ISBN : 2070377741
Éditeur : Gallimard (1986)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Dans le hall désert du vieux palace d'une petite ville d'eaux de province, débarquent un soir un homme déjà usé par la vie, et un jeune homme qu'il a rencontré à la gare, distante de quelques kilomètres, et qui l'a invi... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par chroniquesassidues, le 17 juin 2011

    chroniquesassidues
    Un homme et un jeune homme partagent un taxi pour se rendre dans un vieil hôtel de luxe dans une petite ville d'eaux. Ils y rencontrent un petit garçon, dont la mère fait partie d'une troupe de musiciens venus égayer les soirées à l'hôtel, un commissaire à la retraite, un concierge, un veilleur de nuit et des clients de passage. le petit garçon, qui s'ennuie car sa mère est accaparée par son métier de musicienne et son nouvel amant, Alberto, rencontre une petite fille bourgeoise dont il tombera amoureux. le jeune homme est venu annoncer à sa femme qu'il la quittait, pour partir avec une autre femme. L'homme, dont on sait seulement qu'il est déjà venu il y a longtemps dans cet hôtel, les observe, les conseille et commente leurs faits et gestes. Au fil des dialogues et des situations, on se demande si le petit garçon, le jeune homme et l'homme ne sont pas en fait la même personne, à différentes époques mais toujours dans le même lieu, la petite ville d'eau et son vieux palace. Comment est-ce possible ? Que s'est-il passé ? Qui est cet homme ? C'est le commissaire, étonnamment bien renseigné sur les personnages et situations, qui va lever le voile sur ce mystère...
    Jean Anouilh donne à voir dans cette pièce de théâtre toute une vie d'homme, de l'enfance à l'âge mur, incarnés par trois personnages, qui se retrouvent au même moment et au même endroit. On est parfois un peu perdus tant la chronologie des événements est floue et ambiguë. C'est un bon livre à relire, pour repérer les indices sur la fin laissés par l'auteur tout au long du livre. Dans les passages que j'ai particulièrement aimés, je me rends compte qu'il s'agit souvent des tirades du commissaire, celui qui, petit à petit, amène l'homme, et le lecteur, à découvrir la vérité.
    Le vieil hôtel apparaît comme un endroit mystérieux, sorte de purgatoire, d'entre-deux mondes, atmosphère renforcée par des lumières blafardes et des musiques étranges (dans les indications de scène). Certains acteurs sont amenés à jouer deux rôles, celui de leur personnage jeune et celui de leur personnage qui a vieilli. Plus qu'à lire, c'est une pièce à voir, car on ne reconnaît pas tout de suite l'acteur qui apparaît une deuxième fois pour jouer son personnage vieilli, et l'effet de surprise est alors plus efficace.
    Je n'ai pas retrouvé dans L'Arrestation la même émotion que j'avais eu, et que j'ai encore, en lisant antigone. Cependant, certains dialogues particulièrement bien écrits ont fait mouche, laissant apparaître derrière les personnages, l'auteur, qui critique une certaine hypocrisie de son époque. Jean Anouilh nous offre au final une histoire intéressante de la vie d'un homme, tiraillé entre une vie simple, conforme et ennuyeuse et une vie d'aventures mais sans femme et enfants. La révélation finale, que l'ont peut deviner dans une lecture attentive (et sans lire la quatrième de couverture...) est finalement bien amenée.

    Lien : http://leschroniquesassidues.blogspot.com/2011/06/larrestation-de-je..
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 10 mai 2012

    C'est le hall de l'hôtel du Casino, un autre coin du hall que délimite un grand paravent translucide qui isole la piste de danse.
    L'orchestre perché sur une estrade donne son concert à l'intérieur de l'établissement.
    A une table, au premier plan, la grand-mère, mère d'Anne-Marie - jeune comme nous l'avons vue à la fin de l'acte précédent -, prend le thé avec la petite fille et le petit garçon.
    A une table voisine, un peu en retrait, l'homme et le commissaire qui les observent.
    Au lever du rideau les musiciens achèvent un morceau sentimental.
    Le garçon s'est approché de la table pour prendre une commande éventuelle....
    (lever de rideau de la deuxième partie de la pièce - édition parue chez "Folio" en 1986)
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  • Par chroniquesassidues, le 17 juin 2011

    C'est admirable la bourgeoisie. C'est la seule classe sociale qui ait trouvé réponse à tout. Elle a assis solidement son gros derrière sur les autres, et peut se consacrer uniquement à son bonne conscience. Remarquez qu'il commence à y avoir des secousses dans le derrière - mais cela ne l'incommode pas encore trop... La maman de cette petite fille est en train de se payer sous nos yeux, les délices de la charité - avec un vieux fond de thé et un reste de tarte aux pommes... Regardez-la qui se rengorge comme une poule, ses perles satisfaites sur son gros jabot luisant... elle fait un peu de social, pendant le five o'clock. Elle aide un petit malheureux avec beaucoup de générosité, à se hisser d'un cran en dehors de l'ornière.
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  • Par gill, le 10 mai 2012

    Le hall sombre d'une sorte de grand hôtel de province avec des prétentions architecturales, mais tout cela vieilli, délabré un peu minable. Un air d'usure sous de vieilles dorures et des motifs de stuc écaillé.
    On entend une vague musique qui joue un morceau de genre.
    Entre un homme d'une cinquantaine d'années suivi d'un jeune homme ; tous deux en imperméable.
    Seul le jeune homme porte un petit sac de voyage....
    (lever de rideau de la première partie de la pièce - édition parue chez "Folio" en 1986)
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  • Par chroniquesassidues, le 17 juin 2011

    On attache toujours une importance exagérée au présent. On s'agite et, pour finir, nous ne vivons que de souvenirs, comme si les faits, de même que certains plats cuisinés, n'étaient vraiment bons que réchauffés. Le moment nous file entre les doigts, informe, et c'est après, quand tout se remet en ordre, qu'on le déguste... Et rarement dans l'ordre chronologique - qui est une belle foutaise des hommes, vous ne trouvez pas ?...
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  • Par chroniquesassidues, le 17 juin 2011

    Quand le cœur cesse de battre et qu'on est mort pour la médecine, le cœur arrêté, une dernière pulsation irrigue encore une fois le cerveau, vous me l'accordez ? C'est de la mécanique. On a donc encore une seconde d'images ? Un dernier petit tour, les souvenirs, et puis s'en vont... Toujours est-il que, pour une seconde, le cœur arrêté, on est à l'intérieur de cet instant...
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