> Lori Saint-Martin (Traducteur)
> Paul Gagné (Traducteur)

ISBN : 2922868753
Éditeur : Les Allusifs Editions (2008)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Figure emblématique de l'histoire des États-Unis, Maya Angelou s'est engagée corps et âme dans le vingtième siècle américain.

Tant que je serai noire est le récit de sa vie à partir de 1957 lorsque, décidée à devenir écrivaine, elle part avec son fils, G... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Brize, le 18 juin 2011

    Brize
    Voilà une autobiographie qui se lit comme un roman !
    Par l'intermédiaire de la narratrice, témoin à son échelle d'un pan de l'histoire de la communauté noire, nous sommes projetés dans une époque et un contexte tendus, au sujet desquels Maya Angelou relate certaines anecdotes intéressantes car emblématiques. Mais l'auteur est aussi une mère dont la situation matérielle n'est jamais stable : elle lutte pour joindre les deux bouts et subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de son fils. Il s'ensuit toute une série de piquantes tribulations professionnelles qui contribuent à animer ce récit. Par ailleurs, elle fait preuve d'une constante volonté de donner des repères à un fils sans père et noir, et les difficultés qu'elle rencontre dans cette entreprise donnent à l'ouvrage une dimension psychologique supplémentaire. Enfin, Maya Angelou est une femme qui ne cache pas sa volonté de vivre pleinement, physiquement s'entend, en tant que telle.
    La plume de Maya Angelou est vive et agréable. Elle a l'art de camper les situations et les gens et de nous transporter ainsi immédiatement à ses côtés comme lorsque, au début du livre, elle est amenée à accueillir chez elle la célèbre chanteuse de jazz Billie Holliday, au caractère redoutable. Par la suite, j'ai donc eu l'impression de partager la vie d'une femme à la fois "normale" (elle n'est pas célèbre comme elle a pu le devenir par la suite) mais déjà hors du commun, pas seulement du fait de sa taille (1,83 m quand même ! ) mais en raison de sa modernité, car si elle aspire à une union durable avec un homme, elle n'est pas prête à n'importe quel compromis pour y parvenir et refuse, en particulier, de renoncer à son autonomie.
    "Tant que je serai noire" s'est ainsi avéré une rencontre passionnante avec une femme de caractère dont j'ai apprécié à la fois la farouche détermination à avancer dans la vie malgré les obstacles qu'elle peut rencontrer et l'honnêteté : elle ne cherche pas à se donner le beau rôle mais se livre telle qu'elle a été, ce qui la rend très proche et attachante.
    Un ouvrage pour lequel j'ai eu un coup de cœur !
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    • Livres 4.00/5
    Par rose, le 08 février 2009

    rose
    Le titre choisi par les traducteurs du récit autobiographique de Maya Angelou me plaît tEllement que je ne vois pas l'intérêt de chercher une autre formule pour intituler ce billet !
    Le titre anglais est The heart of a woman, mais l'autre formule rend parfaitement compte de la barrière que la ségrégation place entre Blancs et Noirs dans l'Amérique des années 50-60, ainsi que de la force de la narratrice, de son désir de faire changer les choses.
    Lorsque le récit commence, Maya Angelou est une jeune chanteuse de jazz, mère d'un fils qu'Elle a eu à 17 ans et c'est avec terreur qu'Elle rejoint sa mère dans un hôtel dans lequel les Noirs viennent juste d'avoir le droit de louer une chambre. Les regards des Blancs lui paraissent insistants, lui donnent envie de fuir.
    La suite narre le parcours d'une femme qui peu à peu s'affirme, s'engageant aux côtés de Matin Luther King puis épousant un temps la cause de Vusumzi Make, combattant pour la liberté et les droits des Noirs d'Afrique du Sud.
    Son récit nous conduit de la Californie à New York puis au Caire où Maya Angelou suit son compagnon Vusumzi Make. Si la première partie du livre nous révélait les tensions raciales en Amérique (me revient particulièrement en mémoire la méfiance de la narratrice à l'égard des Blancs même acquis à la cause Noire, ce sentiment qu'ils ne peuvent envisager la vie de la même façon, et effectivement se révèle toujours sous l'ouverture d'esprit l'empreinte des préjugés), la deuxième partie confronte assez douloureusement la narratrice afro-américaine à ses racines africaines ; l'épouse de Make n'a pas du tout la même liberté que la femme qu'Elle était aux USA et Maya ne tarde pas à se sentir à l'étroit aux côtés de cet homme dont le charisme l'a d'abord fascinée. L'un des épisodes les plus marquants est cette palabre lorsqu'Elle envisage de quitter l'époux infidèle qui s'oppose à ses velléités d'émancipation au nom de la dignité du mari africain : le découragement s'abat sur Elle face à ce simulacre de procès. Lui revient en mémoire ce constat : tout ce qu'on attend d'Elle c'est qu'Elle reste noire et qu'Elle meurt (voilà sans doute l'origine, finalement lugubre, du titre). Pourtant la palabre lui donne raison et lui permet de s'éloigner en lui épargnant le sentiment d'injustice et d'humiliation, la réconciliant avec sa dignité de femme.
    Le récit se lit comme un roman, aventure à la fois personnElle (Maya Angelou raconte aussi les bouleversements de sa vie amoureuse, la complicité avec son fils Guy remise en cause par l'adolescence, ses aspirations littéraires) et collective (c'est un formidable document sur la vie artistique et politique du New York des années 60).
    On entend presque grâce à la traduction cette voix singulière, porteuse des récits et des chants de sa communauté, empruntant aussi un temps les mots de Jean Genet Les Nègres », Elle joue la reine blanche) pour parodier le mépris de ceux dont les siens ont étudié les gestes depuis toujours et montrer leur arrogance.


    Lien : http://rosealu.canalblog.com/archives/2009/02/01/12306156.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Malice, le 02 février 2009

    Malice
    Le thème tourne autour de l'identité noire.
    À partir de 1957 , Maya Angelou décide de quitter la Californie avec son fils Guy. J'ai trouvé très touchant sa complicité avec son fils, Elle est remplit d'affection et d'amour, Elle remplit son rôle de mère célibataire à merveille. Ils s'installent à New York et Elle devient écrivaine. Maya travaille comme coordonnatrice de la section new-yorkaise de Martin Luther King. Elle rencontrera James Baldwin un grand auteur noire qui défend la cause des africains. Elle a joué le rôle d'une blanche dans une pièce de Jean Genet : Les Nègres . Un passage que j'ai trouvé très intéressant et captivant dans la vie de Maya Angelou à New York." Jean Genet se sentait très proche des noires, de leurs identités. Elle a été un témoin des importants événements de l'histoire des Noirs au début des années soixante, alors qu'aux États-Unis, ils se soulevaient contre le racisme établi. L' Afrique, Elle essayait de ce défaire du colonialisme. Elle va se marier avec Vuzumzi Make, une grande complicité naîtra entre lui et Guy le fils de Maya. Elle décide de suivre Vus combattant pour la liberté des droits des Noirs d'Afrique du Sud. Elle a travaillé comme journaliste, au Caire et au Ghana . Ce livre je l'ai trouvé intéressant, depuis très jeune j'ai été marqué par des figures comme Martin Luther King et Malcom X (je me souviens avoir vu le film de Spike Lee en1992).

    Lien : http://livresdemalice.blogspot.com/
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  • Par Flo24121976, le 05 septembre 2009

    Flo24121976
    Maya Angelou, chanteuse noire américaine, nous fait partager l'histoire de sa vie à travers les lignes de ce formidable livre. Femme libre, blessée, elle lutte pour la liberté des Noirs américains revendiquant à la fois ses racines mais aussi sa citoyenneté d'américaine, ce pays par lequel elle se reconnaît. Histoire également de ses amours difficiles, de sa relation avec son fils, où Maya cherche sa place, son rôle à une époque où le monde change.
    J'ai cotoyé avec beaucoup de plaisir et d'admiration cette femme à un moment où tout s'effondrait autour de moi et la force qui se dégage de ce livre m'a beaucoup touchée.
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    • Livres 3.00/5
    Par antigoneCH, le 07 janvier 2009

    antigoneCH
    Tant que je serai noire est le récit de vie de Maya Angelou qui s'est engagée avec conviction, son fils Guy à ses côtés, pour la cause noire, et ce dès les années 50, aux Etats-Unis...
    Chanteuse, écrivaine, femme de pouvoir, elle rencontrera des figures emblématiques telles que Billie Holiday, Malcolm X ou Martin Luther King. Elle suivra également son mari, Vusumzi Make en Egypte, et deviendra journaliste.
    Séduite par la couverture superbe des éditions Allusifs, je me suis précipitée sur cette autobiographie au sujet prometteur et passionnant. Et puis, j'ai été un peu déçue par son contenu. Non que le personnage de Maya Angelou ne soit attachant, loin s'en faut, mais je me suis retrouvée au milieu de l'ouvrage bien incapable d'apprécier les tenants et aboutissants, les enjeux de l'époque, bien inculte. Certains passages m'ont donné le sentiment d'avoir été invitée dans une réception où tout le monde connaît tout le monde, sauf moi. Et pourtant, comment ne pas aimer d'emblée cette femme, sensuelle, combative, mère passionnée ? Alors, j'ai survolé les passages plus politiques pour m'attacher aux luttes domestiques de Maya Angelou et j'y ai trouvé là beaucoup de force et de courage.


    Lien : http://antigonehc.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    - Ce que dit la pièce, rétorquai-je, c'est que les Noirs, si on leur en donne l'occasion, deviendront aussi cruels que les Blancs. Je me refuse à le croire.

    - C'est tout à fait possible, Maya, et nous devons nous en défendre avec la plus grande vigilance. Tu vois, ma chère épouse - il parlait tout doucement en penchant sur moi son corps massif -, la plupart des révolutionnaires noirs, des radicaux noirs et des militants noirs ne souhaitent pas vraiment le changement. Ce qu'ils veulent, c'est prendre la place des Blancs. La pièce ne fait que souligner un tel risque. Et les nôtres doivent faire face à la tentation. Il faut absolument que tu joues dans Les nègres (de Jean Genet).
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    Après une salve d'applaudissements, Malcolm marque une pause et, d'un air grave, promena son regard sur la foule. Les gens se figèrent : l'air lui-même était devenu immobile. Il reprit la parole sur un ton doux et suave :

    - Certains d'entre vous pensent qu'il y a de bons Blancs, non ? De bons Blancs pour qui ou avec qui vous avez travaillé, avec qui vous êtes allés à l'école ou même avec qui vous vous êtes mariés. Non ?

    Les spectateurs exprimèrent leur déni en grognant collectivement.

    Malcolm poursuivit à voix basse, à la limite du chuchottement.

    - Il y a des Blancs qui donnent de l'argent à la SCLC, à la NAACP ou à la Ligue urbaine. Certains vont même jusqu'à marcher avec vous dans les rues. Mais laissez-moi vous dire qui ils sont. Tout Américain blanc qui se dit votre ami est soit un faible...

    Il laissa le mot produire son effet avant de reprendre d'une voix grondante.

    - ... soit un agent d'infiltration. Ou bien il aura trop peur pour vous venir en aide quadn vous aurez besoin de lui, ou bien il se rapproche de vous à seule fin de découvrir vos projets et de vous livrer, pieds et poings liés, à ses frères.
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  • Par csapin, le 29 janvier 2009

    Quant aux Etats-Unis, Georges Bernard Shaw avait eu raison de les décrire comme "le seul pays à être passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir connu la civilisation".
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    Mon dernier spectacle me rappela le conseil de ma mère : "Quand on est noir, on doit espérer que tout se passera pour le mieux. Alors prépare-toi au pire et n'oublie jamais que tout peut arriver."
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    Le cynisme juvénile est d'autant plus désolant qu'il s'explique non pas par les leçons tirées d'expériences amères, mais bien par une foi insuffisante en l'avenir.
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