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> Jean-Louis Bory (Préfacier, etc.)
> Pierre Grimal (Traducteur)

ISBN : 2070366294
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 56 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" J'éprouvais cependant une angoisse et une grande crainte en me demandant comment avec des pattes si énormes et si longues, je pourrais monter une faible dame, comment ce corps si clair, si tendre, tout pétri de lait et de miel, je pourrais l'enserrer entre mes rudes s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par finitysend, le 23 février 2012

    finitysend
    Un texte délicieux et gourmand .. ....
    Je ne partirais pas pour ce commentaire dans des considérations historiques ou rhétoriques ..
    Ce texte est un récit excessivement vivant qui peut parler à n'importe quel lecteur contemporain..
    Pas besoin d'être féru de lettres classiques ...
    La structure narrative n'en fait pas un roman au sens contemporain du terme ..
    Cependant ! il est indiscutable que l'effet produit un presque roman ou un assemblage de trois récits très cohérents ( avec des personnages très réussis et très fonctionnels )...
    Les métamorphoses constituent une thématique antique très riche ( effets littéraires .. mais aussi métaphores philosophiques ou expression du sentiment religieux ) ...
    Ce texte est très vivant ..
    C'est un vrai guide touristique rempli de magiciennes .. de larcins .. de quiproquos cocasses .. d'ironie .. d'humour et même de fables sexuelles à la limite du vaudevillesque ..
    Le titre est très évocateur et l'âne ( pour un temps un âne et pour un temps victime d'une ruse éculée ) traverse des péripéties de derrière les fagots ( une partie seulement du récit ) ..
    Ce texte est une distraction efficace .. qui rend l'antiquité gréco-romaine vivante et proche ...
    Ce texte démontre aussi que le sens de l'humour ne date pas d'aujourd'hui et il parle à des lecteurs contemporains aussi facilement que ne le fait le dernier roman en date ...
    je ne résiste pas au plaisir de citer PL Courier ( PL Courier est un latiniste et helléniste éminent de la fin du 18e siècle ...) qui parle très justement de ce texte :
    " On y trouve des notions sur la vie privée des anciens, que chercheraient vainement ailleurs ceux qui se plaisent à cette étude. Là se voit une vive image du monde, tel qu'il était alors; l'audace des brigands, la fourberie des prêtres d'Isis, l'insolence des soldats sous un gouvernement violent et despotique, la cruauté des maîtres, la misère des esclaves; tout est vrai dans ces fictions si frivoles en apparence; et ces récits de faits, non seulement faux, mais impossibles, nous représentent les temps et les hommes mieux que nulle chronique, à mon sens. "
    Pour faire une délicieuse et vivante plongée dans l'antiquité classique difficile de trouver mieux .. ( à part peut-être certaines pièces d'Aristophane ) ..
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    • Livres 3.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM

    [edit]

    Une lecture très amusante dans l'ensemble, bien qu'assez inégale. La fin est un peu trop morale à mon goût et certaines aventures de Lucius transformé en âne trainaient en longueur. Néanmoins, la plupart des histoires entendues ou vécues par le héros sont assez drôles et je ne me suis pas trop souvent ennuyée pendant cette lecture. Apulée avait vraiment un très bon sens du comique et des récits enchâssés. J'ai particulièrement aimé l'histoire d'Amour et Psyché que je connaissais déjà et qui demeure mon mythe préféré.
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    • Livres 5.00/5
    Par papaveraclub, le 30 juillet 2012

    papaveraclub
    Je ne reviendrai pas sur les qualités évidentes de ce livre que j'ai beaucoup apprécié.
    Par contre j'ai été agréablement surpris de trouver là l'ancêtre des Infortunes de la Vertu du divin Marquis.

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    • Livres 2.00/5
    Par Sarah_DD, le 09 juin 2008

    Sarah_DD
    J'ai lu ce texte pour un cours de latin, c'est amusant, ça change des auteurs et des sujets classiques. En somme il s'agit des aventures et des rencontres d'un âne parmi les hommes, dans la société du temps de l'empereur Marc Aurèle. le ton est parfois grivois, ça fait sourire.
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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 17 mai 2010

    Un de ses amants s’était avisé de faire violence à une autre femme. D’un mot elle l’a changé en castor. Cet animal, qui ne supporte pas la captivité, se délivre de la poursuite des chasseurs en se coupant les génitoires : elle voulait qu’il en advînt autant à son infidèle, pour lui apprendre à employer ses forces ailleurs. Elle avait pour voisin un vieux cabaretier qui lui faisait concurrence : Elle l’a transformé en grenouille ; et c’est en coassant du fond de son tonneau, où il barbote dans sa lie, que le pauvre homme appelle aujourd’hui les chalands. Elle a fait un bélier d’un avocat qui avait un jour plaidé contre elle ; il n’avocasse plus maintenant que des cornes. Enfin la femme d’un de ses amants laisse un jour échapper contre elle je ne sais quel propos piquant. La malheureuse était enceinte : chez elle soudain les voies de l’enfantement se ferment ; son fœtus devient stationnaire ; et la voilà condamnée au supplice d’une gestation sans terme. Il y a, de compte fait, huit ans qu’elle porte son fardeau ; son ventre est tendu comme si elle devait accoucher d’un éléphant.
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  • Par finitysend, le 23 février 2012

    Sur l’âne d’or
    " On y trouve des notions sur la vie privée des anciens, que chercheraient vainement ailleurs ceux qui se plaisent à cette étude. Là se voit une vive image du monde, tel qu'il était alors; l'audace des brigands, la fourberie des prêtres d'Isis, l'insolence des soldats sous un gouvernement violent et despotique, la cruauté des maîtres, la misère des esclaves; tout est vrai dans ces fictions si frivoles en apparence; et ces récits de faits, non seulement faux, mais impossibles, nous représentent les temps et les hommes mieux que nulle chronique, à mon sens. "
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  • Par Piling, le 25 septembre 2009

    Bouclons la boucle. Si le voyage change son homme, la métamorphose est voyage d'apparence en apparence, de forme en forme. Lucius, passant de l'homme à l'âne puis de l'âne à l'homme, a plus voyagé qu'Ulysse. C'est que, ce faisant, il s'est déplacé d'un bout à l'autre de soi-même. Du chardon à la rose. Point de départ et point d'arrivée du plus extraordinaire des voyages extra-ordinaires : le voyage intérieur.

    Jean-Louis Bory, préface.
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  • Par Piling, le 25 septembre 2009

    Le Sort a toujours une idée de derrière la tête.

    Et d'abord celle-ci : les apparences sont illusoires. Seule compte l'unité fondamentale de l'être. Sans doute est-il bon de passer par différents stades formels pour actualiser tous ses pouvoirs, développer toutes ses possibilités, bref : assumer la totalité de son moi. Dans la voie de l'enrichissement individuel, ou, plus simplement, de l'individualisation, la métamorphose possède une valeur éducative. Ce n'est pas voltige verbale que souligner, de la métamorphose, la vertu formatrice. Perrault ne dit rien d'autre lorsqu'il tire, de ses contes, la moralité.

    À qui se souvient de la portée symbolique de l'âne, il est clair que la peau de l'âne pour Lucius est stage de formation. Que sanctionnera cette "peau d'âne" qu'est la couronne de roses. Dans le vocabulaire des symboles, la rose signifie perfection. Parfum. Beauté par l'harmonie : elle est roue – roue des vents soufflant des quatre horizons, roue de lumière multicolore percée dans le mur gothique de la cathédrale. Sans entrer dans le détail de la symbolique des Rose-Croix, on sait que la rose est à la fois cœur et âme. Les signes sont les mêmes, qui désignent les vieux mystères, ceux de la nature, comme ceux des hommes et des dieux. La rose est la Fleur par excellence du Jardin par excellence qu'est le Jardin de la Contemplation, le jardin de Saadi le poète de Chiraz. Elle est la Dame du roman, tabernacle du jardin d'Amour courtois et de chevalerie. Elle est la Promesse montrée par Béatrice à son fidèle amant parvenue au dernier cercle du Paradis. Sur le corps d'Adonis expirant fleurissent des roses de sang. Rouge, la rose symbolise plus particulièrement la renaissance mystique, le premier degré de la régénération par initiation aux mystères. L'âne Lucius broute des roses vermeilles. Et le voilà promis à une félicité surnaturelle au service d'une divinité salvatrice – providentielle.
    Jean-Louis Bory, préface à L'âne d'or ou les métamorphoses.
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  • Par Piling, le 25 septembre 2009

    C'est la patience de l'âne. L'âne trotte de raclée en raclée, la Fortune prenant toujours l'aspect de Martin-Bâton. Jusqu'au jour où illumine la conscience d'un ordre intelligible. L'âne broute des roses : la Providence remplace le Hasard. La Fortune se range enfin, elle obéit à cet ordre intelligible qu'on ne trouve qu'en soi, lorsqu'on réalise la destinée qu'on porte en soi. Initié, l'âne est élu.

    C'est le happy ending du romanesque populaire. Le bonheur attend au bout des épreuves mêlant souffrances et injustices – les coups du sort. Après la pluie le beau temps. L'Amour longtemps traversé finit par vaincre. Il est le plus fort. Thème universel : c'est parce qu'on l'aime et qu'elle aime que la Bête se libère de ses griffes et de ses crocs, Cendrillon de ses guenilles de souillon. La certitude que l'Amour est le vainqueur qui mène le monde à la ronde (ça se chante, pas besoin d'être une veuve joyeuse pour reprendre au refrain) ne fait que traduire en croyance populaire le mythe développé par Platon et la théogonie orphique : Éros daïmôn, premier principe du Cosmos. L'idée, en corollaire, que l'adaptation populaire de la dialectique suscitant le salut de la souffrance, la rédemption de la passion. Bref : l'Amour ne va pas sans l'Aventure. Celle-ci nourrit celui-là; celui-là couronne celle-ci. Nous voilà en train de tirer le roman par ses racines.
    J.L Bory, préface.
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