ISBN : 2710300257
Éditeur : Le Table Ronde (1947)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.99/5 (sur 596 notes) Ajouter à mes livres
Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l'Occupation, en 1944, l'Antigone d'Anouilh met en scène... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 26 mai 2012

    lecassin
    Tragédie en prose en un acte, écrite en 1942 et créée le 4 février 1944 au théâtre de l'Atelier à Paris, « Antigone » fut publiée en 1946, aux éditions aux Editions de La Table Ronde.
    Selon la tragédie grecque de Sophocle Antigone est l'une des enfants nés de l'union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa propre mère, Jocaste . Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. de retour à Thèbes elle verra ses frères Etéocle et Polynice s'entretuer et son oncle Créon prendre le pouvoir et la condamner à mort…
    Anouilh s'appuie sur le mythe antique : Antigone rentre à l'aube d'un rendez-vous nocturne. Sa sœur lui conseille vivement de ne pas défier Créon et de ne pas enterrer son frère contre la volonté du Roi. En fait, il est trop tard et le « mal » est déjà fait. Elle se rebellera contre Créon et sera mise à mort.
    La pièce, donnée pour la première dans la France occupée doit être comprise au second degré : Antigone allégorie de la Résistance s'oppose aux lois iniques promulguées par Créon / Pétain. Elle se rebelle ; et Créon , sauveur de la « patrie », argue d'un « sale boulot » à faire parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le fasse.
    « Antigone », une invite à peine déguisée à l'action et à la révolte quels qu'en soient les risques et les conséquences, contre un régime inacceptable ; une dénonciation de la passivité … Remarquable.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb, le 13 août 2011

    meyeleb
    Les mythes tragiques ne laissent jamais indifférent. Les antiques avaient déjà tout compris de l'esprit humain. Freud ne s'y est pas trompé en les relisant l'un après l'autre...
    Ici, nous avons une belle jeune fille, Antigone, qui a toute la vie devant elle. Mais ce à quoi elle tient, elle, c'est à la Liberté et aux valeurs du Coeur. Devant elle un mur : la raison d'état, incarnée par Créon, son oncle.
    Antigone, l'adolescente qui se révolte contre l'autorité?
    Antigone, la Résistance face à l'abus de pouvoir ? faut-il rappeler que les premières représentations d'Antigone ont été jouées en 44...
    Antigone, l'âme de l'artiste qu'on n'enserre pas dans les carcans de la répression... Il suffit pour s'en convaincre de relire l'échange entre Antigone et sa nourrice, véritable chant poétique où la jeune fille entre en totale harmonie avec la Nature. (citation)
    Antigone, c'est un peu tout ça, et c'est pour ça qu'on l'aime!
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 26 janvier 2010

    LiliGalipette
    Pièce de Jean Anouilh.
    Polynice et Étéocle se sont entretués. Pour la cité, il faut une victime et un coupable. Polynice sera le coupable et on lui refuse toute sépulture. Son corps restera la proie des charognards. Antigone, à peine une jeune fille, se dresse contre l'édit de son oncle Créon. Entêtée, elle va chaque nuit couvrir le corps de son frère de terre. Armée d'une pelle d'enfant, elle veut offrir à Polynice le repos qu'il mérite. Cette révolte la condamne à mort. Sa soeur Ismène et son fiancé Hémon sont incapables de la détourner de son devoir. Sereine, elle devance son destin.
    Première lecture de cette pièce quand j'avais à peine 10 ans. Premier éblouissement. Chaque relecture confirme ce sentiment. L'Antigone d'Anouilh est le personnage de femme le plus sublime que j'ai jamais croisé au fil de mes lectures. Elle accomplit sa tâche avec la douce résignation et le serein enthousiasme des martyrs.
    Les centres d'intérêt de la blonde Ismène sont ceux d'une jeune fille à marier. le jeune et vigoureux Hémon n'est qu'un bloc de valeurs et de respect pour les traditions. Créon est un vieil homme qui a oublié à quoi peut pousser la jeunesse. Antigone est seule face eux: petite, noiraude, sale et rebelle, elle sait ne pouvoir trouver le courage qu'en elle-même.
    Le thème de la résistance face au pouvoir en place est traité avec finesse. Quand on sait que la picèe a été écrite et produite pendant la seconde guerre mondiale, on ne peut s'empêcher d'identifier la France à Antigone, et Vichy à Créon. Tout simplement renversant de culot et de brio!
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    • Livres 5.00/5
    Par Eliza-Bennett, le 16 février 2010

    Eliza-Bennett
    Une très belle pièce dramatique, et un des textes les mieux écrits de la littérature française pour moi.
    En fin de compte, dans cette pièce, on ne sait qui blâmer:
    - Créon, qui fait exécuter Antigone et qui provoque donc la mort de son fils Hémon et de sa femme par conséquent.
    -Antigone qui souhaite mourir même si elle sait que son défunt frère était un méchant homme. Qui souhaite mourir jusqu'à la fin en laissant sa soeur et son fiancé qui l'aiment.
    Une très belle oeuvre qui m'a donné envie de lire l'"Antigone" de Sophocle.
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    • Livres 4.00/5
    Par Miivava, le 13 avril 2011

    Miivava
    Antigone, certainement mon mythe préféré … Après avoir adoré la version d'Henry Bauchau, romancée, je me devais de lire celle d'Anouilh. Autant dire que je n'ai pas été déçue car, si la version d'Anouilh n'a pas la puissance artistique, l'hommage aux arts et à la lumière fait dans la version de Bauchau, on retrouve une Antigone, plus fragile, moins sure d'elle et un Créon un peu moins manichéen mais toujours cette puissance propre au mythe.
    Antigone est pour moi une œuvre que chacun devrait avoir lu dans sa vie. Modèle de « jusqu'au-boutisme », de volonté et surtout de libre-arbitre. Un mythe transposable à n'importe quelle époque, chaque fois un peu plus d'actualité. du mythe antique de Sophocle, aux versions du XVIème siècle lors des guerres des religions, le mythe n'a cessé de perdurer. Ici, le contexte est particulier puisque Jean Anouilh a écrit sa pièce en 1944, pendant l'occupation allemande, Antigone prend un nouveau sens mais garde ses valeurs qui s'adaptent si bien au fil des siècles. La résistance ! le libre-arbitre ! Ce sont les valeurs fondamentales de cette pièce, Antigone, admirable, se bat pour ce qu'elle croit, jusqu'au bout. A la fois d'une force sans limite et d'une fragilité particulièrement humaine, d'une naïveté et d'un réalisme troublant, on se met dans sa peau et, comme elle, on voit tout en noir et blanc. Elle connait l'issue, sa mort, inexorablement, mais elle est affirme ses convictions tout le long de la pièce, contre tous, contre la raison.
    « Créon - […] Que peux-tu donc, sinon t'ensanglanter encore les ongles et te faire prendre ?
    Antigone - Rien d'autre que cela, je le sais. Mais cela, du moins, je le peux. Et il faut faire ce que l'on
    peut. » p.71
    Certains ont assimilé le Créon de cette pièce à Pétain ou Pierre Laval mais peut-importe les versions, les siècles, les époques, Antigone reste l'allégorie de la résistance. La pièce est très courte, même pas 150 pages et pourtant elle possède une puissance évocatrice du mythe. On en sort chamboulés, un peu patraques avec la seule envie de se lever et de crier, de se révolter et de montrer, enfin, ce que l'on veut, ce en quoi on croit. le style d'Anouilh, loin d'être antique est très contemporain, des mots courants apparaissent, de ci, de là, signe que le mythe est intemporel. Anouilh est plus tempéré que Bauchau en ce qui concerne Créon. Là où Bauchau le présente comme le « méchant » de l'histoire, qu'on ne peut s'empêcher de haïr, Anouilh met l'accent sur son devoir de roi. Il a dicté un ordre, il doit s'y tenir même si cela veut dire condamner sa nièce. On sent son impuissance et la façon dont il voit la vie est certes moins exigeante que la vision qu'en a Antigone mais n'en est pas moins défendable. Enfin, cet amour admirable, d'Hémon et d'Antigone, contre la mort, au-delà possède lui aussi une force impressionnante. le vrai amour, simple mais entier, indestructible et pourtant passionné qui donne envie d'aimer.
    Un mythe fort, très bien repris par Jean Anouilh et que j'ai lu en une soirée, complètement emportée, on ne peut que désirer posséder la force morale d'Antigone mais surtout son humanité. Je ne peux dire que j'ai préféré cette version à celle de Bauchau, ni même l'inverse. Simplement vous recommander de les lire toutes deux car elles sont magnifiques.

    Lien : http://mivava.over-blog.com/article-antigone-jean-anouilh-71336612.h..
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Citations et extraits

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  • Par lecassin, le 26 mai 2012

    Pauvre Créon ! Avec mes ongles cassés et pleins de terre et les bleus que tes gardes m'ont faits aux bras, avec ma peur qui me tord le ventre, moi je suis reine.
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  • Par lecassin, le 26 mai 2012

    Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte... Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste , moi, et de me contenter d'un petit morceau, si j'ai été bien sage.
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  • Par lecassin, le 26 mai 2012

    On ne sait jamais pourquoi on meurt.
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  • Par lecassin, le 26 mai 2012

    Je vous parle de trop loin maintenant , d'un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre.
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  • Par lecassin, le 26 mai 2012

    Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit enfin accepter d'être un homme.
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Vidéo de Jean Anouilh

Interview de Robert Hossein, pour son rôle de Créon, dans "Antigone" de Jean Anouilh.











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