ISBN : 2714309860
Éditeur : José Corti (2009)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde. Il y a d'abord Giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. Il court, aussi vite qu'il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand dia... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par psycheinhell, le 21 mai 2012

    psycheinhell
    Cela faisait un moment que je valsais avec la possibilité de ce livre.
    Attirée par le bleu déjà bien apprécié de cette collection « Merveilleux », et par le portrait esquissé en quatrième de couverture des trois personnages, des trois « marginaux en bord de monde ».
    Inquiète, un peu, obscurément : la symphonie du cirque, la solitude et l'angoisse, l'enfance sauvage – j'avais peur des illusions faciles, du rose et du trop de sucre en prose, d'une magie pour spectateurs plus que d'une magie d'acteurs.
    L'Attente du soir, complétement. Et tomba le soir, le moment de plonger.
    Au milieu du livre, pleurant sur les peintures du môme, je savais :
    La magie est vraie, intérieure et partagée, comme la douleur. Façonnées toutes deux de tendresse empathe et de finesse psychologique.
    Et c'est parée là de rouge et d'or que la poésie parle aux sens comme au coeur…
    … égrène par les routes les souvenirs d'une enfance aux enchantements perpétués et partagés sur une piste de cirque, jusqu'à la vieillesse et l'ultime coup du Sort.
    … traîne par les pages la chape d'une enfance blanche, absente.
    … épouse par la synesthésie le sens d'une enfance poussée loin des mots et des conventions sociales, vécue en couleurs, chantée en peinture.
    On peut lire L'Attente du soir comme l'évidence touchante du salut par l'art, un récit de thérapie capable de faire résonner en écho toutes ces parts de nous qui vivent par les oeuvres qui les nourrissent, et leurs propres processus créatifs.
    Ce livre, surtout, j'y vois la beauté d'enfances qui se regardent, s'apprivoisent et se ravivent les unes les autres autour du feu.
    [Impression partagée sur :]

    Lien : http://psycheinhell.wordpress.com/2012/05/21/lattente-du-soir-ou-les..
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    lilyetseslivres
    Trois personnages habitent ici ce roman, trois égratignés du coeur, trois âmes esseulées, qui lourdes de souffrance et de solitude cheminent tout au long de ces pages pour finalement et selon les caprices du destin se retrouver, un à un, puis un à deux.
    Il y a Giacomo, le clown à la chevelure bouclée et argentée. Dresseur de caniches, il dirige le cirque qu'il a hérité de ses parents voilà plusieurs dizaines d'années. A l'heure où commence cette histoire, le vieux clown arrive au crépuscule de sa vie, son dos est courbé, ses forces limitées. Depuis le jour où sa mère, trapéziste s'est écrasée sur le sol comme un oiseau blessé, il sait que le Sort, ce personnage crépusculaire et maléfique qu'il imagine depuis l'enfance, le poursuit et qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin de ses jours.
    Giacomo est certainement le personnage le plus lumineux de ce roman, malgré la peur qui le tenaille il porte en lui un tel amour de la vie, une telle confiance en l'être humain, qu'il est indéniablement le grand "ordonnateur" du roman, celui par qui l'histoire débute, et par la grâce duquel elle peut finir sur un "d'accord", une ouverture à tous les possibles.
    Ensuite il y a Melle B., l'enfant, la petite fille, puis la femme grise, celle à qui tout amour, toute marque d'attention ont à jamais été refusés. Elle est celle qui ne sait pas, ne peut pas croiser un regard tant ceux qui se posèrent sur elle furent vides et glacés. Pour se calmer, quand les émotions la submergent de trop, elle s'évade dans un monde de chiffres et de figures géométriques, univers rassurant et réconfortant parce qu'éternellement identique, inchangé. Et puis il y a le môme, celui qui vit dans un terrain vague, une décharge publique, oublié de tous, inconnu de tous. le première être vivant dont il se souviendra toujours n'est autre qu'un petit chien, alors à son tour, et comme un enfant sauvage, il se croira "chien", aboiera, léchera ses plaies et se nourrira dans les poubelles à la tombée de la nuit. Mais quand le môme découvre au beau milieu des détritus, une palette de peinture usagée, c'est tout un monde qui s'ouvre à lui après des années de déshérence. le môme qui ne sait pas parler sinon aboyer découvre le pouvoir des couleurs, leur langage, désormais il peut fixer sur le papier ses souvenirs, ses sentiments, tout le monde qui l'habite et qui s'avère d'une incroyable richesse.
    Entre le vieux clown, la femme grise et sans âge et l'enfant sauvage, existe un lien indéniable qui de page en page va se préciser, s'étoffer, se tisser, tandis que les uns et les autres vont prendre successivement la parole pour nous raconter ce que fut leur vie, leur naufrage, puis leur résilience.
    (....)
    Tatiana Arfel porte sur l'univers de la folie et de l'extrême solitude un regard d'une grande acuité et d'une grande tendresse. A aucun moment ses personnages qui perdent pied, angoissés, torturés, ne paraissent étranges ou repoussants, bien au contraire, car le regard qu'elle pose sur eux est tout de "compréhension" dans le sens le plus pur du terme, prendre avec soi, serrer sur son coeur.
    Tout fragiles qu'ils sont ses personnages ont tant à donner, davantage bien certainement que beaucoup d'autres, les autres, les ombres.
    Ils ont tant à donner pourvu qu'ils soient aimés et respectés.
    Voilà un livre magnifique, poétique et bouleversant dont vous tournerez la dernière page le coeur battant, apaisé.

    Lien : http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2009/07/lattente-du-soir-tati..
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 03 mars 2009

    ivredelivres
    Un récit à trois voix, à trois personnages. Chaque personnage détient sa propre voix, évolue dans son monde et lit sa partition.
    Il y a Giacomo, directeur du cirque du même nom, clown blanc qui dresse des caniches et fait naître des symphonies parfumées.
    Né dans une roulotte, sa vie c'est le chapiteau et ses couleurs.
    Giacomo est fataliste, il sait que le Sort le rattrapera, le Sort qui apporte le malheur
    Il y a Melle B. Jamais le regard de sa mère ne l'a caressée, jamais les bras d'un père ne se sont fermés sur elle. Elle avance dans la vie invisible, transparente, absente
    La folie rôde
    Elle récite des tables de multiplication lorsqu'elle est en proie à l'angoisse. Et puis elle a « un trou dans la poitrine » quelque chose lui manque qui lui a été enlevé.
    Et il y a le Môme. Enfant abandonné à lui-même, il découvre le monde par le brillant du soleil et le froid de la boue du terrain vague où il vit. Il découvre les goûts par « le jus blanc » de l'herbe dévorée, le piquant et l'âcre des aliments trouvés dans les poubelles, les odeurs des flaques d'eau et de la terre gelée.
    La seule chaleur reçue est celle d'un chien qui devient son lien avec le monde, mais ce lien va se rompre et il connait la douleur
    Mais le monde va venir au môme par les couleurs, va s'éclairer et s'élargir par les couleurs, le bleu des sacs poubelle, le rouge d'un vieux tapis, « le jaune et l'espoir ». Les couleurs remplacent les mots et deviennent langage.
    Trois univers que tissent Tatiana Arfel, la parole est donnée à ceux qui ne peuvent parler en mots ou dont les paroles ne sont jamais entendues. De son travail en psychiatrie elle a rapportée la connaissance de l'autre et de sa souffrance, des possibilités infinies de l'être humain, de l'importance des mots mais aussi d'autres langages.
    La première partie du roman s'intitule « Un plus un plus un », puis dans une seconde partie se révèle la possiblité de compter pour quelqu'un
    « deux plus un » de n'être plus seul ou de l'être moins.
    Le récit est ponctué par les étapes du cirque, par le temps qui passe pour les trois personnages qui marchent les uns vers les autres pour être enfin « quelqu'un pour quelqu'un.»
    C'est un roman foisonnant d'une imagination très riche, pleine d'odeurs et de couleurs.
    J'ai été prise par ce texte d'une grande force et d'une très grande humanité
    Une vraie réussite pour ce premier roman, une auteure à suivre

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2009/03/02/l-attente..
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    • Livres 5.00/5
    Par genieblanc, le 02 novembre 2010

    genieblanc
    Ce roman entrecroise les portraits de trois personnages, qui ont choisi ou subi d'être en marge de la société faute d'amour. On devine peu à peu que le destin va les rapprocher. Cela ne sera pas chose aisée, car ils devront s'apprivoiser, surmontant les souffrances passées.
    Cette foi en la vie, retrouvée grâce au rapprochement d'êtres blessés, est un des chemins de vie les plus émouvants. En lien avec cette thématique prenante, on rencontre une méditation sur le sens de la vie. le style est imagé, poétique, le ton toujours juste.
    C'est pour moi la révélation de l'année 2010 !
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    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 27 décembre 2009

    saphoo
    Un univers à 3 pôles, 3 parcours, 3 personnages, 3 douleurs portées différemment, tout le long du récit, l'auteur nous peint ces 3 histoires avec un style différent qui se colle aux personnages, c'est déjà là une écriture riche et ciselée comme une sculpture où chaque mot a son importance donnant cet équilibre indispensable dans l'histoire afin de ne pas tomber dans une lecture rectiligne.
    3 dimensions bien dissociées qui au fur et à mesure du récit, se rapprochent pour finir pas se fondre tout à fait. Un peu comme si, le peintre aurait commencé par 3 tableaux monochromes et doucement tente le mélange des couleurs pour ne plus les dissocier et nous livrer les mille et une combinaisons possibles.
    J'ai savouré la manière dont l'auteur nous décrit les sentiments profonds comme la peine, le deuil, l'amour pas seulement d'un couple mais d'un enfant envers un chien, d'une mère envers son bébé, d'un homme envers son cirque etc… puis les états comme l'adolescence, la vieillesse, l'âge qui inexorablement s'accable sur notre corps, des situations de faits comme la guerre. Et malgré la profondeur et la noirceur à nous livrer, l'auteure a su comme par magie adoucir ce noir tout en poésie et avec une remarquable originalité (voir les extraits) … pour ma part, ce fut un vrai régal, une réelle satisfaction de lecture. Chaque description est une nouvelle peinture, chaque personnage est une couleur, chaque sentiment devient un paysage, l'ensemble magnifiquement bien orchestré dans une harmonie parfaite, sensible, émotive et mélodieuse. Les couleurs, les odeurs, tous les sens s'unissent, s'invitent, pour mieux se confondre en une danse féerique…
    Un bouquet explosif de sensations…
    article plus sur le blog

    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2009/12/26/16276896.h..
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Citations et extraits

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  • Par oops, le 25 mai 2012

    Ces petits tracas ne cessaient plus, et je connus ce moment où l'on s'aperçoit que la vieillesse est vraiment là, que ce n'est que ça : non pas une douleur fulgurante qui vous affaisserait d'un grand coup, mais une succession de petites douleurs qui font que le corps a, tous les jours, mal quelque part.
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  • Par psycheinhell, le 21 mai 2012

    "Et puis les noms, ça change, Jacques, Giacomo, Maxime, Miraculo, ça ne désigne pas la même personne, ça montre juste ce qu'on a envie de dire d'elle. Qu'on m'appelle Jacques et je sais qu'on me parlera de la vie extérieure où je n'ai pas ma place, de factures à payer, qu'on m'appelle Giacomo et je sais que je suis sur scène, à ma vraie place, alors même que ce nom ne m'appartient pas. Je crois qu'on devrait choisir chacun son nom et ne le dire à personne, libre aux autres ensuite de vous appeler comme ils l'entendent, de mettre ce qu'ils veulent dans les quelques syllabes dont ils usent à votre égard. Pourquoi les parents seraient-ils les seuls à donner un nom ? Pourquoi les parents auraient-ils le droit de limiter le champ infini des noms possibles, sans que l'on puisse protester ?"
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  • Par psycheinhell, le 21 mai 2012

    " (...) ses toiles parlaient aux gens, oui, et en plus, ce qui était très rare, elles les faisaient parler entre eux."
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  • Par saphoo, le 27 décembre 2009

    Je ne peux pas dire avec des mots ce que ce fut pour moi de perdre ma mère. Ma mère, la douceur parfumée de ses cheveux, ses chansons étranges pour m’endormir. Ses mains toutes petites, couleur pêche blanche, qui me lavaient chaque soir de la fatigue et de l’énervement de la journée. Son silence quand elle ne chantait pas et son sérieux appliqué quand elle m’écoutait….--- toute cette couverture douce autour de moi se retirait d’un coup, laissant derrière elle l’étreinte glacée du monde à affronter encore des années durant. ---- Au lieu de quoi, elle est morte au sol, misérablement, comme un oiseau tiré en plein vol. Elle aurait dû mourir en s’envolant simplement du haut du chapiteau vers les étoiles, et chaque fois que j’aurais regardé le ciel, je l’aurais vue danser entre les constellations
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  • Par balooo, le 06 juin 2010

    Le môme est mis une fois dehors dans un petit abri où la bête bleu clair rentre aussi. Le môme qui a levé la tête s'aperçoit qu'elle s'est séparée en deux : deux grandes ombres devant lui. L'abri se met à avancer doucement tout seul, le môme ne comprend pas, il voit le dehors bouger : à gauche le mur du terrain vague, à droite les maisons, et puis d'un coup le mur a disparu, l'abri a tourné, c'est un autre endroit, d'autres maisons, des bruits inconnus, des lumières blanches, rouges, vertes. Le môme est si fasciné par les lumières de couleur qu'il lâche son poing qu'il mordait pour se calmer, il regarde. Il a peur encore, mais il avale toutes les images pour quand il pourra rentrer à son abri. Il ne sait pas ce qu'on veut de lui.
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