Mon avis :
Il se résume en 3 lettres : BOF.
Je crois que je n'avais encore jamais rien lu d'aussi plat niveau émotionnel. Je n'ai rien ressenti à aucun moment. Je n'ai pas du tout réussi à entrer dans l'histoire ni à m'approprier les personnages. Rien à faire.
Dès le début ça n'allait pas. La scène de rencontre entre Valentina et Artur est tellement mal racontée que je ne l'ai pas du tout trouvée crédible. Je n'ai pas du tout compris d'où sortait cette histoire d'amour, un coup de foudre ? Apparemment … mais je ne suis vraiment mais alors vraiment pas convaincue.
Nuria Amat n'a pas su me toucher ni me faire rêver.
Je n'ai pas accroché aux personnages qui sont vraiment mal dessinés, l'auteur s'en tient à des grandes lignes : Valentina forte tête, anarchiste, féministe (à un point que c'en est énervant), guerrière et Artur l'intello bourgeois et … et je suis incapable de rajouter quoique ce soit, c'est pour vous dire à quel point les personnages ont été travaillés …
Ah oui … une petite chose : le titre original de ce roman en catalan (d'où le prix
Ramon Llull qui consacre le meilleur roman écrit en langue catalane) est Amor i guerra, j'aimerais qu'on m'explique pourquoi ça donne
Feux d'été en Français ? Surtout que j'ai cru comprendre que
Nuria Amat s'était inspirée de
Guerre et Paix de
Tolstoï pour l'écriture de son roman. Influence que l'on retrouve donc dans le titre original. N'ayant pas lu
Guerre et Paix, je ne peux pas dire jusqu'où s'exprime cette influence, mais je peux vous dire que ça ne me donne pas du tout envie de lire
Guerre et Paix !
A côté de cette pseudo histoire d'amour entre Artur et Valentina, on a d'autres personnages tout aussi peu charismatiques, la sœur d'Artur, petite bourgeoise promise à une belle vie bien pépère, naïve et franchement neuneu qui va finalement s'engager dans la guerre comme infirmière pour suivre le connard dont elle est tombée amoureuse.
Et là, on arrive aux deux seuls points intéressants de ce livre : le connard en question et le contexte.
Le connard : il s'agit de Ramon Mercader qui n'est autre que l'assassin de Trotsky. D'après mes recherches sur la toile,
Nuria Amat est apparentée à la famille de ce monsieur et s'est basée sur l'histoire familiale pour écrire son roman. D'un autre côté, j'ai lu dans un autre article, qu'elle avait romancé beaucoup de choses. Alors voilà, c'est bien, on apprend des trucs sur Ramon Mercader ( et j'avoue, j'ignorais qui était ce monsieur avant d'ouvrir ce livre) mais du coup on ne sait plus quelle est la part de vérité et quelle est la part de romancé… Alors pourquoi j'utilise un terme aussi grossier pour le qualifier ? C'est tout simplement ce qu'il en ressort du portrait qu'en fait l'auteur : un type pas très futé à la base, qui obéit aveuglément à sa fanatique de mère, qui se comporte comme un vrai macho, bref…
Le contexte : la guerre civile espagnole. Je ne connaissais que très vaguement cet épisode de l'Histoire de nos voisins espagnols et je reconnais que j'en sais dorénavant un peu plus grâce à cette lecture. A vrai dire, j'ignorais totalement quelle ampleur avait pris cette guerre civile et je suis vraiment choquée de constater qu'encore une fois l'être humain est capable de la bêtise et de la cruauté les plus abjectes. Il ressort assez bien aussi de ce roman la volonté de l'auteur de rendre hommage à la Catalogne et aussi ce sentiment indépendantiste de cette région bien particulière.
Peut-être que je me trompe mais j'ai l'impression que finalement l'histoire d'amour n'était qu'un prétexte bidon pour écrire sur la guerre civile. Je pense que
Nuria Amat aurait, dans ce cas, mieux fait de s'en tenir à la rédaction d'un essai sur le sujet, cela aurait en plus mieux convenu à son style que le genre romanesque. Car en effet j'ai trouvé son style froid et journalistique. Oui voilà ! C'est le mot, en lisant ce livre j'ai eu l'impression de lire le journal.
Un journal assez confus par endroit, ne serait-ce que pour s'y retrouver au sein de la famille Mercader, un arbre généalogique n'aurait pas été superflu …
J'ai toutefois apprécié les petites biographies placées en fin d'ouvrage et aussi le clin d'œil fait à
George Orwell qui fait une brève apparition. J'ai trouvé ça surprenant mais sympathique (j'ignorais aussi qu'il avait participé à la guerre civile).
Pour conclure, voilà encore un roman intéressant pour le côté documentaire mais franchement navrant pour la part romanesque. C'est dommage …
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