> Valérie Zenatti (Traducteur)

ISBN : 2020837943
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Comment un enfant ayant tout perdu peut-il survivre plusieurs années seul dans les sombres forêts ukrainiennes ? Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'échappe du camp. Sa longue errance le conduira, quatre ans plus tard, en Palestine.
Plongé dans le silence dep... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 01 avril 2012

    carre
    Histoire d'une vie, c'est le parcours d'Aharon Appelfeld, une jeunesse terrifiante et pourtant vraie. A dix 10 ans, il s'évade du camp de concentration ou il est prisonnier. Il va vivre seul dans les forêts ukrainiennes et va survivre grâce aux marginaux, vagabonds qui vont le protéger. 4 années plus tard, son incroyable odyssée le mène en Palestine. Il va apprendre la langue hébraique, et grâce à plusieurs rencontres essentielles devenir l'une des voix les plus fortes à travers une oeuvre érudite et profonde.
    Un récit magnifique, Appelfeld se fait le témoin d'une époque ou la folie nazie fit basculer l'Europe dans l'horreur, et raconte comment à force de chance, de courage, de savoir, il deviendra un spécialiste incontournable de la mémoire juive. il a inlassablement construit son oeuvre autour de la Shoah à travers une enfance confisquée parmi tant d'autres. Un grand auteur pour un grand livre.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 07 juillet 2011

    Chouchane
    C'est l'Histoire d'une vie. Boris Cyrulnik dirait qu'elle est résiliente, moi je dis qu'elle est miraculeuse.
    C'est la vie d'un petit garçon qui s'enfuit à 8 ans d'un camp de concentration nazi. Qui va vivre dans les froides forêts urkrainiennes, va parler aux animaux, qui sait à peine lire et écrire, qui a peur et qui a faim. C'est celle d'un adolescent qui va se retrouver en Israël va devoir apprendre à parler une nouvelle langue l'hébreu, va se retrouver de nouveau perdu parmi les siens, recroquevillé dans un impossible oubli. Et enfin, c'est histoire d'un homme qui est un des écrivains les plus doué de sa génération. Un écrivain dont les mots transparents flottent autour de nous comme des flocons de neige dont la course lente captive jusqu'à nous rendre oublieux de nous-même. Lire Appelfed c'est croire aux Mystères, moi j'y crois.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par keisha, le 02 avril 2011

    keisha
    Ce livre n'est pas un résumé, mais plutôt une tentative, un effort désespéré pour relier les différentes strates de ma vie à leur racine. Que le lecteur ne cherche pas dans ces pages une autobiographie structurée et précise. ce sont différents lieux de vie qui se sont enchaînés les uns aux autres dans la mémoire, et convulsent encore. Une grande part est perdue, une autre a été dévorée par l'oubli. Ce qui restait semblait n'être rien, sur le moment, et pourtant, fragment après fragment, j'ai senti que ce n'étaient pas seulement les années qui les unissaient, mais aussi une forme de sens."


    Appelfeld, dès la préface, prévient son lecteur. Ce ne sera pas une autobiographie exhaustive.

    Né en 1932 à Czernowitz, en Bucovine alors rattachée à la Roumanie, son enfance plutôt heureuse et protégée s'interrompt brusquement, avec le ghetto, la marche vers un camp, dont il s'échappe, pour passer des années dans la forêt. En 1946, on le retrouve en Italie, d'où il prend un bateau pour Israël.

    Des pans entiers de l'histoire n'apparaîtront pas, les noms de personnes et de lieux ont été oubliés, les souvenirs affluent, en désordre, tronqués. Cela peut désarçonner, et puis, peu importe, l'essentiel n'est pas là. En creux apparaît l'histoire, racontée sobrement.

    Je m'attendais à lire le récit d'une vie pendant la guerre, mais presque la moitié du livre évoque la vie d'Appelfeld en Israël, ses difficultés d'adaptation et d'étude de l'hébreu, la perte de ses langues parlées, l'apprentissage du yiddisch, langue de ses grands parents, qui l'a sauvé en quelque sorte...

    "L'effort pour conserver ma langue maternelle [l'allemand] dans un entourage qui m'en imposait un autre était vain. Elle s'appauvrissait de semaine en semaine et à la fin dela première année il n'en demeura que quelques brandons sauvés des flammes. Cette douleur n'était pas univoque. Ma mère avait été assassinée au début de la guerre, et durant les années qui suivirent, j'avais conservé en moi son visage, en croyant qu'à la fin de la guerre je la retrouverais et que notre vie redeviendrait ce qu'elle avait été. Ma langue maternelle et ma mère ne faisaient qu'un. A présent, avec l'extinction de la langue en moi, je sentais que ma mère mourait une seconde fois."

    Il nous fait aussi découvrir son cheminement vers l'écriture, ses choix, ses influences, et termine par un superbe chapitre sur l'évolution de l'association "La vie nouvelle", fondée en 1950 par les survivants de Galicie et Bucovine, image exemplaire de l' immigration en Israël.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-histoire-d-une-v..
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 18 juillet 2011

    mimipinson
    « Où commence ma mémoire ? Parfois il me semble que ce n'est que vers quatre ans, lorsque nous partîmes pour la première fois, ma mère, mon père et moi, en villégiature dans les forêts sombres et humides des Carpates. D'autres fois il me semble qu'elle a germé en moi avant cela, dans ma chambre, près de la double fenêtre ornée de fleurs en papier. La neige tombe et des flocons doux, cotonneux, se déversent du ciel. le bruissement est imperceptible. de longues heures, je reste assis à regarder ce prodige, jusqu'à ce que je me fonde dans la coulée blanche et m'endorme. »
    Histoire d'une vie ne sont pas des mémoires. C'est un travail sur la Mémoire, que l'auteur a beaucoup occultée. Ainsi, c'est par bribes, à l'aide de chapitres parfois courts, que l'auteur évoque sa traversée des années, sa résilience.
    Le thème de la mémoire est omniprésent, presque obsédant.
    « le cœur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps. Chaque fois qu'il pleut, qu'il fait froid ou que souffle un vent violent, je suis de nouveau dans le ghetto, dans le camp, ou dans les forêts qui m'ont abrité longtemps. La mémoire, s'avère t-il, a des racines dans le corps. »
    Histoire d'une vie, c'est surtout l'histoire d'une résilience d'un homme confronté dès l'enfance aux horreurs nazies.
    Sa résilience passera par le silence et la contemplation.
    « La contemplation me procurait le plaisir que l'on trouve dans la sensation d'être oublié de tous. (…) Une vraie contemplation, comme la musique, est dénuée de contenu matériel. »
    La langue est également, dans ce livre, un thème cher à l'auteur, lui qui aura été façonné par 4 d'entre elles : l'allemand, sa langue natale ; le Yiddish, la langue par laquelle se transmet le judaïsme ; le ruthène et le roumain parlés dans sa région natale. Il consacre un long passage à l'apprentissage de l'hébreu à son arrivée en Palestine.
    « Sans langue un homme ne parle pas. Ma langue maternelle, que j'aimais, ne vivait plus en moi après deux années passées en Israël. »
    « Ce que j'avais possédé-les parents, la maison, et ma langue maternelle -m'était perdu pour toujours, et cette langue qui promettait d'être une langue maternelle n'était rien d'autre qu'une langue adoptive. »
    Il y aurait tant à dire, cet ouvrage, pourtant court, est d'une grande richesse. Dans un style accessible, et bien écrit, Aharon Appelfeld parvient à nous émouvoir à plusieurs reprises ; en particulier le chapitre 11 dans lequel il évoque la cruauté des camps. Il a également su aiguisé ma curiosité en évoquant longuement les auteurs qui comme lui, issus de la diaspora ont inspiré l'écrivain respecté qu'il est devenu, avec en particulier, Yosef Agnon.
    Il est finalement difficile de mettre en mots tout ce qui transpire de ce livre. le parcours de cet homme, et la vision positive qu'il a gardé de l'humain malgré tout le reste forge le respect, et incite à le découvrir davantage.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/07/histoire-dune-vie.html
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    • Livres 4.00/5
    Par luocine, le 21 août 2010

    luocine

    Aharon Appelfeld est né dans une région du monde qui a changé de nationalité très souvent. Originaire de Bucovine, il a surtout le malheur d'être juif, toute sa famille disparaîtra pendant la deuxième guerre mondiale. Il doit sa survie, à son courage, il a fui le camp de concentration. Pendant deux ans, il a erré dans les forêts de l'Ukraine en essayant, jour après jour, de ne pas mourir, il n'avait que dix ans!.
    C'est la première partie du livre.
    Le livre commence par le bonheur d'une enfance heureuse dans un monde qui a complètement disparu aujourd'hui.
    Comme toujours, dans ces témoignages, certains passages sont très difficiles à lire. le chapitre sept, par exemple. Il se souvient d'une femme qui fait tout ce qu'elle peut pour obliger un enfant à fuir la douceur relative de ses bras pour qu'il se cache et essaye de se sauver, l'enfant tel un petit animal s'accroche à elle avec l'énergie du désespoir, ensemble ils monteront dans le train de la mort.
    La deuxième partie du livre raconte ses difficultés à s'adapter en Israël et à trouver sa langue d'écriture.
    C'est une très belle réflexion sur la culture et la langue.
    Je m'attendais à trouver des remarques sur le conflit palestinien mais ce n'est pas son propos.
    Pour moi, c'est un livre à lire absolument, un de plus diront certains sur ce sujet. Mais en le lisant on comprend qu'il ne pouvait pas faire autrement que de nous le raconter. Ses souvenirs sont si lourds qu'il doit pouvoir les partager avec ses lecteurs

    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par Chouchane, le 05 juillet 2011

    J'avais 7 ans lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale. L'ordre temporel s'en trouva bouleversé, il n'y eut plus d'été, ni d'hiver, plus de longs séjours chez les grands-parents à la campagne. Notre vie fut comprimée dans une chambre étroite. Nous restâmes un temps dans le ghetto et à la fin de l'automne nous fûmes déportés. (...) Après la guerre, j'ai passé plusieurs mois sur les côtes italienne et yougoslave. Ces mois furent ceux d'un merveilleux oubli.(...) Sur les plages erraient des êtres que la guerre avait façonnés : musiciens, prestidigitateurs, chanteurs d'opéra, acteurs, sombres prédicateurs, trafiquants et voleurs (...) Lorsque nous arrivâmes en Israël, l'oubli était solidement ancré en nos âmes. (...) Pendant de longues années je fus plongé dans un sommeil amnésique. Ma vie s'écoulait en surface. Je m'étais habitué aux caves enfouies et humides. Cependant, je redoutais toujours l'éruption. Il me semblait, non sans raison, que les forces ténébreuses qui grouillaient en moi s'accroissaient et qu'un jour, lorsque la place leur manquerait, elles jailliraient. (...) Ce livre n'est pas un résumé, mais plutôt une tentative, un effort désespéré pour relier les différentes strates de ma vie à leur racine.Que le lecteur ne cherche pas dans ces pages une autobiographie structurée et précise. Ce sont différents lieux de vie qui se sont enchaînés les uns aux autres dans la mémoire, et convulsent encore.
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  • Par Outis, le 28 septembre 2008

    Durant la guerre on ne débat pas, on n’insiste pas sur les divergences. La guerre est une serre pour l’attention et le mutisme. La faim, la soif, la peur de la mort rendent les mots superflus. A vrai dire, ils sont totalement inutiles. Dans le ghetto et dans le camp, seuls les gens devenus fous parlaient, expliquaient, tentaient de convaincre. Les gens sains d’esprit ne parlaient pas.
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  • Par Outis, le 28 septembre 2008

    J’ai déjà signalé que les gens de ma génération, en particulier ceux qui étaient enfants pendant la guerre, ont développé un rapport méfiant aux humains. Moi aussi, pendant la guerre, j’ai préféré la compagnie des objets et des animaux. Les humains sont imprévisibles. Un homme qui au premier regard a l’air posé et calme peut se révéler être un sauvage, voire un meurtrier.
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  • Par ManaLa-x, le 28 février 2012

    Dans le ghetto, les enfants et les fous étaient amis. Tous les repères s'étaient effondrés : plus d'école, plus de devoirs, plus de lever le matin ni d'extinction des feux la nuit. Nous jouions dans les cours, dans des terrains vagues et de multiples endroits obscurs. Les fous se joignent parfois à nos jeux. Eux aussi avaient tiré profit du chaos. L'hospice et l'hôpital psychiatrique avaient été fermés, et les malades, livrés à eux-mêmes, erraient dans les rues en souriant. Dans leurs sourires, et en -dehors du sourire lui-même, il y avait quelque chose d'une joie maligne, comme s'ils disaient : « Toutes ces années vous vous êtes moqués de nous car nous mélangions un sujet et l'autre, un temps et l'autre, nous n'étions pas précis, nous nommions les lieux et les objets par d'autres noms. A présent il est clair que nous avions raison. Vous ne nous avez pas crus, vous étiez sûrs de votre bon droit et vous nous méprisiez, vous nous avez envoyés dans des hospices et vous nous avez enfermés derrière des portes verrouillées. Il y avait quelque chose d'effrayant dans le sourire joyeux des fous.
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  • Par Outis, le 28 septembre 2008

    J’ai parlé du silence et du soupçon, de la préférence pour le fait plutôt que pour l’explication. Je n’aime pas m’étendre sur les sentiments. Une trop grande propension à parler des affects nous entraînera toujours vers le labyrinthe sentimental, vers le piétinement sur place et l’aplatissement.
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Video de Aharon Appelfeld

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Vidéo de Aharon Appelfeld

Lecture en hébreu par Aharon Appelfeld, accompagné au violon par Jean-Pierre Morel du Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon.











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