ISBN : 2710300257
Éditeur : La Table ronde (1947)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 507 notes) Ajouter à mes livres
Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l'Occupation, en 1944, l'Antigone d'Anouilh met en scène... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb, le 13 août 2011

    meyeleb
    Les mythes tragiques ne laissent jamais indifférent. Les antiques avaient déjà tout compris de l'esprit humain. Freud ne s'y est pas trompé en les relisant l'un après l'autre...
    Ici, nous avons une belle jeune fille, Antigone, qui a toute la vie devant elle. Mais ce à quoi elle tient, elle, c'est à la Liberté et aux valeurs du Coeur. Devant elle un mur : la raison d'état, incarnée par Créon, son oncle.
    Antigone, l'adolescente qui se révolte contre l'autorité?
    Antigone, la Résistance face à l'abus de pouvoir ? faut-il rappeler que les premières représentations d'Antigone ont été jouées en 44...
    Antigone, l'âme de l'artiste qu'on n'enserre pas dans les carcans de la répression... Il suffit pour s'en convaincre de relire l'échange entre Antigone et sa nourrice, véritable chant poétique où la jeune fille entre en totale harmonie avec la Nature. (citation)
    Antigone, c'est un peu tout ça, et c'est pour ça qu'on l'aime!
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 26 janvier 2010

    LiliGalipette
    Pièce de Jean Anouilh.
    Polynice et Étéocle se sont entretués. Pour la cité, il faut une victime et un coupable. Polynice sera le coupable et on lui refuse toute sépulture. Son corps restera la proie des charognards. Antigone, à peine une jeune fille, se dresse contre l'édit de son oncle Créon. Entêtée, elle va chaque nuit couvrir le corps de son frère de terre. Armée d'une pelle d'enfant, elle veut offrir à Polynice le repos qu'il mérite. Cette révolte la condamne à mort. Sa soeur Ismène et son fiancé Hémon sont incapables de la détourner de son devoir. Sereine, elle devance son destin.
    Première lecture de cette pièce quand j'avais à peine 10 ans. Premier éblouissement. Chaque relecture confirme ce sentiment. L'Antigone d'Anouilh est le personnage de femme le plus sublime que j'ai jamais croisé au fil de mes lectures. Elle accomplit sa tâche avec la douce résignation et le serein enthousiasme des martyrs.
    Les centres d'intérêt de la blonde Ismène sont ceux d'une jeune fille à marier. le jeune et vigoureux Hémon n'est qu'un bloc de valeurs et de respect pour les traditions. Créon est un vieil homme qui a oublié à quoi peut pousser la jeunesse. Antigone est seule face eux: petite, noiraude, sale et rebelle, elle sait ne pouvoir trouver le courage qu'en elle-même.
    Le thème de la résistance face au pouvoir en place est traité avec finesse. Quand on sait que la picèe a été écrite et produite pendant la seconde guerre mondiale, on ne peut s'empêcher d'identifier la France à Antigone, et Vichy à Créon. Tout simplement renversant de culot et de brio!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Miivava, le 13 avril 2011

    Miivava
    Antigone, certainement mon mythe préféré … Après avoir adoré la version d'Henry Bauchau, romancée, je me devais de lire celle d'Anouilh. Autant dire que je n'ai pas été déçue car, si la version d'Anouilh n'a pas la puissance artistique, l'hommage aux arts et à la lumière fait dans la version de Bauchau, on retrouve une Antigone, plus fragile, moins sure d'elle et un Créon un peu moins manichéen mais toujours cette puissance propre au mythe.
    Antigone est pour moi une œuvre que chacun devrait avoir lu dans sa vie. Modèle de « jusqu'au-boutisme », de volonté et surtout de libre-arbitre. Un mythe transposable à n'importe quelle époque, chaque fois un peu plus d'actualité. du mythe antique de Sophocle, aux versions du XVIème siècle lors des guerres des religions, le mythe n'a cessé de perdurer. Ici, le contexte est particulier puisque Jean Anouilh a écrit sa pièce en 1944, pendant l'occupation allemande, Antigone prend un nouveau sens mais garde ses valeurs qui s'adaptent si bien au fil des siècles. La résistance ! le libre-arbitre ! Ce sont les valeurs fondamentales de cette pièce, Antigone, admirable, se bat pour ce qu'elle croit, jusqu'au bout. A la fois d'une force sans limite et d'une fragilité particulièrement humaine, d'une naïveté et d'un réalisme troublant, on se met dans sa peau et, comme elle, on voit tout en noir et blanc. Elle connait l'issue, sa mort, inexorablement, mais elle est affirme ses convictions tout le long de la pièce, contre tous, contre la raison.
    « Créon - […] Que peux-tu donc, sinon t'ensanglanter encore les ongles et te faire prendre ?
    Antigone - Rien d'autre que cela, je le sais. Mais cela, du moins, je le peux. Et il faut faire ce que l'on
    peut. » p.71
    Certains ont assimilé le Créon de cette pièce à Pétain ou Pierre Laval mais peut-importe les versions, les siècles, les époques, Antigone reste l'allégorie de la résistance. La pièce est très courte, même pas 150 pages et pourtant elle possède une puissance évocatrice du mythe. On en sort chamboulés, un peu patraques avec la seule envie de se lever et de crier, de se révolter et de montrer, enfin, ce que l'on veut, ce en quoi on croit. le style d'Anouilh, loin d'être antique est très contemporain, des mots courants apparaissent, de ci, de là, signe que le mythe est intemporel. Anouilh est plus tempéré que Bauchau en ce qui concerne Créon. Là où Bauchau le présente comme le « méchant » de l'histoire, qu'on ne peut s'empêcher de haïr, Anouilh met l'accent sur son devoir de roi. Il a dicté un ordre, il doit s'y tenir même si cela veut dire condamner sa nièce. On sent son impuissance et la façon dont il voit la vie est certes moins exigeante que la vision qu'en a Antigone mais n'en est pas moins défendable. Enfin, cet amour admirable, d'Hémon et d'Antigone, contre la mort, au-delà possède lui aussi une force impressionnante. le vrai amour, simple mais entier, indestructible et pourtant passionné qui donne envie d'aimer.
    Un mythe fort, très bien repris par Jean Anouilh et que j'ai lu en une soirée, complètement emportée, on ne peut que désirer posséder la force morale d'Antigone mais surtout son humanité. Je ne peux dire que j'ai préféré cette version à celle de Bauchau, ni même l'inverse. Simplement vous recommander de les lire toutes deux car elles sont magnifiques.

    Lien : http://mivava.over-blog.com/article-antigone-jean-anouilh-71336612.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par Eliza-Bennett, le 16 février 2010

    Eliza-Bennett
    Une très belle pièce dramatique, et un des textes les mieux écrits de la littérature française pour moi.
    En fin de compte, dans cette pièce, on ne sait qui blâmer:
    - Créon, qui fait exécuter Antigone et qui provoque donc la mort de son fils Hémon et de sa femme par conséquent.
    -Antigone qui souhaite mourir même si elle sait que son défunt frère était un méchant homme. Qui souhaite mourir jusqu'à la fin en laissant sa soeur et son fiancé qui l'aiment.
    Une très belle oeuvre qui m'a donné envie de lire l'"Antigone" de Sophocle.
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  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Un théâtre marqué par l'opposition entre l'angoisse d'exister, l'obsession de la mort et la pureté de l'enfance. C'est une pièce inspirée de l'Antiquité grecque, une réécriture de la pièce de Sophocle. Pour obéir aux lois divines, Antigone doit ensevelir son frère, Polynice, mort au combat pendant le siège de la ville de Thèbes. Elle doit braver l'autorité de son oncle, le roi Créon, qui a interdit sous peine de mort, de donner une sépulture au jeune homme qui a trahi sa patrie. Créon essaie de convaincre sa nièce d'étouffer l'affaire mais Antigone va refuser le compromis.
    Une pièce qui pose le thème du refus des compromis, et de la résistance face à un pouvoir injuste.
    Cette pièce a été représentée en costumes contemporains pendant l'Occupation, ce qui donnait un relief nouveau pendant cette période trouble de notre Histoire.
    Une pièce qui développe des valeurs toujours d'actualité.
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Citations et extraits

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  • Par cathcor, le 05 février 2012

    HEMON Ah! je t'en supplie,père, q ue je t'admire, que je t'admire encore! Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne peux plus t'admirer.


    CREON On est tout seul, Hémon. Le monde set nu. Et tu m'as admiré trop longtemps. Regarde-moi, c'est cela devenir un homme, voir le visage de son père en face un jour.
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  • Par Nibelheim, le 12 août 2007

    "
    Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne peut pas toucher à l'eau, à la belle et fuyante eau froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant. "
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  • Par diablogogo, le 31 octobre 2007

    "C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr... (...) Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir"
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  • Par CamilleLily, le 01 janvier 2011

    Ismène

    "Tu n'as donc pas envie de vivre, toi ?"

    Antigone

    "Pas envie de vivre... Qui se levait la première, le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue ? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit ? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre ?"
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  • Par She_Night, le 18 octobre 2010

    La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignotte assis au soleil.
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Vidéo de Jean Anouilh

Interview de Robert Hossein, pour son rôle de Créon, dans "Antigone" de Jean Anouilh.











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