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"Gérard de Nerval, Edgar Poe, Baudelaire, Lautréamont, Nietzsche, Arthur Rimbaud, ne sont pas mort de rage, de maladie, de désespoir ou de misère, ils sont morts parce qu'on a voulu les tuer."
Ne sont-ce que les délires paranoïaques d'un fou à lier ? Antonin Artaud, persuadé dans ses lettres d'être une sorte de dieu qu'on empêche de vivre en l'ensorcelant, ressasse un cri haluciné où se mêlent métaphysique et bassesse du corps blessé, scatologie et mystique, incantations dans une langue imaginaire et pseudo-discours philosophiques. Ce cri, ce vomissement de mots, par sa violence, par son indécence, par sa folie même, ne peut que frapper (au sens physique du terme, car tout, dans Artaud, est physique, corps affirmé, esprit nié) le lecteur qui voit le monde de sens dans lequel il se croit vasciller avec une telle permanence, avec une telle force de parole, qu'il finit par se demander, sachant pourtant qu'Artaud est fou, s'il n'a pas, à quelque part, raison. Vertige. Quel est ce quelque part ? Quelle est cette raison au coeur du délire ? Les mots d'Artaud échappent sans cesse, car sa pensée s'échappe à elle-même, et se confronter à la folie pure (et Dieu sait si Artaud se présente comme un pur au milieu des ignominies) ne peut pas ne pas ébranler le lecteur qui, par hasard ou par nécessité, lit, en guise de négatif et au même moment, la philosophie de Descartes.
[...]
Le monde des sensat
est un arbre
basé sur
qui dort
morale morille
Merde.
Le que
le
distinctif
n'est pas l'imperceptible perdu
d'une pensée universelle
qui se retire d'un certain point
sur lui même
mais un
de Lucifer que j'ai foutu
en l'air
en un temps où j'en savais infiniment moins que maintenant.
[...]
Gérard de Nerval, Edgar Poe, Baudelaire, Lautréamont, Nietzsche, Arthur Rimbaud, ne sont pas mort de rage, de maladie, de désespoir ou de misère, ils sont morts parce qu'on a voulu les tuer.