Lecture
Le Bourbon Kid est de retour ? Non, pas vraiment, car, petite surprise à la lecture, ce tome, bien que troisième de la série, s'insère en fait entre le premier et le second. Pas de surprise donc si certains personnages décédés réapparaissent, ce ne sont pas des morts-vivants, enfin pas tous.
Certains des survivants du « Livre sans nom » se retrouvent donc dans un coin perdu du désert appelé «
Le cimetière du diable ». Ils ont sans doute fui Santa Modega en cette nuit d'Halloween, encore plus mortelle dans la région que les autres nuits.
Le bourbon Kid, Judy Garland, Elvis le tueur à gages et le dodu Sanchez, patron de bar bien connu, convergent vers l'hôtel Pasadena pour le grand concours de chant et de zombies, pardon de sosies, « Back from the dead ». Mais les candidats ne sont pas les seuls à faire revivre les morts.
Avis
Ce tome s'intercale entre les deux précédents. Mais il s'agit plus d'un spin-off que d'un épisode intermédiaire. L'histoire ici racontée est sans réelle influence sur la mythologie du Livre sans nom ou l'histoire personnelle du Bourbon Kid. Il est assez déstabilisant de devoir revenir en arrière dans la situation des personnages lorsqu'on a déjà lu le deuxième tome.
Ceci mis à part, on retrouve avec plaisir ces protagonistes déjà rencontrés. Ce tome est une nouvelle fois axé sur Sanchez et le Bourbon Kid. Sanchez est toujours aussi pleutre et médiocre mais toujours aussi doué pour passer à travers les ennuis, massacres, hécatombes, et réexpédition aux Enfers qui fleurissent dès quel Bourbon Kid approche d'un comptoir.
Anonyme, puisqu'il faut appeler ainsi l'auteur toujours inconnu, reste fidèle à son style efficace. Ici l'absurde et la farce reprennent une partie de la place perdue dans le second tome. le défaut que je lui reprochais, à savoir une mise en van excessive, sérieuse et presque complaisante de la violence a disparu. Non pas que ce tome soit moins violet, on parle du Bourbon Kid, mais le regard est redevenu plus décalé et distancié. On retrouve donc un Bourbon Kid de bonne facture, sanglant mais pas trop, fantastique, western et rock ‘n'roll.
La convergence des parcours des acteurs et/ou futures victimes vers l'hôtel Pasadena est assez évidente mais elle est bien menée et totalement assumée. C'est toujours le destin et la fatalité qui mènent la danse.
Le scénario et le schéma global de l'histoire sont cependant moins originaux et on pense sur le fonds à «
Une nuit en enfer » (
Tarantino toujours assumé) et encore plus sur la forme à « Mise à prix » qui présente vraiment de nombreuses convergences et des trouvailles scénaristiques similaires (réalisateur et scénariste : Joe Carnahan). L'auteur a toujours le don pour susciter des images et des visages de façon cinématographique. L'objet du concours, les sosies, lui permet de d'amener une galerie de portraits vraiment savoureuse, avec une étoile au sosie de Janis Joplin.
Une nouvelle fois, une mention spéciale à la couverture, parfaite, décidément un point fort des éditions Sonatine.
Conclusion :
Un troisième tome qui retrouve la fantaisie sanglante et
La folie du premier opus. Malgré un scénario plus convenu, une aventure à savourer avec plaisir, fut-il coupable.
Ma note : 16/20
Lien : http://www.atelierdantec.com/joomla/humeurs/321-le-cimetiere-du-diable