Au cours de ce roman, on suit Antonio Balduino, enfant des rues de Bahia, que l'on va apprendre à connaître en même temps qu'il grandit et découvre le monde.
Amado multiplie les personnages tout au long du parcours de son héros et montre ainsi la multitudes d'ethnies présentes dans ce Brésil bigarré de la première moitié du XXème siècle. On y croise des gens de toutes couleurs et de toutes nationalités, des indiens commes des Européens, des noirs, des blancs, des métis.
Baldo est un personnage libre, qui pense avant tout à passer du bon temps, créant de nombreuses sambas, s'accompagnant de sa guitare, ou vivant de multiples amours, avec toujours à l'esprit cette Lindinalva qui l'a tant marqué, jeune fille rousse, qu'il retrouvera par la suite au cours de son périple.
L'auteur souligne bien les difficiles conditions de vie des gens du peuple, et notamment des noirs, véritables laissés-pour-compte, toujours plus ou moins esclaves des nantis blancs.
Mais ce Brésil est également en train de changer et si les macumbas sont encore souvent pratiquées, si les pouvoirs du sorciers Jubiaba sont souvent sollicités, le monde moderne prend peu à peu racine et avec lui les luttes ouvrières et les revendications des employés contre leurs puissants patrons cyniques. On remarque notamment cela quand Balduino se prend à douter de l'existence d'un Dieu bon qui se soucie du sort des hommes.
Un roman plein de magie, qui pousse vers l'avant et fait preuve d'un optimisme salvateur, notamment grâce à un humour omniprésent, face à la dureté de la vie au coeur des bidonvilles.
Un beau roman sur la condition des noirs et de la classe laborieuse au Brésil (il n'y a pas si longtemps que ça). Antonio Balduino, le noir, ("nègre" dans le roman, histoire de bien rappeler que la condition d'esclave n'est pas oubliée) grandit dans les quartiers pauvres de Bahia au son des tam-tam de l'Afrique, protégé par le Saint père Jubiaba qui connait tous les ressorts de la sorcellerie.
Antonio grandit en vagabond après la mort de sa tante, entouré de ses amis, tous des "estropiés" de la vie, abandonnés à eux mêmes. Très tôt il aura la haine des blancs, riches, dédaigneux et qui le rejettent comme la jeune Lindinalva. Se croyant libre, il fait sa vie au rythme des sambas et de femmes qu'il séduit. Mais il aura tôt d'être rattrapé par la réalité d'une vie sans pitié. Travailleur dans les champs puis dans un cirque puis au port de Bahia il va comprendre ce que signifie l'esclavage moderne. L'esclavage d'une classe opprimée par le travail, sans droits et qui crève la faim, qu'on soit blanc ou noir. Avec la "lutte finale" des ouvriers Jorge Amado fait un hommage aux valeurs humaines qui font la force: la solidarité, la fraternité. Un message humaniste, finalement.
Les pieds nus des femmes pilonnaient la terre battue. Les corps ondulaient suivant le rite. La sueur ruisselait, tous étaient empoignés par la musique et par la danse.
Bahia Dans ce troisième volet sur le Brésil, Pierre KAST nous invite à découvrir Bahia, à travers son histoire, son architecture, ses rites religieux , le tout très influencé par la culture noire des esclaves. Plusieurs artistes témoignent, dont l'écrivain Jorge AMADO et musicalement Gilberto GIL et Maria BETHANIA.