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Liliane Hasson (Traducteur)
ISBN : 2742730966
Éditeur : Actes Sud (08/11/2000)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Reinaldo Arenas eut une vie hors du commun. Une existence de personnage de roman qu'il voua à l'écriture, son combat contre tout ce qui tenta de l'anéantir – répression, bêtise, mort. Du spectre de ces humanités qui façonnent les hommes, il a sans doute revêtu chaque couleur. Une enfance pauvre mais libre avec comme premier souvenir le goût de la terre. L'espoir en la révolution castriste et la déception, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Lulu_Off_The_Bridge
09 juin 2011
★★★★★
★★★★★
Un forcené de la vie dans un contexte mortifère. La maladie de l'auteur, qui s'est suicidé en 1990 avant que le SIDA ne l'emporte, n'est évoquée que dans l'avant-propos et la lettre accompagnant son geste reproduite en guise d'épilogue. Tout le reste parle de vie.
Arenas est un gajiro – un paysan cubain, né sous l'ère Batista, rejeton sans père d'une famille nombreuse. À la campagne, il découvre la poésie et la Révolution. Et le sexe, surtout le sexe : le corps des hommes sera toute sa vie le cordon ombilical qui le relie au monde, à la littérature (que l'on me pardonne ce pléonasme).
Il s'engage dans les rangs castristes, doit au régime ses études, son emploi au sein de la bibliothèque José-Marti, son premier prix littéraire… Les premières années sont des jours heureux, emplis de livres et d'aventures sexuelles par dizaines. Et il découvre La Havane, ville-miroir de sa frénésie de vivre. La Havane comme un joyeux asile de dingues, le monde de la nuit et du spectacle, le monde de la culture également. La Havane lui ouvre la porte des livres, littéralement puisqu'il y travaille, métaphoriquement puisqu'elle lui permet un parfait accomplissement. La Havane et les corps seront la vie d'Arenas, dans la jouissance et la douleur, dans l'oubli, le regret, la perte, l'amour fou.
Et puis le pouvoir devient dingue. On n'aide plus le peuple, on le sangle. En prison, les « déviants », au feu leurs oeuvres. Dans les années soixante et soixante-dix, l'Occident voit trop facilement en Cuba un bastion de résistance à l'impérialisme… oubliant ce qu'est réellement une dictature communiste. Camps de travail-mouroirs, autocritiques publiques, délation à tous les coins de rues. La Havane s'effondre derrière ses façades, les lézardes s'accumulent sur les murs et dans les âmes. Plus la ville s'enlaidit, plus les affreux travers ressortent, les délations, les mesquineries. On est épié partout. Même l'accès aux plages est interdit et d'aucuns préfèrent les requins aux barbelés de l'île-prison. Sous les yeux de l'auteur, l'utopie castriste vire au cauchemar absurde. Arenas passera deux ans dans le bouge qu'est le Château du Morro, torturé, enfermé avec les folles perdues, ses oeuvres censurées ne devront leur salut qu'à l'amitié des amis expatriés qui sortent les manuscrits au péril de leur vie.
Il lui faudra attendre 1980 et l'exode honteux du port de Mariel pour pouvoir quitter l'île qu'il aime pourtant autant que sa vie. Débarqué à Miami, il lui semble vivre parmi un peuple zombie, exilés sans âmes, embourbés dans les circonvolutions de leur nombril, puis fuit à New York, à Paris, sans jamais retrouver ce qui lui a été enlever. Il se suicide quelques années plus tard, fantôme déjà.
Je n'aime pas les (auto)biographies, je ne lis pas l'espagnol et je connais mal l'histoire de Cuba… Aucune importance. En ce qui me concerne, ce fut un grand moment de lecture, un genre de montagne russe où les anecdotes personnelles, souvent très drôles, trébuchent sur la grande Histoire, où le sexe est l'art et l'art est le sexe, les amis, des amants et vice versa. Où l'on vit des expédients les plus inattendus – une bohème pas forcément choisie mais parfaitement assumée. Où les libérateurs sont aussi les bourreaux et les bourreaux restent des bourreaux. Où l'on fuit toujours avec soi-même, évidemment.
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stcyr04
09 février 2016
★★★★★
★★★★★
En ces temps de détente relative dans les rapports entre les Etats-Unis et Cuba, voici une autobiographie qui devrait retenir toute l'attention du lecteur avisé.
Reinaldo Arenas fut un opposant au régime de Cuba; il mit fin à ses jours à l'âge de quarante-sept ans, exilé à New-York, épuisé par le sida, en proie à une profonde dépression, à la solitude, et incapable de poursuivre plus avant sa mission d'écrivain engagé. La reproduction de la lettre d'adieu, en fin de volume, et particulièrement émouvante à ce titre. Né dans un milieu paysans des plus pauvre, mais libre de part sa proximité avec la nature, Arenas vécu une enfance qu'on ne peut qualifier de malheureuse, dans un milieu matriarcale, dont les femmes, à commencer par sa mère, furent abandonnées par des maris peu concernés par leur devoir de père. Enfant de la nature, très tôt son esprit et sa personnalité furent influencés par son environnement, par le mysticisme et la forte personnalité de sa grand-mère, par le fantastique émanant des forêts qui l'entouraient, par la sexualité omniprésente et la violence perpétuelle du monde paysan. Puis vint la révolution, une guerre remportée sans véritable combat, Batista ayant pris la fuite. Ce furent le temps des purges, des exécutions sommaires, des procès à grande audience prenant la forme d'humiliations publiques, des camps de concentration pour les personnes ne rentrant pas dans le moule puritain et machiste du castrisme, du "paramétrage" ou marginalisation des artistes dissidents ou originaux, des travaux forcés dans les plantations agricoles, ainsi que des queues interminables pour les actes les plus bénins de la vie courante. Il fallait se défier de ses amis, de sa famille, ils pouvaient être des agents ou des informateurs de la sûreté de l'état. Arenas subit comme les jeunes cubains de sa génération l'endoctrinement en règle selon l'orthodoxie Marxiste-Léniniste auquel était soumis les étudiants, afin de devenir l'avant garde de la révolution cubaine. Toute manifestation de tendances homosexuelles était durement réprimée mais de telles pratiques avaient bien cours malgré cela. Puis vinrent les premiers essais de poésie, l'emploi à la Bibliothèque nationale, décisif pour sa formation d'écrivain, la tutelle bienveillante de Virgilio Piñera, l'amitié de Lezama Lima, mais aussi l'opposition d' Alejo Carpentier, homme lige du régime. Enfin, il y eu les infructueuses tentatives de fuite, la vie de fugitif, la détention dans les geôles du castrisme, dernier cercle de l'enfer; la libération toute relative, ainsi que les innombrables essais pour obtenir l'asile, enfin la fuite inespérée et providentielle, la liberté décevante de Miami, de New York.
Hormis la description de la vie sous la dictature, des plus intéressante, le sujet, central, omniprésent, inhérent à la personnalité de l'auteur, est celui de l'homosexualité : Arenas confie avec délectation ses innombrables aventures - et mésaventures sexuelles, les lieux insolites, théâtres de ses ébats, l'appétit impérieux et insatiable qu'on assouvi malgré les risques de représailles. le livre offre aussi un vaste panorama du monde des arts et de la vie interlope cubaine durant les vingt premières années de la dictature castriste. Avant la nuit fut une lecture passionnante, poignante et qu'on ne peut oublier. Un témoignage fort et important d'une lutte de toute une vie, celle de la liberté d'être soi-même et de se tenir debout sans compromission face à l'intolérable tyrannie.
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mimipinson
15 octobre 2011
★★★★★
★★★★★
« J'avais déjà commencé mon autobiographie à Cuba, et je l'avait intitulée Avant la nuit, car je devais l'écrire avant la tombée de la nuit, puisque je vivais fugitif dans un bois. Maintenant, la nuit avançais de nouveau, de façon, de façon plus imminente. C'était la nuit de la mort. Maintenant il fallait vraiment que je finisse mon autobiographie avant la nuit. »

Mon voyage à Cuba ne m'emportera ni vers les plages, ni vers l'exotisme insouciant qui peut occuper le touriste en mal de soleil et de chaleur .Bien au contraire, il me catapultera au coeur de la dictature exercée par un homme depuis des années sur une population à bout de souffle.
Reinaldo Arenas, fait partie de ces écrivains cubains qui ont écrit la révolte, le rejet de ce régime, et qui en ont payé le prix fort.
J'ai choisi, un peu par hasard, cet ouvrage qui n'est pas un roman, mais une autobiographie, grâce à la rediffusion cet été du film que Julian Schnabel a réalisé à partir de ce livre.
Cette autobiographie a quelque chose d'original, dans le sens où elle n'a rien de linéaire, de chronologique. Elle commence par la fin de la vie de l'écrivain qui se sait malade et préfère la mort à la déchéance, et se termine par une lettre d'adieu qui n'est rien d'autre qu'un testament politique et une dernier réquisitoire contre celui contre lequel il se sera battu à sa manière toute sa vie.
« J'exhorte le peuple cubain de l'exil comme de l'ile à continuer à lutter pour la liberté. Môn message n'est pas un message de défaite, mais de lutte et d'espérance. Cuba sera libre. Moi je le suis déjà. »
Le reste, n'est rien d'autre que la Vie, avec un V majuscule ; une vie vécu à 100 à l'heure, une vie croquée par les deux bouts, une vie éprise de liberté et de beauté absolue, une vie qui finalement sera sa perte.
Cette biographie, est donc plutôt thématique que linéaire : 70 chapitres, pour la plupart courts, voire très courts. Seuls deux seront plus copieux :L'érotisme, et, La prison. Et cela n'est pas un hasard
70 chapitres, 70 tableaux….Une autobiographie atypique, que Reinaldo écrit par petites touches, comme on peint au petit pinceau. C'est court, c'est clair, c'est précis.
La thématique, plutôt que la chronologie, reflète la personnalité bouillonnante de cet écrivain. Il sera marqué très tôt par sa relation avec sa mère, et sa relation aux femmes : il ne connaît pas son père, et sera élevé par sa famille maternelle.
Ce qui frappe d'emblée, c'est que très tôt, il sera pris d'obsessions érotiques, et une attirance marquée et assumée pour les garçons, puis les hommes. Rajoutons à cela, une persécution systématiques des homosexuels, et nous comprendrons l'importance qu'il donnera à l'érotisme dans son oeuvre, en ne cachant rien dune sexualité débridée, décomplexée. Il l'écrira dans des termes explicites, souvent très crus, qui pourraient à premier abord passer pour de la vulgarité, mais qui venant d'un homme me gène moins que d'une femme, et qui exprime surtout la révolte contre l'oppression, le désir de liberté absolue. Cet homme a passé un certain temps en prison, ou dans des camps de travail, et cela explique aussi l'importance qu'il a donnée à ce thème dans son texte.
Reinaldo dresse tout au long de ces pages, qui se lisent avec beaucoup de facilité, un tableau très éloigné du cadre idyllique que certains viennent chercher à Cuba. Et c'est cela qui m'a fasciné, la dénonciation d'un régime exsangue, mais toujours debout, qui persécute, traque, affame, assoiffe. Un régime qui a fait de ses intellectuels, des criminels, qui a fait des homosexuels des animaux que l'on enferme dans les pires conditions. Il rend hommage à de nombreux écrivains cubains, notamment Guillermo Rosares (cf. Mon ange).
« Cette fois, pour tous les intellectuels cubains la nuit noire était venue. Impossible désormais d'envisager de quitter le pays, car dès 1970 Fidel avait proclamé que tous ceux qui le souhaitaient étaient déjà partis ; il faisait ainsi de l'ile une prison où tout le monde, d'après lui, était heureux de vivre. »
Mais, l'exil n'est pas mieux ressenti. Si l'auteur a pu, s'échapper, ce n'est pas pour autant, que la vie en a été meilleure pour lui. Miami, la ville la plus proche de Cuba, ne lui convenait pas. New-York sera pour lui synonyme de maladie et de mort.
« Certes, dix ans après, je m'aperçois que pour un expatrié il n'y a aucun endroit où l'on puisse vivre ; il n'existe aucun endroit, car celui où nous avons rêvé, où nous avons découvert un paysage , lu notre premier livre, eu notre première aventure amoureuse, demeure l'endroit rêvé ; en exil, on n'est plus qu'un fantôme, l'ombre de quelqu'un qui ne peut jamais atteindre sa propre réalité ; je n'existe pas depuis que je suis en exil ; depuis lors, j'ai commencé à fuir de moi- même. » propos écrits en 1990…..20 ans après ,où en est Cuba ?????
Cela restera une lecture marquante, grave, qui donne envie de secouer beaucoup de choses. Elle peut rebuter certains, voir les choquer. En ce qui me concerne, j'ai beaucoup apprécié ce livre. J'attendais de l'avoir lu pour visionner le film ; et lirai très certainement d'autres ouvrages de cet auteur.


Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Caro29
03 juillet 2012
★★★★★
★★★★★
Quel roman que celui-là ! Il est d'ailleurs difficile d'en parler tellement il est riche en anecdotes, en personnages et personnalités, en sentiments et en émotions. Reinaldo Arenas commence ici par la fin : l'annonce de sa maladie, puis il nous fait plonger dans sa vie, depuis sa plus tendre enfance, jusqu'à son exil à Miami puis New York après l'épisode « Mariel » en 1980. Et du début à la fin, il est difficile de lâcher la lecture de cet ouvrage et de cet auteur qui a eu une vie hors du commun et qui vouait un amour absolu pour la liberté et l'écriture. Selon lui d'ailleurs, l'une n'allait pas sans l'autre. Reinaldo Arenas, qui a été persécuté par le régime castriste (pour ses ouvrages et son homosexualité), qui a été emprisonné à l'infâme prison de Morro (qui est fermée depuis) et qui a dû se résoudre à l'exil, n'a jamais cessé d'écrire, même lorsqu'il devait le faire « avant la nuit » dans les parcs de la Havane alors qu'il était recherché par la police. Et que dire de la lettre-testament qu'il livre à la fin de son autobiographie et qu'il conclut par ces mots : « Cuba sera libérée. Je le suis déjà » ! Pour toutes ces raisons, « Avant la nuit » est un roman fort, poignant et magnifique.
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Lazaro
03 juin 2012
★★★★★
★★★★★
Ah quel livre quand même ! Et quel auteur !
Reinaldo Arenas, né en 1943 dans la province d'Holguin, d'un père inconnu et d'une mère "séduite et abandonnée' et qui vécut dans l'attente de son mari aventurier pendant un an chez sa belle famille ; mais lorsque Reinaldo eut trois mois, sa mère revint chez sa famille et c'est là, dans cette compagne cubaine que Reinaldo a forgé les prémices de son écriture, que je qualifierai de violente, mais justement, la violence caractérise ce monde rural et chimérique, où, des taureaux combattent à mort pour imposer leur suprématie sexuelle sur le troupeau, où les chevaux s'éventrent à coup de pied à l'apparition d'une jument !
Ensuite, chimérique ; car enfant il avait peur de s'aventurer au delà de la forêt, peur de ces fantômes : un vieux avec un cerceau sous un figuier, d'une vielle femme avec un chapeau immense pourvue de dents géantes !
Le rôle que joua sa grand-mère dans son éveil poétique est considérable, il reçut d'elle l'amour (cet amour qui lui était refusé par sa mère) mais surtout cette magie, ce véritable sens de la poésie auprès d'une vieille femme qui nommait les étoiles familièrement et qui s'appliquer à lui conter des histoires de fantômes... la tête sous les bras !
Si je m'attarde sur son enfance, c'est parce que elle fut sa période la plus littéraire, celle où il découvrit l'essence des choses, la beauté et la magie de la nature : s'aventurant sur les berges d'un fleuve (Rio Lirio) où les fantômes s'y promènent , mangeant de la terre et goûtant à l'érotisme et surtout fasciné par les hommes.
Sa jeunesse guajira fut la matrice de sa poésie, l'origine de son obsession sexuelle et surtout le moteur de son grand combat : la liberté.
Au début j'avais trouvé le livre un peu naïf, dans un style assez cru et les courts chapitres (qui ne font des fois que quelques lignes) m'avaient assez déconcentrés mais en découvre assez rapidement un homme, un poète sensible à la beauté de la vie et qui porte un regard critique et lucide sur le monde avec cette touche d'humour qui caractérise les cubains.
Après avoir tenté de participer à la révolution castriste de 1959 et bénéficié d'une bourse d'étude à La Havane, il découvre grâce à son emploi à la Bibliothèque, le monde des livre et aussi... le monde des hommes.
Si l'étalage d'érotisme peut être aberrant, c'est parce que justement, la sexualité y est perçue comme une arme de libération et la répression castriste devenait de plus en plus accrue et exécrable.
La partie la plus intéressante est à mon avis celle qui traite de son incarcération à la prison d'El Morro sous la réputation assez cynique de "violeur, tueur d'une vieille femme et d'agent de la CIA" ! C'est là, qu'on découvre le visage hideux et les ignominies du régime castriste (et aussi pendant le service obligatoire dans les Zafra -plantation de cannes- où on a l'impression de revivre les conditions abominables que vécurent les améindiens et ensuite les Africains...)
Reinaldo Arenas est un écrivain, rien de plus. Sa rencontre avec l'écrivain mexicain Carlos Fuentes l'a épouvanté, car cette homme n'était pas un homme, mais un ordinateur ; ce qui représente à ses yeux l'image la plus éloignée de l'écrivain authentique.
Reinaldo Arenas est un écrivain qui lutta toute sa vie pour la liberté, il disait que si Cuba était l'enfer, Miami était le purgatoire... toujours en train de gueuler, en train de lutter.
C'était cet enfant qui mangeait de la terre, jamais guéri de cette nostalgie.
Jusqu'à la fin de sa vie, il lutta. Mais il finit par être vaincu par cette maladie incurable, qu'est le Sida.
Il rêva jusqu'à son dernier souffle de cette liberté : Cuba sera libre. Je le suis déjà.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
mimipinsonmimipinson15 octobre 2011
J’avais déjà commencé mon autobiographie à Cuba, et je l’avait intitulée Avant la nuit, car je devais l’écrire avant la tombée de la nuit, puisque je vivais fugitif dans un bois. Maintenant, la nuit avançais de nouveau, de façon, de façon plus imminente. C’était la nuit de la mort. Maintenant il fallait vraiment que je finisse mon autobiographie avant la nuit.
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Lulu_Off_The_BridgeLulu_Off_The_Bridge09 juin 2011
Marti disait que tout être qui porte la lumière reste seul; je dirais que tout être qui s'adonne à une forme de beauté est tôt ou tard détruit. la grande Humanité ne tolère pas la beauté, peut-être parce qu'elle ne peut pas s'en passer; l'abominable laideur avance chaque jour à grands pas.
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Lulu_Off_The_BridgeLulu_Off_The_Bridge09 juin 2011
(...) la mer était en réalité le personnage qui nous érotisait le plus; cette mer tropicale pleine d'adolescents superbes, d'hommes qui se baignaient nus parfois, ou en maillot léger. Aller au bord de la mer, regarder la mer, c'était une fête prodigieuse ou l'on savait pouvoir trouver toujours un amant anonyme nous attendant dans les vagues.
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Flodopas78Flodopas7806 février 2013
Certes, dix ans après, je m'aperçois que pour un expatrié il n'y a aucun endroit où l'on puisse vivre ; il n'existe aucun endroit car celui où nous avons rêvé, où nous avons découvert un paysage, lu notre premier livre, eu notre première aventure amoureuse, demeure l'endroit rêvé ; en exil, on n'est plus qu'un fantôme, l'ombre de quelqu'un qui ne peut jamais atteindre sa propre réalité ; je n'existe pas depuis que je suis en exil ; depuis lors, j'ai commencé à fuir de moi-même.
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VadaemeVadaeme05 septembre 2014
A ce moment-là, je me suis dit qu'il valait mieux mourir. J'ai toujours trouvé lamentable de mendier la vie comme une faveur. Ou on vit selon ses désirs, ou alors il vaut mieux cesser de vivre.
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