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ISBN : 2253038040
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 948 notes)
Résumé :
Une grande saga familiale dans une contrée qui ressemble à s'y méprendre au Chili. Entre les différentes générations, entre la branche des maîtres et celle des bâtards, entre le patriarche, les femmes de la maison, les domestiques, les paysans du domaine, se nouent et se dénouent des relations marquées par l'absolu de l'amour, la familiarité de la mort, la folie douce ou bestiale des uns et des autres, qui reflètent et résument les vicissitudes d'un pays passé en qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
KATE92
03 octobre 2012
★★★★★
★★★★★
Magnifique roman très bien écrit, avec une vraie et belle histoire.
Les personnages de temps à autre imaginaires, quelquefois très réalistes ne nous abandonnent plus et les suivre m'a été très agréable, tout comme ce voyage au Chili et la découverte de son Histoire.
Saga familiale à lire et à relire absolument.
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missmolko1
22 février 2016
★★★★★
★★★★★
Isabel Allende est une auteure que j'adore et j'ai a nouveau été conquise par ce magnifique roman qu'est "La maison aux esprits".
Elle retrace ici, une fresque familiale sur plusieurs générations. Tout commence quand Clara est enfant puis on l'a suite adulte et enfin grand-mère. Elle retrace la vie de sa famille, ses parents, son frères et soeurs, son mari, ses enfants et sa petite fille au travers le Chili qui connait des grands changements. Changement politique, car bien sur la dictature et les différents gouvernements sont en toile de fond, mais on découvre aussi le mouvement des suffragettes, l'arrivée des automobiles....
Le réalisme magique est présent et donne beaucoup de charme au roman : les cheveux verts de Rosa et Alba, les objets qui bougent d'un seul regard de Clara, les dons pour lire l'avenir.....
J'ai prolongé le plaisir de ma lecture en regardant le film de 1993. Forcément, difficile de rendre plus de 500 pages en seulement 2h de film. Beaucoup de détails sont donc passer à la trappe.
Malgré tout le casting est à la hauteur : Meryl Streep, Jeremy Irons, Antonio Banderas, Glenn Close..... Bref que des grands noms du cinéma.
Je vous conseille les deux si vous ne connaissez pas encore La maison aux esprits.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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gouelan
29 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Avec les carnets écrits par Clara, Esteban Trueba réussit à nous restituer l'histoire de sa famille sur plusieurs générations. Esteban est un riche propriétaire. Tyrannique, il règne sur les paysans de son exploitation agricole, sans ne leur laisser aucune chance de travailler comme des hommes. Il aimerait couvrir de l'ombre de son pouvoir sa famille, mais il ne peut s'opposer aux forces invisibles qui émanent de sa femme ou de ses enfants, malgré ses crises de violence.
La clairvoyante Clara, sa femme, gardera cependant toujours la fraicheur de sa jeunesse, se détachant parfois de la réalité, pour mieux l'analyser. Grâce à son regard divinatoire, elle déchiffre la toile qui se tisse, au fil des évènements. Elle comprend bien avant Esteban, les tragédies qui secoueront son pays d'Amérique latine, les enjeux politiques qui sont en marche, et qui irrémédiablement conduiront la nation vers une dictature impitoyable.
Une pointe de réalisme magique, sans trop nous embrouiller. Une joyeuse folie, des filles aux cheveux océan, légères, presque irréelles, pour atténuer l'ambiance qui vient se noircir au fil des années.
À un moment donné, lorsque ma fille est venue m'interrompre dans ma lecture, j'ai voulu finir ma phrase avant de lui prêter toute mon attention, et c'est là que je me suis rendu compte que les phrases étaient très longues. On se laisse happer par la narration, sans jamais s'ennuyer, ni se perdre dans ce tourbillon à la fois magique mais aussi, malheureusement, tellement sombrement réel.
Une histoire tragique d'hommes et de femmes, de passion, de révolution, de dictature, au sein de laquelle on les voit réagir, se tromper, puis comprendre que certains mots ont plus de poids que d'autres. Peuple, liberté, amour, plutôt que le pouvoir, la violence et la haine.
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Aline1102
01 mai 2014
★★★★★
★★★★★
La maison aux esprits m'a beaucoup rappelé Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. Au plus j'avançais dans le récit, au plus je me sentais revenue quelques années en arrière, quand j'ai découvert Macondo et ses fondateurs, la famille Buendía.
Il faut dire que La maison aux esprits regorge du même « réalisme magique » que Cent ans de solitude. On est plongé, dans le cas de ces deux romans, dans des histoires à la fois profondément terre à terre (l'histoire d'une famille à travers les générations qui se succèdent) et imprégnées de surnaturel. Dans La maison aux esprits, Clara del Valle, l'une des principales protagonistes – et celles grâce à laquelle nous connaissons l'histoire de sa famille, puisqu'elle a rempli plusieurs cahiers de notes à ce sujet – a un certain talent pour parler aux esprits, voir les fantômes, faire bouger les meubles et même, pour jouer du piano alors que le couvercle de celui-ci est fermé.
Ce qui est étonnant, dans ce genre de roman, c'est que cette dimension magique ne choque pas du tout. Au contraire, elle s'intègre tellement bien dans le récit qu'elle semble aller de soi. Est-ce dû au talent des auteurs ou à une certaine ambiance ? A une façon d'écrire qui nous plonge directement dans le vif du sujet ? Aucune idée. Mais en tout cas, même le plus cartésien des lecteurs ne sera pas étonné d'apprendre que Clara peut faire danser une salière ou que le fantôme de Férula, la belle-soeur de Clara, est apparu à toute la famille Trueba pour annoncer son décès.
Si cette « magie » passe si bien, c'est sans doute aussi parce que le réalisme est très présent lui aussi. Les grands événements politiques du XXè siècle (y compris les deux guerres mondiales) sont mentionnés à plusieurs reprises. Et la politique est d'ailleurs l'occasion pour Allende de critiquer, à mots couverts, le conservatisme qui fait craindre à Esteban Trueba et à ses contemporains les jeunes communistes et leurs idées novatrices.
Le régime politique de Pinochet est également mentionné et les horreurs de la dictature et de la guerre civile participent aussi à rendre ce livre passionnant : on en apprend plus sur ces événements et sur leurs répercussions sur les familles qui ont dû les subir, par le biais de l'histoire des Trueba.
Au niveau des personnages, mon coup de coeur va à Clara. J'ai adoré sa légèreté, sa distraction et sa bonne humeur du début, quand elle et Esteban forment encore un couple uni. La maison haute en couleurs de Clara et son intérêt pour les esprits et pour les guéridons qui lui servent à communiquer avec eux m'ont ravie.
La maison aux esprits est un livre qui se mérite. Personnellement, je l'ai trouvé à la fois compliqué – les chapitres et même les paragraphes sont très longs, les phrases aussi, parfois – et facile – car on entre facilement dans l'histoire de cette famille et on est tout de suite dépaysé, transporté dans le monde d'Allende. Ce n'est pas une lecture que je qualifierais de « lecture-détente », mais c'est quand même un livre qui vaut la peine d'être lu, quitte à réserver pour cela quelques jours (ou semaines, suivant la vitesse à laquelle on lit) pour prendre le temps de le découvrir, de le savourer et de l'apprécier à sa juste valeur.
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Under_The_Moon
18 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
La Maison aux esprits , un livre que nous avait conseillé un prof de fac en nous disant tout simplement : " C'est un chouette bouquin".
Ce conseil que j'ai suivi - certes "quelques" années plus tard - s'avère être avisé.
Maintenant que c'est mon tour, je vais essayer d'être plus explicite que ne l'a été cet enseignant - que je remercie !
La Maison aux esprits, c'est un roman qui a tout pour plaire. C'est une saga familiale avec ce qu'il faut d'amours et de drames, où vient se mêler les bouleversements qu'a connu la société chilienne dans la seconde moitié du vingtième siècle. C'est surtout l'histoire de destins maudits et tragiques.
C'est d'abord par le destin d'Esteban Trueba, seul personnage que l'auteure fait s'exprimer à la première personne. le self-made man chilien du vingtième siècle. Un personnage totalement détestable : arriviste, cruel, misogyne, méprisant et propriétaire terrien très paternaliste avec les paysans qui travaillent sur les terres qu'il a durement gagnées. Et à mesure que les années passent, il devient un homme aigri et acariâtre détesté par les membres de sa propre famille qu'il tyrannise par son inflexibilité.
On peut se demander pourquoi Isabel Allende a décidé que ce serait ce personnage là précisément qui s'adresserait au lecteur. Et bien, peut-être justement parce que c'est le personnage qui est le plus victime de son destin, car il n'a pas su en comprendre les signes. Alors qu'il était encore jeune et sans le sous, la politique lui a pris la femme qu'il aimait, et il n'a pas su en tenir compte. Mais aussi sans doute parce qu'il incarne ce visage du Chili qui a fait que le peuple s'est soulevé et a voulu du changement.
Isabel Allende nous offre avec ce récit un roman très sentimental - à plusieurs égards. Ce roman a dû être - à mon humble avis - une thérapie pour elle, la nièce du dirigeant assassiné. Et elle nous transmet son amour pour son pays et son peuple, ainsi que sa peine de l'avoir quitté dans une langue agréable à lire (même si les relecteurs n'ont pas toujours bien fait leur travail !). Les phrases sont simples et percutantes, le récit est fait de peu dialogues et de beaucoup de descriptions où s'entremêlent récits de souvenirs et évènements romanesques.
Dans ce cas : pourquoi n'ai-je pas mis la 5ème étoile ? C'est le seul bémol que je le soulèverai : les descriptions à l'eau de rose !!! Y'a vraiment des moments où j'en pouvait plus !!
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Citations & extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
KATE92KATE9226 septembre 2012

C’était une longue semaine de pénitence et de jeûne, on ne jouait pas aux cartes, on ne faisait pas de musique, qui eût incité à la luxure et à l’oubli, et l’on observait dans les limites du possible les plus grandes tristesses et chasteté, quoiqu’en ces jours précis l’aiguillon du démon tentât avec plus d’insistance que jamais la faible chair catholique. Le jeûne consistait en de mœlleux feuilletés, de savoureuses ratatouilles de légumes, des omelettes bien baveuses et de larges fromages rapportés de la campagne, avec lesquels les familles commémoraient la Passion du Seigneur, se gardant de toucher le moindre morceau de viande ou de poisson gras, sous peine d’excommunication, ainsi que le proclamait instamment le père Restrepo. Nul ne se serait hasardé à lui désobéir. Le prêtre était pourvu d’un long doigt dénonciateur pour désigner publiquement les pécheurs et d’une langue bien entraînée à susciter les remords.
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KATE92KATE9219 septembre 2012
"… c’est pourquoi je vous prie de faire quelque chose pour ma petite fille avant qu’il ne soit trop tard, car cela fait des semaines que je ne dors plus, j’ai couru tous les bureaux, tous les ministères, toutes mes anciennes relations sans que personne ait rien pu pour moi, à présent ils ne veulent plus me recevoir, ils m’obligent à faire le pied de grue pendant des heures, moi qui ai rendu tant de services à tous ces gens, par pitié, Transito, demandez-moi ce que vous voulez, je suis encore riche, même si les choses ont été plus difficiles pour moi du temps du communisme (…) je ne veux pas vous faire perdre votre temps, l’important est que ma situation est bonne, mes affaires ont le vent en poupe, aussi suis-je en mesure de vous donner ce que vous demanderez, n’importe quoi, pourvu que vous retrouviez ma petite-fille Alba avant qu’un fou furieux ne se remette à m’envoyer d’autres doigts coupés ou n’ait l’idée de m’expédier des oreilles et ne finisse par me rendre cinglé ou par me tuer d’un infarctus, excusez-moi de me mettre dans un état pareil, mes mains tremblent, je suis à bout de nerfs…"
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gouelangouelan26 janvier 2017
Un jour le vieux Pedro Garcia raconta à Blanca et Pedro III l'histoire des poules qui s'étaient mises d'accord pour faire face au vilain renard qui s'introduisait chaque nuit dans le poulailler en vue de chaparder les œufs et de dévorer les petts poussins.
Les poules décrétèrent qu'elles en avaient assez de supporter la loi du renard, elles s'organisèrent pour l'attendre, et, quand il pénétra dans le poulailler, elle lui barrèrent la route, l'encerclèrent et lui tombèrent dessus à becs raccourcis, jusqu'à le laisser plus mort que vif.
" Et on vit alors le renard s'enfuir la queue basse, poursuivi par toutes les poules", conclut le vieillard.
Blanca s'esclaffa à ce récit et déclara que c'était impossible, car les poules naissent stupides et sans défense, et les renards rusés et forts, mais Pedro III ne rit point. Il resta songeur tout l'après-midi, à ruminer la fable des poules et du renard, et peut-être fut-ce à cet instant que l'enfant se mit à devenir un homme.
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le_Bisonle_Bison26 juillet 2016
Tránsito ouvrit les jambes, séparant les douces colonnes de ses cuisses d'un mouvement fortuit, comme pour changer de position. Mes lèvres se mirent à la parcourir, aspirant, titillant, pourléchant, tant et si bien que je finis par oublier le deuil et le poids des années, que le désir me revint avec sa fougue d'autrefois, et, sans relâcher caresses ni baisers, je me débarrassai en hâte de mes vêtements, tirant dessus comme un désespéré, constatant avec bonheur la vigueur de ma virilité dans l'instant même où je m'enfouissais au creux du tiède et miséricordieux animal qui s'offrait à moi, bercé par la voix d'oiseau enroué, enlacé par des bras de déesse, tangué et roulé par l'impulsion de ces hanches, jusqu'à perdre toute notion des choses et exploser de plaisir.
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le_Bisonle_Bison20 juillet 2016
Esteban acquiesça. Il s'agenouilla au chevet de sa mère et enfouit son visage dans sa main boursouflée, mais l'odeur le fit battre en retraite. Férula le prit par le bras et le conduisit hors de cette chambre de désolation. Une fois sorti, il inspira profondément, les narines encore pleines de l'odeur, et il sentit alors la rage, cette rage si familière monter en lui comme une vague brûlante, lui injecter les yeux, lui mettre des blasphèmes de boucanier à la bouche, rage de tout ce temps passé sans penser à vous, mère, rage de vous avoir abandonnée, de ne pas vous avoir assez aimée, assez choyée, rage de n'être qu'un misérable fils de pute, non, je vous demande pardon, mère, ce n'est pas ce que je voulais dire, et puis merde, vous êtes en train de mourir, toute vieille, et je ne peux rien y faire, pas même apaiser vos souffrances, pas même vous épargner cette pourriture, vous débarrasser de cette odeur à faire fuir un régiment, vous sortir de ce bouillon de mort où vous mitonnez à petit feu, maman.
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