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Critiques sur La Pension Marguerite (3)


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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson le 08/04/2012


    13 heures dans la vie d'un musicien…13 heures qui valent une vie ; 13 heures qui vont changer beaucoup de choses…
    Metin Arditi, que j'ai découvert au hasard d'un jury littéraire, et que j'ai depuis adopté signe une œuvre intimiste, aux personnages fouillés jusqu'à l'âme. Mot après mots, il dévoile Aldo, de la même manière que ce dernier déroule sa partition, note à note. Aldo va vivre les pires heures qu'il soit donné de vivre à un musicien avant de se produire. Il suffit de quelques feuillets manuscrits pour le faire douter, pour que surgisse ce qui a nourrit sa vocation d'artiste.
    Roman qui peut parfois être dérangeant, La Pension Marguerite, néanmoins vous saisit très fort, vous happe. Troublante Anna qui donne le même prénom du père à son fils, qui ira jusqu'à adopter son art pour mieux le faire revivre auprès de son fils. Souvent la confusion des deux interpelle le lecteur. Troublante également l'analogie entre les cordes vocales d'Anna et les cordes du violon qui donnent du souci au musicien à quelques heures d'un concert important.
    Comme le souligne Anna dans son testament, « on digère son passé comme on peut ». Aldo après tant d'années d'oubli, d'enfouissement, digèrera le sien le temps du Larghetto et du rondo final qui accompagne la rédaction de ces impressions.




    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/04/la-pension-marguerite...

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Bunee le 09/11/2008


    Excellent roman de cet auteur que je viens à l'instant de découvrir.
    Aldo Neri est un violoniste virtuose, "avant tout un technicien", que l'on "admire sans aimer".
    Il doit donner un concert au théatre des champs élysées.
    Cette journée s'annonce habituelle. Dans son hôtel, encore dans son lit, il la planifie jusque 20heures, heure du concert.
    Mais le garçon d'étage vient lui apporter une épaisse enveloppe, et la journée bascule en un immense flash back.
    Un "ancien chef du service psychiatrique" d'un hôpital lui communique des liasses de manuscrits.
    La plume de sa mère, jusqu'à son suicide.
    Le non dit ressurgit du néant, et la culpabilité refait surface.
    La cupabilité est le fil rouge de cette oeuvre. La culpabilité, la capacité de l'homme à oublier et à digérer son passé. Culpabilité d'une mère qui a oublié son enfant, culpabilité d'un enfant qui rend sa mère jalouse, culpabilité d'une femme qui essaie d'aimer.
    Et de multiples analogies habilement travaillées: les cordes du violon et les cordes vocales tranchées, le ventriloque qui dit les choses derrière un silence apparent, la fêlure qui apparaît au fur et à mesure du souvenir.
    Aldo comprend, au fur et à mesure de cette lecture qui fait office de thérapie.
    Et le génie qui est en lui se révèle...


    Lien : http://lelabo.blogspot.com/2008/11/metin-arditi-la-pension-marguerit..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par moustafette le 11/03/2011


    Lorsque nous faisons connaissance avec le narrateur, Aldo est devenu un célèbre violoniste. Il partage la vie de Rose depuis vingt-cinq ans, femme plus âgée et luthière de son état.
    Au matin d'un grand concert, il entre en possession d'un récit écrit par Anna, sa mère, quelques temps avant son suicide. Récit d'enfance puis de la vie qu'elle a menée, seule d'abord, puis sous la protection de Marguerite qui dirigeait la pension de famille du même nom où elle vécut et travailla.

    C'est aussi là qu'elle rencontre il grande Cagliostro, ventriloque et artiste de cabaret, régulièrement de passage à Paris et dont elle aura un enfant, Aldo.
    Avant de disparaître définitivement, cet homme transmet son art à Anna, et celle-ci aura l'idée géniale de faire appel à cette voix venue du ventre afin de continuer à faire exister ce père absent, cet homme follement aimé. le temps passant, Aldo grandit entouré de l'affection et de l'attention de tous les pensionnaires. L'un d'eux, Monsieur Zoltan, vieil Hongrois en exil, initiera Aldo au violon.

    Au fil de la lecture des feuillets maternels, on suit les tourments du violoniste tout au long de cette journée qui se clôture par le concert. Entre reviviscence des souvenirs, répétition, lecture des critiques, interview, confession, appels au secours lancés à sa femme et pour finir, levée d'inhibition libérant enfin l'artiste du carcan technique dans lequel sa musique s'est enfermée, au détriment de l'émotion et de la sensibilité, eh bien on n'est pas fâché que la journée se termine !

    Histoire de voix et de confusions identitaires, livre de la honte et de la culpabilité, il s'agit avant tout d'un récit bourré de clins d'oeil symboliques qui ravira les passionnés de psychanalyse.
    Peut-être un peu trop réducteur et caricatural, il reste cependant une analyse juste du plus vieux fantasme du monde.
    J'ai aimé ce livre sans plus. Point de dégoût, mais pas d'émotion non plus, ni de compassion.
    Serais-je devenue insensible aux affres de la création et aux états d'âme narcissiques des artistes ?
    A moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'une petite indigestion passagère suite à un abus de substances dangeureuses pour le moral, la misère et la souffrance humaines...



    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2008/01/29/7725616.html

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