ISBN : 287415797X
Éditeur : Le Grand Miroir (2007)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on s... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Reka, le 09 juillet 2011

    Reka
    "Nous sommes tous des playmobiles" est un recueil de dix nouvelles au parfum d'absurdité.
    Je ne suis pas amatrice de nouvelles, et si j'ai été à la rencontre de ce livre, c'est essentiellement à cause de son titre et de sa quatrième de couverture aguicheurs. Toutefois, le contenu de ce recueil n'a guère concordé avec l'idée que je m'en étais fait. Je m'étais en effet attendue à trouver une critique probablement cocasse de – entre autres – Bruxelles, ville surpeuplée où court une population terne et désabusée. Or, si certaines histoires ont lieu à Bruxelles, ce n'est pas tant pour en chambrer les occupants…
    Dans ce recueil, il n'est pas non plus question de playmobil(e)s au sens propre. Toutefois, le titre de l'ouvrage divulgue métaphoriquement son fil rouge : dans toutes les nouvelles, il est question d'individus ballottés/secoués par la vie, par leurs semblables ou par de menus détails qu'on pourrait croire insignifiants.
    C'est ainsi que l'on rencontre…
    Un banquier cocu/quitté qui reçoit à son domicile les visites simultanées et non concertées de son odieuse ex-femme et de gangsters très peu futés…
    Un directeur commercial qui salit sa chemise peu de temps avant un rendez-vous très important…
    Un homme non diplômé, sans emploi et donc fauché qui rêve d'emmener sa bien-aimée au Canada.
    Un Académicien qui se fait prendre en otage par deux individus ulcérés par les règles – la dictature ! – imposées par l'Académie royale et qui revendiquent leur droit de mettre des « rait » après les « si » s'ils l'entendent !
    Un vieil homme très seul, attablé dans un bar, qui brûle de lier conversation avec la serveuse…
    Un homme qui timbre et étiquette plus vite que son ombre, et qui n'a pas sa langue et ses gestes en poche, même vis-à-vis des supérieurs de l'entreprise dans laquelle il a été nouvellement engagé…
    Un jeune garçon appelé Georges, qui aime son prénom pour le mythe qui l'accompagne, même si ses camarades rigolent de lui…
    Un homme qui se lance dans la formation de criminels et qui n'a qu'un seul apprenant, niais.
    Un intrus qui cherche à s'infiltrer dans la maison d'un couple bourgeois qui a justement choisi ce jour pour se disputer violemment…
    Un type qui ne se remet pas d'avoir percuté un jeune homme avec sa voiture et lorgne en vain des nouvelles de l'accidenté qu'il croit avoir tué bien que celui-là soit reparti en parfaite santé…
    Toutes les nouvelles ne sont à mon sens pas de qualité similaire. Les trois premières et la septième m'ont nettement moins convaincue que toutes les autres. Mais, en un sens, je préfère que l'entrée soit moins délectable que le dessert pour éviter les déceptions. Or, j'ai témoigné un intérêt croissant aux nouvelles dès lors que j'ai fait la connaissance des fadas (ou pas?) de la très jubilatoire 4e nouvelle !
    J'ai ensuite cahoté d'histoire en histoire, étourdie par l'alternance de ressentis radicalement différents que généraient leurs lectures successives… Après les rires que m'ont valu la 4, ont retenti l'attendrissement et l'amertume pour le vieil homme seul de la 5e nouvelle. Homme seul qui laisse sa place à un homme impulsif, insolent, dingue et prodigieusement amusant dans la 6e histoire…
    Bref, chaque nouvelle désopilante/déjantée est suivie par une autre, d'un tout autre ton, souvent plus sérieux, mais certainement pas moins digne d'intérêt, que du contraire !
    "Nous sommes tous des playmobiles" est en somme un recueil surprenant, parfois empli d'un l'humour noir/grinçant, parfois pourvu d'un sérieux voire d'une sagesse tout à fait inattendus.
    En organisant le challenge « littérature belge », j'émettais l'intuition de trouver parmi les lettres belges un petit quelque chose de différent. Ce recueil le confirme, et cela vaut ici tant pour la forme que pour le fond. Outre le fait que l'auteur cite de nombreux lieux connus à Bruxelles – ce qui rend fatalement la lecture un peu plus belge ! -, je ressens dans la prose de Nicolas Ancion davantage de liberté que dans la plume d'auteurs d'autres nationalités et ce type de littérature « affranchie » est à mon sens joliment rafraîchissante !
    Une découverte étonnante et globalement réjouissante !

    Lien : http://marecages.be/?p=3816
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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 02 décembre 2010

    argali
    Dix nouvelles. Dix tranches de vie. C'est moi, toi, vous, cela peut être n'importe qui. Amusantes, déroutantes, scabreuses, surprenantes, ces nouvelles ne laisseront pas indifférent. On aime ou on déteste, on y voit du talent ou au contraire on pense que Nicolas Ancion brade le sien ici. La nouvelle est un genre difficile et je pense que Nicolas Ancion y excelle. Mention spéciale pour "Moi je dis qu'il y a une justice" et "Haute pression", mes préférées.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 31 janvier 2011

    Lali
    Une fois de plus, l'écrivain belge Nicolas Ancion a frappé fort. Avec Nous sommes tous des playmobiles, recueil de nouvelles publié en 2007, il tisse des histoires d'un surréalisme qui a tout pour me séduire et qui met en scène des scènes plus loufoques les unes que les autres. Bien entendu, si vous prenez tout au pied de la lettre, inutile d'ouvrir ce recueil. Mais si vous aimez entrer dans des univers qui vous surprennent sans savoir si vous allez glisser sur une peau de banane au hasard d'une phrase ou de l'imagination de ce jeune auteur belge dont je vous ai déjà parlé ici, là et là aussi, ce petit bijou est pour vous. Encore plus si vous aimez vous laisser prendre au jeu, rire parfois jaune et même grincer des dents. En effet, Nicolas Ancion n'épargne personne et nous entraîne à sa suite dans un monde débridé où il se joue des mots et du politiquement correct.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/le-monde-debride-de-nicolas-ancion/
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Citations et extraits

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  • Par Bibalice, le 15 novembre 2010

    S'il vous arrivait -sait on jamais- de découvrir Bruxelles par le ciel, balancé d'un nuage, tombé d'un avion, parachuté d'une montgolfière, s'il vous arrivait donc de débarquer à Bruxelles par la voie des airs sans passer par Zaventem, si vous étiez un ange par exemple, droit descendu d'un cumulus blanc et chaud, un séraphin, un chérubin, Cupidon lui-même, sait-on jamais, et si dans votre descente vers le sol vous visiez le plein centre ville, alors il y aurait de fortes chances pour que le premier personnage que vous croisiez au cours de votre chute soit un saint Michel tout doré, perché au sommet d'une tour. Un collègue en quelque sorte. Perché sur son clocher pourrait-on dire. Ou son beffroi. Lui ne dirait rien en tout cas, car tout brillant et tout doré qu'il soit il n'en resterait pas moins muet, raide et immobile. Peut-être figé par le vertige, plus probablement raidi par les années de pose et les intempéries.
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  • Par BouquetdeNerfs, le 31 décembre 2010

    Ça faisait tellement longtemps que je me disais qu'il aurait fallu créer une école pour former les assassins et les meurtriers que j'avais fini par en ouvrir une. J'étais persuadé qu'avec un enseignement rigoureux et des étudiants motivés, on pourrait obtenir rapidement des résultats tangibles : des meurtres vraiment anonymes, des prisons vides, des morts bien morts et des coupables introuvables. Mais pour ça, il aurait fallu que l'État soutienne mon initiative et ce n'était pas le cas. J'étais en avance sur mon temps, l'Éducation nationale n'était pas encore prête à subsidier ma filière de formation.
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  • Par Reka, le 08 juillet 2011

    Tu leur diras à tes amis de Paris, qu'on en a plein le cul de leur condescendance et de leur paternalisme. Il serait temps qu'ils se rendent compte, dans leur tour d'ivoire d'où y voient rien du tout, que c'est leur accent à eux qui nous fait rigoler et leur littérature d'arrondissement qui nous fait ronfler à chaque page. Tu pourras leur dire que c'est fini des temps paisibles où la Ville Lumière pouvait jouer les monarques sur un peuple soumis. Les anars de la francophonie préparent leur révolution. Sans armes, sans coups de feu, juste un gigantesque bras d'honneur de toutes les colonies qui en ont marre. Qui ne s'abaisseront plus ni devant le champion de la dictée de Pivot, ni devant le lauréat du Goncourt. Notre langue et notre littérature, nos langues et nos littératures, nous allons les partager, les faire circuler sur toute la planète sans passer par la case Paris. (p. 57-58)
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  • Par Reka, le 08 juillet 2011

    Alors Popaul, réponds-moi bien. Après "après que", on met quoi?
    - L'indicatif.
    - On met quoi?
    - L'indicatif, répond le vieil homme, pas très sûr de lui.
    - Faisons un essai, Popaul. Il est normal que je te frappe après que tu te sois trompé ou il est normal que je te frappe après que tu t'es trompé?
    - Que tu t'es trompé.
    - T'es sûr? Fais bien attention.
    - Mais oui, crie le vieux, tout le monde sait ça. "Avant que" suivi du subjonctif, "après que" suivi de l'indicatif. Il n'y a pas plus clair.
    - Tu es certain de ce que tu dis. T'y crois vraiment?
    - Mais arrêtez, à la fin, vous allez me rendre fou !
    - Alors, après "après que", on met quoi?
    - L'indicatif, je vous dis.
    - Non, Popaul, tu vas bien m'écouter. Ce que je vais te dire est très important. Après "après que", on met ce qu'on veut. T'as compris? CE QU'ON VEUT ! Qui t'es, toi, vieux croulant, pour décider ce qu'on met après les mots, d'abord? (p. 50-51)
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  • Par Reka, le 09 juillet 2011

    Je crois qu'on a oublié de te dire, dans ta trop longue éducation, que chaque geste que tu poses a plus de force que tous les règlements du monde. Si tu décides de placer un joli conditionnel après le "si", c'est ton droit. Tu peux. Et si ça t'arrache les oreilles, c'est que tes oreilles ne sont pas assez souples. La faute, n'oublie jamais ça, elle est dans l'oeil de celui qui juge, jamais dans le geste de celui qui agit. (p. 52)
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Videos de Nicolas Ancion

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Vidéo de Nicolas Ancion

Lectomaton, Retrouver ses facultés, de Nicolas Ancion et Pierre Kroll, lecture par Pierre Kroll, Foire du livre de Bruxelles 2009, stand de la Communauté française. Le lectomaton, une chaîne de lectures à partager sur le net








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