ISBN : 9782070125395
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Job est l'un des personnages les plus fascinants et énigmatiques de la Bible. Couché nu sur un tas de cendres, couvert de blessures, privé des siens et dépossédé de ses biens, il est le symbole de l'homme arbitrairement condamné qui affronte seul la justice divine.
> voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 21 décembre 2011

    ivredelivres
    Tout le monde connait Pierre Assouline, son blog, ses critiques, ses livres. Je ne suis pas une inconditionnelle, si j'aime ses biographies je n'apprécie pas vraiment ses romans, venant de terminer le livre de Meir Shalev j'ai enchainé avec Vies de Job c'est tout le plaisir des ricochets dans les lectures.

    En choisissant la forme du roman Pierre Assouline s'offre La liberté totale, il ne fait ici ni oeuvre d'historien, ni de philosophe, mais oeuvre d'homme pour qui Job aujourd'hui est une figure obsédante et universelle. Partons sur les traces de Job, un peu partout dans le monde, dans la littérature, la peinture ou le théâtre.
    Parlons d'abord du livre de Job lui-même, vous le trouverez dans toutes les bonnes Bibles, un livre assez court et qui hante énormément de lecteurs, croyants ou non : Julien Green le portait en permanence sur lui dans un petit exemplaire relié nous dit Pierre Assouline.
    Job c'est l'homme dépossédé de tout : ses enfants, son troupeau et tous ses biens. Il est atteint dans sa chair même et se retrouve seul sur un tas de cendres. Il survit, il résiste et cherche à comprendre.
    C'est un juste souffrant, "il est droit de coeur, intègre craignant-Dieu " et pourtant il se débat dans la nuit et la solitude, il ne comprend pas où est sa faute, il exige des explications !
    Cette histoire, cette parabole qui hante l'auteur va entraîner celui-ci à la recherche de Job, pour s'en approcher au plus près car Pierre Assouline a la conviction que cet homme qui n'a jamais existé, cet homme est toujours vivant parce que son influence est toujours présente et qu'aujourd'hui encore il aide les gens à survivre.
    La recherche est celle d'un journaliste, une véritable enquête qui le conduit auprès des exégètes, des chercheurs, des théologiens, chrétiens ou juifs. Il va comparer des textes, comparer les traductions et tirer patiemment le fil de ce livre qui est sans doute antérieur à la Bible car on en trouve trace dans des textes mésopotamiens et même indiens.
    Il va faire un séjour dans un monastère, fouiller la bibliothèque de l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et interroger les érudits qui « lisent la Torah mieux que bien des juifs »
    Son enquête autour de ce « un craignant-Dieu » le porte vers la philosophie et par exemple le thème de la souffrance développé par Marcel Conche dans Orientation philosophique. Mais il va aussi inviter à une promenade littéraire parmi ceux que le livre de Job a inspiré ou questionné : Kafka, Camus, Unamuno...
    Roman ou bien sûr car Assouline s'accorde une grande liberté de cheminement qui laisse parfois la place à un livre très personnel qui le dévoile avec pudeur et émotion
    « La mort de mon frère m'a éloigné de Dieu, celle de mon père m'en a rapproché »
    Le témoignage de sa présence auprès de François Nourissier dans les dernières semaines de sa vie ou de ses échanges avec Carlos Fuentes qui a vu mourir ses deux enfants ou cette cette confidence qu'il livre : pendant un an et trois fois par jour Pierre Assouline a récité le kadish pour son père disparu.
    C'est ce mélange qui m'a rendu ce livre très proche, je l'ai trouvé grave et intense, les digressions aidant à ne pas s'appesantir. Job fait déormais partie de la " famille de papier " de l'auteur et de la mienne.
    C'est un livre auquel je reviendrai moi l'incroyante absolue, parce que c'est un livre qui touche tous les hommes bien au-delà de leurs croyances ou de leur appartenance à une religion.









































































    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/12/11/vies-de-j..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par aranzueque-arrieta, le 01 mai 2012

    aranzueque-arrieta
    Vies de Job
    Pierre Assouline
    Gallimard

    Vies de Job est un bien curieux livre, une œuvre à part comme on en lit peu souvent.
    Le biographe Pierre Assouline mène une enquête pointilleuse sur le personnage du Livre de Job.
    Rappelons rapidement l'argument du livre de l'Ancien Testament pour ceux qui n'ont pas lu l'original.
    Job, un riche patriarche pieux et vertueux à qui tout sourit, est le favori de Dieu. Satan demande l'autorisation au Très-Haut de mettre à l'épreuve son protégé pour lui prouver que Job se détournera de lui après avoir subi mille et une épreuves. le cobaye perd notamment ses enfants, devient pauvre, malade, souffrant. Dieu gagne son pari et Job récupère la santé et l'argent, mais non les morts causés par les caprices de ces célestes messieurs.
    Comment écrire une biographie de Job? de qui parle-t-on d'ailleurs, du personnage, de la personne, de l'auteur du fameux livre ? A-t-il réellement existé ? Qu'écrire, la biographie d'une idée, d'un principe, d'un mythe, d'une absence ?
    Entrer dans la vie de Job, c'est se perdre à jamais dans un labyrinthe borgien.
    Quel Livre de Job faut-il choisir ? Quelle traduction ? Les spécialistes, les sémiologues, les traducteurs, les « excavateurs » (ainsi les appelle l'auteur) se contredisent et se disputent des mots ou des expressions à coup de sèmes qu'ils se lancent en hébreux ancien, en arabe ancien ou classique, en qumrânien, en latin, en grec, en araméen... la liste est longue, longue, longue.
    Comment interpréter le texte ? D'un point du vue juif, chrétien, musulman, marxiste, psychanalytique ?
    Assouline tente de ne pas rentrer dans ces polémiques, il se sert de ce qui existe déjà, le « Job universel », celui qui vit dans la Littérature (de l'Ancien Testament à Céline, en passant par Hugo, Célan ou Lévi), dans l'histoire de l'art (les représentations de La Tour, de Bonnat.. il est souvent peint sur un tas de fumier) et même dans la publicité; l'auteur fait référence à une campagne vantant les mérites du « Book of Jobs » en référence à l'i-Pad de Steve Jobs.
    Assouline, à travers un incroyable travail de recherche, a traqué les différentes références faites au personnage biblique, en allant d'Israël en Inde, en passant par l'Italie ou l'Amérique. Tous les chemins qu'il emprunte, qu'ils soient physiques, intellectuels ou spirituels, le mènent à Job.
    Il consacre aussi une partie de ce « roman », aux nouveaux Job, ceux qui ont vécu tout comme le patriarche des épreuves horribles. Fatalement, la Shoah est mentionnée. Que fait-on de ces millions de juifs (essentiellement) exterminés, sans rédemption possible.
    A la fin du Livre de Job, Dieu lui redonne fortune et santé, mais qu'en est-il des six millions de juifs éradiqués ? Que leur a-t-on rendu ? Rien, à peine quelques cendres et un nom gravé sur les plaques des différents monuments dédiés à la Mémoire de Holocauste. Comment réparer l'irréparable ?
    Et Dieu dans tout ça, nous interroge Assouline, qui se déclare croyant.
    Est-il acceptable son pari avec Satan ? Quel est le sens de la souffrance et du mal dont est victime Job ?
    Les chrétiens pensent que Dieu veut élever Job par la souffrance, posture purement masochiste, mais tellement chrétienne. Les juifs voient la présence de Dieu dans la souffrance. Qui dit mieux ?
    Outre l'impressionnant tour d'horizon que propose Assouline (en plus d'un témoignage intéressant concernant certaines étapes de sa vie) quant au Livre de Job (la boîte de Pandore est ouverte, débrouillez-vous !) le roman est intéressant dans la mesure où l'on suit le minutieux travail du biographe. C'est avant tout un livre qui montre comment l'auteur s'approprie du personnage sur lequel il travaille, comment il vit avec lui, de quelle façon Job le hante, l'habite.
    Le mot de la fin revient à Pierre Assouline: Job est des nôtres, car sa vraie misère est la nôtre. Voilà de quoi mettre d'accord tout le monde, ou presque...

    FAA

    http://faranzuequearrieta.free.fr

    Lien : http://faranzuequearrieta.skyrock.com/2982883621-Vies-de-Job-de-Pier..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Cyberpresse , le 20 juin 2011
    Les Vies de Job dans ce journal d'un chercheur se lisent comme un roman et se digèrent lentement comme un long voyage agissant longtemps en nous.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse

> voir toutes (5)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Kanelbulle, le 21 juillet 2011

    Si les académiciens suédois avaient été moins coincés du col amidon, ils auraient attribué le premier prix Nobel de littérature à l'équipe qui a écrit la Bible. Une récompense collective, cela aurait eu de la gueule, même avec un peu de retard, même en 1901. On en parlerait encore, alors que les Stances et poèmes de Sully Prudhomme... Dieu aurait été consacré comme l'un des plus beaux personnages de la littérature universelle.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Kanelbulle, le 21 juillet 2011

    Il me fallait ce livre toutes affaires cessantes. La librairie Gallimard du boulevard Raspail me le commanda. Il m'attendait à mon retour. Je patientai quelque temps avant de l'ouvrir comme on le fait avec les livres dont on pressent qu'ils vont nous troubler durablement et qu'on veut mettre à l'abri de la vulgarité du monde. On s'en réserve la lecture pour lui épargner toute ambiance délétère.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 21 décembre 2011

    " On y trouve toutes les qualités du style ancien, la concision, la tendance à l'énigme, un tour énergique et comme frappé au marteau" Ernest Renan cité par Pierre Assouline
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 21 décembre 2011

    Ce livre que l'on garde autant qu'il nous garde, les juifs l'ont judaïsé, les chrétiens l'ont christianisé, les musulmans l'ont islamisé, les poètes l'ont poétisé
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 21 décembre 2011

    La mort de mon frère m’a éloigné de Dieu, celle de mon père m’en a rapproché
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (48)

Videos de Pierre Assouline

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Pierre Assouline


Pierre Assouline - L' Autodictionnaire Proust comme biographie et autobiographie de Marcel Proust
Pierre Assouline présente son nouvel ouvrage publié aux éditions Omnibus, L'autodictionnaire Proust et nous explique comment l'ouvrage fonctionne comme une biographie et une autobiographie de Marcel Proust.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Vies de Job par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz