ISBN : 207077614X
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.41/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Les tableaux qui racontent leur vie, qui racontent ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent au gré des pièces où on les accroche, au gré des époques qu’ils traversent et des vicissitudes que doivent subir leur propriétaire, ça ne court pas les rues. C’est ce parti pris f... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Titine75, le 11 mars 2010

    Titine75
    J'ai reçu “Le portrait” de Pierre Assouline dans le cadre du swap “Un livre, un peintre” grâce à la gentillesse de Karine. L'idée de départ de ce livre est très originale.
    La baronne Betty de Rothschild meurt le 1er septembre 1886 et son esprit passe dans Le portrait que fait d'elle Ingres entre 1844 et 1848. C'est alors Le portrait qui nous parle et nous raconte l'histoire de cette dynastie de banquiers jusqu'en 2007. Les titres des chapitres correspondent aux différentes demeures “habitées” par Le portrait : rue Laffitte, rue Saint-Florentin, au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein, au Louvre et à l'Hôtel Lambert. le roman de Pierre Assouline est extrêmement documenté et nous promène dans l'Histoire de France, l'histoire des Rothschild et l'histoire culturelle.
    Betty de Rothschild et son portrait traversent la grande histoire : 1848 qui supprime la Monarchie de Juillet et met en place la deuxième République, la venue au pouvoir de Napoléon III, la commune de 1871, l'affaire Dreyfus, toutes les révoltes et les changements du XIXème sont évoqués. La première guerre mondiale achève de transformer le monde qu'a connu Betty. “Houle de souvenirs, vase de la mémoire. Un étrange sentiment m'envahit jusqu'à me hanter la nuit, la conviction qu'un monde s'achève et que l'inconnu nous guette. Je le perçois à un signe infime, à une note très personnelle surgie de la coulée des siècles, le souvenir d'une image qui me renvoie au regret d'un instant ; une douce nostalgie m'étreint alors, cette affection si particulière que l'on nomme la fièvre des feuilles mortes.” Avant de connaître enfin un monde de paix, Le portrait de Betty connaîtra l'infamie, la spoliation des biens de la famille Rothschild par les nazis. Famille de collectionneurs, les Rothschild étaient la cible rêvée pour Hitler qui de longue date avait repéré leurs différentes propriétés en France. Fort heureusement, Le portrait de Betty traverse cette période tourmentée pour revenir indemne.
    A travers les siècles, se construit la dynastie Rothschild. Betty nous donne toute la généalogie de cette famille ambitieuse. le fondateur était déjà un fils de banquier et il s'appelait Meyer. C'est grâce à une enseigne placée au-dessus du ghetto de Francfort qu'il transforma son nom en baron von Roten Schild puis von Rothschild. Betty épousa son oncle James et tous deux fondèrent la branche française de la famille. Il était préférable de rester entre Rothschild, la confiance et la solidarité allaient alors de soi. Ils établirent un véritable code de conduite pour la pérennité de leurs affaires. “S'il est une valeur, une seule, qu'il (James) voulut transmettre à ses héritiers, c'est bien celle-là, la solidarité au sein d'une famille envisagée comme un réseau. De la dispersion elle a fait un ciment : cinq frères dans cinq capitales associés dans des participations croisées et des décisions collectives. De l'humilité, une règle intangible.” La discrétion fait également partie des qualités nécessaires à un Rothschild. La dynastie a réussi sans fracas ni scandale.
    James Rothschild était un immense collectionneur et sa femme tenait un salon réputé. Cela nous permet de croiser de grands artistes comme Balzac, Offenbach, Chopin, Heine ou les frères Goncourt. Certains côtoient les Rothschild par amitié, d'autres par ambition. Ingres est bien entendu très présent, Betty nous expliquant par le menu la genèse de son portrait. L'exposition du tableau à notre époque nous permet de croiser d'autres personnalités comme Henri Cartier-Bresson ou l'immense Daniel Arasse.
    Malgré une écriture fluide et plaisante, j'ai eu du mal à entrer dans le roman de Pierre Assouline. J'ai trouvé les premières parties laborieuses, les très nombreuses anecdotes m'ont un peu perdue. J'ai préféré l'histoire moderne du tableau, de la seconde guerre mondiale à nos jours. Il reste que l'idée de départ est fort séduisante et qu'au final le voyage dans le temps proposé par Pierre Assouline n'est pas désagréable.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par MissAlfie, le 16 avril 2012

    MissAlfie
    Si un portrait pouvait parler, que nosu raconterait-il ? Bien des secrets et des confidences... Qui pourrait bien imaginer que ce grand tableau devant lequel on tient conseil va un jour nous livrer ses mystères ?
    L'occasion de revisiter de manière originale l'histoire d'une famille et d'un pays.
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  • Par Pchabannes, le 29 avril 2009

    Pchabannes
    Et si un tableau pouvait parler ? Pierre Assouline, d'une écriture fluide, cultivée, retenue, nous fait vivre dans l'intimité du tableau de Betty de Rothschild. Nous voilà au XIX ème siècle entourés des écrivains, des musiciens, des politiques, de ceux qui fabriquent l'opinion. Ingres ou Balzac viennent à notre table.
    Quels délices !
    La Famille a connu successivement quelques génies qui surent construire les Maisons Rothschild – Concordia Integritas Industria- d'Angleterre, d'Allemagne, de France et d'Italie. Les conditions de cette construction avec le repli sur soi, les mariages entre cousins, le génie de James, tracent en filigrane les limites du modèle.
    Le XIX ème siècle et les riches. Comme l'on a put en avoir un angle de vue dans Métamorphose d'un mariage de Sandor Marai, la Jet-set d'aujourd'hui avec sa vulgarité est à mille lieues des fêtes princières de 3 à 4 000 invités, données en plein Paris trois ou quatre fois par semaine, royaume de l'esprit de répartie où la mort sociale est au bout d'un trait.
    L'histoire de cette grande famille, la seule famille juive noble en Europe, Ad Majorem Rotshildi Gloriam, est aussi l'Histoire de notre Europe avec, tout en retenue, sans malthusianisme, l'antijudaïsme, l'antisémitisme du XIX ème vécu de l'intérieur, à la table des Rothschild mais aussi celle de la fin de la Culture, élitiste peut-être, pour laisser place à la culture démocratisée. Je partage avec Betty que le XIX ème siècle fut le dernier souffle de la Culture aujourd'hui rabaissée à un commerce sans génie.
    C'est un très beau livre que je recommande aux amoureux du XIX ème siècle, de l'Histoire, de la Culture.
    Gallimard, 19€, 330 pages
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  • Par liliba, le 11 avril 2009

    liliba
    Si les tableaux pouvaient parler, s'ils avaient une âme, une vie propre, nous pourrions grâce à leur témoignage, leurs confidences découvrir ce que fut leur vie et celle de leur époque, vivre en même temps qu'eux certains passages de l'histoire, connaître leurs secrets...
    C'est que qu'a imaginé Pierre Assouline dans cette biographie originale et passionnante. le tableau superbe de la baronne Betty de Rothschild, peint par Ingres en 1848 nous emmène, par les souvenirs du modèle, à travers Paris et même dans le monde entier : au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein où Hitler entrepose les tableaux pillés par Goering pour son futur musée, aux cimaises de New York et de Londres où il sera exposé... Nous découvrons donc à travers les yeux de Betty l'histoire de cette famille peu commune, ainsi que l'histoire du tableau et ses vicissitudes.
    Betty de Rothschild fut le pilier de l'une des familles les plus illustres en Europe depuis le XIXe siècle, par sa puissance financière ainsi que par sa passion des arts. Elle tint salon, reçu à sa table Chopin, Heine, Rossini, Balzac et bien d'autres encore, organisa les bals les plus courus de la capitale et tint son rang dans les milieux des Lettres, de l'art et de la politique, bien qu'elle fut souvent critiquée, jalousée, insultée par une partie de la noblesse ou de la bourgeoisie de l'époque, par antisémitisme, méchanceté ou bêtise.
    La forme originale de cette biographie permet une lecture fluide et maintient un intérêt constant du lecteur, doublement intéressé par le sort du modèle et celui du tableau. Nous rentrons dans les pensées, dans le coeur de Betty de Rothschild et ce qui aurait pu être une leçon d'histoire barbante devient un roman passionnant de bout en bout (mis à part vers le milieu un chapitre traitant de la dynastie financière, dans lequel abondent les noms des personnes gravitant autour de cette famille, les chiffres, les possessions).
    Une lecture intéressante !


    Lien : http://liliba.canalblog.com
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    • Livres 5.00/5
    Par wictoria, le 27 septembre 2008

    wictoria
    L'histoire :
    Ce roman est une fiction sous la forme d'un journal posthume, celui que Betty de Rothschild aurait pu écrire à partir du 1er septembre 1886, jour de sa mort.
    Betty se découvre alors "consciente", mais incarnée dans son portrait, dans le château de famille de Boulogne.
    Sereine, elle va alors subir des changements de résidence, se replongeant dans ses souvenirs et évoquant les personnages de son époque et de son entourage, amis, famille, relations de societé.
    Ses observations, de même certains évènements rapportés par des tiers devant elle, donnent à ses réflexions une nouvelle dimension : la connaissance passive. Les vivants sont réduits à de simples silhouettes, car c'est elle est le personnage central de chaque tableau, fragile témoin muet d'une certaine et riche histoire, sans faire de jeux de mots...
    Lire la suite ici (avis, photos etc...) :
    http://bettyderothschild.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 27 septembre 2008

    L'autre jour, alors qu'il recevait un écrivain qui s'est bizarrement mis en tête de voir ce que mes yeux ont vu, je l'ai entendu lui confier :
    "Ce temps est révolu et ce n'est pas sans mal. La seule nostalgie qui m'anime est celle du Ferrières de mon enfance, une image toute de légèreté, d'insouscience et de bonheur dans un décor féerique. Le passé est le passé, les traditions doivent être adaptées."
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  • Par Pchabannes, le 29 avril 2009

    Le thé matinal chez cousin Ferdinand en Angleterre

    ‘’Au lever, après avoir tiré les lourds rideaux, un valet engageait la journée en ces termes
    - Thé, café, chocolat ou cacao, madame la Baronne.
    - Du thé.
    - Bien, madame. Souchong, Assam ou Ceylan.
    - Souchong.
    - Bien, madame. Lait, crème ou citron.
    - Lait, bien sur.
    - Bien, madame. Jersey, Hereford ou Brévicorne.
    Là, il me fallait rendre les armes à l’Angleterre faite vache.’’
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  • Par luocine, le 10 août 2009

    . ne pas oublier que les gens ne vous pardonneront jamais le bien que vous leur avez fait. C'est là une constante de la loi d'ingratitude... Un bienfait ne reste jamais impuni
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  • Par luocine, le 10 août 2009

    elle lui lança "Monsieur vous êtes ivre" qui se voulait cinglant, à quoi il répliqua aussitôt d'un ton placide : "et vous madame, vous êtes laide, mais moi au moins demain je serai sobre"
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  • Par Pchabannes, le 29 avril 2009

    Les fêtes
    ‘’Ces petites fêtes ont une âme quand les grands dîners n’ont que de l’esprit.’’

    Les quémandeurs
    ‘’une dimension essentielle de la condition de riche leur échappe encore : les devoirs qu’elle impose.Il nous faut en permanence la relever ; c'est-à-dire dispenser notre générosité autour de nous en entretenant des obligés. Encore faut-il mettre une précaution, si l’on ne veut pas aller au-devant de graves désillusions: les gens ne vous pardonnent jamais le bien que vous leur avez fait.’’
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