> Christophe Mercier (Traducteur)

ISBN : 2702434657
Éditeur : Le Masque (2011)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

1921, San Francisco. Samuel (plus tard Dashiell, quand il commencera à écrire) Hammett, enquêteur pour Pinkerton, est chargé d’interroger les témoins de ce qui va être le grand procès du monde du cinéma : Roscoe ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Eskalion, le 04 mars 2011

    Eskalion
    L'Amérique des années vingt, des années folles. C'est dans ce monde insouciant pour lequel les fracas de la première guerre mondiale ne sont déjà plus que de lointains souvenirs, qu'Ace Atkins campe le décor de son dernier roman, tiré de faits véridiques, « Le Jardin du diable ». Une Amérique qui a pris conscience de sa puissance et qui place dans l'avenir une confiance absolue.
    Dans ce contexte le milieu cinématographique est en plein essor, qui offre au public des héros et des destins à travers lesquels les gens aiment à s'identifier. Admirés, vénérés, portés aux nus par leur public, les comédiens sont devenus pour certains d'entre eux de véritables demi-dieux.
    Mais dans cet univers de strass, de paillettes et de décors de carton-pâte, le scénario de la vie quant à lui, peut parfois prendre des chemins sinueux et mettre à nu les rois.
    Roscoe « Fatty » Arbuckle, star du cinéma muet, réalisateur et premier acteur américain à gagner plus d'un million de dollar par an au firmament de sa carrière, va en faire l'amère expérience.
    Adulé pour ses facéties d'acteur burlesque, introducteur au cinéma du célèbre gag de la tarte à la crème, usant de son énorme bedaine pour envoyer dans le décor ses adversaires à l'écran, Roscoe vit en pleine lumière, dans la gloire et la vie facile. Les gens l'aiment et il s'en délecte.
    Drainant dans son sillage une cohorte d'amis et d'admiratrices, il aime à organiser des soirées festives au cours desquelles l'alcool pourtant prohibée, coule à flot et où les participants aiment à se divertir au son du phonographe. C'est au cours de l'une d'entre elles que le destin de Roscoe va prendre la tournure d'un mauvais script dont il ne se remettra pas.
    En septembre 1921 Roscoe invite ses amis dans un hôtel de San Francisco. Une jeune actrice, Virginia Rappe, est de la fête. Tout se passe pour le mieux jusqu'au moment où celle-ci, sous l'effet de l'alcool, rentre dans une véritable crise d'hystérie, se roulant au sol, hurlant et s'arrachant les vêtements. Conduite et allongée dans une chambre louée par Roscoe, elle sera finalement hospitalisée, et agonisera pendant trois jours avant de s'éteindre. Elle avait 26 ans.
    Des accusations très graves vont alors être portées à l'encontre de Roscoe que l'on va accuser d'avoir violé la victime avec un objet avant de l'écraser de son corps, provoquant l'éclatement de ses organes .
    Il n'en faudra pas plus pour que ne démarre le plus grand scandale qui allait toucher le cinéma américain de ce début de XX siècle.
    Dans cette vindicte générale qui se déchaine alors contre Roscoe, jeté en pâture à la presse et à la colère de la foule qui maintenant lui crache au visage, un homme essaye de démêler les fils de cette histoire qui ne semble pas aussi limpide qu'elle n'en a l'air.
    Naviguant dans les eaux troubles de cette affaire où la vérité semble insaisissable au milieu des faux témoignages, des preuves bidouillées, des témoins envolés, il s'efforcera d'apporter les éléments nécessaires à la défense de Roscoe.
    Cet homme c'est Samuel Hammett, détective privé de la célèbre agence Parkinton qui l'emploie. Il n'a pas encore délaissé son arme au profit de la plume pour se muer en père fondateur du roman noir qu'il deviendra quelques années plus tard avec ses premières œuvres.
    A travers ce drame et le barnum médiatique qui s'en est suivi, Ace ATKINS nous dresse le portrait sans concession d'une société en trompe l'œil. Une société corsetée dans son puritanisme, sa pudibonderie et sa violence morale, dont la Prohibition n'est que le versant le plus visible.
    Mais une société où les plus nantis savent s'affranchir des lois et de l'ordre moral pour agir au gré de leurs intérêts, où la vie d'un syndicaliste ne vaut même pas le prix de la corde qui sert à le pendre, et où s'esquissent déjà les premières chasses aux sorcières qui prévaudront sous le maccarthysme.
    De cette société gangrénée, où la corruption est un art consommé, le futur Hammett Dashiell puisera l'inspiration de ses œuvres à venir, avec un réalisme remarquable.
    Au-delà du cas personnel de Roscoe « fatty » Arbuckle, ce procès marque aussi la fin d'une époque, celle d'un cinéma muet, populaire et burlesque et insouciant qui ne plaisait pas forcément à la bonne société, et qui laissera quelques années plus tard la place à un cinéma parlant beaucoup élitiste.
    Ce roman est publié au moment où l'on célèbre le cinquantième anniversaire de la mort d'Hammett Dashiell ! un joli clin d'oeil en forme d'hommage de la part d' Ace Atkins qui en fait le héros de son roman ! Un exercice plutôt réussi .



    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par Onclepaul, le 27 février 2011

    Onclepaul
    La prohibition, qui débute le 16 janvier 1920 suite au vote du 18ème amendement de la constitution américaine ratifié le 29 janvier 1919 et le Volstead Act du 28 octobre 1919, durera jusqu'en 1933, entraînant des effets pervers contraires à ce qui était souhaité. La vente d'alcool était interdite ce qui n'empêcha pas ceux qui en consommait de continuer à satisfaire leurs envies, leurs besoins, leurs dépendances. Si les ouvriers devaient se contenter d'alcool frelaté, les riches pouvaient se permettre des folies.
    C'est dans ce contexte que Roscoe Arbuckle, surnommé Fatty en raison de sa surcharge pondérale, vedette du cinéma muet, investit une suite de l'hôtel St. Francis de San Francisco en septembre 1921. Il est accompagné de ses deux meilleurs copains, de son chien Luke qui lui est si fidèle qu'il connait lui aussi les honneurs de films comiques, et d'une palanquée de jeunes femmes, starlettes, aventurières, hétaïres et courtisans. Pour cette petite fête en rien improvisée, il se fait livrer des caisses de gin et autres boissons alcoolisées en toute impunité. Qui dit fête et alcool dit tentative de copulation, rapprochement des corps libres consenti ou non. Et lorsque le drame arrive, tout le monde est éberlué. Les autorités s'invitent mais tous les témoins, encore sous le coup des effets délétères d'eau-de-vie de diverses provenances et ingurgitées à la bonne franquette, tout ce petit monde sait ce qu'il s'est passé tout en se contredisant. Virginia Rappe, jeune vedette de cinéma qui a enchainé les rôles sous la direction de son mari Henry Lherman, est retrouvée morte sur un lit dans l'une des chambres composant la suite. Apparemment elle aurait été écrasée par Fatty. Les circonstances de son décès sont obscures, chacun y allant de sa version. Elle aurait été violée, elle aurait ressenti de violentes douleurs abdominales, Fatty se serait amusé à lui glisser un glaçon dans son intimité, ou une bouteille de Coca, selon d'autres, en guise d'olisbos. Fatty se souvient de quelques-unes des phases érotiques mais pas de tout ce qui est avancé, et surtout il réfute la thèse de l'assassinat et surtout de sa participation dans la mort de Virginia Rappe. Néanmoins il est arrêté et traduit au tribunal.
    Samuel Hammett, qui lors de sa reconversion comme écrivain prendra l'alias de Dashiell, devenant pour certains Dash, peut-être en référence à la lessive puisque son travail de détective était de blanchir les clients de l'agence Pinkerton qui recourrait à ses services, Sam Hammett est chargé d'interroger les témoins du procès et de démêler le vrai du faux et vice versa. A cette époque Hammett est marié avec Jose, enceinte de ses œuvres, il fume malgré son handicap de tuberculeux cigarettes sur cigarettes, ne dédaigne pas ingurgiter de petits verres d'alcool. Ils vivent chichement : « Ils possédaient quatre assiettes, des couverts empruntés, la table et un lit escamotable qui se dépliait la nuit ».

    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par PierreF, le 01 mars 2011

    PierreF
    La première chose que je voulais vous dire, c'est que ça se lit bien, super bien, super vite, essentiellement parce qu'il y e peu d'action et beaucoup de dialogues. Et si le suspense de ce livre ne réside pas dans le guet-apens tendu à Fatty (on le sait dès les premières pages), il tient surtout dans le pourquoi. En effet, on se demande bien pourquoi on veut faire condamner cet acteur réalisateur, alors qu'il est adulé par les foules. Et je ne vous le dirai pas, bien sur.
    Ensuite, Ace Atkins nous montre les travers de la société américaine, la manipulation de la police, de la justice, la super puissance des journaux qui publient tous les ragots. Et au milieu de tout cela, on a la vie des années 20, avec tous ces gens qui rêvaient de rencontrer des stars, qui rêvaient de faire partie de ce monde plein d'argent, plein d'alcool, plein de drogues. Finalement, les gens ont peu évolué aujourd'hui.
    Une petite réserve toutefois, totalement personnelle. Alors que les derniers chapitres sont extraordinaires de sensibilité et d'émotion, je regrette finalement le parti pris de l'auteur d'avoir écrit tout son roman avec autant de distance et de retenue. du coup, cela me donne envie de ressortir Moi, Fatty de Jerry Stahl pour avoir un autre éclairage sur cette affaire édifiante.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-le-jardin-du-diable-de-ace-..
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    • Livres 5.00/5
    Par zembla, le 17 février 2011

    zembla
    Ce roman part d'une histoire vraie, celle de Rosco "Fatty" Arbuckle une star du cinéma muet qui en 1921 voit sa vie basculée. Il est soupçonné d'avoir tué accidentellement une jeune actrice lors d'une orgie. Il clame son innocence mais la presse s'empare de cette histoire et l'accable en faisant de lui un coupable aux yeux du monde entier. Sam Hammett , un privé de la célèbre agence Pinkerton, est chargé de prouver l'innocence de Roscoe en interrogeant les témoins. Et si tout ceci n'était qu'un coup monté ? Mais par qui et pourquoi ?
    C'est ce qu'on appelle un excellent livre. D'abord la reconstitution de l'Amérique des années 20 est tout simplement fantastique. On est plongé dans cette société où le puritanisme est de rigueur mais qui cache des moeurs dépravés et où l'argent a tous les droits. C'est aussi le temps de la prohibition où l'alcool est proscrit mais qui pourtant coule a flot dans certains milieux favorisés comme celui du cinéma. C'est une Amérique où les magistrats sont corrompus et où ils côtoient les mafieux. Mais au delà d'une formidable peinture de cet Amérique pourrie, c'est aussi une intrigue prenante rondement mené dans laquelle on croise des "guest stars" comme Charlie Chaplin. Les scènes du procès sont jouissives avec les coups bas portés par l'accusation et réparties de la défense.
    Pour ne rien gâcher, le livre est très bien écrit et le style vraiment plaisant a lire. Où finit la vraie histoire et où commence la fiction, mystère mais de toute façon l'intérêt n'est pas là.
    9/10, un coup de coeur pour un livre passionnant et instructif.

    Lien : http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/
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  • Par manoes, le 15 mars 2011

    manoes
    L'Amérique au temps de la Prohibition. le lecteur met ses pas dans ceux d'un détective malingre et souffreteux qui deviendra plus tard le grand Dashiell Hammett. Celui-ci suit de très près le procès du comique vedette de l'époque : Roscoe Arbuckle, célèbre sous le nom de Fatty...

    Lien : http://manoes.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par Onclepaul, le 27 février 2011

    Je ne fais pas confiance à un journaliste qui ne boit pas. Ça montre qu’il n’a pas d’encre dans le sang
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  • Par Onclepaul, le 27 février 2011

    Tes bagages ? Le seul bagage que tu aies jamais eu, c’est une culotte propre dans ton sac à main
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  • Par Onclepaul, le 27 février 2011

    Les deux hommes se regardèrent, comme un couple de bœufs qui observent la même génisse
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Vidéo de Ace Atkins

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Ace Atkins Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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