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ISBN : 2070367592
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 224 notes)
Résumé :
Je ne suis pas Jacques Renaud ; je ne reconnais rien ici de ce qui a été à lui. Un moment, oui, en vous écoutant parler, je me suis confondu avec lui. Je vous demande pardon. Mais, voyez-vous pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser en une seule fois. Si vous voulez me faire plaisir, pas seulement me faire plaisir, me faire du bien, vous me permettriez de retourner à l'asile. Je plantais des salades, je cirais les parquets. Les j... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
gouelan12 novembre 2015
  • Livres 3.00/5
le voyageur sans bagage.
Un soldat, de retour du front en 1918, retrouvé amnésique dans une gare de triage, se trouve dans l'impossibilité de choisir quelle voie il doit prendre.
Interné dans un asile, il y mène une vie paisible. Pourtant on ne le laisse pas tranquille, plusieurs familles semblent reconnaître en lui l'un des membres de sa famille.
La première famille rencontrée fait de lui un portrait auquel il ne s'attendait pas, il ne l'accepte pas. Il ne se reconnaît pas dans ce jeune-homme antipathique, cruel, léger, inconstant.
Pourquoi ne pas saisir cette chance de l'amnésie, la chance d'être un homme sans bagage, sans passé, pour ainsi se retrouver tout neuf face à la vie qui se présente à lui.
Et puis, pourquoi ne pas choisir lui-même, en se débarrassant du fantôme de son passé, la voie qui lui sied le mieux. Pourquoi ne pas écouter son coeur en suivant un petit garçon qui lui montre le chemin…en se choisissant une famille de coeur.
Le bal des voleurs.
Une comédie qui met en scène une famille aristocratique qui s'ennuie, et dont l'intrusion de voleurs dans leur vie apparaît comme une distraction. Des mensonges, des masques, un histoire d'amour naïve, qui font vibrer pour un moment cette famille riche en leur donnant un peu de fantaisie, de gaité et d'émotion. Finalement la vie nous confronte bien souvent à ce genre de "masque ou mensonge", que l'on soit face à de vrais voleurs ou non. Il faut se méfier des apparences.

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araucaria
araucaria18 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
J'ai lu avec passion les deux pièces de ce recueil.
Pour le voyageur sans bagage, il s'agit d'un superbe texte dont le sujet est très grave. Cette pièce est un drame qui conte le sort d'un amnésique, ancien soldat de la première guerre mondiale, en quête d'une famille. Celle qu'on lui présente, lui donne de lui l'image d'un monstre, et il ne veut pas se reconnaître dans le portrait qui lui est brossé. Très belle oeuvre.
Quant au Bal des voleurs, cette comédie est un délice. le style est alerte. Les personnages sont souvent cocasses, et se mettent dans des situations qui offrent des rebondissements. Jean Anouilh nous met en présence de riches aristocrates anglais accompagnés de jeunes femmes à marier, de deux coureurs de dots financiers proches de la banqueroute et de voleurs grotesques, maladroits, ridicules. Cela donne une pièce savoureuse et pleine d'esprit. Cette lecture n'apporte que du bonheur.
Un recueil regroupant donc une pièce noire et une comédie, mais deux oeuvres d'une très grande qualité.
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Gwen21
Gwen2128 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
"Le Voyageur sans Bagage" est une courte pièce de 1958 que j'ai pris un grand plaisir à redécouvrir après une première lecture déjà plaisante pendant mon adolescence.
L'histoire. Gaston, amnésique rescapé de la Grande Guerre, héritier d'une rente d'invalidité coquette, devient l'objet de convoitise de bien des familles ayant perdu l'un des leurs sur le front. Animées par l'envie de faire main basse sur le pactole ou par la volonté sincère de retrouver un être cher, ces familles revendiquent toutes le droit de "reconnaître" Gaston. Parmi elles, la famille Renaud. Pour ses membres, pas de doute : sous les traits de Gaston se cache Jacques, le fils, le frère, l'amant terrible disparu presque vingt ans plus tôt...
Pour Gaston et pour le lecteur/spectateur, la boîte de Pandore est ouverte, découvrant, tel un diable qui sort de ladite boîte, un Jacques Renaud cruel et égoïste, être solitaire et mauvais, responsable d'un nombre appréciable d'incidents, de sales coups voire de crimes... Vous vous doutez comme la découverte d'un tel passé et d'une telle identité enchante Gaston qui vivait, quant à lui, bien heureux dans son asile à biner des laitues ! Quel homme souhaiterait intégrer la carapace délaissée d'un tel individu ? En un instant le voilà donc "voyageur sans bagage", sans souvenir, sans conscience, sans connaissance de tout ce qui l'entoure, rejetant à toute force le rôle qu'on veut lui faire endosser, cherchant désespérément une voie qui lui soit propre, celle de sa liberté ou tout au moins de son libre-arbitre.
Cette pièce est superbement écrite et mêle avec génie le drame et la comédie. En cela, elle est à mes yeux extraordinairement originale. Les thèmes abordés sont graves mais la pièce ne tombe jamais dans la tragédie, s'y tenant en marge, notamment grâce aux personnages secondaires très convaincants : la Duchesse, Me Huspar et les domestiques qui contrebalancent à merveille les tristes âmes guère franches du collier qui constituent la famille Renaud, candidate à "l'adoption" de Gaston.
J'aime particulièrement le dénouement qu'aurait très bien pu inspirer Saint-Exupéry et son Petit Prince mais je n'en dirai pas plus...
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brigittelascombe
brigittelascombe12 mai 2012
  • Livres 5.00/5
Le voyageur sans bagage, suivi de le Bal des voleurs sont deux comédies fantaisistes de Jean Anouilh (auteur dramatique français du XX° siècle) pleines d'humour grinçant, mais plus graves qu'au prime abord car elles évoquent le thème de l'identité (qui suis-je?), de l'imposture,du mensonge, de ce que l'on voudrait être mais que l'on n'est pas car le miroir des autres est là, face à nous pour nous rappeler comme le disait Sartre que "l'enfer c'est les autres".
Le voyageur sans bagage est Gaston, un amnésique retrouvé 20 ans plus tôt, au retour de la guerre 14/18, dans une gare de triage. La duchesse Dupont-Dufort le sort de son asile, où il était somme toute insouciant, pour le présenter à une famille bourgeoise de province supposée être la sienne.Mais que faire lorsque vous êtes "un vrai petit salaud", "un petit coco","une belle vache" ou "un vrai monstre" selon différents avis et qu'une cicatrice peut prouver votre réelle identité? Il aurait mieux valu être un héros, mais comme le dit Gaston avec une cruelle lucidité: "J'imagine que ceux qui avaient de grosses moustaches et l'air terrible étaient de tout petits soldats". Être un héros, un salaud ou un homme, un vrai? Dilemme!
Dans le bal des voleurs, point de duchesse, mais des Dupont-Dufort financiers, une bande de voleurs qui montent un coup pas très au point et une famille d'aristocrates qui se laisse dépouiller par ennui. L'amour présent comme dans le voyageur sans bagage (où il est rejeté) peut-il changer la donne? A moins que ce ne soit l'argent?
J'ai beaucoup apprécié ces deux comédies, portes ouvertes à différentes interrogations.
Certaines situations sont cocasses comme celle où la duchesse chosifie Gaston: "On ne donnera pas Gaston à un lampiste" mais égratignent la société et la différence de classes. Idem dans le bal des voleurs où Lady Hurf, sait pertinemment que les voleurs sont des voleurs mais s'amuse (ce qui dénote un sacré mépris). Les sentiments familiaux sont également mis en avant, ambivalents: on veut recréer le cercle familial tout en haïssant le membre jusque là disparu.
Donc à lire ou à relire car mensonges et imposture sont toujours d'actualité pour éviter à tout prix d'aller au-delà des apparences!
Jean Anouilh était vraiment au top niveau, sachant écrire des pièces de tous genres, allant de la gaieté à du plus noir comme sa géniale Antigone.
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Marti94
Marti9404 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
Le théâtre de Jean Anouilh est à mettre dans toutes les mains. La lecture est facile et les propos intéressants.
« le Voyageur sans bagage » fut le premier succès de l'auteur français. La pièce date de 1936. On y retrouve pourtant les traumatismes de la première guerre mondiale alors que la deuxième est déjà en ligne de mire. C'est l'histoire d'un amnésique, « soldat inconnu » mais vivant, et donc une pièce sur l'identité car la mémoire est souvent considérée comme la base de notre sentiment d'identité.
A la fin de la Première Guerre Mondiale, Gaston est retrouvé amnésique. Il n'a plus aucun souvenir de son passé, de sa famille ou d'un quelconque événement. Recueilli par le Directeur d'un asile qui l'emploie en tant que jardinier, il est cependant réclamé par plusieurs familles, qui pensent reconnaître en lui un fils ou un neveu, d'autant que l'amnésique est riche.
Afin qu'il recouvre la mémoire, Gaston est invité à loger chez les Renaud mais il y découvre que le fils disparu, Jacques Renaud, est un personnage cynique, violent, sans scrupule. Il ne se reconnaît pas dans ce portrait d'un être abject. Dès lors, Jacques devient une « ombre redoutable à endosser », un « affreux petit sosie » auquel Gaston refuse d'être associé. Hélas, l'existence d'une petite cicatrice dans le creux de l'omoplate gauche prouvera que lui et Jacques Renaud sont bien la même personne.
Gaston est seul, hors du temps. Il est donc libre et n'a pas de destin, de futur tracé dans la mesure où il n'est personne car il n'a pas d'identité. Mais, entre celui qu'il est et celui qu'il a rêvé d'être, il va choisir.
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria18 octobre 2015
UN MONSIEUR A BARBE, entrant
Je suis le détective de l'agence Scottyard.

LORD EDGARD pousse un rugissement, lui saute dessus et lui tire la barbe.
Ah! non, Monsieur! Cela ne prend plus!

LE DETECTIVE
Arrêtez! vous êtes fou! Vous me faites mal!

LORD EDGARD, très étonné.
Comment, elle est à vous?

LE DETECTIVE
Mais bien sûr qu'elle est à moi!

LORD EDGARD
Vous êtes vraiment le détective que j'avais demandé à l'agence Scottyard?

LE DETECTIVE
Puisque je viens de vous le dire!

LORD EDGARD
Alors on n'a plus besoin de vous : la pièce est finie.

LE DETECTIVE, débonnaire.
Dans ce cas...

Il tire sa clarinette de sa poche - car c'était aussi le musicien - et commence à jouer un petit pas redoublé qui sert de finale et que les personnages de la pièce, entrés par toutes les portes, dansent en échangeant leurs barbes.

(Le bal des voleurs)
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araucariaaraucaria19 octobre 2015
EVA

Oh! l'amour...

LADY HURF

Quel soupir! Depuis ton veuvage, tu as eu des amants?

EVA

Je n'en ai pas rencontré qui m'ait aimée.

LADY HURF

Tu demandes trop. Si tes amants t'ennuient, marie-toi, cela leur donnera du piquant.

EVA

Avec qui?

LADY HURF

Bien entendu, ces Dupont-Dufort t'excèdent comme moi. Et les Espagnols?

EVA

Le prince Hector me poursuit en changeant de moustaches dans l'espoir de retrouver l'aspect sous lequel il m'avait plu.

LADY HURF

Vraiment plu?

EVA, sourit

Je ne sais plus.

LADY HURF

Ce sont d'étranges personnages.

EVA

Pourquoi?

LADY HURF

Pour rien. Je te l'ai dit, je suis une vieille carcasse qui s'ennuie. J'ai eu tout ce qu'une femme peut raisonnablement et même déraisonnablement souhaiter. L'argent, la puissance, les amants. Maintenant que je suis vieille, je me retrouve autour de mes os aussi seule que lorsque j'étais une petite fille qu'on faisait tourner en pénitence contre le mur. Et ce qui est plus grave, je me rends compte qu'entre cette petite fille et cette vieille femme, il n'y a eu, avec beaucoup de bruit, qu'une solitude pire encore.

EVA

Je vous croyais heureuse.

LADY HURF

Tu n'as pas de bons yeux. Je joue un rôle. Je le joue bien comme tout ce que je fais, voilà tout. Toi, tu joues mal le tien!

(Le bal des voleurs)
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Lakanal3eme6Lakanal3eme617 avril 2013
Vous n'avez jamais rêvé d'un ami qui aurait été d'abord un petit garçon que vous auriez promené par la main? Vous qui aimez l'amitié, songez quelle aubaine cela peut-être pour elle un ami assez neuf pour qu'il doive tenir de vous le secret des premières lettres de l'alphabet, des premiers coups de pédale à bicyclette, des première brasses dans l'eau. Un ami assez fragile pour qu'il ait tout le temps besoin de vous pour le défendre...
+ Lire la suite
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gouelangouelan10 novembre 2015
Des obligations, des haines , des blessures...Qu'est-ce que je croyais donc que c'était, des souvenirs ?...C'est juste, j'oubliais des remords. J'ai un passé complet maintenant...Mais vous voyez comme je suis exigeant. J'aurais préféré un modèle avec quelques joies. Un peu d'enthousiasme aussi si c'était possible. Vous n'avez rien là à m'offrir ?
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Gwen21Gwen2128 novembre 2012
- [...] Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...
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