ISBN : 2070761126
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 4.36/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non, Van Gogh n'était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l'était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les ps... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par LaLo, le 14 février 2011

    LaLo
    Et si la folie n'était, en réalité, que l'expression du génie ? Voici le postulat que prend Antonin Artaud dans ce texte. Cet écrivain, officiellement reconnu comme fou défend avec hardiesse le fait que Van Gogh n'était pas fou mais tout simplement un génie non reconnu par la société. Selon lui, les artistes de génie sont empoisonnés, martyrisés par la société qui ne cherche jamais à comprendre la profondeur ou la simple nature de leur travail.
    Le texte part d'une simple contestation faite par Artaud à propos du diagnostic du Docteur Berr selon lequel Van Gogh n'était qu'un "schizophrène dégénéré". Artaud, lui, comprend viscéralement la peinture de Van Gogh et cherche, par ce texte, à réhabiliter le statut de génie artistique, trop souvent assassiné par la société médicale. Artaud pousse même plus loin sa réflexion en affirmant que le suicide de Van Gogh est dû au comportement des médecins de l'asile de Rodez qui lui ont fait subir des électrochocs à répétition.
    Dans ce texte aux allures de poème, Artaud se place autant en dénonciateur qu'en victime de la société. Tout comme le peintre, il fut en proie à la folie, à cette folie créatrice qui rend l'artiste incompris du monde extérieur. Selon lui, "la folie est un coup monté et […] sans la médecine elle n'aurait pas existé". "Van Gogh le suicidé de la société" est avant tout un hommage de l'écrivain envers le peintre mais aussi un pamphlet contre les interprétations de la psychanalyse.
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    • Livres 4.00/5
    Par cinecirque, le 11 mai 2012

    cinecirque
    Publié en 1947, le livre de l'écrivain-artiste Antonin Artaud, diagnostiqué fou et asilaire pendant neuf ans, possède une double portée. Il s'agit à la fois d'un hommage au peintre Vincent van Gogh, et d'une virulente attaque contre les psychiatres suite à son long séjour en asile achevé en 1946. Tout au long de cette courte oeuvre, on ne cesse de se demander si van gogh est le pretexte pour attaquer la psychiatrie ou si le diagnostic commun aux deux hommes est un pretexte pour honorer le talent de van Gogh. Il serait tentant de croire en la première hypothèse, mais probablement plus juste d'affirmer que l'auteur a voulu faire d'une pierre deux coups sans privilégier l'un ou l'autre aspect. Tout en affirmant que les psychiatres de van Gogh étaient bien plus fous que le peintre lui-même (ce qui reste rationnel si l'on se base sur les écrits d'Artaud), l'auteur marque son admiration pour celui qu'il considérait comme "le plus peintre de tous les peintres", parce qu'il était le seul, en quelques mots, à avoir su réveiller l'âme du monde en y projetant sa propre tourmente, assimilée ici à de la lucidité.
    Le style d'Artaud et la conviction qu'il semble mettre dans chacun de ses mots ne peut que nous persuader de prendre son parti, du moins momentanément. Il est vrai que l'on a du mal à dissocier la grande maîtrise littéraire du fond du propos et à ne pas haïr nous aussi les psychiatres de ces artistes qui, pourtant, ont également provoqué le meilleur tableau de van Gogh peint trois jours avant sa mort: Les Corbeaux.
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Citations et extraits

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  • Par LaLo, le 14 février 2011

    Sur le plan social, les institutions se désagrègent et la médecine fait figure de cadavre inutilisable et éventé, qui déclare Van Gogh fou. En face de la lucidité de Van Gogh qui travaille, la psychiatrie n'est plus qu'un réduit de gorilles eux-mêmes obsédés et persécutés et qui n'ont, pour pallier les plus épouvantables états de l'angoisse et de la suffocation humaines, qu'une ridicule terminologie, digne produit de leurs cerveaux tarés. Pas un psychiatre, en effet, qui ne soit un érotomane notoire.
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  • Par cinecirque, le 11 mai 2012

    La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j'ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.
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  • Par Macheto, le 02 février 2012

    …Il n'y a ps de fantômes dans les tableaux de van Gogh, pas de visions, pas d'hallucinations. C'est de la vérité torride d'un soleil de deux heures de l'après-midi. Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet. Mais la souffrance du pré-natal y est. C'est le luisant mouillé d'un herbage, de la tige d'un plant de blé qui est là prêt à être extradé.Et dont la nature un jour rendra compte. Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée...
    Antonin Artaud
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  • Par velvetunderground, le 24 avril 2012

    Et il avait raison Van Gogh, on peut vivre pour l'infini, ne se satisfaire que d'infini, il y a assez d'infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n'a pas pu combler son désir d'en irradier sa vie entière, c'est que la société lui a interdit.
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  • Par cinecirque, le 11 mai 2012

    Ces corbeaux peints deux jours avant sa mort ne lui ont, pas plus que ses autres toiles, ouvert la porte d'une certaine gloire posthume, mais ils ouvrent à la peinture peinte, ou plutôt à la nature non peinte, la porte occulte d'un au-delà possible, d'une réalité permanente possible, à travers la porte par Van Gogh ouverte d'un énigmatique et sinistre au-delà.
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