> Michel Lebrun (Traducteur)

ISBN : 2757813064
Éditeur : Points (2009)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Nat Ackerman est vautré sur son lit, concentré sur la lecture du Daily News.
Surgissant de la fenêtre, un personnage sinistre fait une entrée théâtrale. La Mort (car c'est elle) n'est pas d'humeur à rigoler : elle s'est coincé le talon dans la gouttière et elle a... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 24 juin 2011

    colimasson
    Puisque les films de Woody m'énervaient par certains de leurs aspects scéniques (jeu exagéré, ton moralisateur, humour pince-sans-rire trop appuyé), mais regrettant toutefois de ne pas pouvoir bénéficier seulement des piques humoristiques et cyniques de Woody, j'ai eu envie de lire un de ses livres. Au moins, je pourrais y mettre le ton que je veux sans que Woody ne vienne se la ramener trop souvent.
    Le résultat est à la hauteur de ce que j'attendais. Pour les raisons que j'ai citées, un livre de Woody est moins agaçant qu'un de ses films, mais ça ne reste pas non plus une merveille de drôlerie où l'on se poilerait en tournant chaque page.
    Chaque chapitre traite d'un thème différent (la psychanalyse, la mafia, le cinéma, les régimes…) d'une manière très inégale. Certains sont vraiment excellents, et je retiens en particulier celui concernant la philosophie. Woody Allen joue au plus bête et sans prétention, il parvient à ridiculiser les plus grands noms de l'univers de la pensée.
    Sur le temps d'un chapitre, ce genre de disgression est vraiment délicieux ! le texte, ni trop long, ne devient pas lassant, et ni trop court, il permet quand même de savourer le développement tordu de Woody sur une douzaine de pages environ, le temps d'être bien calé mais pas au point d'en être dégoûté.
    Les introductions des chapitres en elles-mêmes sont aussi de magnifiques petites œuvres d'art grinçantes.
    Malheureusement, à côté de toutes ces petites choses goûteuses, il y a aussi de gros chapitres d'un ennui mortel. Je pense à l'histoire du vampire qui rend visite à une famille de boulangers et qui se cache dans un placard pour échapper aux rayons du soleil (c'est une parodie, ça, vraiment ?), ou au chapitre consacré à des listes de rangements de chaussettes (même si ça a l'air drôle comme ça, au bout de la quinzième liste de chaussettes du chapitre, on commence généralement à s'endormir…).
    Dans l'ensemble, la lecture de ce livre a été agréable et deux ou trois mauvais chapitres, sur la totalité du livre, ne constituent pas un obstacle insurmontable : il suffit de les oublier.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-pour-en-finir-une-bonne-fois..
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 24 juin 2011

    La cinéphilie est une maladie galopante dont la découverte est assez récente. Il est en effet curieux de constater, si l’on survole rapidement l’histoire des civilisations, qu’on ne trouve trace de cinéphilie ni chez les Perses, ni chez les Scythes, pas plus que chez les Gaulois ou les Romains. Plus proches de nous, l’époque de la Renaissance est vierge de tout symptôme cinéphilique, de même que les 15e, 16e, 17e et 18e siècles.
    C’est à n’y rien comprendre. On dirait que le premier cas de cinéphilie remonte à l’invention du cinématographe. Enfin, passons.
    Cette effroyable maladie s’attaque principalement au public dit intellectuel. Elle consiste à carrer son derrière dans une salle obscure pendant deux ou trois heures, puis ensuite à discuter pendant des mois de ce qu’on y a vu. Il y a plusieurs formes de cinéphilie. La cinéphilie exotique ou japonaise (forme bénigne), la cinéphilie gogardienne (ou infectieuse) et enfin la cinéphilie bergmanienne ou scandinave (généralement mortelle) ainsi nommée parce qu’elle est provoquée par un virus particulièrement insidieux, Ingmar Bergman. Si vous pouvez prononcer ce nom correctement, vous êtes déjà atteint. Alors, lisez vite ce qui suit, et vous serez guéri à jamais, grâce à Mr Allen.
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  • Par colimasson, le 24 juin 2011

    Le film d’horreur ou d’épouvante connaît de nos jours une vogue parfaitement inexplicable. De longues files d’attente s’étirent devant les salles où l’on projette de ces sinistres bluettes, comme si notre vie quotidienne dans les métropoles modernes n’était pas assez épouvantable. Comme si le reflet de notre visage hagard, aux traits tirés, dans le miroir matinal, ne suffisait pas à nous glacer d’effroi. Comme si la circulation de six heures du soir sur le boulevard pourriphérique était une partie de plaisir !
    Non. Le citadin moderne, menacé par la pollution, rongé par les soucis, écrasé par la fiscalité, torturé par les décibels, traumatisé par les névroses, ne trouve une détente agréable que dans la fréquentation des salles spécialisées, à la projection de Le Savant fou de l’île maudite, de Le château fou du savant maudit ou de Vous n’êtes pas franc, Kenstein !
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  • Par colimasson, le 24 juin 2011

    Je n’oublierai jamais ma réaction à cette lumineuse observation de Kierkegaard : « Tel rapport qui se rapporte à son propre rapport (c’est le cas de le dire) doit ou bien s’être constitué lui-même ou bien avoir été constitué par autre chose. »
    Ce concept me mit les larmes aux yeux. Ma parole, pensai-je, quelle habilité ! (J’appartiens à ce genre d’homme qui a du mal à aligner deux phrases cohérentes sur le thème Une journée au zoo.)
    Bien sûr, ce passage m’était rigoureusement incompréhensible, mais qu’est-ce que ça pouvait faire, du moment que Kierkegaard avait passé un bon moment ?
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  • Par colimasson, le 24 juin 2011

    « Le sandwich, lus-je, fut inventé par le comte de Sandwich. »
    Bouleversé par cette nouvelle, je la relus et fus saisi d’un tremblement involontaire. Mon esprit se mit à tournoyer à l’évocation des immenses rêves, des espoirs et des obstacles qui avaient abouti à l’invention du premier sandwich. Les yeux humides, je contemplai par la fenêtre les tours éclatantes de la Cité, et j’éprouvais un sentiment d’éternité, m’émerveillant de l’indestructible prépondérance de l’homme dans l’univers.
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  • Par colimasson, le 24 juin 2011

    Je ne crois pas en Dieu, lui dis-je. Car si Dieu existe, alors, dis-moi, mon oncle, pourquoi ce monde connaît tant de misère et de tristesse ? Pourquoi certains individus traversent l’existence sans se préoccuper des milliers de microbes acharnés à notre perte, alors que d’autres attrapent des rhumes qui durent des semaines ? Pourquoi nos jours sont-ils comptés, au lieu d’être classés par ordre alphabétique ? Réponds-moi, mon oncle. A moins que je ne t’aie choqué ?
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Woody's dumb joke about the falling whale.
Non sous-titré.








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