> Marie-Odile Masek (Traducteur)

ISBN : 2752904908
Éditeur : Phébus (2011)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Nous sommes à Madrid, dans les années vingt. Adriana a six ans et vit dans une famille bourgeoise. Sensible et rêveuse, elle observe le monde des adultes, ces " Géants ", et lui oppose avec opiniâtreté une licorne échappée de la trame d'un tapis, blanche, énigmatique et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 24 février 2011

    sandrine57
    Dernière née d'une famille de la bourgeoisie madrilène, Adri n'entre pas dans le moule. Aux convenances et aux hypocrisies des adultes, ces "Géants" qui ne la comprennent pas, elle préfère un monde onirique où les licornes sortent des tableaux pour galoper dans la neige, où les hautes armoires sont autant de villes à explorer.
    Rêveuse et décalée, la petite fille fuit le silence et les non-dits de ses parents pour trouver refuge dans la cuisine, coeur de l'appartement, où officient les douces Maria et Isabel. Là, elle sait se rendre invisible pour partager les secrets qui régissent le monde des Géants.
    Quand elle fait la connaissance du "fils de la ballerine", sa vie va changer. Gavrila, jeune, beau et russe, va enchanter la vie solitaire d'Adri. Jeux et lectures, confidences et rêves, joies et peines, ils vont tout partager et s'aimer passionnément jusqu'au drame qui va les séparer...
    Ce livre plein de tendresse et de poésie est un hymne au monde de l'enfance. On ne peut qu'être touché par une Adri sensible mais volontaire et un Gavrila triste ou joyeux, véritable concentré de l'âme russe. La beauté des mots, l'univers magique m'ont bercée tout au long de ma lecture et j'ai refermé le livre avec un sentiment de perte. Il était si tentant de rester avec Adri dans un monde imaginaire où les soucis et les malheurs de la vie quotidienne passent, au loin, à pas feutrés.
    Une belle découverte et un coup de coeur pour moi.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Delivresetdeaufraiche, le 22 février 2011

    Delivresetdeaufraiche
    « Un jour, quand tu seras grande, tu comprendras... »
    Manifestement très douée, la petite Adriana vit dans une famille madrilène bourgeoise déchirée, où l'on ne se touche ni ne se parle. Petite dernière, « arrivée si tard », comme le dit sa mère, Adri déboussole ses parents, qui l'aiment, certes, mais ne parviennent pas à la comprendre, s'interrogeant tant et plus sur cette enfant si différente, qui ne parle pas mais qui s'est recréé tout un univers imaginaire, ce « Paradis inhabité » dans lequel les contes prennent vie, les licornes sortent des tableaux la nuit et les cagibis noirs deviennent le lieu d'une évasion propice au rêve…
    Adri observe le monde des « Géants » avec le recul d'un enfant qui sait qu'il n'y a pas sa place, pas plus que dans le monde des enfants que lui propose l'école, qu'elle abhorre tout autant pour la bêtise de ses camarades que pour l'incongruité d'une discipline un peu ridicule qui se donne en spectacle.
    Alors, en éternel décalage, elle se réfugie auprès des domestiques, les tendres et facondes Tata María et Isabel, qui lui ouvrent leur monde et lui offrent toute la hauteur de vue à laquelle elle aspire sur ce monde qui, sans l'être tout à fait, est pourtant le sien.
    Alors que, malade et alitée, elle fait la rencontre de Gavrila, jeune garçon russe qui vit quelques étages au-dessus du sien, elle vit une véritable révélation : ce monde n'est plus seulement le sien, il existe des êtres qui peuvent partager ce paradis, pour tenter d'y habiter. Avec celui qu'elle ne tarde pas à nommer son « siamois », ce seront des rires, des échanges complices, des lectures partagées et une profondeur des sentiments qui, pourtant, ne pourront empêcher Adri de grandir et de se confronter au monde…
    La poésie très aboutie de ce livre m'a énormément touchée. le monde imaginaire que se crée Adri est un véritable univers, qui tranche avec la dureté de la vie familiale et le contexte de la guerre civile espagnole, qu'Adri ne perçoit que comme un lointain écho. Il y est beaucoup question d'obscurité, d'enfermement et de déchirement (les thèmes de la maladie, du noir ou de la clé reviennent de façon récurrente) mais ces pages sont pourtant d'une grande luminosité. Les personnages y sont très finement décrits, mais jamais aucun mot n'est de trop. La langue est superbe, et l'on perçoit nettement, au fil des pages, la dimension autobiographique qu'y a instillée Ana María Matute, grande dame des lettres espagnoles qui a aujourd'hui plus de 90 ans. La tendresse de son regard sur le délaissement que vit Adri et la façon dont elle le sublime en créant son propre monde de poésie, dans lequel il ne manquerait plus que des personnages réels pour l'habiter, est bouleversante, nous renvoyant à la façon dont on imagine que la petite fille qu'elle a été s'est elle-même dirigée vers la littérature.
    Un vrai coup de cœur pour ce très beau roman sur l'enfance et la création, qui ne manquera pas de rappeler à chacun des bribes de son enfance, loin du monde mystérieux des « Géants ».
    Lu dans le cadre du programme "Masse critique" de Babelio: merci pour cette belle découverte !


    Lien : http://delivresetdeaufraiche.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 02 août 2011

    brigittelascombe
    Madirid à la veille de la guerre civile.
    Cadette d'une famille de quatre enfants,Adriana, six ans, de "taille lilliputienne", ne pleure jamais, ne parle pas beaucoup et vit dans son monde où galope hors du cadre une licorne.
    Enfant non désirée,sans amie elle se protège.
    Cristina, sa soeur ainée, Jéronimo et Fabian ses frêres, ne sont pas vraiment là, et elle se pelotonne souvent sous le canapé.
    Tata Maria,Isabel la cuisinière, Celso son petit ours, son ami Paco l'entourent et lui permettent de ne pas trop partir dans l'imaginaire. L'école aussi d'ailleurs.Il y a Tante Eduarda aussi, car Papa et Maman, bien que vivant sous le même toit sont séparés et ne s'occupent pas trop d'elle.Sauf lorsque Papa lui promet un cheval et sauf bien sûr lorsque Maman l'appelle Adriana au lieu d'Adri, ou la méchante,là elle a droit à des attentions spéciales:direction, le cabinet noir,ultime punition.
    Et puis un jour,triste de triste, c'est la rechute, une sorte de semi-coma où l'on se relaie à son chevet pour lire des contes.
    Et c'est là que ce roman(pour moi) débutera vraiment avec l'aide de Gravila, dit Gavi, un petit voisin qui voudrait "être son siamois", plane sur la même longueur d'onde qu'elle celle des livres et des rêves d'envol.
    Un joli livre, malgré quelques longueurs, tissé aux fils d'un imaginaire foisonnant.
    Anna Maria Matute est considérée comme l'un des plus grands auteurs espagnols.Elle est connue notamment pour La tour du guet(Phébus 2010),Le temps(Gallimard 2009).Elle a obtenu en 2010,le prix Cervantes pour l'ensemble de son oeuvre.
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    • Livres 5.00/5
    Par tigrou4145, le 18 septembre 2011

    tigrou4145
    C'est une magnifique histoire, très bien écrite et qui se lit très facilement. On s'attache dès les premières pages à l'héroïne, Adriana, petite fille rêveuse de 6 ans et demi, "quasi invisible" pour les autres membres de sa famille. Elle vit "seule" au milieu d'une famille nombreuse et des domestiques. Jusqu'au jour où elle découvre un jeune garçon, Gavrila, qui joue dans le patio avec son chien. Il est le fils d'une danseuse russe qui n'est jamais là, le laissant lui aussi vivre seul avec pour seule compagnie Téo, un homme fragile et très touchant. Et c'est là le début d'une magnifique histoire d'amitié et d'amour entre ces deux enfants qui feront tout pour être ensemble. Bref, un magnifique roman, très émouvant dont je conseille vivement la lecture
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    • Livres 5.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, le 29 juillet 2011

    les-bibliotheques-valentinoises
    Histoire d'Adriana, une enfant élevée dans un milieu bourgeois espagnol des années 20. Peinant à trouver sa place au sein de ce milieu d'adultes-les géants- elle s'invente un monde parallèle fait de rêves, de lectures, une vie rêvée qu'elle partage avec son ami d'enfance Gravila.
    Très beau récit sur l'enfance, d'une auteure qui a reçu le prix Cervantès en 2010 pour l'ensemble de son œuvre.
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Citations et extraits

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  • Par erellwen, le 16 septembre 2011

    J'éprouvais un grand besoin d'éprouver cette paix, ce bonheur, ce mot dangereux à ne pas prononcer, ce bonheur qui soudain m'arrivait. Tout ce qui me vint à l'esprit fut de lui serrer la main. Une seule fois. Il serra aussitôt la mienne, deux fois. Ensemble, nous contemplâmes le ciel presque blanc et d'un autre serrement de main je lui dis que je l'aimais. Il me répondit de la même façon. Je crois que jamais, ni avant ni depuis, je n'ai eu avec qui que ce soit une conversation aussi intime, aussi explicite. Ce parc solitaire, cet homme et cette enfant solitaires, cette errance, ce silence.
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  • Par erellwen, le 04 septembre 2011

    J'avais l'impression que des petites fenêtres s'ouvraient, ici et là, dans mon coeur et dans leur regard.
    Non seulement je percevais tou cela, mais je voyais un entrelacs de mots sans voix, qui allaient et venaient entre les yeux bleus d'Eduarda et ceux, noirs, de Michel Mon Amour. Un langage très proche de celui par lequel communiquaient les lustres de crystal, la nuit venue. Un langage palpitant d'étincelles entre des grappes de lumière. Je connaissais cette langue apprise lors de mes escapades nocturnes au salon, quand je naviguais sur mon bateau en papier journal.
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  • Par brigittelascombe, le 02 août 2011

    Un de mes plus anciens souvenirs remonte au soir où j'ai vu courir la licorne.Avec une stupéfiante netteté,je la vis s'élancer hors de son cadre,puis réapparaître et reprendre sa place,belle,nivéenne,énigmatique.
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  • Par brigittelascombe, le 02 août 2011

    Parfois les souvenirs ressemblent à des bibelots:en apparence inutiles,nous y tenons sans trop savoir pourquoi et ne parvenons pas à nous en défaire.A la longue,ils s'entassent au fond de ce tiroir que nous évitons d'ouvrir,par crainte d'une trouvaille indésirable.
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  • Par erellwen, le 03 septembre 2011

    On m'avait chargée de demander des grâces pour tout le monde, le problème c'est que personne n'avait précisé lesquelles. Aussi n'en demandais-je qu'une seule et pour moi, celle d'avoir un cheval. Elle ne me fut jamais accordée.
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Rencontre réalisé en 2008 (en espagnol)








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