Dans le cadre de mes etudes, j'ai souvent été amenée à étudier le celebre
Ivo Andric. J'ai lu evidemment "
Le Pont sur la Drina", "la Cour Maudite"... "
Omer pacha latas" ... et pourtant c'est ce petit recueil de nouvelles qui m'a le plus plu. Peut etre parce que personne ne m'a obligé à le lire, personne ne l'a decortiqué pendant des cours magistraux ennuyeux. C'est une infamie de decortiquer
Ivo Andric.
Evidemment tous ses romans sont admirablement construits et celui ci n'echappe pas à la regle, mais la magie de ses écrits est si fragile, si fluette, si legere ... Une ribambelle de personnages qui se suivent, se melent... Se ressemblent ils ? Sont ils à l'image de l'auteur, des mélanges de l'esprit "slave du sud" ? Sont ils fils et filles de la rencontre entre l'Orient et l'Occident ? Ils sont enfants de Bosnie ce qui revient à dire qu'ils sont tout ça à la fois.
Je lisais l'autre jour dans "Halte à la mort des langues" un petit passage exposant la thèse que c'est la langue qui nous rend humain car elle sert à garder trace de notre passé et à créer l'avenir.
Ivo Andric a marqué à jamais sur papier le passé de ce pays. C'est une chance extraordinaire d'avoir un tel ambassadeur. Il a laissé une photographie de la magie de ce pays, qui continue à exister en parallèle de l'evolution tragique. Peut être qu'un jour, la ligne arretera d'etre parallele et rejoindra la ligne du cours du temps. Peut etre qu'un jour Sarajevo redeviendra celui de l'auteur. Peut etre qu'un jour j'irai visiter Mostar. Peut etre q'un jour, 40% du territoire national ne sera plus miné.
Le poète n'est pas grand chose face au combattant mais Dieu merci il est immortel, lui.