Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Jean-Louis Bory (Préfacier, etc.)
> Pierre Grimal (Traducteur)

ISBN : 2070366294
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 93 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" J'éprouvais cependant une angoisse et une grande crainte en me demandant comment avec des pattes si énormes et si longues, je pourrais monter une faible dame, comment ce corps si clair, si tendre, tout pétri de lait et de miel, je pourrais l'enserrer entre mes rudes s... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (12)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par finitysend, le 23 février 2012

    finitysend
    Un texte délicieux et gourmand .. ....
    Je ne partirais pas pour ce commentaire dans des considérations historiques ou rhétoriques ..
    Ce texte est un récit excessivement vivant qui peut parler à n'importe quel lecteur contemporain..
    Pas besoin d'être féru de lettres classiques ...
    La structure narrative n'en fait pas un roman au sens contemporain du terme ..
    Cependant ! il est indiscutable que l'effet produit un presque roman ou un assemblage de trois récits très cohérents ( avec des personnages très réussis et très fonctionnels )...
    Les métamorphoses constituent une thématique antique très riche ( effets littéraires .. mais aussi métaphores philosophiques ou expression du sentiment religieux ) ...
    Ce texte est très vivant ..
    C'est un vrai guide touristique rempli de magiciennes .. de larcins .. de quiproquos cocasses .. d'ironie .. d'humour et même de fables sexuelles à la limite du vaudevillesque ..
    Le titre est très évocateur et l'âne ( pour un temps un âne et pour un temps victime d'une ruse éculée ) traverse des péripéties de derrière les fagots ( une partie seulement du récit ) ..
    Ce texte est une distraction efficace .. qui rend l'antiquité gréco-romaine vivante et proche ...
    Ce texte démontre aussi que le sens de l'humour ne date pas d'aujourd'hui et il parle à des lecteurs contemporains aussi facilement que ne le fait le dernier roman en date ...
    je ne résiste pas au plaisir de citer PL Courier ( PL Courier est un latiniste et helléniste éminent de la fin du 18e siècle ...) qui parle très justement de ce texte :
    " On y trouve des notions sur la vie privée des anciens, que chercheraient vainement ailleurs ceux qui se plaisent à cette étude. Là se voit une vive image du monde, tel qu'il était alors; l'audace des brigands, la fourberie des prêtres d'Isis, l'insolence des soldats sous un gouvernement violent et despotique, la cruauté des maîtres, la misère des esclaves; tout est vrai dans ces fictions si frivoles en apparence; et ces récits de faits, non seulement faux, mais impossibles, nous représentent les temps et les hommes mieux que nulle chronique, à mon sens. "
    Pour faire une délicieuse et vivante plongée dans l'antiquité classique difficile de trouver mieux .. ( à part peut-être certaines pièces d'Aristophane ) ..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 10 juin 2013

    olivberne
    Voilà un roman de l'antiquité où on ne s'ennuie pas, où on a l'impression de redécouvrir une époque si ancienne alors qu'elle nous semble étonnement moderne.
    Il y a de tout dans le long voyage de cet homme transformé en âne et qui va chercher à redevenir un homme: de l'humour, de l'aventure, des meurtres, du sexe, de la violence, de l'amour et de la tendresse, de la tristesse aussi. C'est un fourre-tout qui permet, à partir de multiples rebondissements, d'étudier l'homme, son comportement, le tout dans le corps d'un âne qui pense comme un humain.
    L'animal n'a pas été choisi au hasard, il nous apprend beaucoup de choses sur nous et sur lui-même.
    On pourrait presque parler d'antiroman de l'antiquité: on est loin d'Ulysse et de l'épopée, on assiste plutôt à une déshumanisation de l'homme pour mieux comprendre sa condition.
    C'est vraiment un roman surprenant, amusant et plaisant à lire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la critique

  • Par AnimenLyceeReneCassin, le 30 mai 2013

    AnimenLyceeReneCassin
    Écrivain antique du IIe siècle, Apulée est reconnu pour avoir écrit L'âne d'or ou Les Métamorphoses. C'est l'histoire d'un aristocrate grec, Lucius, qui débute le récit par un de ses voyages en Thessalie. Il y est accueilli par Milon, un vieil homme marginalisé et s'éprend très vite de Photis, l'esclave de la maison. Une nuit, cette dernière lui fait part d'informations concernant sa maîtresse, Pamphile, qui est en effet capable de changer son apparence. Lucius, fasciné par cette mystérieuse magie et en ayant été témoin, souhaite également en subir les effets. Cependant, alors qu'il croyait pouvoir devenir un hibou, le voilà transformé en âne (ce qui fait tout de suite rire le lecteur). C'est ainsi que sa vie bouscule: il accumule plusieurs maîtres, qui lui affligent tous de mauvais traitements. Il réussit malgré tout, à redevenir humain grâce à l'aide de la déesse égyptienne, Isis.
    Le personnage de Lucius constitue selon nous une belle réussite littéraire car il présente plusieurs facettes, à la fois antipathique et sympathique. En effet, suite à sa transformation en âne, il a une profonde envie de s'en prendre violemment à Photis car il estime qu'elle est responsable de son sort. Il arrive donc, en quelques instants, à éprouver une haine envers celle qu'il chérissait pourtant, bien qu'elle lui assure qu'il peut retrouver son ancienne forme en mangeant de simples roses. On a alors l'impression qu'il voit les femmes comme de simples objets sexuels: il est vrai que sa libido est déclenchée à chaque fois qu'il aperçoit une belle femme. Par ailleurs, il nous semble qu'il perd peu à peu son humanité une fois changé en âne, même s'il a toujours la capacité de réflexion. Par exemple, il s'en est déjà pris à de vieilles personnes après avoir détruit leur pâturage en cherchant des roses, et même s'il ne fait que de se défendre, il n'a jamais aucun scrupule. D'ailleurs, il se réjouit même de la mort (dont il est en partie responsable) d'un jeune esclave, qui était chargé de sa garde. Cependant, on reconnaît également que ce changement de comportement peut s'expliquer par le fait qu'il n'a absolument plus aucun contact social, ne serait-ce qu'avec d'autres chevaux. Il ne vit que pour survivre: il est sans cesse maltraité et battu violemment par ses différents maîtres ce qui entraîne la sympathie et la pitié du lecteur. Et le ton amical qu'il emploie dès le début, en s'adressant directement au lecteur, nous donne l'impression de parler à un ami proche et de devenir son confident intime.
    D'autre part, les récits secondaires nous ont particulièrement plu .
    L'histoire de la jeune et belle Charité, nous a marquée. de son enlèvement par des brigands, à son suicide après la mort de son mari, son histoire est touchante, émouvante, et aurait même pu faire l'objet d'une tragédie classique. le personnage en lui-même est captivant: il s'agit d'une femme fidèle à son mari, pleine de vertus, aimable: elle est la seule personne à être agréable avec Lucius, transformé en âne.
    Le récit d'une multitude d'anecdotes nous permet d'avoir une idée globale du monde romain à l'époque d'Apulée. Ces histoires ne sont d'ailleurs pas toujours racontées par Lucius et on a trouvé très pertinent ce changement constant de narrateur, qui donne l'impression d'interroger directement les paysans de l'Empire. Elles sont la plupart du temps centrées sur la vie pénible des esclaves. L'une d'entre elles est particulièrement choquante: une esclave, étant trompée par son mari, décide de mettre fin à ses jours, en emportant avec elle son bébé.
    La magie et la sorcellerie occupent, par ailleurs, une place très importante dans le livre. La transformation de Lucius en âne, la mention d'un dragon, des Enfers, de sorcières dévorant le visage des cadavres infléchissent le roman vers l'univers des contes. le mythe de Psyché, qui est rapporté dans ce livre, en est un bel exemple. Il raconte en effet l'histoire d'amour vécue entre une simple humaine et le Dieu Amour. Leur couple est menacé à plusieurs reprises, notamment à cause de la déesse Vénus, qui met Psyché à l'épreuve en l'envoyant par exemple aux Enfers. Malgré les obstacles, Amour et Psyché finissent par se retrouver. Il s'agit certes d'un mythe très attrayant mais nous l'avons trouvé beaucoup trop long par rapport aux autres récits enchâssés et nous aurions également aimé une description beaucoup plus complète des Enfers.
    La lecture reste cependant très facile et agréable, surtout que le style d'écriture utilisé est assez simple. On vous le recommande vivement, si vous avez envie de bon moments de détentes !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Parthenia, le 03 juin 2013

    Parthenia
    L'Âne d'or, récit de onze livres, constitue l'ancêtre du roman picaresque. C'est également un témoignage sur l'intérêt de l'époque pour tout ce qui touche au mystique et au merveilleux ainsi qu'un témoignage sur les activités des classes inférieures.
    De plus, sur l'histoire principale, racontée par Lucius lui-même, viennent se greffer une foule d'autres récits, plus ou moins longs, rapportés par les protagonistes que Lucius rencontre au cours de ses péripéties (l'histoire de Socrate, l'histoire de Thelyphron, le conte de Cupidon et Psyché, l'histoire de la cuve, l'histoire du mari jaloux, l'histoire de la femme du foulon, l'histoire de la marâtre empoisonneuse, l'histoire de la femme condamnée aux bêtes)...
    L'intrigue tourne autour de la curiosité de Lucius et de sa fascination pour la magie.
    Cette curiosité se manifeste dès les premières pages quand Lucius supplie un marchand rencontré sur le chemin d'Hypata, ville de Thessalie, réputée pour sa magie et ses magiciennes, de reprendre pour lui l'histoire qu'il était en train de raconter à son compagnon de voyage dubitatif. Cette histoire est celle de Socrate, qui est victime des maléfices de Méroe, une sorcière ayant l'habitude de transformer en animaux ceux qui ont le malheur de lui déplaire, et qui inflige à cet amant qui la délaisse une mort en deux temps. Cette histoire est un premier avertissement à l'encontre de Lucius pour le mettre en garde contre les dangers de la magie, mais notre héros (ou devrais-je dire notre anti-héros) n'en tient absolument pas compte.
    Car sa curiosité est à nouveau éveillée quand il apprend que Pamphile, la femme de son hôte, est versée dans l'art de la magie. Il séduit Photis, la servante de son hôtesse, dans l'espoir d'en apprendre davantage sur ces pratiques.
    Le deuxième avertissement a lieu lors d'un banquet chez sa tante où Thélyphron raconte sa propre histoire : il perd son nez et ses oreilles, morceaux de corps recherchés par les sorcières pour leurs incantations, lors d'une veillée funèbre.
    Le troisième avertissement survient immédiatement après le banquet avec l'épisode des trois supposés brigands que Lucius transperce de son épée; Lucius, victime en fait de la magie de Pamphile, est assigné à comparaître devant un tribunal, ce qui donne lieu à une scène extrêmement burlesque.
    C'est à la suite de cette mésaventure que Lucius, nullement rebuté, convainc Photis de lui permettre d'assister en cachette aux pratiques surnaturelles de sa maîtresse. Mais la satisfaction de sa curiosité ne fait qu'enflammer son désir de pratiquer la magie par lui-même. Profitant de l'absence de Pamphile, Lucius avec la complicité de Photis s'enduit d'un baume magique, mais au lieu de se transformer en hibou, il se métamorphose en âne (livre III) !
    Lucius est ainsi puni pour sa curiosité.
    Il régresse de l'état d'homme à celui d'animal, et quel animal ! Un âne qui, comme nous l'apprend une note de Grimal, est réputé pour sa lubricité et sert de monture à Silène, le dieu de l'Ivresse...
    Les circonstances vont l'entraîner à travers le pays où il passe successivement de maître en maître : des brigands, des esclaves fugitifs, des prêtres de la déesse syrienne, un meunier, un jardinier, un soldat, un pâtissier et un cuisinier puis leur maître... ce qui donne l'occasion à l'auteur de nous brosser une série de tableaux très vivants sur la vie quotidienne, où la violence, le sadisme et les crimes sont omniprésents !
    Actes de brigandage sur les routes et jusque dans les villes, attaques de bêtes sauvages ou de chiens domestiques, capture de jeune fille noble pour rançonner sa famille, adultères, infanticide... Il est à noter que les femmes ont un bien méchant rôle : quand elles ne trompent pas leur mari, elles ont des désirs incestueux, ou se livrent à des tentatives d'assassinat sur leur mari devenu encombrant. Seules Plotine et Charité sont présentées comme des femmes honorables et fidèles.
    Lucius traverse tous ces destins brisés en gardant son esprit humain et critique, se trompe parfois sur les apparences, ne résisite jamais à sa curiosité même en de périlleuses circonstances. Il fait également l'apprentissage de la misérable condition des animaux dont les forces sont exploitées jusqu'à ce que mort s'ensuive, qui sont brimés, battus, torturés même; d'ailleurs, notre pauvre Lucius pense plusieurs fois à se suicider pour échapper à son triste sort.
    Ses vicissitudes font d'ailleurs penser à celles de Psyché, dont la touchante histoire constitue une part importante du roman puisque qu'elle occupe les livres IV, V et VI. Psyché est elle aussi punie pour sa curiosité lorsque Cupidon se rend compte de sa trahison et l'abandonne; elle va traverser toute une série d'épreuves, penser également à mettre fin à ses jours, avant de retrouver l'Amour.
    Rassurez-vous, Lucius, riche de ses expériences, finira par retrouver forme humaine !
    Et nous, nous refermerons ce livre dense en ayant souri, frémi d'horreur, éclaté de rire parfois face aux trouvailles burlesques ou aux jeux de mots de l'auteur, dont le goût pour les histoires et la satire (voire pour la gaudriole) nous fournissent un agréable moment d'évasion. Il y a bien quelques longueurs, notamment avec les processions religieuses, mais dans l'ensemble, cette quête initiatique est véritablement captivante. de plus, les notes de Grimal forment un support complémentaire très intéressant. Dommage que quelques erreurs sur certains mots se soient glissées çà et là...

    Lien : http://parthenia01.eklablog.com/l-ane-d-or-ou-les-metamorphoses-d-ap..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Gaelle95, le 04 avril 2014

    Gaelle95
    Je ne m'attendais sûrement pas à ça en ouvrant le livre. En effet, ce fut une surprise...et quelle surprise!
    Même si le récit nous offre une vision de l'Empire Romain à l'époque d'Apulée, je n'ai jamais eu l'impression d'avoir affaire à un "vieux roman" mais j'ai eu plutôt le sentiment de lire un roman moderne.
    Avec Lucius, on rit, on assiste à des histoires cauchemardesques et pourtant si drôle. J'ai même plusieurs fois levé les yeux en me disant..."non, ce n'est pas possible, il est sérieux?"
    Je ne connaissais pas du tout avant de devoir le lire pour la fac, et sincèrement, même si l'humour est surprenant -ça vaut 100000 fois Fifty Shades of Grey- ce récit est à découvrir, pour le plaisir.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la critique

> voir toutes (8)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LydiaB, le 17 mai 2010

    Un de ses amants s’était avisé de faire violence à une autre femme. D’un mot elle l’a changé en castor. Cet animal, qui ne supporte pas la captivité, se délivre de la poursuite des chasseurs en se coupant les génitoires : elle voulait qu’il en advînt autant à son infidèle, pour lui apprendre à employer ses forces ailleurs. Elle avait pour voisin un vieux cabaretier qui lui faisait concurrence : Elle l’a transformé en grenouille ; et c’est en coassant du fond de son tonneau, où il barbote dans sa lie, que le pauvre homme appelle aujourd’hui les chalands. Elle a fait un bélier d’un avocat qui avait un jour plaidé contre elle ; il n’avocasse plus maintenant que des cornes. Enfin la femme d’un de ses amants laisse un jour échapper contre elle je ne sais quel propos piquant. La malheureuse était enceinte : chez elle soudain les voies de l’enfantement se ferment ; son fœtus devient stationnaire ; et la voilà condamnée au supplice d’une gestation sans terme. Il y a, de compte fait, huit ans qu’elle porte son fardeau ; son ventre est tendu comme si elle devait accoucher d’un éléphant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par finitysend, le 23 février 2012

    Sur l’âne d’or
    " On y trouve des notions sur la vie privée des anciens, que chercheraient vainement ailleurs ceux qui se plaisent à cette étude. Là se voit une vive image du monde, tel qu'il était alors; l'audace des brigands, la fourberie des prêtres d'Isis, l'insolence des soldats sous un gouvernement violent et despotique, la cruauté des maîtres, la misère des esclaves; tout est vrai dans ces fictions si frivoles en apparence; et ces récits de faits, non seulement faux, mais impossibles, nous représentent les temps et les hommes mieux que nulle chronique, à mon sens. "
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Piling, le 25 septembre 2009

    Bouclons la boucle. Si le voyage change son homme, la métamorphose est voyage d'apparence en apparence, de forme en forme. Lucius, passant de l'homme à l'âne puis de l'âne à l'homme, a plus voyagé qu'Ulysse. C'est que, ce faisant, il s'est déplacé d'un bout à l'autre de soi-même. Du chardon à la rose. Point de départ et point d'arrivée du plus extraordinaire des voyages extra-ordinaires : le voyage intérieur.

    Jean-Louis Bory, préface.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par Piling, le 25 septembre 2009

    Le Sort a toujours une idée de derrière la tête.

    Et d'abord celle-ci : les apparences sont illusoires. Seule compte l'unité fondamentale de l'être. Sans doute est-il bon de passer par différents stades formels pour actualiser tous ses pouvoirs, développer toutes ses possibilités, bref : assumer la totalité de son moi. Dans la voie de l'enrichissement individuel, ou, plus simplement, de l'individualisation, la métamorphose possède une valeur éducative. Ce n'est pas voltige verbale que souligner, de la métamorphose, la vertu formatrice. Perrault ne dit rien d'autre lorsqu'il tire, de ses contes, la moralité.

    À qui se souvient de la portée symbolique de l'âne, il est clair que la peau de l'âne pour Lucius est stage de formation. Que sanctionnera cette "peau d'âne" qu'est la couronne de roses. Dans le vocabulaire des symboles, la rose signifie perfection. Parfum. Beauté par l'harmonie : elle est roue – roue des vents soufflant des quatre horizons, roue de lumière multicolore percée dans le mur gothique de la cathédrale. Sans entrer dans le détail de la symbolique des Rose-Croix, on sait que la rose est à la fois cœur et âme. Les signes sont les mêmes, qui désignent les vieux mystères, ceux de la nature, comme ceux des hommes et des dieux. La rose est la Fleur par excellence du Jardin par excellence qu'est le Jardin de la Contemplation, le jardin de Saadi le poète de Chiraz. Elle est la Dame du roman, tabernacle du jardin d'Amour courtois et de chevalerie. Elle est la Promesse montrée par Béatrice à son fidèle amant parvenue au dernier cercle du Paradis. Sur le corps d'Adonis expirant fleurissent des roses de sang. Rouge, la rose symbolise plus particulièrement la renaissance mystique, le premier degré de la régénération par initiation aux mystères. L'âne Lucius broute des roses vermeilles. Et le voilà promis à une félicité surnaturelle au service d'une divinité salvatrice – providentielle.
    Jean-Louis Bory, préface à L'âne d'or ou les métamorphoses.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par Parthenia, le 03 juin 2013

    Le mage, propitié de la sorte, place certaine plante dans la bouche du mort et une autre sur sa poitrine. Puis, se tournant vers l'Orient et prononçant mentalement des prières à l'adresse du soleil qui monte majestueusement, il donne à cette mise en scène une solennité qui excite, à l'envi, chez les assistants, l'attente d'un tel miracle.
    29. Je me mêle à la foule et, perché derrière le lit funèbre lui-même, sur une pierre un peu haute, je suis toute l'affaire d'un oeil attentif. Déjà la poitrine se gonfle et se soulève, déjà la veine du bras se met à battre convulsivement, déjà le corps s'emplit d'un souffle de vie, le cadavre se dresse et le jeune homme se met à parler :"Pourquoi, je vous en prie, alors que j'ai déjà bu du Léthé, que je suis déjà plongé dans le marais du Styx, pourquoi me rappelez-vous pour accomplir les fonctions d'une vie qui ne sera que temporaire ? Arrête, je t'en supplie, arrête, et laisse-moi jouir de mon repos.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
5,50 € (neuf)
2,66 € (occasion)

   

Faire découvrir L'Ane d'or ou Les métamorphoses par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (227)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz