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ISBN : 2710300257
Éditeur : Le Table Ronde (1947)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.95/5 (sur 2098 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l'Occupation, en 1944, l'Antigone d'Anouilh met en scène... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 24 janvier 2013

    LydiaB
    Comment reprendre le mythe antique grec, la tragédie de Sophocle, et déstructurer la pièce de manière à se l'approprier et à en faire le symbole de la période dans laquelle vit le dramaturge ? Voilà le pari osé mais ô combien réussi de cet auteur de talent, Jean Anouilh, qui retranscrit cette histoire en lui donnant un côté résolument moderne. Exit le côté divin, Antigone se confronte à la justice des hommes. Elle n'est plus la belle jeune fille que l'on pouvait trouver chez Sophocle. Il n'y a qu'à lire le prologue pour s'en rendre compte :

    "Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... "

    Avez-vous remarqué l'écriture très simple, presque familière, tranchant bien évidemment avec la tragédie grecque qui s'exprimait plutôt en ces termes-là :

    "Clarté splendide ! La plus belle des lumières qui aient lui sur Thèbe aux sept portes, tu as enfin paru au-dessus des sources Dirkaiennes. Œil du jour d'or ! Tu as repoussé et contraint de fuir, lâchant les rênes, l'homme au bouclier blanc, sorti tout armé d'Argos, et qui, levé contre notre terre pour la cause douteuse de Polynice, et poussant des cris aigus, s'est abattu ici comme un aigle à l'aile de neige, avec d'innombrables armes et des casques chevelus.! (Première entrée du choeur)".

    Anouilh a voulu que cette pièce soit accessible à tous. Il l'ancre dans notre époque, dans notre quotidien. Bien entendu, la date de parution,1944, y joue beaucoup dans le symbole de la jeune fille. Elle deviendra très vite une héroïne qui représentera tous les actes de rébellion visant à sauver sa patrie.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 30 mars 2013

    Nastasia-B
    Intéressante, dérangeante et très pertinente cette réécriture de Sophocle avec l'éclairage de cette autre tragédie qu'est la période de guerre et les compromissions qui la gangrènent.
    Évidemment, poser Antigone en allégorie de la Résistance et Créon en allégorie du pouvoir veule et asservi de Vichy est tentant pour l'auteur, ou nous autres lecteurs.
    Mais si l'on extirpe l'œuvre de sa gangue historique, si on la lit pour ce qu'elle est aujourd'hui, j'entends par là, si on la lit dans sa lettre et hors de tout contexte, le personnage le plus intéressant et qui nous donne le plus à réfléchir sur nous-même et sur la vie est bien celui du vieux roi Créon.
    En effet, lui, sorti des espérances fleuries avec les boutons d'acné, sait qu'une vie d'homme est faite de compromissions et de sacrifices, faite d'apparences et de sauvetage d'apparences.
    Antigone apparaît magistralement inadaptée à l'existence, une sorte de caricature, une manière d'enfant gâtée, qui ne sait malheureusement pas bien ce que c'est que la vie, que les choses ne sont jamais simples ni monolithiques.
    Pour Antigone, il n'existe que deux engeances, le blanc brillant et le noir opaque. Créon essaye de lui faire sentir, qu'il peut exister des nuances et qu'il nous est toujours difficile de les nommer "gris" et que, dans la sagesse de l'âge nous devrions plutôt les évoquer comme étant " apparemment gris ".
    Selon lui, il n'existe pas de différence fondamentale entre le traitre et le héros, si ce n'est l'utilisation politique et réfléchie qu'on peut faire de la mort de tel ou tel. La vérité est enfouie très, très en-dessous des apparences et des discours politiques et bien peu peuvent espérer gratter suffisamment profond pour la découvrir pleinement un jour.
    En ce sens, je trouve que si l'auteur veut faire l'apologie de la résistance, en tant qu'idéal auquel chacun devrait avoir envie de se raccrocher, il rate un peu sa cible et fait d'Antigone une caricature, un véhicule kamikaze et non un symbole de la vraie force et de la vraie résistance telle qu'a pu l'incarner le Mahatma Gandhi, par exemple. (Et bien d'autres authentiques résistants qui ne se sont jamais pliés et qui n'ont pas choisi l'expédient facile de la mort pour autant. Dans le domaine littéraire, on pourrait citer, entre autres, le courageux et intrépide Dashiell Hammett, poursuivi lors de la Chasse aux Sorcières, Mikhaïl Boulgakov sous Staline, etc., etc.)
    J'ajoute que le tour, parfois légèrement burlesque, qu'imprime Jean Anouilh à sa pièce, peuvent parfois nous évoquer qu'il a écrit plus une parodie de la tragédie de Sophocle qu'une mouture moderne.
    Décidément, rien n'est simple, et je suis bien en peine de dire si cette pièce est un chef-d'œuvre, un habile tour de passe-passe ou un pâle reflet du joyau rutilant dont elle est issue.
    La question posée reste la même que chez Sophocle, à savoir celle de l'obéissance aveugle à l'ordre émanant d'une hiérarchie, même si cet ordre va à l'encontre de nos propres convictions. Dit autrement, doit-on exécuter un ordre s'il nous apparaît immoral ?
    Chez Sophocle, il y avait une dimension tragique qui remuait les tripes, ici, mes émotions ondulent mollement, comme sous l'action d'une brise légère, alors qu'elles avaient été secouées comme un jour de bourrasque par le vieil antique.
    C'est une pièce intelligente, qui nous pousse à réfléchir et à nous positionner, mais scéniquement parlant, mais émotionnellement parlant, ce n'est pas du très grand théâtre à mon goût, d'où mes 4 étoiles et non 5 comme la richesse du propos pourrait m'y inciter.
    Cependant, n'oubliez jamais que ce que j'exprime là n'est que mon avis, c'est-à-dire, une once de ressenti brut, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par Eve-Yeshe, le 10 mai 2014

    Eve-Yeshe
    Antigone est la fille d'Œdipe et Jocaste. Elle a deux frères Etéocle et Polynice et une sœur Ismène. Elle doit épouser Hémon fils de Créon.
    Tout semble se dérouler comme prévu. Elle est un peu surprise qu'Hémon l'ai préférée à Ismène, plus jolie qu'elle.
    Ses frères Étéocle et Polynice se sont entre-tués lors de la guerre des Sept Chefs. Leur oncle, Créon, devenu roi de Thèbes, organise des funérailles solennelles pour le premier et refuse que le corps du second soit enseveli et expose son corps à l'air sous la garde des vigiles pour que son ordre soit exécuté comme il l'a exprimé.
    Seulement, Antigone refuse la décision de Créon et bravant l'interdit, recouvre de terre le corps de Polynice geste qui ne sera pas sans conséquences puisqu'elle se fait arrêter.
    Ce que j'en pense :
    C'est en lisant le livre Sorj Chalandon « Le quatrième mur » que j'ai eu envie de lire cette pièce de Jean Anouilh.
    Je n'ai pas encore lu celle de Sophocle, donc je ne pourrai pas comparer mais ce sera une prochaine lecture car Anouilh m'en a donné l'envie.
    Antigone est un personnage intéressant. C'est une rebelle qui refuse d'obéir à Créon. Elle est persuadée d'avoir raison, son frère mérite une sépulture, Créon n'a pas le droit de laisser le corps se décomposer. Elle va défendre son opinion avec entêtement jusqu'au bout. Elle sait ce qui va lui arriver, Créon essaie de la mettre en garde, il lui tend des perches pour qu'elle échappe à son funeste destin mais elle reste inébranlable.
    Pour elle le monde est tout noir ou tout blanc et il n'y a pas de place pour les nuances, pour les compromis. Ce n'est pourtant pas faute de lui expliquer qu'on doit réfléchir, que l'entêtement est stérile et que sa décision va faire le malheur de tout le monde car elle entraîne les autres avec elle : Hémon, Ismène.
    Créon est têtu aussi, plein d'orgueil comme Antigone : aucun des deux ne veut transiger, mais il a du recul, de la sagesse, et essaie de démontrer qu'entre les extrêmes une autre voie est possible. Il doit jouer son rôle de chef d'état sans se dérober et ne pas céder devant Antigone.
    Mourir pour des idées c'est bien mais à condition, qu'il y ait des valeurs à défendre, or Antigone veut que son frère soit enterré pour respecter les traditions, alors qu'en poussant la réflexion, elle ne l'aime pas, et ne le respecte pas. Elle s'oppose pour s'opposer. Je ne veux pas comprendre. C'est bon pour vous. Moi, je suis là pour autre chose que pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et mourir. P 82
    Cette pièce a été jouée pour la première fois en 1944 sous l'Occupation, donc il y a une autre analyse, un parallèle qui se fait. On peut considérer que la rébellion d'Antigone représente la Résistance à l'ennemi, la désobéissance au Maréchal Pétain est symbolisée par la lutte d'Antigone contre les ordres de Créon, la mort sans sépulture, sans respect évoque aussi toutes les personnes mises à mort au nom d'une idéologie.
    Par contre, c'est un pâle reflet de la Résistance, qui est une révolte certes mais une révolte qui a un sens, qui est fait au nom d'un idéal, la libération du joug, la rébellion d'Antigone est une révolte d'adolescente effrontée qui pense qu'elle a tous les pouvoirs, et qu'elle a raison contre tous, alors que la Résistance est une lutte d'adulte, réfléchie tournée vers un but altruiste : libérer la nation.
    Hémon est un personnage intéressant aussi. Amoureux d'Antigone, il l'admire pour son courage et sa rébellion, il s'oppose à son père à cause d'elle et le dialogue entre les deux hommes est très intéressant car pour devenir un homme il faut désacraliser le père, ce qu'il va faire quoi qu'il lui en coûte.
    Ismène est plus raisonnable qu'Antigone, moins fougueuse. Elle essaie de la raisonner. Même le personnage de la nounou est fort, elle sert de mère de substitution, elle est la voix de la raison, de la tempérance.
    Anouilh ne met pas Antigone sur un piédestal, rappelons-nous ce que dit le chœur au début de la pièce. « Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde… » P 9
    Une pièce très intéressante, où chaque personnage a son importance et qui permet une réflexion sur la volonté, la révolte, l'orgueil et aussi la modération qui vient avec l'âge et l'exercice du pouvoir… Evidemment, c'est une lecture que je vous recommande vivement.
    note : 8/10

    Lien : http://eveyeshe.canalblog.com/archives/2014/05/10/29844091.html
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    • Livres 5.00/5
    Par mariecesttout, le 03 mars 2014

    mariecesttout
    Beaucoup de commentaires..:)
    C'est une lecture récente après que l'"on " m'ait presque reproché mon côté ..Antigonesque. Ah. le problème est qu'Antigone, c'est toujours la même chose, faisait partie de mes innombrables failles culturelles. J'ai choisi de lire celle d'Anouilh, et ai finalement compris qu'on me reprochait d'être une emmerdeuse, et ça m'a fait rire, dans certains domaines, ce n'est pas faux. Passons sur ces considérations personnelles.
    Cette version d'Antigone a été représentée pour la première fois en 1944 à l'Atelier, donc pendant l'occupation. La jeune Antigone , la rebelle, est l'image de la Résistance ( plus précisément Paul Collette qui avait tiré sur Laval) qui s'oppose aux lois de Pétain- Créon. En fait , Anouilh dénonçait la passivité de la majorité.. C'est étonnant d'ailleurs que cette pièce ait eu l'autorisation d'être montée et représentée sous l'occupation sans intervention de la censure ( comme Clouzot a pu le faire pour le Corbeau, en 43, grâce à certaines ruses, comme l'expliquait Tavernier dans un entretien très intéressant).
    J'ai lu que Mr Salacrou, dans Les lettres françaises, a écrit : Antigone « est une pièce ignoble, oeuvre d'un Waffen-SS »
    Je ne sais pas de quelles lignes du texte il a pu tirer cela, je n'ai pas compris, peut-être n'avons-nous pas lu la même pièce?
    Si on ne garde que le contexte, c'est une évidence qu'on ne peut qu'admirer le courage d'Antigone. Car, sans des gens comme cela, la France donnait une image bien ..résignée.
    Après, c'est une pièce très moderne qui peut tout à fait être lue sans en connaître le contexte historique. Et même sans notion de vrai pouvoir politique . C'est un texte qui nous renvoie à nous-mêmes, nous sommes tous confrontés tous les jours à ce genre de situation. Enfin, en moins dramatique, heureusement:)
    C'est un texte qui fait réfléchir car, finalement, aucun personnage n'est franchement mauvais, ni n'a vraiment tort. Ils ont tous leurs raisons d'agir comme ils le font, et ils les donnent. C'est bien le problème de la tragédie.
    Pourquoi Antigone va-t-elle jusqu'au bout?Et bien, à mon avis , elle le dit dans cette phrase magistrale: "Il faut faire ce que l'on peut."
    Et ce qu'elle peut faire, c'est mourir , car elle estime que son frère, quoi qu'il ait fait, a droit à être enseveli. Et qu'elle ne cédera pas , c'est sa volonté et sa seule liberté de choix.
    Bien sûr qu'on peut tous se positionner face à cette attitude jusqu' au-boutiste. En fonction de beaucoup de choses, de ses propres expériences, de ses réflexions sur certaines décisions prises trop précipitamment etc. Personnellement, je crois qu'il faut se fixer des limites. On apprend à transiger, composer, accepter , mais il y a des limites et à chacun les siennes.
    Il y a ,c'est évident , un troisième niveau de lecture qui est la comparaison avec l'Antigone de Sophocle. A réserver aux spécialistes de la tragédie grecque , que je ne suis pas du tout.
    Je peux juste noter une citation de Pierre Vidal-Naquet , trouvée sur un autre site (Le Miroir brisé. Tragédie athénienne et politique, page 86) à propos de l'Antigone d'Anouilh : "La tragédie est une crise, négative ou positive, après laquelle personne parmi les héros n'est semblable à lui-même. le Créon qui réunit le Conseil après la mort d'Antigone, de Hémon et d'Eurydice dans la pièce d'Anouilh est inconcevable dans une tragédie athénienne."
    Oui, là, il y a beaucoup de dégâts, mais les gardes continuent à jouer aux cartes, la vie continue..


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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 23 août 2012

    juliette2a
    Cette pièce en un acte de Jean Anouilh met en scène Antigone, la jeune fille rebelle d'Oedipe, qui, à la suite de l'exil de ce dernier et de la mort de ses deux frères, Etéocle et Polynice, décide d'agir pour enterrer avec dignité Polynice, dont le cadavre est abandonné à la chaleur et à la puanteur. En outre, Créon, l'actuel roi de Thèbes et oncle d'Antigone, interdit à quiconque de s'approcher du corps sous peine de mort. Malgré cet ordre, Antigone brave tous les dangers mais finit par être arrêtée par un garde, puis amenée à Créon. S'ensuit alors un long entretien sur la vie, le bonheur et l'amour, ce que la si jolie réplique de Créon nous explique : "La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote assis au soleil." mais Antigone ne veut pas céder, ce qui nous conduit malheureusement à un drame, ou plutôt devrais-je dire à des drames qui laisseront Créon seul face à son destin...
    J'ai beaucoup aimé le personnage d'Antigone, une femme battante qui désire qu'on l'écoute et que justice soit faite ; elle connait très bien le sort qui l'attend mais qui résiste jusqu'à la fin, ce qui fait d'elle une légende incontournable : "Moi je veux tout, tout de suite – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite – ou mourir." ; j'ai également apprécié Hémon, le fiancé de notre héroïne, dont je n'ai pas encore parlé mais qui joue un rôle prépondérant, puisque lui aussi bravera les ordres de son père (Créon) et rejoindra celle qu'il aime. Enfin, cette tragédie est d'une finesse admirable, constituée de répliques touchantes et d'une morale vraiment sincère, et je n'oublierai jamais ce roman qui m'a profondément marquée.
    A lire absolument !
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Citations et extraits

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  • Par Nibelheim, le 12 août 2007

    "
    Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne peut pas toucher à l'eau, à la belle et fuyante eau froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant. "
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  • Par LydiaB, le 24 janvier 2013

    ANTIGONE

    Je ne me moque pas. Cela me rassure ce matin, que tu sois belle. Quand j'étais petite, j'étais si malheureuse, tu te souviens ? Je te barbouillais de terre, je te mettais des vers dans le cou. Une fois, je t'ai attachée à un arbre et je t'ai coupé tes cheveux, tes beaux cheveux… (Elle caresse les cheveux d'Ismène) Comme cela doit être facile de ne pas penser de bêtises avec toutes ces belles mèches lisses et bien ordonnées autour de la tête !


    ISMÈNE, soudain.

    Pourquoi parles-tu d'autre chose ?


    ANTIGONE, doucement, sans cesser de lui caresser les cheveux.

    Je ne parle pas d'autre chose…


    ISMÈNE

    Tu sais, j'ai bien pensé, Antigone.


    ANTIGONE

    Oui.


    ISMÈNE

    J'ai bien pensé toute la nuit. Tu es folle.


    ANTIGONE

    Oui.
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  • Par Fl0rine, le 03 juillet 2012

    Vous me dégoutez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite ou mourir !
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  • Par diablogogo, le 31 octobre 2007

    "C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr... (...) Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir"

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  • Par Nastasia-B, le 19 avril 2013

    CRÉON : Tu imagines un monde où les arbres aussi auraient dit non contre la sève, où les bêtes auraient dit non contre l'instinct de la chasse et de l'amour ? Les bêtes, elles au moins, sont bonnes et simples et dures. Elles vont, se poussant les unes après les autres, courageusement, sur le même chemin. Et si elles tombent, les autres passent et il peut s'en perdre autant que l'on veut, il en restera toujours une de chaque espèce prête à refaire des petits et à reprendre le même chemin avec le même courage, toute pareille à celles qui sont passées avant.
    ANTIGONE : Quel rêve, hein, pour un roi, des bêtes ! Ce serait si simple.
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Pascal Laurent présente Sorj Chalandon, "Le quatrième mur", Grasset
Le quatrième mur « L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille...











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