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> Michel Berveiller (Autre)
> Pierre Hourcade (Autre)

ISBN : 2070372995
Éditeur : Gallimard (1981)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 90 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans le Brésil du Nord©Est, le picaresque Antonio Balduino incarne la peine et les rêves du peuple noir. Enfant perdu, mauvais garçon, boxeur professionnel, initié des " macumbas ", travailleur sur les plantations de tabac, docker, employé de cirque, Antonio cherche tou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par filippo, le 21 juillet 2014

    filippo
    La légende de Baldo
    Bahia de tous les saints, Jorge Amado. Traduit du brésilien par Michel Berveiller et Pierre Hourcade, éditions Folio, 384 pages.
    par Pierre de Montalembert
    Un jour, il le sait, le héros de Bahia de tous les saints, Antonio Balduino, dit « Baldo », sera un personnage de légende, dont on racontera et chantera les hauts-faits et les exploits. Un jour, une étoile brillera dans le ciel, pour rappeler aux hommes sa vie et sa mort. Mais, avant cela, « le nègre Baldo » doit vivre, dans la misère, les combats et les chants.
    Comme pour nous faire comprendre que c'est de combat qu'il va s'agir, tout au long du roman, Bahia de tous les saints s'ouvre sur un match de boxe ; l'un des deux combattants est Baldo ; son adversaire, un Allemand qui se proclame champion de l'Europe Centrale. La foule, quant à elle, n'est venue que pour voir le triomphe de son champion, le « tombeur de blancs ». Et, si le champion vacille, il suffit de le provoquer pour qu'il se ressaisisse et l'emporte : un combat de gagné, une fois de plus.
    Car les combats, Baldo les connaît, depuis sa plus tendre enfance ; il n'a presque connu que cela, dans les rues miséreuses de Bahia de la première moitié du XX° siècle, dans le quartier du « Morne Châtre-Nègre », lui l'orphelin idéalisant son père sans l'avoir jamais connu, ne se souciant guère de qui avait pu être sa mère, et vivant dans le culte des brigands et des esclaves qui se sont révoltés. Il grandit, élevé par sa tante Louise, passe sa vie dans les rues, se moque de l'école et, se rêvant brigand, s'applique à faire grandir son « œil de malice », au détriment de son « œil de piété ». Et pourtant, rien ne saurait le détourner, le soir, de la contemplation du ciel et des lumières de la ville ; ce bagarreur dans l'âme est aussi un contemplatif, qui révère le père Jubiaba, à la fois prête et sorcier, étrange sage sans âge, aux immenses pouvoirs et qui semble avoir toujours existé.
    Mais l'enfance prend fin un jour, et pour Baldo, ce jour arrive lorsque sa tante perd la raison et doit être internée. Baldo quitte alors le morne Châtre-Nègre pour rejoindre la ville et ses beaux quartiers, et plus précisément la maison du « Commandeur ». Si sa première pensée est de s'enfuir, il change bien vite d'avis en voyant la fille du Commandeur, la blanche et fascinante Lindinalva, jeune fille âgée de trois ans de plus que lui. Celle-ci devient son amie, sa confidente, et, sans qu'il s'en aperçoive, Baldo se lie irrémédiablement à Lindinalva. L'idylle prend fin quand une servante, jalouse, le calomnie devant le Commandeur, ce qui provoque le dégoût de Lindinalva : Baldo alors s'enfuit et retrouve les rues de Bahia.
    Désormais, Baldo est un homme des rues, mendiant comme pour rire, apprenant à jouer de la guitare et à chanter, et, puisque tout est facile pour lui, il devient vite un chanteur réputé dans le Morne, au point qu'un poète vient lui acheter ses chansons. Se battant un soir pour une fille, il est ensuite repéré et devient boxeur, gagne tous ses combats jusqu'à ce soir qui doit lui ouvrir les portes de la gloire, mais où il échoue sans même se battre, parce qu'il a appris que Lindinalva s'était fiancée.
    Car c'est d'elle qu'il rêve sans fin, c'est elle qu'il voit dans toutes les femmes qu'il possède et dont il se défait vite : les Marie-des-Rois et Rosenda Roseda passent vite, parce qu'aucune n'est Lindinalva. Il peut bien s'enfuir, découvrir l'exploitation, avoir des aventures rocambolesques, tout le ramène à cette femme. Et dans Bahia où la lutte des classes se double d'une lutte entre noirs et blancs, où, au fond, quelle que soit sa couleur de peau, « tout ce qui est pauvre est devenu nègre » et tout ce qui est nègre reste, au fond, esclave, il est facile de chuter et de passer de l'opulence à la misère. Les chemins de Baldo et de Lindinalva sont voués à se croiser de nouveau, mais pas de la façon qu'il avait imaginée, et cette rencontre aura sur lui des conséquences inattendues. Il reste au « nègre Baldo », à Baldo l'insouciant, qui vit au jour le jour, à découvrir la responsabilité, et à entrer dans la lutte. Ce faisant, lentement, à côté des siens et non plus dans l'individualisme, « l'œil de malice » cède le pas devant « l'œil de piété » et la légende de Baldo s'écrit.
    © Chroniques de la Luxiotte
    (Mis en ligne le 29 novembre 2009)
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    • Livres 4.00/5
    Par maltese, le 06 décembre 2010

    maltese
    Au cours de ce roman, on suit Antonio Balduino, enfant des rues de Bahia, que l'on va apprendre à connaître en même temps qu'il grandit et découvre le monde.
    Amado multiplie les personnages tout au long du parcours de son héros et montre ainsi la multitudes d'ethnies présentes dans ce Brésil bigarré de la première moitié du XXème siècle. On y croise des gens de toutes couleurs et de toutes nationalités, des indiens commes des Européens, des noirs, des blancs, des métis.
    Baldo est un personnage libre, qui pense avant tout à passer du bon temps, créant de nombreuses sambas, s'accompagnant de sa guitare, ou vivant de multiples amours, avec toujours à l'esprit cette Lindinalva qui l'a tant marqué, jeune fille rousse, qu'il retrouvera par la suite au cours de son périple.
    L'auteur souligne bien les difficiles conditions de vie des gens du peuple, et notamment des noirs, véritables laissés-pour-compte, toujours plus ou moins esclaves des nantis blancs.
    Mais ce Brésil est également en train de changer et si les macumbas sont encore souvent pratiquées, si les pouvoirs du sorciers Jubiaba sont souvent sollicités, le monde moderne prend peu à peu racine et avec lui les luttes ouvrières et les revendications des employés contre leurs puissants patrons cyniques. On remarque notamment cela quand Balduino se prend à douter de l'existence d'un Dieu bon qui se soucie du sort des hommes.
    Un roman plein de magie, qui pousse vers l'avant et fait preuve d'un optimisme salvateur, notamment grâce à un humour omniprésent, face à la dureté de la vie au coeur des bidonvilles.
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    • Livres 5.00/5
    Par stcyr04, le 10 mai 2013

    stcyr04
    Il passe à travers les aventures picaresques d'Antonio Balduino, incarnation de l'homme noir déraciné, un souffre de liberté, comme un hymne à la dignité humaine, une invite à reprendre possession de sa destinée et, en même temps, une prise de conscience du rôle à jouer dans la communauté des hommes.
    Les chapitres se déploient devant le lecteur, telles les parties d'un vaste poème en prose, sans réelle intrigue, plutôt comme les méandres d'un fleuve qui se dévoilerait progressivement, au regard d'un voyageur placé sur le ponton d'un caboteur.
    Illustration de l'âme multiculturelle et polymorphe du Brésil, ce roman est, par sa forme et son souffle épique une grande réussite.
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    • Livres 4.00/5
    Par hannahens, le 17 avril 2012

    hannahens
    Un beau roman sur la condition des noirs et de la classe laborieuse au Brésil (il n'y a pas si longtemps que ça). Antonio Balduino, le noir, ("nègre" dans le roman, histoire de bien rappeler que la condition d'esclave n'est pas oubliée) grandit dans les quartiers pauvres de Bahia au son des tam-tam de l'Afrique, protégé par le Saint père Jubiaba qui connait tous les ressorts de la sorcellerie.
    Antonio grandit en vagabond après la mort de sa tante, entouré de ses amis, tous des "estropiés" de la vie, abandonnés à eux mêmes. Très tôt il aura la haine des blancs, riches, dédaigneux et qui le rejettent comme la jeune Lindinalva. Se croyant libre, il fait sa vie au rythme des sambas et de femmes qu'il séduit. Mais il aura tôt d'être rattrapé par la réalité d'une vie sans pitié. Travailleur dans les champs puis dans un cirque puis au port de Bahia il va comprendre ce que signifie l'esclavage moderne. L'esclavage d'une classe opprimée par le travail, sans droits et qui crève la faim, qu'on soit blanc ou noir. Avec la "lutte finale" des ouvriers Jorge Amado fait un hommage aux valeurs humaines qui font la force: la solidarité, la fraternité. Un message humaniste, finalement.
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    • Livres 5.00/5
    Par Epictete, le 04 décembre 2013

    Epictete
    J'ai lu ce texte quand j'étais jeune et ça a été une révélation, une découverte d'un monde différent, d'une autre culture, d'autres usages. Bref, j'en suis sorti plein d'envie d'autres découvertes.
    A une époque où les médias étaient moins présents, ce livre a été une clé d'ouverture et de compréhension.
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Citations et extraits

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  • Par VACHARDTUAPIED, le 05 avril 2013

    L’homme au pardessus s’est levé au milieu du bar. Il interpelle un ouvrier :
    - Pourquoi faites-vous la grève ?
    - Pour améliorer les salaires.
    - Mais de quoi avez-vous besoin ?
    - Ben, d’argent…
    - Vous voulez donc être riches vous aussi ?
    L’ouvrier ne sait que répondre. À vrai dire il n’a jamais pensé être riche. Ce qu’il voudrait c’est un peu d’argent pour que sa femme ne réclame plus tant, pour payer le médecin, pour acheter un autre habit que celui qu’il porte et qui est usé jusqu’à la corde."
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  • Par babycomeback44, le 24 janvier 2013

    Mais si il y a de braves gens... Mais les pauvres sont des malheureux de naissance, et la misere ca rend mechant

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  • Par hannahens, le 21 avril 2012

    Les pieds nus des femmes pilonnaient la terre battue. Les corps ondulaient suivant le rite. La sueur ruisselait, tous étaient empoignés par la musique et par la danse.

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  • Par hannahens, le 21 avril 2012

    Pedro Corumba commence un discours en disant: "Les travailleurs unis peuvent dominer le monde." Antonio étreint un type qu'il n'a jamais vu.

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  • Par babycomeback44, le 24 janvier 2013

    Il a voulu prendre la route de la mer pour etre heureux comme un mort

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Video de Jorge Amado

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Bahia
Dans ce troisième volet sur le Brésil, Pierre KAST nous invite à découvrir Bahia, à travers son histoire, son architecture, ses rites religieux , le tout très influencé par la culture noire des esclaves. Plusieurs artistes témoignent, dont l'écrivain Jorge AMADO et musicalement Gilberto GIL et Maria BETHANIA.











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