La première édition de La question, d'Henri Alleg fut achevée d'imprimer le 12 février 1958. Des journaux qui avaient signalé l'importance du texte furent saisis. Quatre semaines plus tard, le jeudi 27 mars 1958 dans l'après-midi... > voir plus
Court mais intense, avec un ton sec et bref, ce livre autobiographique n'est ni plus ni moins que le témoignage d'Henri Alleg, journaliste clandestin arrêté en 1957 à Alger. C'est après son transfert dans la prison civile d'Alger, qu'il écrira La question, en y retraçant sa période de détention et les sévices qu'il y subit, alors en pleine guerre d'Algérie.
Henri Alleg nous transporte dans l'enfer de la torture, sans nous en épargner les détails. On serre les dents à la lecture de certains passages, certaines scènes qui nous plongent dans l'horreur, la douleur, l'humiliation, la saleté, l'obscurité. On admire Alleg pour la force de sa volonté, son courage, sa résistance aux supplices qu'il subit. On trépigne de haine face à certains personnages abjects, qui ne trouvent leur bonheur que dans la souffrance des autres. Et pourtant, on garde espoir, face à tant de noirceurs, quand Henri Alleg croise, lors de son séjour à El Biar, des hommes que la torture répugne et qui tentent de l'aider du mieux qu'ils le peuvent. Mais, c'est aussi la renommée d'Henri Alleg qui les pousse à agir ainsi. Qu'ont-ils fait pour les autres, les algériens, femmes et hommes, torturés ?
Il y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté. J'ai côtoyé, durant ce temps, tant de douleurs et tant d'humiliations que je n'oserais plus parler encore de ces journées et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut être utile, que faire connaître la vérité c'est aussi une manière d'aider au cessez-le-feu et à la paix. Des nuits entières, durant un mois, j'ai entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours dans ma mémoire.