> Alain Jouffroy (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070300196
Éditeur : Editions Flammarion (1968)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
« Quand on a lu Artaud, on ne s'en remet pas. Ses textes sont de ceux, très rares, qui peuvent orienter et innerver toute une vie, influer directement ou indirectement sur la manière de sentir et de penser, régler une conduite subversive à travers toutes sortes de senti... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 20 avril 2011

    zohar
    « Ecrire avec sa vie » comme disait, Nietzsche. Antonin Artaud l'a fait : sa vie est si étroitement mêlée à son œuvre que l'on pourrait presque dire qu'il écrit son œuvre avec sa vie !
    Et dans la phrase qui suit : « …Là où d'autres proposent des œuvres, je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit… », se trouve toute la puissance et l'essence de ses Poèmes !
    « L'Ombilic des Limbes » (suivi de, le Pèse-Nerfs) atteste, parfaitement, Antonin Artaud en tant que le témoin de soi-même. C'est peut-être l'œuvre d'un fou mais c'est avant tout un homme qui va au bout de ses retranchements : comme une âme alourdie de ses chaînes qui plonge jusque dans ses propres limbes !
    Maurice Blanchot l'a souligné : " Ce qu'il dit, il le dit non par sa vie même (ce serait trop simple), mais par l'ébranlement de ce qui l'appelle hors de la vie ordinaire. "
    Le poète se livre, en effet, à l'âpreté de sa douleur provoquée par l' « effroyable maladie de l'esprit » dont il souffre ; et au délire de sa propre pensée tourmentée et torturée…
    Antonin a choisi le domaine de la douleur (une douleur interne érosive, sourde et aveugle qui se suffit à elle-même, et se montrant telle qu'elle est…) et de l'ombre pour en faire le rayonnement de sa matière poétique.
    Inspirée des surréalistes, sa poésie mentale et psychotique, témoigne de sa difficulté à trouver le sens de son être, elle témoigne aussi de sa « déraison lucide » qui ne redoute pas le désordre et le chaos intérieur de son moi « inapplicable à la vie », tel est ce combat dont il mène contre !
    Des thèmes métaphysiques tels que le désespoir, la Mort et le suicide (qu'il considère comme un moyen de se reconstituer et non comme une destruction !) jalonnent à la fin de ce recueil dont l'écriture fiévreuse inaugure encore plus les « raclures de son âme » et « les déchets de lui-même » .
    L'exploration mentale de ses paysages intérieurs nous montre là, un texte écrit dans une langue toute en pulsions : ce recueil nous touche dans ce qui nous constitue le plus, à savoir la chair, le verbe et notre âme.
    Son écriture est cathartique, et ses mots qui touchent à l'indicible sont non seulement chargés de sens mais sont aussi sensitifs !
    L'auteur de « Le théâtre et son double » a brisé des frontières et a su s'affranchir des choses établies par la société qui, malheureusement, fixe tout artiste novateur à la marginalité !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 26 juillet 2011

    brigittelascombe
    Apaisé par la drogue, remède souverain à ses angoisses existentielles, cet opium absorbé en 1917 lors d'un internement en maison de santé, alors qu'il peignait, Antonin Artaud, toute sa vie, malgré des cures de désintoxication, aura besoin de laudanum "seule substance capable de l'amener à un état normal".
    Voilà ce qu' affirme dans L'Ombilic des Limbes ce poète maudit né en 1896 qui à seize ans brûle tous ses textes et offre ses livres à ses amis.
    Dépression. Semi -guérison sur Paris.Publication de ses premiers poèmes en 1920(Le tric trac du ciel). Grande période théatrale de 1922 à 1924.
    Adhésion au groupe surréaliste et publication de L'Ombilic des Limbes essentiellement en prose et parfois en vers, agrémenté de fragments de dialogues de théâtre dans lequel, Antonin Artaud égrène en images sa douleur interne.
    Véritable catharsis, l'angoisse mise en mots "pince la corde ombilicale de la vie".
    Le "poète noir, un sein de pucelle te hante, poète aigri, la vie bout et la ville brûle", c'est lui, avec sa solitude d'enfant malade,ses prières de mystique, sa révolte d'homme dépossédé en quête incessante d'identité, ses troubles de schizophrène auxquels la création littéraire sert d'étayage.
    "Qui suis je? D'où viens je?"
    Anarchie, désordre. "Je souffre" dit il "que l'Esprit ne soit la vie et que la vie ne soit pas dans l'Esprit".
    "Je ne suis rien, je serai quelque chose "affirme t il comme pour s'adresser à sa mère magnifiée.
    Quête de l'existence dans la non existence. Impossible harmonie du corps et de la pensée.
    Marginal, poète,peintre,metteur en scène,comédien, Antonin Artaud après avoir quitté le groupe des surréalistes "Ils aiment la vie autant que je la méprise"), aura (entre 1927 et 1939) une intense période d'activité littéraire (L'art et la mort, le moine, Héliogabale,Le théatre de la cruauté,Le théatre et son double...)
    Son livre Les révélations de l'être sera publié en 1937.
    Il mourra en 1948 dans un asile psychiatrique.
    Triste fin pour ce poète fou mais génial qui dans La femme et l'oiseau (poème de L'Ombilic des Limbes écrivait:
    Elle est l'horizon d'un quelque chose qui recule sans cesse.
    Elle donne la sensation d'un horizon éternel.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 21 décembre 2007

    chartel
    Je suis resté interdit devant la puissance de cette langue. Ce recueil englobe plusieurs écrits (des années 20) d'Artaud : une correspondance avec Jacques Rivière (alors directeur de la NRF), L'Ombilic des Limbes, le Pèse-nerf, L'Art et la Mort, et des textes de la période surréaliste. Il y a donc une multitude de thèmes abordés, où dominent les obsessions de l'auteur : son questionnement face à la maladie mentale (angoisses, phobies et dépressions nerveuses) ainsi que l'univers troublé des rêves. Ces différents univers sont marqués par la douleur, la mutilation des corps, l'étourdissement des esprits face aux immensités tant extérieures qu'intérieures. D'ailleurs, son intérêt pour les rêves le porte à s'appesantir sur son intériorité. Assumant pleinement son narcissisme et son égoïsme, il utilise quasi exclusivement la première personne du singulier. On entre alors dans son corps, dans ses cellules nerveuses, dans ses angoisses et dans son âme. Et c'est dans cette chair troublée qu'Artaud atteint le sublime par la force de ses images, celles d'un espace intérieur aux interminables ramifications et aux arborescences infinies et entremêlées, celles de ses orages spirituels confrontant les éléments antagonistes de son corps : le soufre et la glace, la lave et le gel.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 août 2011

    brigittelascombe
    "Je ne suis rien.Je serai quelque chose" affirmait Antonin Artaud,le poète maudit.
    Dans L'Ombilic des Limbes, il a exploré les limbes de la conscience pour trouver un apaisement, une recherche de l'être entre raison et mysticisme.Faisant souvent appel au laudanum, on peut se poser la question:l'opium permet il de retrouver la vie de l'âme lorsqu'on l'a malheureusement perdue?
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par hesperie, le 18 août 2011

    hesperie
    ne pas oublier l'exposition qui a eu lieu en 2006 à la BnF

    Lien : http://www.fluctuat.net/3805-Exposition-Antonin-Artaud-a-la-BNF
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (17)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ster, le 11 mai 2011

    Je mets le doigt sur le point précis de la faille, du glissement inavoué. Car l’esprit est plus reptilien que vous-même, Messieurs, il se dérobe comme les serpents, il se dérobe jusqu’à attenter à nos langues, je veux dire à les laisser en suspens.

    Je suis celui qui a le mieux senti le désarroi stupéfiant de sa langue dans ses relations avec la pensée. Je suis celui qui a le mieux repéré la minute de ses plus intimes, de ses plus insoupçonnables glissements. Je me perds dans ma pensée en vérité comme on rêve, comme on rentre subitement dans sa pensée. Je suis celui qui connaît les recoins de la perte.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par chartel, le 21 décembre 2007

    Car on ne peut accepter la Vie qu’à condition d’être grand, de se sentir à l’origine des phénomènes, tout au moins d’un certain nombre d’entre eux. Sans puissance d’expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable. Une seule chose est exaltante au monde : le contact avec les puissances de l’esprit.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par chartel, le 21 décembre 2007

    Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Nouar, le 10 octobre 2011

    J'aurais voulu trouver quelque chose d'intelligent à vous dire, pour bien marquer ce qui nous sépare, mais inutile. Je suis un esprit pas encore formé, un imbécile : pensez de moi ce que vous voudrez.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 26 juillet 2011

    Poète noir

    Poète noir, un sein de pucelle
    te hante,
    poète aigri, la vie bout
    et la ville brûle
    et le ciel se résorbe en pluie
    ta plume gratte au coeur de la vie.

    Forêt, forêt, des yeux fourmillent
    sur les pignons multipliés
    cheveux d'orages, les poètes
    enfourchent des chevaux, des chiens.

    Les yeux ragent, les langues tonnent
    le ciel afflue dans les maisons
    comme un lait nourrissier et bleu,
    je suis suspendu à vos branches
    femmes, coeur de vinaigre dur.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'Ombilic des Limbes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (98)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz