AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2266126490
Éditeur : Pocket (01/06/1994)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 87 notes)
Résumé :
L'homme moderne perd sa vie à la gagner. Que fait-il, en effet? Travailler pour subvenir à ses besoins? Oeuvrer pour construire un monde d'objets dont les plus éminents sont les oeuvres d'art ? Agir au sens politique du terme pour instituer un monde commun régi par des valeurs communes?

Sans conteste, de ces trois modalités de la vie active (par opposition à la vie contemplative des Anciens), la dernière est désormais sacrifiée. Notre époque est ains... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bouteyalamer
03 septembre 2016
  • 2/ 5
Le livre s'ouvre par une distinction pédagogique entre vita activa et vita contemplativa, avec cette limite que la seconde ne sera guère abordée en dehors du prologue. Ce prologue nous indique que la vita activa a deux champs d'application, le domaine public et le domaine privé, et trois catégories, le travail, l'oeuvre et l'action. le travail est une activité soumise aux nécessités vitales, dont le produit est aussitôt consommé ; il est le propre de l'animal laborans, producteur de ses propres ressources ; le travail et la consommation sont les deux faces du cycle perpétuel de la vie biologique ; le travail n'a ni début ni fin. L'oeuvre est la création d'artefacts durables, que l'on ne consomme pas ; il est le propre de l'homo faber, qui crée un monde façonné par l'homme ; la fabrication a un commencement et une fin précis et prévisibles. L'action, liée à la parole, définit l'homme politique ; elle prend place dans le domaine public ; ses conséquences sont inconnues et illimitées, elles vont au-delà de la portée et de la vie de l'acteur ; l'action peut avoir un commencement défini mais n'a jamais de fin prévisible. On est ici dans le domaine académique, facile à suivre mais pas toujours facile à accepter, en particulier dans la prétendue hiérarchie antique entre le travail, qui définit l'esclave, et l'action, qui définit le citoyen (Laërte, le père d'Ulysse, était roi et cultivait lui-même son potager ; Romulus poussait la charrue, etc.). C'est un reflet non critiqué de la politique antidémocratique d'Aristote.
Le titre original du livre est « The human condition », auquel l'éditeur a ajouté le qualificatif de « moderne ». le livre de Malraux « La condition humaine » (1933) ne permettait certes pas une traduction littérale, mais l'addition de « moderne » est peu adaptée : l'ouvrage se réfère à chaque page à l'antiquité dans le vocabulaire, l'étymologie, l'histoire, les lois et les auteurs (Platon, Aristote, le droit romain, les évangiles ou saint Augustin) ; il n'aborde l'âge moderne que dans son dernier chapitre p 315. le seul auteur moderne largement cité est Karl Marx, sur un ton sévèrement critique : L'attitude de Marx à l'égard du travail, c'est-à-dire à l'égard de l'objet central de sa réflexion, a toujours été équivoque. Alors que le travail est une "nécessité éternelle imposée par la nature", le plus humaine et la plus productive des activités, la révolution selon Marx n'est pas pour tâche d'émanciper les classes laborieuses, mais d'émanciper l'homme, de le délivrer du travail ; il faudra que le travail soit aboli pour que "le domaine de la liberté" supplante "le domaine de la nécessité ". […] Des contradictions aussi fondamentales, aussi flagrantes sont rares chez les écrivains médiocres ; sous la plume des grands auteurs elles conduisent au centre même de l'oeuvre (P 151).
Le style est souvent péremptoire, parfois exalté (le Spoutnik p 33, la Nativité p 314), avec des incises nombreuses, stimulantes mais souvent peu justifiées dans leur contexte et peu convaincantes :
L'amour, à la différence de l'amitié, meurt ou plutôt s'éteint, dès qu'on en fait étalage (p 91). L'amour, phénomène très rare, il est vrai, dans la vie humaine (p 308)
La bonté doit absolument, sous peine de mort, se dissimuler, fuir l'apparence (p 118)
Le bien, en tant que mode de vie cohérent, n'est pas seulement impossible dans les bornes du domaine public, il est l'ennemi mortel de ce domaine (p 119)
La joie de vivre, qui est celle du travail, ne se trouvera jamais dans l'oeuvre : elle ne saurait se confondre avec le soulagement, la joie inévitablement brève, qui suivent l'accomplissement et accompagnent la réussite (page 154).
Avant les temps modernes qui commencèrent par l'expropriation des pauvres et s'occupèrent ensuite d'émanciper les nouvelles classes sans propriété, toutes les civilisations reposaient sur le caractère sacré de la propriété privée (p 102)
Ce n'est pas le principe de la machine à vapeur qui était nouveau mais plutôt la découverte et l'emploi des mines de houille pour l'alimenter (p 200)
La longue préface de Paul Ricoeur est pour moitié consacrée à l'ouvrage fameux de HA sur Les origines du totalitarisme ; elle défend comme elle peut les énigmes, paradoxes et apparentes contradictions du présent ouvrage. La quatrième de couverture n'a guère de relation avec son contenu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Fx1
31 mars 2014
  • 5/ 5
Le 20 éme siécle a transformé le statut de l'homme . Cela est une évidence que nul ne peut nier. En quoi exactement ?? L' on peut dire qu'aujourd'hui l'homme n'est plus un , il est eux dans dans un ensemble qui le dépasse et il n' y a aucune échappatoire. La technologie qui certes aide l'homme l'a également asservi , et rendu dépendant . de cela les politiques tirent des avantages conséquents et s'imposent sans possibilité d'écart ou de fuite . La nature méme de la pensée de l'homme est conditionnée et manipulée pour en faire un simple pion , sans aspérité. Contre le mythe de l'homme objet , mme Arendt entend opposer une vision résolument transgressive : l'humanité en marche. Cet opus s'impose par la méme comme un ensemble de textes fondamentaux sur la compréhension du réflexe de soumission de l'homme a ce qu'il croit étre supérieur à lui , que cela soit la technologie , les politiques ou les médias . Il faut lire cet ouvrage ,mais le lire vraiment pour saisir toute la difficulté que l'homme rencontre pour avoir le droit simplement d'exister. L'aspiration de l'homme doit étre la liberté de corps et d'esprit , et non pas l'attente de l'ordre de la machine , ou de la voix qui résonnera le plus fortement. Cet ouvrage a une importance cruciale , en ces temps ou l'on profite impunément du réflexe de soumission de l'homme devant les autels médiatiques et pseudo humains . Un ouvrage fondamental pour comprendre la condiion humaine...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          82
Tanega
04 décembre 2014
  • 4/ 5
J'ai connu Hannah Arendt lors des mes cours de philosophie en terminale. Intrigué par un rapide tour d'horizon de la "Condition de l'homme moderne", j'avais décidé de me pencher sur la pensée de cette grande philosophe, en commençant en premier par "les origines du totalitarisme".
Puis, je me suis attaqué à ce fameux livre. Avec une lecture plutôt complexe, notamment par l'importante culture incluse dans le style d'écriture, j'ai tout de même cherché à décrypter, à comprendre et à interpréter ce que voulait nous dire Hannah Arendt. Même si je pense que pour pouvoir saisir (à mon niveau) la totalité de l'oeuvre, une seconde lecture serait nécessaire, je peux tout de même dire que je ne suis pas déçus. Elle reste dans mes philosophes favoris.
Commenter  J’apprécie          50
Feminissime
17 mars 2015
  • 5/ 5
Ce livre m'a mis face à des idées inconnues. J'ai été plus marquée par sa façon de présenter l'évolution de la société que sa longue dissertation sur les trois types de "vies", mais j'ai tiré beaucoup de questions et d'idées de son travail. Arendt est réputée pour avoir créée une philosophie politique unique, et son point de vue, soigneusement construit et présenté, pose des éclairages tous particuliers sur les événements que l'on connaît. C'est un ouvrage qui fait réfléchir.
Commenter  J’apprécie          40
Pepite
09 mars 2014
  • 4/ 5
Essai d'anthropologie philosophique traduit en français en 1961.
L'homme a assuré sa domination sur la terre, Il est en passe de maîtriser la nature, il a entamé la conquête de l'espace, jamais il n'échappera à la condition humaine.
Attention "La condition de l'homme moderne", ce n'est pas la condition de l'homme contemporain qui transgresse les normes de la modernité fondée au XVIIè siècle par Galilée et Descartes.
Commenter  J’apprécie          30
Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
AchegothAchegoth20 janvier 2017
Ce n’est pas Karl Marx qui l’a inventé, c’est un fait qui tient à la nature même de la société : tout ce qui est privé ne peut qu’entraver le développement de la « productivité » sociale et toute considération de propriété privé est donc à rejeter en faveur du processus constamment accéléré de la richesse sociale.
Commenter  J’apprécie          20
AchegothAchegoth20 janvier 2017
Le caractère non privatif du domaine privé venait à l’origine de ce que le foyer était le lieu de naissance et de la mort qui doit rester caché au domaine public parce qu’il abrite les choses cachées aux regards, impénétrables à la connaissance. Lieu caché, parce que l’homme ne sait d’où il vient quand il naît ni où il va quand il meurt.
Commenter  J’apprécie          10
AchegothAchegoth20 janvier 2017
Le mal qui sort de son repaire vient effrontément détruire le monde commun ; le bien qui sort de sa réclusion pour jouer un rôle public cesse d’être bon, il se corrompt intérieurement et partout où il va porte sa corruption.
Commenter  J’apprécie          10
AchegothAchegoth20 janvier 2017
La nécessité et la vie sont si intimement liées que la vie elle-même est en danger lorsqu’on se débarrasse complètement de la nécessité…
Commenter  J’apprécie          10
AchegothAchegoth18 janvier 2017
[]...légalité loin d’être liée à la justice, comme aux temps modernes, était l’essence même de la liberté : on était libre si l’on échappait à l’inégalité inhérente au pouvoir, si l’on se mouvait dans une sphère ou n’existait ni commandement ni soumission.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Hannah Arendt (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hannah Arendt

Carole Widmaier - entretien exclusif
www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif Lors de son passage à Mulhouse, la philosophe Carole Widmaier répond au micro de Passion Bouquins. Elle nous présente son dernier livre intitulé Fin de la philosophie politique ? Hannah Arendt contre Leo Strauss
Dans la catégorie : Etats-Unis et CanadaVoir plus
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie occidentale moderne>Etats-Unis et Canada (12)
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les presqu'homonymes de la littérature

"Une chambre à soi", essai féministe de ...

Virginia Woolf
Christa Wolf

10 questions
68 lecteurs ont répondu
Thèmes : littératureCréer un quiz sur ce livre