ISBN : 2246773113
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres

« En novembre 2009, j'ai perdu mon passeport. J'ai déposé une demande pour en obtenir un nouveau. On m'a recalé. Dans la France d'aujourd'hui, être un Français né en France de parents français n'est pas une preuve ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 18 juin 2011

    chartel
    La question de l'identité et de sa confrontation aux autres est majeure. Bien qu'exploitée à des fins peu louables par les plus nauséabonds politiciens de l'UMP, l'identité, qu'elle soit nationale, culturelle ou sociale, n'en demeure pas moins essentielle et mérite d'être la cause de débats fréquents et de réflexions nouvelles. Michka Assayas y participe à sa façon par ce roman autobiographique. Comme il le dit lui-même : "ce livre n'est ni une confession ni une thérapie, mais le surgissement de la conscience face à un destin qui, brusquement, m'écrase."
    Quel est ce surgissement du destin ?
    Un coup de tonnerre qui le ramène à ses origines : hongroise par sa mère et ottomane par son père. Un refus d'obtention d'un passeport par les administrations de la République française. On se croirait dans la Russie moribonde d'une fiction de Gogol, mais on est bien au XXIe siècle dans un pays qui se targue de figurer parmi les grandes puissances de ce monde.
    L'intérêt du roman n'est pas dans cette « anecdote » administrative, mais plutôt dans la prise de conscience par sa victime de son "destin". Cette marque indélébile qui le suivra jusqu'à sa mort : son origine généalogique. C'est une belle réflexion sur la construction d'une identité par rapport aux parents, aux frères et aux lieux, aux paysages, aux ambiances.
    Bien que souvent trop explicatif, Michka Assayas réussit à émouvoir par instant, notamment vers la fin du roman, à l'occasion de deux scènes, l'une avec sa mère, l'autre avec un agent de l'administration, où le récit personnel et égo-centré devient universel. C'est en cela que la littérature est indispensable.
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    • Livres 2.00/5
    Par janemar, le 30 novembre 2011

    janemar
    « il s'agit bien de moi » démarre Assayas…
    Il perd son passeport en 2009, et comme tout français dont les parents sont nés à l'étranger, il doit faire la preuve de sa nationalité et ce même, en présentant sa carte d'identité française…. Ironie de l'administration, arcanes de l'administration française.
    A partir de cet incident, il nous raconte donc ses origines hongroises, par son père et sa mère. Beaucoup de nostalgie mais beaucoup aussi de rancœur qui perce à travers ce récit, même si l'un et l'autre ont certaine particularité qui amènerait presque à les envier… La culture, les relations intellectuelles etc… Que penser alors du pauvre bougre dans cette situation qui ne s'appelait pas Assayas mais Ben ou Bou…. Ne soyons pas injuste, il y pense. Que dire de la proximité d'origine avec N. Sarkozy qui est devenu quand même président de la République française non ? Mais tout dépend de quel côté de la lorgnette on regarde…
    Ce livre m'a laissé très septique. Et un passage de la fin me pose problème : il dit à l'employé de mairie où il va chercher sa nouvelle carte : « Mais je peux vous dire que plus jamais, de ma vie, mais alors jamais, je ne demanderai à avoir une carte d'identité, parce que le pays dans lequel j'ai grandi n'existe plus. » l'employé : « je suis bien d'accord avec vous »
    Son interprétation de la réponse, me laisse confuse : elle peut prendre l'un ou l'autre sens et alors quoi cette France est elle si mal lotie ????
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 20 juillet 2011
    Cette mésaventure administrative est l'occasion pour Michka Assayas de revenir sur ses origines (on admirera ainsi quelques pages formidables sur son père, qui fut scénariste de Claude Autant-Lara et de René Clair, sous le pseudonyme de Jacques Rémy) et sur sa génération, désespérément en quête de repères
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 16 juin 2011
    Avec un saisissant mélange d'émotion et d'humour, une manière originale et personnelle de mélanger le récit et le pamphlet, il s'interroge sur son identité, mais aussi sur la France cosmopolite où il a grandi. Un pays qui n'existe plus.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Kanelbulle, le 21 octobre 2011

    Oui, j'ai été lâche. La peur de l'autorité, d'attirer l'attention sur moi, la trouille que, à l'arrivée, un éclat de ma part ne compromette ma situation et ne m'empêche d'obtenir le simple droit de voyager, qui m'a été limité pendant un an. Et, oui, je le confirme aussi, j'ai pensé à m'effacer. Pas à me tuer, non, mais à partir. Émigrer, je ne sais où. Et j'y pense encore. En tout cas, une chose est claire : jamais, jusqu'à ma mort, je ne me considérerai comme un citoyen ordinaire en France, parce que je sais que ce n'est pas vrai, et que ce ne le sera plus jamais.
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  • Par chartel, le 18 juin 2011

    J’appartiens à une génération qui n’en est pas une. Qui n’a pas eu le sens du collectif […]. Cela s’est accompagné d’un remords et d’un malaise […], et d’une croyance en la "communication", devenue, de fait, la religion de ceux qui n’en ont pas.
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  • Par chartel, le 18 juin 2011

    On ne cherche à comprendre et expliquer que ce qu’on a cessé de vivre. C’est d’ailleurs pour ça que les historiens existent.
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  • Par chartel, le 18 juin 2011

    J’ai bien compris que pour les écrivains, comme pour tout le monde aujourd’hui, seul le marché existe.
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