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C’est à partir du tableau d’Ingres peint en 1840 « la baronne Betty de Rothschild » que l’auteur dresse le portrait de cette famille et du tableau qui passa d’hôtels particuliers en châteaux.
L’originalité de ce roman réside dans le fait que c’est le tableau, témoin d’une époque, qui raconte.
Si vous voulez tout savoir sur les Rothschild, lisez vite ce livre.
Et si un tableau pouvait parler ? Pierre Assouline, d’une écriture fluide, cultivée, retenue, nous fait vivre dans l’intimité du tableau de Betty de Rothschild. Nous voilà au XIX ème siècle entourés des écrivains, des musiciens, des politiques, de ceux qui fabriquent l’opinion. Ingres ou Balzac viennent à notre table.
Quels délices !
La Famille a connu successivement quelques génies qui surent construire les Maisons Rothschild – Concordia Integritas Industria- d’Angleterre, d’Allemagne, de France et d’Italie. Les conditions de cette construction avec le repli sur soi, les mariages entre cousins, le génie de James, tracent en filigrane les limites du modèle.
Le XIX ème siècle et les riches. Comme l’on a put en avoir un angle de vue dans Métamorphose d’un mariage de Sandor Marai, la Jet-set d’aujourd’hui avec sa vulgarité est à mille lieues des fêtes princières de 3 à 4 000 invités, données en plein Paris trois ou quatre fois par semaine, royaume de l’esprit de répartie où la mort sociale est au bout d’un trait.
L’histoire de cette grande famille, la seule famille juive noble en Europe, Ad Majorem Rotshildi Gloriam, est aussi l’Histoire de notre Europe avec, tout en retenue, sans malthusianisme, l’antijudaïsme, l’antisémitisme du XIX ème vécu de l’intérieur, à la table des Rothschild mais aussi celle de la fin de la Culture, élitiste peut-être, pour laisser place à la culture démocratisée. Je partage avec Betty que le XIX ème siècle fut le dernier souffle de la Culture aujourd’hui rabaissée à un commerce sans génie.
C’est un très beau livre que je recommande aux amoureux du XIX ème siècle, de l’Histoire, de la Culture.
Gallimard, 19€, 330 pages
L'auteur nous fait découvrir la famille de Rothshild à travers le portrait de la baronne Betty peint par Ingres en 1848 .
C'est l'occasion pour l'auteur-historien de nous refaire revivre une époque et aussi témoigner de l'antisémitisme français.
Il s'amuse aussi à faire des bons mots et à répéter ceux qui ont fait sourire le tout-Paris de cette époque.
Je n'ai pas trop aimé le livre mais il faut avouer que je n'ai que peu d'intérêt pour la famille de Rothshild.
Si les tableaux pouvaient parler, s'ils avaient une âme, une vie propre, nous pourrions grâce à leur témoignage, leurs confidences découvrir ce que fut leur vie et celle de leur époque, vivre en même temps qu'eux certains passages de l'histoire, connaître leurs secrets...
C'est que qu'a imaginé Pierre Assouline dans cette biographie originale et passionnante. Le tableau superbe de la baronne Betty de Rothschild, peint par Ingres en 1848 nous emmène, par les souvenirs du modèle, à travers Paris et même dans le monde entier : au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein où Hitler entrepose les tableaux pillés par Goering pour son futur musée, aux cimaises de New York et de Londres où il sera exposé... Nous découvrons donc à travers les yeux de Betty l'histoire de cette famille peu commune, ainsi que l'histoire du tableau et ses vicissitudes.
Betty de Rothschild fut le pilier de l’une des familles les plus illustres en Europe depuis le XIXe siècle, par sa puissance financière ainsi que par sa passion des arts. Elle tint salon, reçu à sa table Chopin, Heine, Rossini, Balzac et bien d'autres encore, organisa les bals les plus courus de la capitale et tint son rang dans les milieux des Lettres, de l'art et de la politique, bien qu'elle fut souvent critiquée, jalousée, insultée par une partie de la noblesse ou de la bourgeoisie de l'époque, par antisémitisme, méchanceté ou bêtise.
La forme originale de cette biographie permet une lecture fluide et maintient un intérêt constant du lecteur, doublement intéressé par le sort du modèle et celui du tableau. Nous rentrons dans les pensées, dans le coeur de Betty de Rothschild et ce qui aurait pu être une leçon d'histoire barbante devient un roman passionnant de bout en bout (mis à part vers le milieu un chapitre traitant de la dynastie financière, dans lequel abondent les noms des personnes gravitant autour de cette famille, les chiffres, les possessions).
Une lecture intéressante !
Lien : http://liliba.canalblog.com
L'histoire :
Ce roman est une fiction sous la forme d'un journal posthume, celui que Betty de Rothschild aurait pu écrire à partir du 1er septembre 1886, jour de sa mort.
Betty se découvre alors "consciente", mais incarnée dans son portrait, dans le château de famille de Boulogne.
Sereine, elle va alors subir des changements de résidence, se replongeant dans ses souvenirs et évoquant les personnages de son époque et de son entourage, amis, famille, relations de societé.
Ses observations, de même certains évènements rapportés par des tiers devant elle, donnent à ses réflexions une nouvelle dimension : la connaissance passive. Les vivants sont réduits à de simples silhouettes, car c'est elle est le personnage central de chaque tableau, fragile témoin muet d'une certaine et riche histoire, sans faire de jeux de mots...
Lire la suite ici (avis, photos etc...) :
http://bettyderothschild.blogspot.com/