Apaisé par la drogue, remède souverain à ses angoisses existentielles, cet opium absorbé en 1917 lors d'un internement en maison de santé, alors qu'il peignait,
Antonin Artaud, toute sa vie, malgré des cures de désintoxication, aura besoin de laudanum "seule substance capable de l'amener à un état normal".
Voilà ce qu' affirme dans
L'Ombilic des Limbes ce poète maudit né en 1896 qui à seize ans brûle tous ses textes et offre ses livres à ses amis.
Dépression. Semi -guérison sur Paris.Publication de ses premiers poèmes en 1920(Le tric trac du ciel). Grande période théatrale de 1922 à 1924.
Adhésion au groupe surréaliste et publication de
L'Ombilic des Limbes essentiellement en prose et parfois en vers, agrémenté de fragments de dialogues de théâtre dans lequel,
Antonin Artaud égrène en images sa douleur interne.
Véritable catharsis, l'angoisse mise en mots "pince la corde ombilicale de la vie".
Le "poète noir, un sein de pucelle te hante, poète aigri, la vie bout et la ville brûle", c'est lui, avec sa solitude d'enfant malade,ses prières de mystique, sa révolte d'homme dépossédé en quête incessante d'identité, ses troubles de schizophrène auxquels la création littéraire sert d'étayage.
"Qui suis je? D'où viens je?"
Anarchie, désordre. "Je souffre" dit il "que l'Esprit ne soit la vie et que la vie ne soit pas dans l'Esprit".
"Je ne suis rien, je serai quelque chose "affirme t il comme pour s'adresser à sa mère magnifiée.
Quête de l'existence dans la non existence. Impossible harmonie du corps et de la pensée.
Marginal, poète,peintre,metteur en scène,comédien,
Antonin Artaud après avoir quitté le groupe des surréalistes "Ils aiment la vie autant que je la méprise"), aura (entre 1927 et 1939) une intense période d'activité littéraire (L'art et la mort, le moine, Héliogabale,Le théatre de la cruauté,Le théatre et son double...)
Son livre Les révélations de l'être sera publié en 1937.
Il mourra en 1948 dans un asile psychiatrique.
Triste fin pour ce poète fou mais génial qui dans La femme et l'oiseau (poème de
L'Ombilic des Limbes écrivait:
Elle est l'horizon d'un quelque chose qui recule sans cesse.
Elle donne la sensation d'un horizon éternel.