> Jean-François Gérault (Traducteur)

ISBN : 274362146X
Éditeur : Payot et Rivages (2010)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Deux hommes embarquent à bord de "La Trochita", un train antédiluvien qui parcourt la Patagonie argentine à petite allure.
Haroldo, un ancien marin qui se prétend le descendant de Butch Cassidy, a entraîné son ami d'enfance Genaro, ex-conducteur de métro, dans un... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 22 février 2011

    nadejda
    J'ai fait un voyage inoubliable dans « La trochita»(= la petite voie étroite), surnom donné à un vieux train qui m'a fait parcourir la Patagonie sur des banquettes en bois, avec des compagnons complètement fous, des bandits sympathiques qui se croient au far-west. Maladroits au grand coeur, dépassés par ce qu'ils ont déclenchés, ils finiront par être soutenus par les voyageurs qu'ils ont pris en otage, par le conducteur , le mécanicien (un vieux russe) et même le commissaire. 
Ce roman, sous des dehors loufoques et déjantés, parle aussi de solidarité, de l'exploitation des pauvres --- paysans mapuches et bousiers qui réparent les voies ---, de la rudesse du climat qui varie très vite, de l'isolement de ces vastes étendues où le passage hypothétique du train est souvent la seule distraction et le seul lien, où les gens savent encore apprécier le silence et se tiennent les coudes dans l'adversité.
    Vous n'oublierez pas le vieux poêle du wagon, entouré d'une grille, qui réunit autour de la chaleur de son foyer tous les passagers d'origines diverses, leur permettant de faire griller de la viande que chacun se partage, les tasses de maté qui circulent, les arrêts pour remettre de l'eau dans la machine, les chaudes amours entre bandit et jolie touriste, une partie de foot comme vous n'en avez jamais vue et qui ferait aimer le foot aux plus réfractaires etc...
    Le plus triste c'est ce que la postface de l'auteur nous apprend : «la Trochita» n'existe plus.
    «La Trochita subsista tant bien que mal des années durant, survivant à tout : éboulements, déraillements tempêtes, à tout... Mais elle ne put l'emporter sur les politiques de modernisation qui, pour de froides raisons comptables, la condamnèrent à mort.»
    Merci à Raul Argemi de m'avoir embarquée dans un tel voyage, un voyage insensé que j'aurais aimé voir durer plus longtemps.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 15 juin 2011

    Eric75019
    Dès la première page, vous serez joyeusement embarqué dans ce sympathique petit tortillard sillonnant la Cordillère des Andes au fin fond de la Patagonie, en compagnie des deux héros picaresques aux improbables desseins.
    Haroldo (alias Butch Cassidy) et Genaro (alias Juan Battista Bairoletto) décident de prendre en otage les voyageurs d'un train, afin de délivrer Beto, le frère d'Haroldo, prisonnier en cours de transfert qui doit les rejoindre lors d'un prochain arrêt. C'est là l'idée de départ, mais tout va déraper et très vite l'histoire va prendre des chemins de traverse, comme pour démentir l'obligation d'être toujours dans les rails dès lors qu'il s'agit d'une histoire ferroviaire.
    Haroldo est la tête pensante du duo, se référant sans cesse aux écrits de son soi-disant aïeul, le véritable et célèbre Butch Cassidy. Hélas pour lui, rien ne se déroule exactement comme prévu dans le livre. A Genaro, son complice et ami d'enfance, sont dévolues les tâches d'exécution, mais le Sancho Penza de service se révèlera très vite le plus débrouillard des deux et d'ailleurs le plus favorisé par le destin.
    Le train prenant de nouveaux voyageurs lors de chaque arrêt, on finit par croiser beaucoup de monde dans les deux voitures : des touristes allemandes sexys, des indiens mapuches, des travailleurs du rail, un convoyeur de fonds, un gourou mystique et écolo, un commissaire, un politicien… On traverse des paysages insolites, on assiste à un match de foot d'anthologie Argentine contre le Reste-du-Monde et on subit la tempête du siècle, le tout dans une bonne humeur contagieuse, une joyeuse décontraction et un humour potache et déjanté venu du Grand Sud, qui nous changent pour une fois de la fibre nettement moins humoristique des polars actuels venus du Grand Nord.
    Je lance ici un appel à tous les gringos de Babelio, embarquez-vous immédiatement pour la Patagonie dans la « Trochita », le Patagonia Tchou tchou, vous ne serez sûrement pas déçus du voyage !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 14 octobre 2011

    encoredunoir
    Le polar Les morts perdent toujours leurs chaussures, m'avait enchanté. J'y avais découvert les talents de conteur et la fantaisie d'Argemí. Et pourtant, même si la barre était à mon avis placée assez haut, on me disait, de ci, de là, que ce n'était pas ce que l'auteur argentin avait fait de mieux.
    En effet, les aventures de Butch Cassidy et de Juan Batista Bairoletto dans la Trochita, petit train qui dessert à une vitesse fulgurante, variant de zéro à quarante-cinq kilomètres/heures, 400 km de voies au fin fond de la Patagonie, viennent le confirmer : Raúl Argemí, avec Patagonia tchou-tchou, nous offre une histoire encore plus belle et plus folle que dans son roman précédent.
    Butch et Bairoletto, sont en fait un ancien marin et un ancien conducteur de métro au chômage (même si le premier revendique être le petit-fils du Butch Cassidy original). Deux idéalistes et surtout deux bras cassés, qui ont décidé de prendre en otage les passagers de ce petit train dans lequel doit être convoyé Beto, le frère de Butch, à l'occasion d'un transfert de prison. Ce qui n'était pas prévu – rien, d'ailleurs, ne l'était vraiment – c'est que les passagers et l'équipage, une vingtaine d'altermondialistes allemands, une indienne mapuche enceinte jusqu'aux yeux, un couple de paysans… feraient preuve d'un aussi bon esprit en fraternisant presqu'aussitôt avec leurs kidnappeurs.
    Dès lors démarre une lente odyssée patagone surréaliste où l'on verra un sénateur de droite candidat à la présidentielle prendre quasiment en otages les preneurs d'otages, un match de foot Argentine-Reste du monde joué dans la neige avec une pomme de pin, les envolées revendicatives de Bairoletto et ses prouesses sexuelles inattendues au milieu des poules…
    Cette escapade burlesque est servie par un style classique et fluide, une sorte d'humour distancié et flegmatique, qui fait tout le charme d'Argemí. Pour autant, il ne s'agit pas que d'une farce. C'est aussi la chronique d'un monde qui se délite mais dans lequel la camaraderie et la solidarité, portées par les utopies, ont encore droit de cité. D'un optimisme loin d'être béat –et certaines scènes sont même carrément tristes – Patagonia tchou-tchou enchante et met du baume au cœur. Une saine lecture.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-a-lui-de-vous-faire-prefer..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Taraxacum, le 22 avril 2012

    Taraxacum

    La Trochita est un train archaïque, parcourant la Patagonie argentine et s'arrêtant dans des gares minuscules. C'est dedans qu'embarquent deux amis,l'un se prétendant le petit fils de Butch Cassidy, une solide référence en matière d'attaque de train, avec la ferme intention de le dévaliser et de délivrer le frère de l'un deux, qui doit transféré d'une prison à une autre par ce moyen.
    Ce ne sera pas si simple et va virer à l'odyssée surréaliste. Les otages se partagent entre touristes allemands et argentins, les uns persuadés que les deux apprentis-bandits sont des altermondialistes luttant contre l'infâme capitaliste et choisissant leur camp, les autres fatalistes et amusés. Les policiers citent Brecht, le chauffeur du train trouve que c'est une charmante distraction et personne ne semble prendre la situation au sérieux!
    Le train et les paysages sont presque les personnages principaux de livre, la ligne de chemin de fer semblant la seule touche de civilisation au milieu de l'immense Patagonie.
    C'est très bien écrit, personnages attachants, beaucoup d'humour et beaucoup de tendresse pour tous les paumés, et on se sent l'envie de grimper à son tour dans ce train au milieu de nulle part, de voir les étendues, les tempêtes de neige, de goûter le maté et d'aider une indienne mapuche à accoucher en cours de route!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ys, le 08 mars 2012

    Ys
    Que j'aime ces auteurs capables de décrire un univers bien réel sans se laisser enfermer dans le réalisme, capables de si bien se servir d'un mélange d'histoire, de légendes et d'imaginaire !
    Le résultat est à la fois très absurde et très humain, très drôle et très touchant, délicieusement inventif et dépaysant. Un régal.
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par nadejda, le 21 février 2011

    Il avait cesser de neiger une fois de plus, et la tâche diffuse d'un soleil pâle s'estompait dans le ciel nuageux quand ils arrivèrent à Los Nires. Le train passait à quelque cent mètres d'un édifice solitaire : une grande boîte à chaussures avec des barreaux à toutes les fenêtres. Le temps et le dédain de l'administration l'avaient teinté du même gris que le paysage.
    -- C'est la prison où est Beto ? avait demandé Bairoletto
    -- L'unité 28, le lieu où les rebelles dangereux deviennent fous, lui avait répondu son compagnon.
    La piste de terre qui naissait devant l'édifice festonné de neige suivait la voie et venait se heurter à la gare. Los Nires était un peu plus que rien, une intention de village née d'un fantasme.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par nadejda, le 22 février 2011

    Le commissaire Baigorria prit juste le temps d'aspirer quelques profondes bouffées.
    --- Ami Butch Cassidy, ou comme vous vous appelez en vrai : on est en Argentine, El Maitén c'est l'Argentine. Ici tout a un avenir. Ce qui n'existe pas c'est le présent. Je regrette, mais vous n'allez pas trouver plein de putains de gens pour pouvoir vous échapper. Et maintenant, si vous permettez, je vais faire la seule chose raisonnable...
    --- Vous allez m'arrêter ?
    --- Je vais faire les grillades, pour voir si, l'estomac plein, ces gringos perdent la manie d'aller de par le monde en fusillant les gens.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nadejda, le 22 février 2011

    --- ...Vous êtes perdus, je vous le dis. Où croyez-vous aller ? Dès que vous descendrez du train, vous vous rendrez de vous-mêmes.
    --- Vous croyez ? Là, vous vous trompez. Quand nous arriverons à El Maitén, nous ligoterons tout le monde et nous nous perdrons dans la foule.
    --- A El Maitén, vous pensez vous perdre dans la foule ?
    --- C'est ce que j'ai dit.
    --- Mais à El Maitén vous ne trouverez pas plus de quatre personnes à la fois !


    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par nadejda, le 21 février 2011

    Epigramme de Patagonia Tchou Tchou
    Bertolt Brecht
    Pour gagner mon pain, chaque matin je me rends au marché où s'achètent les mensonges. Rempli d'espoir, je prends place dans la file des vendeurs.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par glycine, le 28 février 2011

    Il essaya de se mettre à la place de son grand'père, le Buctch Cassidy original, pour résoudre le problème qui se présentait à lui. Il n'y avait pas d'antécédents.
    Tous les cas de rébellion avaient à voir avec la répartition des gains, des beuveries, ou des bagarres pour des femmes, jamais pour une question syndicale.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Patagonia Tchou tchou par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (14)

> voir plus

Quiz