Les Editions Joëlle Losfeld poursuivent, avec La tragédie de Lurs, la publication des inédits et des introuvables de Jean Meckert, alias Jean Amila. En 1952, Meckert est envoyé à Lurs par le journal France Dimanche pour couvrir ce qui... > voir plus
En 1952, Jean Meckert – Alias Jean Amila – est envoyé pour le journal « France Dimanche » à Lurs dans les Alpes de Haute-Provence pour suivre ce qui allait devenir une des affaires les plus connues, les plus complexes et les plus étranges du 20ème Siècle, « L'affaire Dominici ». Ce qui ne devait être au départ qu'un triple meurtre crapuleux, barbare et gratuit, allait bien vite se transformer en un fait divers sordide à retentissements, rebondissements, construit sur des mensonges et des contradictions, des non-dits et autres silences obtus, abscons, basé sur de faux témoignages et de vrais règlements de comptes. Cette affaire pas comme les autres allait passionner, fasciner non seulement le Français moyen, mais aussi des intellectuels tels Jean Giono ou Roland Barthes, chacun à leur façon. Jean Meckert, en journaliste intègre, probe et détaché de l'événement va analyser l'ensemble du dossier a posteriori pour tenter de comprendre le rôle et l'impact de la presse de l'époque dans l'orientation de cette enquête.
Ils arrivent, les uns après les autres, quêtent des renseignements tandis que les photographes opèrent. Ils connaissent et aiment leur métier. Humainement, un à un, ils sont révoltés et indignés. Professionnellement, ils se frottent les mains. La conjonction Triple meurtre + Fillette achevée à coups de crosse + Illustre savant + Assassin en fuite = Boum ! Les renseignements sont difficiles à obtenir. L'affaire est toute neuve. On ne sait même pas très bien comment s'écrivent les noms propres.
Il faut faire vite, trouver pour chaque personnage le mot qui fait image. Le vieux Dominici devient donc rapidement « un paysan à la Giono ». Pour le fils, on ne sait pas trop. On le photographie en maillot de corps bleu marine et en chapeau de toile rabattu sur les yeux. Il devient : le « témoin n°1 ». Tout autour de la ferme des voitures sont arrêtées. C'est un véritable campement.