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ISBN : 2710300257
Éditeur : Le Table Ronde (1947)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.94/5 (sur 1242 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l'Occupation, en 1944, l'Antigone d'Anouilh met en scène... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 30 mars 2013

    NastasiaBuergo
    Intéressante, dérangeante et très pertinente cette réécriture de Sophocle avec l'éclairage de cette autre tragédie qu'est la période de guerre et les compromissions qui la gangrènent.
    Évidemment, poser Antigone en allégorie de la Résistance et Créon en allégorie du pouvoir veule et asservi de Vichy est tentant pour l'auteur, ou nous autres lecteurs.
    Mais si l'on extirpe l'œuvre de sa gangue historique, si on la lit pour ce qu'elle est aujourd'hui, j'entends par là, si on la lit dans sa lettre et hors de tout contexte, le personnage le plus intéressant et qui nous donne le plus à réfléchir sur nous-même et sur la vie est bien celui du vieux roi Créon.
    En effet, lui, sorti des espérances fleuries avec les boutons d'acné, sait qu'une vie d'homme est faite de compromissions et de sacrifices, faite d'apparences et de sauvetage d'apparences.
    Antigone apparaît magistralement inadaptée à l'existence, une sorte de caricature, une manière d'enfant gâtée, qui ne sait malheureusement pas bien ce que c'est que la vie, que les choses ne sont jamais simples ni monolithiques.
    Pour Antigone, il n'existe que deux engeances, le blanc brillant et le noir opaque. Créon essaye de lui faire sentir, qu'il peut exister des nuances et qu'il nous est toujours difficile de les nommer "gris" et que, dans la sagesse de l'âge nous devrions plutôt les évoquer comme étant " apparemment gris ".
    Selon lui, il n'existe pas de différence fondamentale entre le traitre et le héros, si ce n'est l'utilisation politique et réfléchie qu'on peut faire de la mort de tel ou tel. La vérité est enfouie très, très en-dessous des apparences et des discours politiques et bien peu peuvent espérer gratter suffisamment profond pour la découvrir pleinement un jour.
    En ce sens, je trouve que si l'auteur veut faire l'apologie de la résistance, en tant qu'idéal auquel chacun devrait avoir envie de se raccrocher, il rate un peu sa cible et fait d'Antigone une caricature, un véhicule kamikaze et non un symbole de la vraie force et de la vraie résistance telle qu'a pu l'incarner le Mahatma Gandhi, par exemple. (Et bien d'autres authentiques résistants qui ne se sont jamais pliés et qui n'ont pas choisi l'expédient facile de la mort pour autant. Dans le domaine littéraire, on pourrait citer, entre autres, le courageux et intrépide Dashiell Hammett, poursuivi lors de la Chasse aux Sorcières, Mikhaïl Boulgakov sous Staline, etc., etc.)
    J'ajoute que le tour, parfois légèrement burlesque, qu'imprime Jean Anouilh à sa pièce, peuvent parfois nous évoquer qu'il a écrit plus une parodie de la tragédie de Sophocle qu'une mouture moderne.
    Décidément, rien n'est simple, et je suis bien en peine de dire si cette pièce est un chef-d'œuvre, un habile tour de passe-passe ou un pâle reflet du joyau rutilant dont elle est issue.
    La question posée reste la même que chez Sophocle, à savoir celle de l'obéissance aveugle à l'ordre émanant d'une hiérarchie, même si cet ordre va à l'encontre de nos propres convictions. Dit autrement, doit-on exécuter un ordre s'il nous apparaît immoral ?
    Chez Sophocle, il y avait une dimension tragique qui remuait les tripes, ici, mes émotions ondulent mollement, comme sous l'action d'une brise légère, alors qu'elles avaient été secouées comme un jour de bourrasque par le vieil antique.
    C'est une pièce intelligente, qui nous pousse à réfléchir et à nous positionner, mais scéniquement parlant, mais émotionnellement parlant, ce n'est pas du très grand théâtre à mon goût, d'où mes 4 étoiles et non 5 comme la richesse du propos pourrait m'y inciter.
    Cependant, n'oubliez jamais que ce que j'exprime là n'est que mon avis, c'est-à-dire, une once de ressenti brut, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 24 janvier 2013

    LydiaB
    Comment reprendre le mythe antique grec, la tragédie de Sophocle, et déstructurer la pièce de manière à se l'approprier et à en faire le symbole de la période dans laquelle vit le dramaturge ? Voilà le pari osé mais ô combien réussi de cet auteur de talent, Jean Anouilh, qui retranscrit cette histoire en lui donnant un côté résolument moderne. Exit le côté divin, Antigone se confronte à la justice des hommes. Elle n'est plus la belle jeune fille que l'on pouvait trouver chez Sophocle. Il n'y a qu'à lire le prologue pour s'en rendre compte :

    "Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... "

    Avez-vous remarqué l'écriture très simple, presque familière, tranchant bien évidemment avec la tragédie grecque qui s'exprimait plutôt en ces termes-là :

    "Clarté splendide ! La plus belle des lumières qui aient lui sur Thèbe aux sept portes, tu as enfin paru au-dessus des sources Dirkaiennes. Œil du jour d'or ! Tu as repoussé et contraint de fuir, lâchant les rênes, l'homme au bouclier blanc, sorti tout armé d'Argos, et qui, levé contre notre terre pour la cause douteuse de Polynice, et poussant des cris aigus, s'est abattu ici comme un aigle à l'aile de neige, avec d'innombrables armes et des casques chevelus.! (Première entrée du choeur)".

    Anouilh a voulu que cette pièce soit accessible à tous. Il l'ancre dans notre époque, dans notre quotidien. Bien entendu, la date de parution,1944, y joue beaucoup dans le symbole de la jeune fille. Elle deviendra très vite une héroïne qui représentera tous les actes de rébellion visant à sauver sa patrie.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 23 août 2012

    juliette2a
    Cette pièce en un acte de Jean Anouilh met en scène Antigone, la jeune fille rebelle d'Oedipe, qui, à la suite de l'exil de ce dernier et de la mort de ses deux frères, Etéocle et Polynice, décide d'agir pour enterrer avec dignité Polynice, dont le cadavre est abandonné à la chaleur et à la puanteur. En outre, Créon, l'actuel roi de Thèbes et oncle d'Antigone, interdit à quiconque de s'approcher du corps sous peine de mort. Malgré cet ordre, Antigone brave tous les dangers mais finit par être arrêtée par un garde, puis amenée à Créon. S'ensuit alors un long entretien sur la vie, le bonheur et l'amour, ce que la si jolie réplique de Créon nous explique : "La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote assis au soleil." mais Antigone ne veut pas céder, ce qui nous conduit malheureusement à un drame, ou plutôt devrais-je dire à des drames qui laisseront Créon seul face à son destin...
    J'ai beaucoup aimé le personnage d'Antigone, une femme battante qui désire qu'on l'écoute et que justice soit faite ; elle connait très bien le sort qui l'attend mais qui résiste jusqu'à la fin, ce qui fait d'elle une légende incontournable : "Moi je veux tout, tout de suite – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite – ou mourir." ; j'ai également apprécié Hémon, le fiancé de notre héroïne, dont je n'ai pas encore parlé mais qui joue un rôle prépondérant, puisque lui aussi bravera les ordres de son père (Créon) et rejoindra celle qu'il aime. Enfin, cette tragédie est d'une finesse admirable, constituée de répliques touchantes et d'une morale vraiment sincère, et je n'oublierai jamais ce roman qui m'a profondément marquée.
    A lire absolument !
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 26 mai 2012

    lecassin
    Tragédie en prose en un acte, écrite en 1942 et créée le 4 février 1944 au théâtre de l'Atelier à Paris, « Antigone » fut publiée en 1946, aux éditions aux Editions de La Table Ronde.
    Selon la tragédie grecque de Sophocle Antigone est l'une des enfants nés de l'union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa propre mère, Jocaste . Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. de retour à Thèbes elle verra ses frères Etéocle et Polynice s'entretuer et son oncle Créon prendre le pouvoir et la condamner à mort…
    Anouilh s'appuie sur le mythe antique : Antigone rentre à l'aube d'un rendez-vous nocturne. Sa sœur lui conseille vivement de ne pas défier Créon et de ne pas enterrer son frère contre la volonté du Roi. En fait, il est trop tard et le « mal » est déjà fait. Elle se rebellera contre Créon et sera mise à mort.
    La pièce, donnée pour la première dans la France occupée doit être comprise au second degré : Antigone allégorie de la Résistance s'oppose aux lois iniques promulguées par Créon / Pétain. Elle se rebelle ; et Créon , sauveur de la « patrie », argue d'un « sale boulot » à faire parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le fasse.
    « Antigone », une invite à peine déguisée à l'action et à la révolte quels qu'en soient les risques et les conséquences, contre un régime inacceptable ; une dénonciation de la passivité … Remarquable.
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 07 novembre 2012

    fredho
    Est-ce bien nécessaire de relater la tragédie d'Antigone de Sophocle, jeune fille, comme nous le savons, née d'un amour incestueux entre Oedipe et Jocaste dont l'histoire et la fin tragique ne peut que véhiculer douleur pour leur progéniture.
    Antigone, depuis sa naissance, grandit à travers la tragédie, sa personnalité se forge dans le drame, elle se construit évidemment en portant avec elle le poids d'un lourd passé...
    "Antigone" pièce en un acte revue par Jean Anouihl est un petit bijou et la scène du dialogue de Créon et Antigone est un régal.
    Antigone, volontaire et glorieuse face à son oncle Créon, roi de Thèbes qui ne fera qu'appliquer politiquement sa propre décision, en ayant déclaré que quiconque enterrerait Polynice privé de sépulture, serait condamné à mort.
    Sa nièce déterminée, que son devoir religieux aveugle, grattera la terre avec ses ongles pour enterrer son frère malgré les lourdes conséquences que l'on connaît.
    L'abnégation, l'altruisme d'Antigone ne peuvent que nous émouvoir, la grande insouciance de sa jeunesse nous frappe de par la pureté de son âme, mais ce sacrifice en valait-il la peine? Et Antigone, dans un furtif moment de doute tardif, provoque chez le lecteur une réelle empathie pour elle, et de ce fait accentue notre désolation et notre impuissance face à son choix irréversible.
    La fin d'Antigone, née d'un fruit défendu, n'est-elle pas la logique d'une suite successive de tragédie familiale?...
    Antigone demeure par son acte, une héroïne de la mythologie grecque.
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Vidéo de Jean Anouilh

Interview de Robert Hossein, pour son rôle de Créon, dans "Antigone" de Jean Anouilh.











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