré!

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    • Livres 2.00/5
    Par vincentf, le 23 août 2011

    vincentf
    Que peut encore dire ce vieux texte, sommet d'une culture qui meurt ? On suit un voyage mystique, chargé de visions que l'on souhaiterait, nous qui sommes passés par le cinéma d'horreur et la modernité noire, plus "dantesques". Les supplices sont décrits pour faire réellement peur. On en sourit. La montée vers Dieu est encore plus insaisissable que la descente aux enfers. Dante y croise plein de gens qui nous sont inconnus et qui incarnent les vertus d'un monde passé. Il s'approche, émerveillé, d'une lumière divine qui pour nous est pâlissante. Bref, le temps nous éloigne de ce qui, parait-il, fut un chef-d'oeuvre, et l'on est déçu de ne plus pouvoir en saisir la grandeur.
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  • Par yann-frat, le 13 avril 2010

    yann-frat
    Je voulais absolument lire ce chef d'œuvre séminal dont tout le monde parle sans vraiment le connaitre (L'Enfer de Dante, les sept cercles de L'Enfer sont ici).
    Et effectivement c'est une écriture sublime, un poil incompréhensible du fait des milliards de clin-d'œils que fait Dante à la politique de son temps... Mais une écriture qui vous porte et vous emmène facilement du fond du désespoir vers l'amour absolu.
    Je n'ai pas encore lu "le paradis" que je garde "en réserve", que je veux lire calmement...
    Mais pour moi c'est une lecture qui fait ré envisager la lecture.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Maxime Rovere pour le Magazine Littéraire

    Ne soyez pas impressionné(e)s : rien ne vous sépare de l’un des plus grands poèmes de l’humanité. Au contraire, s’il est grand, c’est qu’il tient sa force ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)

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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 29 octobre 2010

    Au milieu du chemin de notre vie, ayant quitté le chemin droit, je me trouvai dans une forêt obscure. Ah ! qu’il serait dur de dire combien cette forêt était sauvage, épaisse et âpre, la pensée seule en renouvelle la peur, elle était si amère, que guère plus ne l’est la mort ; mais pour parler du bien que j’y trouvai, je dirai les autres choses qui m’y apparurent.

    Comment j’y entrai, je ne le saurais dire, tant j’étais plein de sommeil quand j’abandonnai la vraie voie, mais, arrivé au pied d’une colline, là où se terminait cette vallée qui de crainte m’avait serré le cœur, je levai mes regards, et je vis son sommet revêtu déjà des rayons de la planète qui guide fidèlement en tout sentier, alors la peur qui jusqu’au fond du cœur m’avait troublé durant la nuit que je passai avec tant d’angoisse fut un peu apaisée.

    Et comme celui qui, sorti de la mer, sur la rive haletant se tourne vers l’eau périlleuse, et regarde ; ainsi se tourna mon âme fugitive pour regarder le passage que jamais ne traverse aucun vivant.
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  • Par Nastasia-B, le 13 avril 2013

    Nous entrâmes dans un bois
    où nul sentier n'était tracé.
    Ses feuilles n'étaient pas vertes, elles étaient sombres ;
    ses branches n'étaient pas droites, mais nouées et tordues ;
    il n'avait pas de fruits, mais des épines empoisonnées.
    (...)
    J'entendais partout des lamentations
    et ne voyais personne qui pût les faire ;
    aussi je m'arrêtai tout éperdu.
    Je crois qu'il crut que je croyais
    que toutes les voix sortaient, entre ces branches,
    de gens qui se cachaient à nous.
    (...)
    Alors je tendis un peu la main devant moi
    et cueillis un rameau d'une grande ronce ;
    son tronc cria : " Pourquoi me brises-tu ? "
    Et quand il fut tout noir de sang,
    il se remit à dire : " Pourquoi me déchires-tu ?
    N'as-tu en toi nul esprit de pitié ?
    Nous fûmes hommes, et nous sommes broussailles :
    ta main devrait nous être plus bienveillante,
    même si nous étions âmes de serpents. "
    (...)
    ainsi du bois brisé sortaient à la fois
    des mots et du sang ; moi je laissai la branche
    tomber, et restai là, saisi de crainte.

    L'ENFER, chant XIII.
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  • Par Nastasia-B, le 27 avril 2013

    Parmi cet amas repoussant et sinistre
    couraient des gens nus et pleins d'épouvante,
    sans espoir de refuge ou d'héliotrope :
    les mains liées derrière le dos par des serpents
    qui leur dardaient aux reins leurs queues
    et leurs têtes, et se nouaient par-devant.
    Soudain sur un damné qui était près de nous
    un serpent se jeta, qui le transperça
    à l'endroit où le cou se rattache à l'épaule.
    En moins de temps qu'on écrit O ou I
    il s'alluma, et il brûla,
    puis il tomba tout entier en cendres ;
    et quand il fut à terre ainsi détruit,
    la poussière se rassembla d'elle-même
    et recomposa la forme précédente.

    L'ENFER, Chant XXIV, (91-105).
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  • Par Nastasia-B, le 15 avril 2013

    Les rives étaient encroûtées de moisi,
    car les relents d'en bas s'y empâtent,
    offensant à la fois les yeux et l'odorat.
    (...)
    Nous vînmes là ; et de là dans la fosse
    je vis des gens plongés dans une fiente
    qui semblait tirée des latrines humaines.
    Et comme des yeux je scrutais le fond,
    j'en vis un à la tête si souillées de merde
    qu'on ne comprenait pas s'il était laïc ou bien clerc.
    Il me cria : " Pourquoi es-tu donc si friand
    de me regarder moi, plus que tous ces affreux ? "
    Et moi à lui : " Parce que, si je m'en souviens bien,
    je t'ai déjà vu avec les cheveux secs :
    tu es Alessio Interminei de Lucques ;
    c'est pourquoi je te reluque plus que les autres. "
    Et lui alors, en se battant la courge :
    " Dans ce fond m'ont noyé les flagorneries
    dont ma langue n'était jamais lassée. "
    Alors mon guide : " Tâche donc, me dit-il,
    de porter tes regards un peu plus loin,
    pour que tes yeux atteignent bien la face
    de cette souillon échevelée
    qui se griffe là de ses ongles merdeux,
    et tantôt s'accroupit et tantôt se redresse.

    L'ENFER, chant XVIII.
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  • Par hupomnemata, le 22 octobre 2011

    Mais, d'animal comme on devient enfant,
    Tu ne le sais encor; et c'est ici le point
    Qui fit errer, jadis, un plus savant que toi,

    Parce qu'en sa doctrine il avait séparé
    La faculté de comprendre de l'âme,
    Ne la voyant logée en nul organe.

    Ouvre ton coeur: voici la vérité.
    Apprends-le donc: sitôt que le cerveau
    Dans le foetus la structure est parfaite,

    Vers lui se tourne, heureux d'un tel chef-d'oeuvre,
    Notre premier Moteur, qui lui inspire alors
    Une âme neuve, et de vertu si riche

    Qu'elle se substitue à tout ce qu'elle trouve
    D'actif dans le foetus, et devient l'âme unique
    Qui vit, qui sent, et se reflète en soi.

    Mais, pour que moins t'étonnent mes paroles,
    Songe qu'unie à la sève des vignes
    Se change en vin la chaleur du soleil.

    Quand Lachésis a filé tout son lin,
    Séparée de son corps, l'âme emporte avec soi,
    Dans sa vertu, l'humain et le divin:

    Les basses facultés presque inertes demeurent;
    Mais volonté, mémoire, intelligence
    Bien plus qu'avant sont, en acte, subtiles.

    Sans plus tarder, l'âme choit, par miracle,
    Spontanément, à l'une des deux rives;
    Elle y apprend, d'abord, qu'elle est sa voie.
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