ISBN : 2742769013
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Dans la beauté solaire de son île grecque, la jeune Pavlina aime celui qu'elle croit son cousin, Aris. Elle ignore le secret qui dévastera pour longtemps la famille : Aris est du même père qu'elle. L'enfant qu'elle aura de lui, fruit d'un inceste, sera confié à l'adopti... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par christianebrody, le 11 janvier 2012

    christianebrody
    Spetses, sa mer bleue, son ciel dégagé, sa misère, son peuple dur à la tâche, économe dans ses attitudes, connaîtra en 1952, une tragédie, celle que l'on appelle la malédiction des Louganis… Ils sont nombreux, sur l'île, à utiliser cette expression. Et voici ce qu'ils ajoutent toujours: les hommes cachent, le destin dévoile. Ces dévoilements sont nos petites apocalypses. La clarté a ses risques. La lumière ou le feu… le destin dévoile et ensuite on souffre.
    Cette année là, les frères Louganis meurent la tête arrachée par un pain de dynamite lors d'une partie de pêche. Meurtre, suicide ou accident stupide?
    Fuyant la pauvreté, Spiros et Nikos Louganis arrivent au monastère de Spetses 20 ans plus tôt. Ils y trouvent un travail, prennent femmes, bâtissent une maison qui accueillera les deux familles, se lancent ensemble dans la pêche au filet. La tranquillité de ces deux familles s'en trouvera bouleversée lors d'un repas d'anniversaire durant lequel Spiros, l'aîné, remarque l'attention appuyée que Nikos porte à sa nièce Pavlina, une marque d'intérêt qui éveille sa suspicion. La mort brutale des hommes laissent deux familles dans l'indigence. Magda et Fotini trouvent différents emplois pour subvenir aux besoins de leurs enfants, Pavlina (12 ans) et son beau cousin pour lequel elle nourrit des sentiments intenses, Aris (17 ans).
    Menuisier l'hiver, Aris décide de transformer le caïque de leurs pères en caboteur l'été, Spetses étant devenu au fil des années un lieu de destination touristique prisée. Secondée par Pavlina, ouvrière l'hiver, les gains rapportés mettent les deux familles à l'abri du besoin. L'obsession maladive que nourrit Pavlina envers son cousin les conduira à un tragique dénouement. Aris, sensible, fragile, tourmenté par une passion inavouable se réfugiera dans la mort laissant une Pavlina inconsolable, enceinte, victime tragique ignorant tout de la fatalité implacable qui la poursuivra toute son existence. On suit son parcours pendant trois chapitres, chacun représentant une ville qui la marquera. Spetses, ville de la faute originelle; Athènes, ville où l'abandon de son enfant la mènera au bord de la folie; Genève, ville de l'errance, de l'oubli, de l'espérance. Innocente victime expiatoire, esclave de sa nature compulsive, elle attendra la mort de sa mère et les confessions du pope Kosmas pour se libérer de la malédiction familiale. Lors de son combat pour retrouver l'enfant du déshonneur abandonné 17 ans plus tôt, elle croisera les soeurs Papazoglou, deux vieilles filles un peu revêches qui l'abriteront durant toute sa grossesse. Il y a aussi Madame Chrissoula, épicière, et Myrto sa soeur qui sauront l'entourer, l'aimer, la protéger.
    Les sentiments que j'ai ressentis pendant la lecture sont contradictoires. Les talents de conteur de Metin Arditi sont réels mais pourquoi avoir choisi un ton si morne? Certes l'apathie du récit permet d'échapper à ce qui aurait pu être une chick lit de mauvaise qualité, tous les ingrédients réunis ici concourent à cela: la faute+le secret+la culpabilité+le déshonneur, douleur belle et stupide inventée par les hommes, comme si les autres ne suffisaient pas mais la distance que l'auteur met entre le lecteur et l'histoire est telle, que l'on ne se sent pas en empathie avec la malheureuse héroïne. L'avalanche des catastrophes ne suscitent ni pitié ni terreur, au mieux on est en présence d'un conte moralisateur. Si la portée de ce livre est didactique alors c'est une réussite car il y aborde de façon retenue les problèmes de la promiscuité, de l'impossibilité de communiquer, la sexualité, l'arrachement à la terre et aux êtres, le mal-être sans jamais juger. Sujet de réflexion sur le destin, en sommes-nous les victimes? les acteurs?, La fille des Louganis, sans forcément me déplaire ne m'a pas du tout bouleversé. Je me suis sentie étrangère au sort de Pavlina.

    Lien : http://www.immobiletrips.com/dramatique/la-fille-des-louganis-1102
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  • Par keisha, le 25 août 2008

    keisha
    Trois lieux pour cette histoire que nous conte Metin Arditi :
    L'ile grecque de Spetses, où sont arrivés , poussés par la misère, les frères Spiros et Nikos Louganis. Ils se sont mariés, Aris est né chez Nikos, et Pavlina chez Spiros.
    En 1957 Pavlina est une belle jeune fille qui se plait à nager dans la mer et aide Aris à convoyer des touristes à la belle saison dans le caïque de la famille Louganis.
    Pavlina aime Aris , qui lui l'aime comme une soeur.
    Athènes, où Pavlina est venue accoucher de l'enfant d'Aris. Sa fille est adoptée contre sa volonté. Pavlina est obsédée par le désir de la retouver.
    Genève, la ville d'émigration d'une petite communauté grecque à laquelle se joint Pavlina, qui garde l'espoir de retrouver sa fille ...
    Metin Arditi excelle dans l'art de conter une belle histoire, de donner vie à ses personnages. Je me contenterai de citer un passage presque à la fin pour situer la tonalité du livre, sans trop révéler :
    "Dans cette histoire qui est aussi la tienne, il y a eu de la douleur, Pavlina.
    - Beaucoup.
    - Oui, beaucoup de douleur, tu as raison. Mais aussi de l'amour. L'amour mêlé à de la douleur. La vie ..."
    http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-20760440.html
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    • Livres 4.00/5
    Par arielle, le 03 mars 2008

    arielle
    C'est le premier livre que je lis de Metin Arditi (qui écrit en français). Une trés heureuse surprise. A lire la quatrième de couverture, je n'étais pourtant pas emballée... A tort.
    Metin Arditi nous raconte l'acharnement du destin sur une famille de pêcheurs de l'île grecque de Spetses. Pavlina, l'héroïne, concentre à elle seule la furie du mauvais sort: elle perd l'amour de sa vie et son enfant.
    Avec un style épuré, Arditi nous fait entrer dans la peau de ce personnage de tragédie grecque. Mais contrairement aux drames antiques, Pavlina ne sombrera pas dans la folie. Deux soeurs, émigrées à Genève, la soutiendront et l'accompagneront sur la voie de la renaissance.
    L'écriture d'Arditi sait aussi bien nous parler des drames et des obsessions que de la formidable générosité humaine.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 14 septembre 2011

    mimipinson
    « Va savoir…La culpabilité, Pavlina…Certains jours, je me demande si ce n'est pas une idée que le diable a volé au bon Dieu. Quand elle s'insinue dans nos vies, elle nous dévore… »
    Je retrouve avec plaisir la belle plume de Metin Arditi dans un ouvrage radicalement différent du Turquetto , en ce qui concerne le synopsis, du moins. Car, au fil de ma lecture j'y ai retrouvé en filigrane le thème de la religion distillé avec beaucoup d'intelligence.
    Avec La fille des Louganis, l'auteur embarque son lecteur tour à tour sur une petite ile grecque Spetses, à Athènes, la grande ville, puis Genève, en lieu plus neutre.
    A ces trois localités, correspondent 3 étapes dans la vie de Pavlina Louganis, qui dans sa jeunesse aima avec passion son cousin Aris sur l'ile de Spetses, vivra un exil forcé à Athènes, puis se reconstruira à Genève.
    La malédiction familiale, les secrets, les fautes des uns et des autres en décideront autrement.
    Si l'inceste, avec ses drames et ses secrets, est au cœur de ce roman, Metin Arditi y adjoint l'homosexualité à une époque et dans une société qui n'est pas encore mure pour l'accepter. C'est peut-être cela qui explique la manière un peu crue parfois avec laquelle elle abordée, sans pour autant que cela en soit insupportable. le style épuré, souvent chantant, teinté d'une certaine chaleur par les mots grecs délibérément laissés par l'auteur m'a séduite, et confirme le plaisir que j'avais eu à découvrir Metin Arditi, fortuitement, il y a quelques mois.
    J'ai beaucoup aimé le personnage de Pavlina, sa sincérité, son amour irradiant, son sens du pardon, sa quête m'ont touchée.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/09/la-fille-des-louganis..
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  • Par de, le 20 octobre 2011

    de
    Une île grecque, des secrets de famille, d'amour et de naissance. Un paysage montagneux, rude, ensoleillé. Une ile et un double déracinement. La quête inlassable d'une femme pour entrevoir et retrouver l'enfant de cet amour fulgurant mais néanmoins fugace. L'espoir obsédant, les fantasmes, une approche pleine d'émotions. Une belle lecture. « Il y a une place vide dans la vie de cette petite. »
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Citations et extraits

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  • Par spleen, le 30 octobre 2011

    Ghikas avait la cinquantaine lourde.Ses mouvements étaient lents, son tournoiement approximatif, ses sauts à peine esquissés.Mais ses gestes embellissaient sa condition d'homme .On partageait la douleur qu'il ressentait à bouger les bras, les jambes,la taille.Il tournoyait avec économie, avec dignité, dansait comme on remonte l'ancre lorsqu'on est vieux et que l'astuce vient au secours de la force, parce que toute une vie on a travaillé sur une barque ,à cinquante ans on a le sentiment d'en avoir cent et on a mal partout...
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  • Par PinkCanary, le 10 septembre 2010

    C'est ça la consolation. Prendre une partie du fardeau de l'autre et le mettre sur ses propres épaules, comme on décharge une mule.
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  • Par mimipinson, le 14 septembre 2011

    Va savoir…La culpabilité, Pavlina…Certains jours, je me demande si ce n’est pas une idée que le diable a volé au bon Dieu. Quand elle s’insinue dans nos vies, elle nous dévore…
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  • Par de, le 20 octobre 2011

    Il y a une place vide dans la vie de cette petite.
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La série L'Objet de... réalisée par David Unger est produite par Actes Sud et a été diffusée sur Paris Première.








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