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ISBN : 2070367592
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 114 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Je ne suis pas Jacques Renaud ; je ne reconnais rien ici de ce qui a été à lui. Un moment, oui, en vous écoutant parler, je me suis confondu avec lui. Je vous demande pardon. Mais, voyez-vous pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 28 novembre 2012

    Gwen21
    Le Voyageur sans bagage est une courte pièce de 1958 que j'ai pris un grand plaisir à redécouvrir après une première lecture déjà plaisante pendant mon adolescence.
    L'histoire. Gaston, amnésique rescapé de la Grande Guerre, héritier d'une rente d'invalidité coquette, devient l'objet de convoitise de bien des familles ayant perdu l'un des leurs sur le front. Animées par l'envie de faire main basse sur le pactole ou par la volonté sincère de retrouver un être cher, ces familles revendiquent toutes le droit de "reconnaître" Gaston. Parmi elles, la famille Renaud. Pour ses membres, pas de doute : sous les traits de Gaston se cache Jacques, le fils, le frère, l'amant terrible disparu presque vingt ans plus tôt...
    Pour Gaston et pour le lecteur/spectateur, la boîte de Pandore est ouverte, découvrant, tel un diable qui sort de ladite boîte, un Jacques Renaud cruel et égoïste, être solitaire et mauvais, responsable d'un nombre appréciable d'incidents, de sales coups voire de crimes... Vous vous doutez comme la découverte d'un tel passé et d'une telle identité enchante Gaston qui vivait, quant à lui, bien heureux dans son asile à biner des laitues ! Quel homme souhaiterait intégrer la carapace délaissée d'un tel individu ? En un instant le voilà donc "voyageur sans bagage", sans souvenir, sans conscience, sans connaissance de tout ce qui l'entoure, rejetant à toute force le rôle qu'on veut lui faire endosser, cherchant désespérément une voie qui lui soit propre, celle de sa liberté ou tout au moins de son libre-arbitre.
    Cette pièce est superbement écrite et mêle avec génie le drame et la comédie. En cela, elle est à mes yeux extraordinairement originale. Les thèmes abordés sont graves mais la pièce ne tombe jamais dans la tragédie, s'y tenant en marge, notamment grâce aux personnages secondaires très convaincants : la Duchesse, Me Huspar et les domestiques qui contrebalancent à merveille les tristes âmes guère franches du collier qui constituent la famille Renaud, candidate à "l'adoption" de Gaston.
    J'aime particulièrement le dénouement qu'aurait très bien pu inspirer Saint-Exupéry et son Petit Prince mais je n'en dirai pas plus...
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 12 mai 2012

    brigittelascombe
    Le Voyageur sans bagage, suivi de Le Bal des voleurs sont deux comédies fantaisistes de Jean Anouilh (auteur dramatique français du XX° siècle) pleines d'humour grinçant, mais plus graves qu'au prime abord car elles évoquent le thème de l'identité (qui suis-je?), de l'imposture,du mensonge, de ce que l'on voudrait être mais que l'on n'est pas car le miroir des autres est là, face à nous pour nous rappeler comme le disait Sartre que "l'enfer c'est les autres".
    Le Voyageur sans bagage est Gaston, un amnésique retrouvé 20 ans plus tôt, au retour de la guerre 14/18, dans une gare de triage. La duchesse Dupont-Dufort le sort de son asile, où il était somme toute insouciant, pour le présenter à une famille bourgeoise de province supposée être la sienne.Mais que faire lorsque vous êtes "un vrai petit salaud", "un petit coco","une belle vache" ou "un vrai monstre" selon différents avis et qu'une cicatrice peut prouver votre réelle identité? Il aurait mieux valu être un héros, mais comme le dit Gaston avec une cruelle lucidité: "J'imagine que ceux qui avaient de grosses moustaches et l'air terrible étaient de tout petits soldats". Être un héros, un salaud ou un homme, un vrai? Dilemme!
    Dans Le Bal des voleurs, point de duchesse, mais des Dupont-Dufort financiers, une bande de voleurs qui montent un coup pas très au point et une famille d'aristocrates qui se laisse dépouiller par ennui. L'amour présent comme dans Le Voyageur sans bagage (où il est rejeté) peut-il changer la donne? A moins que ce ne soit l'argent?
    J'ai beaucoup apprécié ces deux comédies, portes ouvertes à différentes interrogations.
    Certaines situations sont cocasses comme celle où la duchesse chosifie Gaston: "On ne donnera pas Gaston à un lampiste" mais égratignent la société et la différence de classes. Idem dans Le Bal des voleurs où Lady Hurf, sait pertinemment que les voleurs sont des voleurs mais s'amuse (ce qui dénote un sacré mépris). Les sentiments familiaux sont également mis en avant, ambivalents: on veut recréer le cercle familial tout en haïssant le membre jusque là disparu.
    Donc à lire ou à relire car mensonges et imposture sont toujours d'actualité pour éviter à tout prix d'aller au-delà des apparences!
    Jean Anouilh était vraiment au top niveau, sachant écrire des pièces de tous genres, allant de la gaieté à du plus noir comme sa géniale antigone.
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    • Livres 5.00/5
    Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    Kahlan03
    D'abord, Le Voyageur sans bagage : une pièce captivante, qui fait réfléchir sur les notions de passé et de mémoire, de famille aussi. Gaston,qui n'a plus de mémoire, choisit de ne plus être celui qu'il était, de ne plus appartenir à sa famille, de ne pas se souvenir. Il choisit la blancheur d'une vie sans passé, une rennaissance à bientôt quarante ans, une symbolique forte que j'ai envie de qualifier de belle, car c'est une belle pièce.
    Le Bal des voleurs est un pur moment d'hilarité et d'attendrissement, ou "les gens biens" et "les gens mauvais" se confondent, s'apprécient, les voleurs sont pris à leur propre jeu, et pris aussi dans l'amour, la tendresse et l'amusement.
    Deux pièces qui témoignent encore du talent de Jean Anouilh, deux moments de plaisir et d'humanité.
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 27 mars 2012

    gill
    A l'issu de la Première Guerre mondiale, Gaston, amnésique, est jardinier dans un asile. Il découvre avec horreur sa vraie identité et pour y échapper choisit d'intégrer une famille qui le prend pour un des siens.
    Anouilh s'inspire d'un fait divers et écrit là une de ses pièces les plus humaines, les plus poignantes, mais aussi empreinte d'une certaine noirceur.
    Et toujours il fait preuve de son fabuleux don d'auteur et de dramaturge.
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    • Livres 5.00/5
    Par IsaLise, le 12 janvier 2012

    IsaLise
    J'avais découvert Anouilh au lycée et j'étais tombée sous le charme d'Antigone, que j'avais d'ailleurs préférée à celle de Sophocle. : ) Depuis, je n'avais jamais osé relire un de ses textes, par crainte d'être déçue ! Ce ne fût pas le cas. En effet, en lisant "Le Voyageur sans bagage" puis "Le Bal des voleurs", j'ai découvert deux autres facettes de l'écriture de Jean Anouilh. Un drame avec cet homme amnésique qui découvre peu à peu qu'il était sans doute un être odieux avant de ne plus savoir qui il est. Amoureuse du théâtre et des questions existentielles ;), j'ai donc été comblée. En effet, aussitôt des questions sont apparues : qui serais-je si j'ignorais mon passé ? Si je m'imaginais autre ? Pouvons-nous, avons-nous le droit à une seconde chance ? Cependant, pas d'épanchement excessif, mais la liberté d'imaginer nous-mêmes et simplement les doutes qui grandissent tableau après tableau...
    Dans Le Bal des voleurs, la légèreté est au rendez-vous et dès la première scène on rit de la bêtise de ces trois voleurs incapables de communiquer entre eux et brisant ainsi la couverture de l'autre (ah tiens, encore une question intéressante à se poser... :D). Mais l'un d'entre eux ne serait-il pas finalement plus honnête que les honnêtes gens.... La comédie pourrait être cousue de fil blanc tant les personnages semblent peu dupes les uns des autres. Or, finalement, ce n'est pas vrai et deviennent dupes ceux qui pensaient tromper... Nous, spectateurs ou lecteurs, devenons alors complices des personnages et nous rions des maladresses ou des mensonges inutiles. Nous nous émouvons également avec Gustave et Juliette.
    Lecture rapide et très agréable donc. Je tâcherai de ne plus attendre aussi longtemps avant de revenir vers Jean Anouilh. :D

    Lien : http://ecrirecommeonrespire.blogspot.com/2012/01/le-voyageur-sans-vo..
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Citations et extraits

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  • Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    Le bal des voleurs, troisième tableau , JULIETTE : C'est facile, tu sais, pourtant. Il n'y a qu'à se laisser aller. On ne passe d'ailleurs pas une minute sans être malheureux, mais je crois bien que c'est cela être heureux.

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  • Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    Vous dites qu'il n'a jamais aimé. Qu'en savez-vous, vous qui ne savez rien?

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  • Par Kahlan03, le 12 mai 2013

    Un passé ne se vend pas au détail.

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  • Par Lakanal3eme6, le 17 avril 2013

    Vous n'avez jamais rêvé d'un ami qui aurait été d'abord un petit garçon que vous auriez promené par la main? Vous qui aimez l'amitié, songez quelle aubaine cela peut-être pour elle un ami assez neuf pour qu'il doive tenir de vous le secret des premières lettres de l'alphabet, des premiers coups de pédale à bicyclette, des première brasses dans l'eau. Un ami assez fragile pour qu'il ait tout le temps besoin de vous pour le défendre...
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  • Par Gwen21, le 28 novembre 2012

    - [...] Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...

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Vidéo de Jean Anouilh

Interview de Robert Hossein, pour son rôle de Créon, dans "Antigone" de Jean Anouilh.








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