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ISBN : 2714309860
Éditeur : José Corti (08/01/2009)

Note moyenne : 4.6/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde. Il y a d'abord Giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. Il court, aussi vite qu'il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand diable noir, le Sort, fauteur de troubles, de morts et de mélancolie. Il y a la femme grise sans nom, de celles qu'on ne remarque jamais, remisée dans son appartement vide. Elle parle en lignes et en car... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
isabiblio
04 juin 2012
★★★★★
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Ce roman donne la parole à trois êtres qui vivent en marge de la société, parce que la vie les a laissés là sans leur demander leur avis. Ils livrent chacun leur tour leurs souvenirs sans se plaindre, ils racontent les moments qu'ils ont vécus avant que la vie ne les réunissent. Il y a Giacomo le clown blanc, dresseur de caniches, élevé dans le cirque familial convaincu que l'impitoyable Sort va continuer à s'acharner sur lui du jour où sa jeune mère trouve la mort dans un accident de trapèze. Lorsque son père lui laisse diriger le cirque, Giacomo donne le meilleur de lui-même juste pour voir le bonheur illuminer le visage de ceux qui viennent au cirque, sacrifiant son bonheur personnel car il sait que le Sort veille. Il y a le môme, un tout jeune enfant abandonné dans un terrain vague qui apprend à survivre en se nourrissant de tout ce qu'il trouve. Il s'élèvera au côté d'un chien, jusqu'à ce que celui-ci meure. Cette perte le pousse à s'exprimer non par le langage qu'il n'a pas appris, mais par la peinture qu'il trouve dans les rebuts de notre société. Puis il y a Melle B, une jeune femme élevée dans une famille où on ne la regarde pas, qui a appris par la force des choses à ne pas exister pour ne pas gêner. Lors d'une soirée de fête au lycée, alors qu'elle n'est pas la fille convoitée, elle s'unit à un garçon éméché. L'enfant qui naît de cette union lui sera arraché, la faisant retomber dans une transparence grise qui lui collera définitivement à la peau, l'incitant toujours plus à se réfugier dans la litanie des tables de multiplication. L'auteur décortique ces trois destins que l'on pourrait croire perdu tellement la noirceur qui les entoure est accablante. Par la magie du conte l'auteur laisse entrer la magie dans ses vies marginales et les couleurs salvatrices prennent leur place, pour la plus grande satisfaction du lecteur étreint et chaviré de tant d'émotions. L'auteur exploite nos peurs les plus primaires pour nous offrir un roman vibrant et merveilleusement inattendu pour qui sait être patient.
Lien : http://ma-bouquinerie.blogsp..
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ivredelivres
03 mars 2009
★★★★★
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Un récit à trois voix, à trois personnages. Chaque personnage détient sa propre voix, évolue dans son monde et lit sa partition.
Il y a Giacomo, directeur du cirque du même nom, clown blanc qui dresse des caniches et fait naître des symphonies parfumées.
Né dans une roulotte, sa vie c'est le chapiteau et ses couleurs.
Giacomo est fataliste, il sait que le Sort le rattrapera, le Sort qui apporte le malheur
Il y a Melle B. Jamais le regard de sa mère ne l'a caressée, jamais les bras d'un père ne se sont fermés sur elle. Elle avance dans la vie invisible, transparente, absente
La folie rôde
Elle récite des tables de multiplication lorsqu'elle est en proie à l'angoisse. Et puis elle a « un trou dans la poitrine » quelque chose lui manque qui lui a été enlevé.
Et il y a le Môme. Enfant abandonné à lui-même, il découvre le monde par le brillant du soleil et le froid de la boue du terrain vague où il vit. Il découvre les goûts par « le jus blanc » de l'herbe dévorée, le piquant et l'âcre des aliments trouvés dans les poubelles, les odeurs des flaques d'eau et de la terre gelée.
La seule chaleur reçue est celle d'un chien qui devient son lien avec le monde, mais ce lien va se rompre et il connait la douleur
Mais le monde va venir au môme par les couleurs, va s'éclairer et s'élargir par les couleurs, le bleu des sacs poubelle, le rouge d'un vieux tapis, « le jaune et l'espoir ». Les couleurs remplacent les mots et deviennent langage.
Trois univers que tissent Tatiana Arfel, la parole est donnée à ceux qui ne peuvent parler en mots ou dont les paroles ne sont jamais entendues. de son travail en psychiatrie elle a rapportée la connaissance de l'autre et de sa souffrance, des possibilités infinies de l'être humain, de l'importance des mots mais aussi d'autres langages.
La première partie du roman s'intitule « Un plus un plus un », puis dans une seconde partie se révèle la possiblité de compter pour quelqu'un
« deux plus un » de n'être plus seul ou de l'être moins.
Le récit est ponctué par les étapes du cirque, par le temps qui passe pour les trois personnages qui marchent les uns vers les autres pour être enfin « quelqu'un pour quelqu'un.»
C'est un roman foisonnant d'une imagination très riche, pleine d'odeurs et de couleurs.
J'ai été prise par ce texte d'une grande force et d'une très grande humanité
Une vraie réussite pour ce premier roman, une auteure à suivre
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Apoapo
06 février 2016
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Le roman choral est difficile. Difficile, lorsque trois personnages seulement, fussent-ils aussi extraordinaires et marginaux et démesurés dans leur renfermement souffrant que ceux-ci, s'alternent dans une mise en scène, de structure triptyque, typique du théâtre moderne (par opposition au théâtre classique) où la parole/conscience et non l'action fait avancer le récit. Difficile aussi, lorsque le poids de la souffrance est tellement palpable, à chaque phrase, que le recours salvateur aux artefacts des sens, la vue des couleurs pour l'enfant sauvage qui deviendra peintre, l'odorat pour le clown faisant son deuil par des symphonies de parfums, ne suffit pas à soustraire le lecteur d'une influence émotionnelle au premier degré par moments presque dévastatrice. Il s'agit d'un recours salvateur tout de même, car la peinture aura pour l'enfant sauvage exactement le même effet révélateur qu'une psychanalyse ; le regard porté par celui-là sur Mlle B., aussi blessant de réalisme soit-il, lui rendra pour la première fois une ombre d'humanité à elle ; les soins au parfum de chocolat chaud que Giacomo déverse sur l'enfant exorciseront sa propre angoisse du Sort en lui révélant qu'il s'agit de l'interruption - réversible - d'une transmission par la filiation, qui ne lui était pas échue par voie biologique...
Trois déchirements dans les relations de filiation, remarquera-t-on ; que l'analyse avisée de la jeune psychologue sait faire remonter loin, à plusieurs générations.
Néanmoins cette première esquisse d'évidence est loin d'épuiser tout le potentiel d'interprétation renfermé par cet énorme opus, dont l'originalité déroute autant que la densité des images et des sentiments ; et mon propre bouleversement m'empêche de me soustraire à un questionnement sans réponses qui est quantitativement bien plus important que les quelques ébauches ci repérées.
Cit. finale :
Les gens ne savaient pas ce que c'était que cette ombre, ils en avaient peur, pensez donc, disait-il, si on avait représenté un vrai monstre, vert ou diabolique, les gens achèteraient, ils ont l'habitude et puis ça purifie des vieux démons, mais cette ombre grise on ne savait pas ce qu'il y avait à l'intérieur, on pouvait y mettre le pire, peut-être même qu'il n'y avait rien, c'était le dessin d'une absence plus monstrueuse qu'un monstre, et ça, c'était impensable. (p. 251).
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genieblanc
02 novembre 2010
★★★★★
★★★★★
Ce roman entrecroise les portraits de trois personnages, qui ont choisi ou subi d'être en marge de la société faute d'amour. On devine peu à peu que le destin va les rapprocher. Cela ne sera pas chose aisée, car ils devront s'apprivoiser, surmontant les souffrances passées.
Cette foi en la vie, retrouvée grâce au rapprochement d'êtres blessés, est un des chemins de vie les plus émouvants. En lien avec cette thématique prenante, on rencontre une méditation sur le sens de la vie. le style est imagé, poétique, le ton toujours juste.
C'est pour moi la révélation de l'année 2010 !
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BookShellFairy
15 décembre 2013
★★★★★
★★★★★
Telle une perle dans son écrin, ce livre n'attend plus que vous pour être sublimé. Ou plutôt pour vous sublimer ! Trois personnages, qui n'ont rien en commun vont se dévoiler petit à petit sous vos yeux. Tel le renard du petit prince, ils vont vous amadouer vous dévoiler leurs forces et leurs faiblesses. Et c'est ainsi que vous aller tomber sous leur charme.
Une lecture pour n'importe quelle saison, elle est de celles qui met du baume au coeur, et lorsque la dernière page est tournée... C'est un peu comme si on disait au revoir à de très vieux amis. Une très belle découverte.
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
isabiblioisabiblio28 mai 2012
J'ai compris la détresse des parents quand leur enfant grandit et s'éloigne : cela signe avec certitude votre arrêt de mort. L'enfant qui naît de vous est celui qui vous enterrera. Son entrée au monde vous signifie que votre temps est passé et qu'il faut se préparer à quitter la scène. Vous vous éloignez alors peu à peu du centre et, lorsque ce même enfant atteint l'âge adulte, vous n'êtes plus qu'à un pas du noir des coulisses, où personne ne sera là pour vous accueillir. Qu'elle est courte cette scène, qu'on ne traverse qu'une fois, qu'elle est aveuglante, la lumière qui vous y poursuit, et comme la salle est obscure, à tel point qu'on pense souvent qu'il n'y a personne ! Et n'essayez pas de rester sur scène plus que de raison, car quand vous vous retournerez votre enfant s'y trouvera à votre place, lui aussi aveugle aux coulisses de droite, et oublieux des coulisses de gauche desquelles il est pourtant né.
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saphoosaphoo27 décembre 2009
Je ne peux pas dire avec des mots ce que ce fut pour moi de perdre ma mère. Ma mère, la douceur parfumée de ses cheveux, ses chansons étranges pour m’endormir. Ses mains toutes petites, couleur pêche blanche, qui me lavaient chaque soir de la fatigue et de l’énervement de la journée. Son silence quand elle ne chantait pas et son sérieux appliqué quand elle m’écoutait….--- toute cette couverture douce autour de moi se retirait d’un coup, laissant derrière elle l’étreinte glacée du monde à affronter encore des années durant. ---- Au lieu de quoi, elle est morte au sol, misérablement, comme un oiseau tiré en plein vol. Elle aurait dû mourir en s’envolant simplement du haut du chapiteau vers les étoiles, et chaque fois que j’aurais regardé le ciel, je l’aurais vue danser entre les constellations
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balooobalooo06 juin 2010
Le môme est mis une fois dehors dans un petit abri où la bête bleu clair rentre aussi. Le môme qui a levé la tête s'aperçoit qu'elle s'est séparée en deux : deux grandes ombres devant lui. L'abri se met à avancer doucement tout seul, le môme ne comprend pas, il voit le dehors bouger : à gauche le mur du terrain vague, à droite les maisons, et puis d'un coup le mur a disparu, l'abri a tourné, c'est un autre endroit, d'autres maisons, des bruits inconnus, des lumières blanches, rouges, vertes. Le môme est si fasciné par les lumières de couleur qu'il lâche son poing qu'il mordait pour se calmer, il regarde. Il a peur encore, mais il avale toutes les images pour quand il pourra rentrer à son abri. Il ne sait pas ce qu'on veut de lui.
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saphoosaphoo27 décembre 2009
Il m’a vu pleurer. Il a pris ma main dans les siennes, sans la griffer. L’enfant m’a consolé de sa souffrance à lui. Depuis la mort de ma mère personne ne m’a consolé de la vie, des douleurs, des écorchures du Sort. Près de quarante ans après elle, il y avait quelqu’un qui prenait ma peine dans ses mains. J’ai eu à nouveau dix ans et un chapiteau de tendresse m’abritait.

Quand il a écarté ses doigts, ma peine a coulé entre eux comme une fine pluie dorée, et elle s’est écrasée au sol en souriant. Sur la terre qui l’a bue, le lendemain, ont fleuri trois coquelicots…

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isabiblioisabiblio25 mai 2012
Ces petits tracas ne cessaient plus, et je connus ce moment où l'on s'aperçoit que la vieillesse est vraiment là, que ce n'est que ça : non pas une douleur fulgurante qui vous affaisserait d'un grand coup, mais une succession de petites douleurs qui font que le corps a, tous les jours, mal quelque part.
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Courte vidéo sur la publication du 1er roman de T. Arfel
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