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> Olivier Corpet (Éditeur scientifique)
> Yann Moulier Boutang (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253097853
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Louis Althusser est mort le 22 octobre 1990. Les deux textes autobiographiques publiés dans ce volume ont été retrouvés soigneusement conservés dans ses archives lorsque celles-ci ont été confiées à l’IMEC par sa famille, en juillet 1991.

Dix années sépa... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 5.00/5
    Par BlackFrancis, le 30 novembre 2014

    BlackFrancis
    Un très beau titre.
    C'est le livre dans lequel on apprend que Louis Althusser savait faire bouger ses oreilles !
    L .A, grand philosophe structuraliste (bien qu'il réfute cette dénomination et se voit comme un matérialiste), étrangle Hélène sa femme en 1980.
    Ce livre date de 1985.
    Cela se passe dans leur appartement de la rue d'Ulm à normal sup.
    Considéré comme en état de démence au moment de son acte, il n'ira pas aux assises.
    Pas de procès et pas la possibilité de s'expliquer donc.
    Ce livre est fait pour raconter, d'abord à ses proches, ce qui s'est passé.
    Il dit son admiration et l'inspiration que lui ont procurées les confessions de J-J Rousseau.
    Son grand-père fût garde-forestier en Algérie, sa grand-mère est une forte tête.
    Son père est absent au moment de sa naissance et il est accouchée par une Russe qui dira « Celui-là, pas comme les autres ! »
    Le mariage entre ses parents n'est pas banal : elle devait épouser Louis le frère dont elle était très amoureuse (ils avaient une passion commune pour les études et pour les lettres) mais comme il est mort à la guerre, elle épousa Charles…L'aîné qui ne fît pas d'études et qui était détesté par sa mère.
    C'est un autodidacte autoritaire qui gravit tous les échelons de la banque et qu'Althusser détesta pendant longtemps le tenant pour responsable de la vie malheureuse de sa mère.
    Ils ne se réconcilièrent qu'à la toute fin de la vie de Charles.
    Louis Jr ne se sent pas aimer : sa mère aime un mort…D'où sa fascination pour la grande faucheuse (il pense au suicide pour la première fois à neuf ans).
    On sent que Louis se sert de ses séances de psychanalyse pour reconstituer son histoire (d'ailleurs ce n'est pas une biographie, c'est le ressenti d'un homme sur son histoire…comme J-J Rousseau). D'ailleurs il parle de ses « hallucinations » qui sont réelles.
    Il interprète le sens des mots (il fit venir Lacan à Normal Sup, viré parce que ça fumait trop dans son amphi !).
    Ses meilleurs souvenirs, il les doit à ses grands-parents, d'abord en Algérie puis dans le Morvan, au contact de la nature.
    En 39, il obtient son agrégation puis est mobilisé.
    Pour Althusser, la famille est le plus puissant appareil idéologique d'Etat, elle est là pour inculquer toutes les hautes valeurs (le respect absolu de toute autorité) qui servent à la société et surtout à l'Etat.
    Lui fût heureux pendant la guerre, en captivité, loin de sa famille.
    De même sa mère guérit instantanément de toutes ses névroses à la mort de son mari.
    Althusser a toujours fait des réserves : de nourriture au début puis d'argent (« le seul bien qui ne pourrit pas » a dit Locke) et ensuite de femmes
    Il parle de son admiration pour Machiavel.
    C'est en captivité qu'il vit son premier communiste « Courrèges » et que c'est lui qui par sa personnalité le convertit au communisme (et non Hélène, précise-t-il).
    Il parle ensuite de sa rencontre avec Hélène, juive et militante communiste.
    Il fera une sévère dépression après avoir fait l'amour avec elle (sa première fois, il a vingt-neuf ans !).
    Il restera de longs mois hospitalisé, subissant des électrochocs…A sa sortie, il est plein d'énergie draguant tout ce qui bouge, enfilant les kilomètres à vélo, ne dormant plus…
    Il évoque ensuite ses positions philosophiques : passage un peu ardu pour le non-initié, on retiendra que là aussi il fût seul et qu'il a côtoyé du beau monde : Sartre, Lacan, Merleau-Ponty etc…
    Il évoque ensuite la politique et notamment les positions du parti communiste pendant la guerre : pro-Allemand (le fameux pacte germano-soviétique) puis résistant à partir de 1941.
    Lui adhère au parti en 1947 après que les ministres communistes, sous la pression des Américains aient été remerciés…
    Il critiquera toujours le parti de l'intérieur : position courageuse car mal vu des communistes et des non-communistes…
    Il évoque le rendez-vous manqué du parti avec Mai 68, l'URSS avait peur de se faire déborder par un mouvement qu'elle n'avait pas initié et avait peur d'une intervention Américaine.
    Sa définition du communisme : une société dans laquelle il n'y aurait pas d'échanges marchands (belle utopie, mais aussi sacré utopie !).
    Il parle des philosophes qui l'ont influencé mais sans jamais une adhésion totale de sa part : Spinoza, Rousseau, Hobbes et bien évidemment Marx.
    Lui se définit comme un matérialiste et explique que l'idéaliste attend un train dont il connait l'heure de départ et la destination et un matérialiste prend le train en marche sans savoir où il va….Quelle intelligence !
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Citations et extraits

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  • Par Cioran, le 07 octobre 2013

    "Toute sa vie Hélène devait se reprocher, comme si elle en avait été fautive, de n'avoir pas su convaincre les responsables d'intervenir à temps pour tenter de libérer les résistants, otages des nazis à Montluc. Le père Larue (une petite place de Fourvière porte désormais son nom) l'avait comprise et aimée profondément, leur histoire miraculeuse l'avait transportée d'une joie profonde et exaltante, et voilà qu'il était mort, et qu'elle se reprocherait à jamais de n'avoir pu le sauver."
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Video de Louis Althusser

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Alain Badiou
Alain BADIOU est professeur de philosophie à Paris VIII. Mais aussi : homme de Théâtre, romancier, théoricien des mathématiques, directeur de collection aux éditions du Seuil, et grand homme de revues. Il raconte les moments forts de sa vie intellectuelle : ses rencontres avec SARTRE, ALTHUSSER ou LACAN, mais aussi analyse notre époque et discute avec ses amis : Avec François REGNAULT,...











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