> Michèle Valencia (Traducteur)

ISBN : 2264024674
Éditeur : Editions 10/18 (1999)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Récit d'une enfance ravagée, L'Histoire de Bone met en scène ces petits Blancs paumés du sud des États-Unis "à qui on a appris à être fiers de ne pas être noirs et à avoir honte d'être pauvres". Bone, la malingre, e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Bastard Out Of Carolina
    Traduction : Michèle Valencia
    J'avais ce livre sous le coude depuis près de quatre ans et je ne me décidais pas à le lire. Bien que j'achète régulièrement des ouvrages traitant de l'inceste, il me faut parfois bien du temps pour "passer à l'acte" et les lire.
    "Histoire de Bone" a en effet pour pivot les violences incestueuses que lui fait subir son beau-père, Glenn Waddell, un bon à rien que sa mère a épousé non sans méfiance, après qu'il lui eût fait la cour pendant près de deux ans mais dont elle a fini, hélas ! par tomber éperdument amoureuse, corps et âme.
    La petite Ruth, surnommée "Bone" en raison de la finesse de sa morphologie, est née alors que sa mère avait tout juste seize ans. De son père, on ne sait pratiquement rien, si ce n'est qu'il était marié. Dans cette Caroline du Sud qui émerge à peine de la Seconde guerre mondiale, le statut de bâtarde n'est guère enviable mais, heureusement pour Bone, elle est entourée par la chaleur et l'affection de ses innombrables tantes et oncles maternels.
    Bone a une soeur, Reese, née de l'union légitime de sa mère avec Lyle, un ouvrier agricole qui est mort dans un accident stupide.
    Quand paraît pour la première fois l'ombre de Glenn Waddell, Bone et sa soeur n'ont pas vraiment d'a priori. Il leur semble aimer passionnément leur mère - et c'est sans doute vrai - et fait du mieux qu'il peut pour leur manifester, à elles eussi, un minimum d'affection.
    Mais le jour même où sa mère accouchera du fils mort-né de Glenn, Bone comprendra tout son malheur ...
    Il n'y a, dans ce roman qui dépeint à la fois une perversion sexuelle plus fréquente qu'on ne le croit et la pauvreté d'un certain milieu paysan, aucune volonté de mélodrame. Tout y est brut et carré, magnifié par cette haine douloureuse qui, tant d'années après, déchire encore l'auteur. Car, même après le viol de sa fille, la mère accepte de suivre Glenn qui, peu soucieux des foudres de la justice, quitte l'Etat ...
    Dans des conditions pareilles, peut-on pardonner ? Au violeur, non, car - et la photographie de l'auteur vous le prouvera aisément - la chair demeure à jamais marquée. A la mère, alors ? ... Dans cette histoire, la mère se contente au début de laisser Glenn "corriger" son aînée et elle ne semble pas comprendre qu'il prend un plaisir purement sexuel à ce qu'il se passe entre l'enfant et lui derrière la porte fermée de la salle-de-bains. Certes, elle soigne ensuite l'enfant et l'on peut croire qu'elle aime sa fille ...
    Mais ...
    Dans ces histoires-là, il y a toujours un "mais."
    Quand on aime vraiment son enfant, on ne laisse pas une brute se venger sur lui des déceptions que lui cause, entre autres exemples, sa recherche d'un emploi. Puis, quand ces "corrections" deviennent quasi quotidiennes, on a l'honnêteté de se poser des questions. Enfin, quels que soient les sentiments que l'on éprouve envers la brute en question, on se doit de mettre ses enfants à l'abri. C'est ce que finira par faire d'ailleurs la mère de Bone mais seulement quand le viol sera devenu effectif - en d'autres fermes, quand elle ne pourra plus se voiler la face ou la détourner ... Sa fille a alors treize ans : sa destinée est scellée ; pour elle, qui doit déjà vivre avec la "tache" de la bâtardise, il est trop tard.
    Je doute fort que Dorothy Allison ait pardonné à sa mère. Mais le pire, c'est que je doute tout autant qu'elle soit parvenu à éteindre en elle tout amour filial et que je sais que cette toute petite braise doit cohabiter avec un maelstöm de haine pratiquement ingérable.
    Sauf par l'écriture qui, en pareilles circonstances, mérite plus que jamais son titre de "don des dieux." ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Clochette44, le 09 décembre 2010

    Clochette44
    L'histoire
    Récit d'une enfance ravagée, L'Histoire de Bone met en scène ces petits Blancs paumés du sud des États-Unis "à qui on a appris à être fiers de ne pas être noirs et à avoir honte d'être pauvres". Bone, la malingre, est née de père inconnu sur le bord d'une route de Caroline du Sud le jour où sa mère, âgée de quinze ans et enceinte de huit mois, a été éjectée d'une vieille Chevrolet où s'était entassée toute la famille joyeusement éméchée. Difficile de se remettre d'un tel départ dans la vie ! Bone, la bâtarde, est constamment en butte aux moqueries et aux humiliations. Plus tard, elle tombe sous la coupe d'un beau-père qui fera d'elle son souffre-douleur.
    Mon avis :
    Récit très autobiographique, ce roman ne peut pas vous laisser indifférent. Il est de ces livres où même les dernières pages lues, vous ne pouvez qu'y penser. Et comme je le disais dans une des discussions, la couverture n'a pas arrangé les choses. (souvent dans la journée, je pensais à cette petite fille, le regard blessé, et qui veut s'en sortir par tous les moyens).
    Et pourtant malgré l'enfance et le début d'adolescence plus que douloureux, de Bone (de son nom véritable Ruth Anne, mais elle a toujours été appelée Bone du fait de sa petite corpulence, bébé), le désespoir et la violence auxquelles Bone pourrait si souvent s'abandonner , on ne la prend jamais en pitié, et on n'applaudit devant ce qu'on pense que'elle est devenue. Je pense que l'amour de sa famille (qui ne comprend malheureusement pas tout le monde) n'y est pas étranger.
    Quant à sa mère, je pense que son comportement est difficilement explicable et par contre m'a donné froid dans le dos. J'ai tenté de l'analyser et de me l'expliquer, (je ne peux pas trop en dire), mais non, en tant que maman qui se respecte, je ne comprends pas !!!
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    • Livres 5.00/5
    Par zembla, le 18 novembre 2011

    zembla
    Ruth anne Boatwright dont le surnom est Bone (os) est une petite fille née "batarde" qui vit en Caroline du Sud dans un temps où cela n'était pas accepté. Elle vit assez pauvrement avec sa mère et ses tantes et oncles. Une vie d'amour mais aussi de violence sur fond d'alcool.Sa vie bascule quand sa mère épouse Glen, un jeune homme qui aime trop Bone.

    Ce roman m'a fait un peu penser au livre d'Alice Ferney "Grâce et dénuement" mais en plus violent et plus sombre. Ce livre traite de la misère sociale et de la violence affective dans un style épuré et précis. Pas de place pour la poésie, c'est avec un scalpel que l'auteure dissèque cette vie pleine de fureur et de violence. On assiste comme un spectateur impuissant mais sans aucun voyeurisme à la destruction morale et physique d'une enfant par son beau père. Et la réaction de sa propre mère nous interroge sur ce fameux instinct maternel qui se retrouve mis en balance avec l'amour charnel.
    Un livre coup de poing sur la misère morale de ces laissés pour compte dont l'avenir semble bouché. Un livre d'autant plus marquant et émouvant qu'il est largement autobiographique. Un livre qui nous laisse la gorge serrée et le coeur lourd. Un roman poignant qui résonnera encore longtemps dans ma conscience et dont le cri de détresse de Bone retentira encore longtemps.
    Ma note: 9/10 pour ce long cri déchirant et tragique.
    A noter qu'un film a été tiré de ce roman sous le tire de " Bastard out of Carolina" par la réalisatrice Anjelica Huston.

    Lien : http://www.desgoutsetdeslivres.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 04 octobre 2010

    litolff
    Une petite fille grandit dans une famille pauvre et incestueuse du sud des Etats-Unis, un milieu déshérite et sans espoir, proche de la misère.
    La violence, la peur, la révolte et la haine au coeur. Bone se débat pour grandir, lutte contre elle-même, aime, crie, souffre.
    Dans ce Sud bien loin du rêve américain et de ses clichés, Dorothy Allison raconte une enfance effroyable marquée par la violence et l'inceste, une mère défaillante qui ne sait pas l'aimer, un livre terrible qui cependant ne verse jamais dans l'apitoiement...
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    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 18 avril 2011

    patouche
    Le sud des états-unis, une famille miséreuse .
    Des familles nombreuses, des enfants trop tôt livrés à eux mêmes.
    La misere des "petits blancs" que l'Amérique à caché pudiquement ,peut être ceux-ci faisaient 'ils "tache" dans le tableau idilique que l'Amérique vendait au reste du monde .
    En tout les cas , il à fallut beaucoup de courage à l'auteur ( s'il s'agit d'un texte autobiographique) pour raconté cette enfance qu'elle à vecu.
    L'horrible cotoie l'humain , ou l'on voit que même chez les plus démunis il reste l'esprit de famille , la solidarité , qui vous permet de tenir et de ne pas totalement abandonner .De petits gestes, quelque mots qui ont une énorme valeur pour celui qui les reçoit.
    Comme souvent , les femmes sont le "ciment" de cette famille,mêmes si elles en sont les principales victimes .
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 04 octobre 2010

    La nuit semblait tout envelopper autour de moi comme une couverture. J’avais l’impression que mes entrailles avaient fondu et je sentais le goût du vent dans ma bouche. La douce musique de gospel se déversait en moi par la voix éclatante d’un jeune garçon et faisait gonfler dans mon cœur toute ma méchanceté, toute ma jalousie et ma haine. Je revoyais les doigts de tante Ruth, qui s’agitaient devant sa figure avec la légèreté de pattes d’oiseau, je revoyais les joues rouges et les cheveux bruns, plats d’oncle Earle, tandis qu’ils criaient tous les deux sur la véranda, je revoyais les traits tirés, inquiets de maman, et les yeux froids, furieux de papa Glen. Le monde était trop grand pour moi, la musique trop puissante. Je savais, je savais que j’étais la personne la plus dégoûtante de la terre. Je ne méritais pas de vivre un jour de plus. Je me suis mise à hoqueter et à pleurer. Comment pouvais-je vivre avec moi-même ? La musique était une rivière qui essayait de me purifier.
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  • Par litolff, le 30 novembre 2010

    Papa Glen sentait la sueur et le Coca-Cola, ou la lotion après-rasage et les cigarettes, mais surtout une chose sur laquelle je ne pouvais mettre de nom - une chose acide, amère et âcre. La peur. Ça devait être la peur. Mais je n’aurais su dire si c’était la sienne ou la mienne. Je n’aurais rien pu dire. Je savais seulement qu’il devait y avoir quelque chose que je faisais de travers, quelque chose de terrible.
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  • Par litolff, le 30 novembre 2010

    Il ne m’a jamais dit : « Ne le dis pas à ta mère. » Il n’a jamais eu besoin de le dire. Je ne savais pas comment parler à quelqu’un de ce que je ressentais, de ce qui m’effrayait, me couvrait de honte et me faisait pourtant rester là, debout, sans bouger, désespérée, pendant qu’il se frottait contre moi et enfouissait le visage dans mon cou. Je ne pouvais pas le dire à maman. Je n’aurais pas su expliquer pourquoi je restais là et le laissais me toucher.
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Vidéo de Dorothy Allison

Sandra Cisneros with Dorothy Allison, 8 Oct 1996 (en anglais)








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