> Christiane Besse (Traducteur)

ISBN : 2253127531
Éditeur : LGF (2009)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Écrit en 1969 le premier volume des mémoires de Maya Angelou (née Marguerite Johnson) raconte l’enfance d’une femme exceptionnelle, devenue une figure emblématique des États-Unis.

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage est une oeuvre majeure de la litt... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par sassenach, le 02 février 2009

    sassenach
    A Stamps, Arkansas, la petite Maya, qui n'a pas encore acquis ce diminutif et qui s'appelle donc Marguerite, vit en compagnie de Bailey, son frère d'un an plus âgé, chez leur grand-mère Annie Henderson dite Momma. La vie dans le sud des Etats-Unis dans les années 1930 n'est pas facile à cause de la ségrégation mais la petite fille ne sort que très rarement du quartier où elle habite et aide au seul magasin noir du coin, tenu par sa grand-mère …
    Cette autobiographie, classique de la littérature noire-américaine datant de 1969, est enfin rééditée en grand format (en espérant que ce livre sera plus remarqué cette fois-ci que la première fois). Cette réédition a lieu dans le cadre de la sortie du nouveau livre de cette auteure ("Tant que je serais noire", que je compte bien lire aussi) qui est en quelque sorte la suite de son autobiographie et qui, il me semble, sera plus représentatif de la lutte contre la ségrégation et le racisme. Dans "Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage", on découvre son enfance et son adolescence, tout d'abord dans une petite ville du Sud, mais aussi quelques mois passés à Saint-Louis, pour ensuite la voir vivre à San Francisco et à Los Angeles, où les conditions de vie sont totalement différentes de ce qu'elle a pu connaître jusqu'à présent. Ce témoignage est assez fascinant, même si je l'ai trouvé plutôt hâché dans la narration : j'ai eu souvent du mal à savoir à quelle époque je me trouvais et quel âge avait Maya car les indications de temps ne sont pas souvent fournies (mais heureusement, il n'y a pas d'aller-retour entre différentes époques !). Cela m'a plus fait penser à une succession d'anecdotes mises bout à bout dans un ordre chronologique et si certains passages sont vraiment réussis, d'autres sont moins intéressants. De même, Maya est peu confrontée à la ségrégation dans son enfance car elle ne sort pratiquement jamais du quartier noir et a donc une vie relativement protégée car sa grand-mère est très respectée dans leur communauté. Certains évènements n'en restent pas moins violents et terribles mais l'aspect un peu trop disparâtre de l'ensemble ne m'a pas réellement permis de rentrer dans l'histoire et de m'attacher vraiment à Maya (d'ailleurs, le compte-rendu qu'elle donne de ces évènements me semble tout aussi détaché que mes sensations de lecture). Un document intéressant à lire mais qui n'a pas eu l'impact que je pensais qu'il aurait sur moi.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Quand ses parents se séparent, Marguerite a quatre ans. Avec son frère Bailey, d'un an son aîné, elle est envoyée chez grand-mère, Momma.
    De Californie, les enfants arrivent dans un petit village du sud profond, Stamps en Arkansas.
    Dans cette bourgade du sud, Momma gère d'une main de fer la seule épicerie noire des environs, avec son fils invalide, Oncle Willie. Figure respectée des villageois, elle élève Marguerite et Bailey comme elle tient son magasin : avec fermeté, voire sévérité, mais toujours avec intégrité. Femme pieuse, elle fonde l'éducation des enfants selon les principes de la religion.
    « Son univers était bordé de tous côtés par le travail, le devoir, la religion, et le souci de rester « à sa place ». Je ne crois pas qu'elle ait jamais su qu'un amour profond imprégnait tout ce qu'elle touchait. »
    C'est dans ce cadre que les Marguerite et son frère vont passer leur enfance, hantés par l'abandon de leurs parents.
    « Les jours de la semaine tournaient autour de la même roue. Ils se succédaient, si constants, si inévitables, que chacun semblait être l'original du brouillon de la veille. »
    Un jour, alors qu'ils le croyaient mort, leur père vient les chercher. Mais plutôt que de les emmener avec lui en Californie, il les dépose à St Louis, chez leur mère.
    Les enfants vont y découvrir un autre monde, plus urbain, moins sclérosé, plus mélangé. Mais le viol de Maya par le compagnon de sa mère obligera les enfants à retourner à Stamps, chez Momma.
    Dans Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou rend compte des premières années de sa vie : sa tendre enfance ballottée entre sa grand-mère, son père et sa mère, son viol, à l'âge de huit ans, son entrée à la compagnie des tramways de San Francisco où elle sera la première femme noire à être engagée. le récit se referme sur la naissance de son fils, Guy, alors qu'elle n'a que dix-sept ans.
    Entre roman et autobiographie, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage rassemble des fragments de vie, des bribes de souvenirs, plus ou moins anecdotiques (et donc plus ou moins captivants). L'auteur y décrit comment les épreuves parfois douloureuses par lesquelles est passée la jeune Marguerite Johnson ont forgé sa personnalité et feront d'elle Maya Angelou, la poétesse, écrivain, actrice et militante pour les droits civiques célébrée par les États-Unis.
    Paradoxalement, si on peut être reconnaissant à Maya Angelou de ne jamais verser dans le larmoyant, le misérabilisme ou la victimisation, on peut en revanche lui faire reproche d'une trop grande distance, d'un détachement qui frise souvent la froideur (réserve, pudeur, protection ?).
    Seuls transpirent de ses pages l'amour et l'admiration qu'elle voue à son frère, Bailey, et à sa mère :
    « De tous les besoins (il n'y en a aucun d'imaginaire) qu'éprouve un enfant solitaire, celui qui doit être satisfait si l'espoir doit exister, et un espoir de plénitude, c'est le besoin constant d'un Dieu à toute épreuve. Mon beau petit frère noir fut mon royaume sur terre. »
    « La beauté de maman la rendait puissante et son pouvoir la rendait totalement sincère. (…) Elle subvenait à nos besoins avec efficacité, humour et imagination. (…)"

    D'ailleurs, ce qui saute aux yeux dans Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage c'est la force et la noblesse de ses grandes figures féminines avec, en tête, Momma, toujours digne et droite, même humiliée par de stupides gamines, et Vivian, jeune mère aimante, beauté aérienne et fougueuse qui dévore la vie. Il y a aussi Mrs Flowers qui donnera à Maya l'amour des livres et lui montrera comment la littérature peut changer la vie, la sortant peu à peu du mutisme consécutif à son viol. Les hommes, eux, n'ont pas le beau rôle.
    Plus qu'un simple récit autobiographique, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage aborde donc des sujets comme le féminisme et la littérature, mais aussi celui de l'identité (souffrant d'un complexe d'infériorité, la jeune marguerite se trouvait trop grande, trop gauche, d'une couleur de peau pas d'un beau noir…), de la ségrégation (noirs/blancs, hommes/femmes), du racisme (Maya Angelou n'hésitant pas à se montrer parfois critique vis-à-vis de la communauté noire), du viol…
    Plus militant qu'affectif, ce récit bien qu'intéressant à plusieurs niveaux s'est révélé un peu trop froid pour parvenir à m'émouvoir réellement. Il n'empêche que j'ai eu plaisir à être témoin de la fuite de l'oiseau, enfin libéré de sa prison, et à assister à son envol.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Je%20sais%20pourquoi%20chant..
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 17 mars 2009

    Bunee
    Plutôt méfiante usuellement envers les oeuvres à tendance auto-biographique, je me suis trouvée comme balayée de toutes mes craintes lorsque je me suis mise à lire ce roman.
    Maya (Marguerite, Maïe, Rithie...) raconte ici son enfance avec une plume lucide et sans demie-mesure, décrivant les péripéties d'une jeune fille noire, expédiée par ses parents vers la bourgade de stamps, élevée avec son frère par sa grand mère "sévère, mais juste" et pétrie de religiosité, bref retour à St louis auprès de sa mère, viol tragique par son beau-père, découverte de la culpabilité, puis retour à stamps, ou la jeune fille se réfugie dans la littérature. Puis, la californie, l'adolescence, et le cycle se termine par .. La maternité, à 17 ans.
    Etre une jeune femme, noire, née au début des années 30 dans le sud des états unis, faire le dur apprentissage du rejet, ne pas se résigner, et avancer malgré tout. Un combat sous-jacent qui va devenir de plus en plus présent dans la réflexion de notre héroïne
    Récurrence de la référence au langage, l'écriture est fine, pertinente, cultivée, et nous offre de vrais moments de tendresse et d'émotion, d'humour (je n'ai pu m' empêcher d'éclater de rire en même temps que la narratrice lorsqu'elle relatait l'épisode de la messe et le "je t'ordonne de prêcher"). D'autres fois le ton se fait plus ironique, plus incisif.
    Très belle découverte. Pour en savoir plus sur l'auteur je vous conseille un petit tour par ici: http://www.mayaangelou.com/
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  • Par keisha, le 12 décembre 2009

    keisha
    Contrairement à ce que raconte la quatrième de couverture, ce livre parle de l'enfance et l'adolescence de Maya Angelou. Elle est née en 1928 et raconte avec bonheur les années à Stamps (Arkansas) avec son frère Bailey, son oncle Willie et surtout sa grand mère, Annie Henderson, dite Momma.
    "Stamps, Arkansas, c'était Fouett'Andouille, Géorgie; Pendez-Les-Haut-et-Court, Alabama; Te-Trouve-Pas-Ici-au-Coucher-du-Soleil-Négro, Missisipi, ou n'importe quel autre nom tout aussi évocateur."
    "A Stamps, la ségrégation était si totale que la plupart des enfants noirs ne savaient pas, en vérité, à quoi ressemblaient exactement les blancs."
    Ambiance, donc.
    Momma, quel grand personnage! Des principes, de la religion, de la générosité, mais rien à faire devant la morgue des "petiblancs", elle ne peut lutter qu'en serrant les poings.
    "Son univers était bordé de tous côtés par le travail, le devoir, la religion et le souci de rester à 'sa place' ".
    Marguerite (dite Maya) nous peint un univers tragi-comique baignant dans le racisme (j'ai aimé la remise des diplômes de fin d'année et la visite au dentiste blanc) et la religion (les réunions à l'église ou sous la tente, ça devait "déménager" !)
    Plus tard elle et son frère retrouvent leur mère à San Francisco. Cette mère si belle qui ressemblait à l'actrice Kay Francis au point qu'ils allaient au cinéma à Stamps pour avoir l'impression de la voir.
    En refermant ce premier tome de souvenirs, on n'a qu'une envie, découvrir la suite. Je suis tombée sous le charme de cette façon pudique, émouvante et souvent drôle de raconter ses premières années.
    Lire la suite: http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-je-sais-pourquoi-chante-l-oiseau-en-cage-40125442.html#ixzz0ZUp14zWA


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-je-sais-pourquoi..
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  • Par Jou29, le 29 avril 2010

    Jou29
    Ce livre décrit avec beaucoup d'émotion, sans pour autant tomber dans la sensiblerie la vie de Marguerite, Maya Angelou. Je n'ai pu m'empécher d'être emportée dans son récit, d'avoir envie de la proteger. J'ai ri, j'ai pleurer, je me suis révoltée mais ai toujours pris énormément de plaisir à la lecture de ce magnifique ouvrage.
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    L’herbe crissa et je me levai d’un bond. Louise Kendricks pénétra dans mon bosquet.
    (…)
    - Que fais-tu ici toute seule, marguerite ?
    Elle n’accusait pas, elle se renseignait. Je lui répondis que j’observais le ciel.
    (…)
    Elle leva la tête.
    - Tu ne peux pas voir beaucoup de ciel d’ici.
    Puis elle s’assit non loin de moi. Découvrant deux racines saillantes, elle posa de minces poignets dessus comme si elle avait été dans un fauteuil. Lentement, elle appuya son dos contre le tronc. Je fermai les yeux en pensant à la nécessité de me trouver un autre endroit et à l’impossibilité probable qu’il en existât un présentant les mêmes avantages. J’entendis de petits cris en cascade et, avant que j’aie pu rouvrir les yeux, Louise saisit ma main.
    - Je tombais (elle secoua ses longues nattes), je tombais dans le ciel !
    Je l’aimais d’être capable de tomber dans le ciel et de l’avouer. Je suggérai :
    - Essayons ensemble. Mais il faut qu’on se redresse après avoir compté jusqu’à cinq.
    - Tu veux qu’on se tienne par la main ? dit Louise. Juste au cas ?
    J’acceptai. Si l’une de nous tombait, l’autre pourrait la tirer d’affaire.
    Après quelques dégringolades dans l’éternité (nous savions toutes deux ce que c’était), nous éclatâmes de rire à l’idée d’avoir joué avec la mort et la destruction, et de leur avoir échappé.
    - Regardons ce bon vieux ciel en tournant, dit Louise.
    Nous prenant par les mains, nous nous mîmes à tourner au milieu de la clairière. Tout doucement d’abord. Le menton levé et les yeux fixés sur le séduisant morceau d’azur. Plus vite, juste un peu plus vite, puis plus vite et encore plus vite. Et puis finalement l’éternité pris le dessus. Impossible de nous arrêter de tourner jusqu’à ce que l’exigeante gravité m’arrachât aux mains de Louise et me renvoyât à mon sort en bas – non, au-dessus, pas en bas. Je me retrouvai saine, sauve et étourdie au pied du sycomore. Louise avait échoué sur ses genoux de l’autre côté du bosquet.
    A coup sûr, le moment était venu de rire. Nous avions perdu, mais sans rien perdre. Nous commençâmes par glousser et ramper en titubant l’une vers l’autre, puis nous éclatâmes d’un gigantesque fou rire, suivi de grandes tapes dans le dos et d’autres rires. Nous avions ridiculisé ou fait mentir quelque chose et n’était-ce pas là un exploit formidable ?
    En osant défier l’inconnu avec moi, Louise devint ma première amie.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    A Stamps, la ségrégation était si totale que la plupart des enfants noirs ne savaient pas, en vérité, à quoi ressemblaient exactement les Blancs. Excepté qu’ils étaient différents, et qu’il fallait avoir peur d’eux, et cette peur traduisait aussi l’hostilité des faibles contre les puissants, des pauvres contre les riches, des travailleurs contre les patrons et des mal habillés contre les bien vêtus.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    De tous les besoins (il n’y en a aucun d’imaginaire) qu’éprouve un enfant solitaire, celui qui doit être satisfait si l’espoir doit exister, et un espoir de plénitude, c’est le besoin constant d’un Dieu à toute épreuve. Mon beau petit frère noir fut mon royaume sur terre.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    Malgré toute sa gaité, Vivian Baxter était sans merci. A l’époque, un dicton courrait à Oakland qui, si elle ne le citait pas elle-même, expliquait son attitude. « Compassion voisine avec con dans le dictionnaire et je ne sais même pas lire. » Son tempérament ne devait pas s’assagir avec le passage des années, et, quand une nature passionnée ne se tempère pas d’un peu de pitié, le mélodrame n’est vraisemblablement pas loin. Dans chaque explosion de colère, ma mère était juste. Elle avait l’impartialité de la nature avec le même manque d’indulgence ou de clémence.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    Stamps, Arkansas, c’était Fouett’Andouille, Géorgie ; Pendez-Les-Haut-et-Court, Alabama ; Te-Trouve-Pas-Ici-au-Coucher-du-Soleil-Négro, Mississippi, ou n’importe quel autre nom tout aussi évocateur. Les gens à Stamps disaient que les préjugés des Blancs de notre ville étaient tels qu’un Noir ne pouvait pas acheter de la glace à la vanille. Sauf pour la Fête nationale. Les autres jours, il devait se contenter de glace au chocolat.
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