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ISBN : 2213631301
Éditeur : Fayard (2006)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.41/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jacques Attali raconte ici l'incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu'on peut l'imaginer à partir de tout ce que l'on sait de l'histoire et de la science. Il dévoile la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversemen... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par ygounin, le 28 septembre 2012

    ygounin
    Jacques Attali a rencontré, avec ce livre publié en 2006, un succès public et critique mérité.
    Faussement modeste, l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand nous livre sa « brève » histoire de l'avenir en quelques 400 pages dont la densité de contenu n'a paradoxalement d'égal que l'agrément qu'on prend à leur lecture.
    Cet essai prospectif se présente – et l'auteur le reconnaît volontiers – comme « l'approfondissement de thèses développées au fil d'essais et de romans précédents » (p. 24). C'est ainsi que son premier tiers est un rappel un peu ennuyeux de l'Histoire du monde depuis la Préhistoire à nos jours. A l'Ordre rituel puis à l'Ordre impérial a succédé l'Ordre marchand. Cet Ordre s'organise autour d'un « cœur » et Attali nous raconte, comme il l'avait déjà fait il y a près de vingt ans dans "Lignes d'horizon" comment neuf cœurs se sont succédés depuis le XIIIème siècle : Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York et enfin Los Angeles (en 1990, Attali croyait que le neuvième cœur s'installerait à Tokyo, mais le rebond de la puissance américaine, qu'on avait trop vite enterrée et les difficultés de l'archipel nippon le conduisent à relocaliser en Californie le « cœur » actuel).
    Les deux autres tiers du livre sont plus captivants. Ils nous parlent de l'avenir et de la vie que nous y mènerons avec une extrême clarté. Là est à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse de cet exercice de futurologie : il se résume avec trop de facilité pour espérer se réaliser avec une telle simplicité.
    Selon Jacques Attali, on assistera dans vingt ou trente ans au repli inéluctable de l'empire américain : « les Etats-Unis seront fatigués (…) Ils auront besoin de souffler, de s'occuper d'eux-mêmes, de restaurer leurs finances, de panser leurs blessures, d'améliorer le bien-être de leurs propres habitants. » (p. 231) Ce retrait laissera la place à un monde polycentrique que ne dominera plus aucun « cœur » : « le marché sera devenu assez puissant et le coût de l'échange de données assez faible pour que les membres de la classe créative n'aient plus besoin de vivre au même endroit pour diriger le monde » (p. 239).
    Les États s'affaibliront ; le marché s'auto-régulera. S'installera ainsi un hyperempire dominé par une caste d'hypernomades. Cet ordre aura ses laissés-pour-compte : l'immense classe moyenne des nomades virtuels et surtout le lumpenprolétariat des infranomades qui ne se satisferont pas du sort qui leur est réservé. Aussi à l'hyperempire succèdera un hyperconflit dont Attali n'exclut pas qu'il puisse conduire à l'anéantissement de l'humanité. Mais, dans un splendide dénouement dialectique qui ne dit pas son nom, Attali espère que les tensions de l'hyperempire puis de l'hyperconflit se résoudront dans l'avènement de l'hyperdémocratie, fondée sur un nouvel équilibre entre le marché et la démocratie.
    L'exercice brillantissime auquel se livre Jacques Attali ne saurait laisser indifférent. On aura tôt fait d'en critiquer tel ou tel aspect, de relever des raccourcis trop rapides, de dénoncer son parti pris hyper-libéral et un happy end qui contraste avec la noirceur du reste du scénario. On ne pourra s'empêcher de suspecter Attali de s'être rêvé en futurologue omniscient, en nouveau Hari Seldon, le héros du cycle "Fondation" d'Isaac Asimov, dont les prévisions si elles venaient à se réaliser le hisseraient au rang d'un Hegel ou d'un Einstein.
    Toutefois, qu'on soit ou non bluffé par autant d'assurance, qu'on aime plus ou moins "Brazil", 1984, "Blade Runner" ou "Les fils de l'homme" (de loin le meilleur film d'anticipation de ces dix dernières années) on trouvera dans les idées foisonnantes d'Attali matière à rêver (ou à cauchemarder ?) au monde de demain.
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    • Livres 1.00/5
    Par Donna22, le 22 juillet 2013

    Donna22
    On commence par une ennuyeuse histoire de l'Histoire, en remontant jusqu'au premier homme sur terre, puis on apprend que l'Ordre marchand a toujours connu un "coeur", c'est à dire une ville ou une région mettant à profit les nouvelles technologies pour développer un marché. Ce "coeur" a toujours été côtier et s'est toujours déplacé vers l'ouest : Bruges au 13ème siècle et Venise au 14ème siècle pour les produits agricoles et matériaux, Anvers au 16ème siècle pour l'imprimerie, Gênes au 16ème siècle pour la finance, Amsterdam au 17ème siècle pour l'invention du bateau flûte, Londres au 18ème siècle pour la machine à vapeur, Boston au 19ème siècle pour le pétrole et l'automobile, New York au 20ème siècle pour le moteur électrique utilisé en agriculture, en industrie et en automobile, puis Los Angeles depuis les années 80 pour ses "objets nomades" : téléphones, ordinateurs, baladeurs et tout ce qu'on doit aux NTIC.
    A propos des "objets nomades", Attali précise que c'est une "expression que j'ai introduite en 1985, bien avant que ces objets n'apparaissent, et qui, depuis lors, s'est installée dans de nombreuses langues". Modestie oblige.
    Ce récit du passé prend un tiers du bouquin. Certains diront que c'est un mal nécessaire pour "prédire l'avenir", mais, personnellement, je me serais bien passée de ce déballage simpliste et superficiel de faits racontés trop légèrement (l'histoire est bien plus complexe que ça !) et sans aucune mention de références : Attali trouve comme par magie tous les arguments dont il a besoin pour tirer dans ses "leçons pour l'avenir" des lois universelles régissant le monde. Il ne cite pas ses sources, ni dans le texte, ni en note de bas de page, ni en bibliographie. J'aurais pourtant aimé savoir de quelle source, même en 2006, il tient cette vérité selon laquelle le nucléaire et le pétrole sont des secteurs clés de l'avenir.
    Attali extrapole ses déductions au monde entier sans aucune considération des spécificités propres à chaque continent, pays, culture. Il prend des raccourcis monstrueux entre la cause et la conséquence et tire des "leçons à retenir" bien trop vite à partir d'arguments médiocres ou insuffisants. Illustration par le lien qu'il fait entre technologie, musique et sexualité en p.96 : "la pile électrique et le transistor rendent portables la radio et le tourne-disque. Révolution majeure car elles permettent au jeunes de danser hors des bals, donc hors de la présence des parents, libérant la sexualité, ouvrant à de toutes nouvelles musiques, du jazz au rock, annonçant l'entrée des jeunes dans l'univers de la consommation, du désir et de la révolte. Leçon pour l'avenir ; le lien entre technologie et sexualité structure la dynamique de l'Ordre marchand."
    Ensuite, les deux derniers tiers esquissent la fin du "coeur" d'aujourd'hui (Los Angeles), le déclin imminent du champion américain et le tableau du monde vers 2050 : un Hyperempire (marché mondial unique sans démocratie, sans Etats ni nations) puis un Hyperconflit (une 3ème guerre mondiale), et finalement, une Hyperdémocratie (un retour de l'équilibre entre démocratie et marché).
    Verdict : Hyperarnaque.
    Ces prévisions délirantes sous-entendent que l'avenir est une redite du passé, une fatalité, qu'il suit des tendances mondiales observées dans le passé, comme si l'histoire ne pouvait que se répéter, indépendamment de la volonté et de l'effort des populations.
    Attali prévoit l'avenir avec la certitude d'un actuaire en sciences exactes. Il n'émet pas d'hypothèses, il parle sans précaution d'un avenir certain. Quelle modestie ! D'ailleurs, il s'exprime au futur de l'indicatif, comme une voyante devant sa boule magique ...
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    • Livres 4.00/5
    Par bgn, le 05 octobre 2012

    bgn
    Dans son dernier livre, Une brève histoire de l'avenir, à la fois fascinant et dérangeant, Jacques Attali déroule l'histoire des soixante prochaines années du monde. Dans une brillante synthèse, historique, politique, sociale, économique, écologique, scientifique et technique.
    Le premier tiers du livre constitue une des plus étonnantes histoires «co-évolutive» des civilisations humaines jamais écrite: de l'ancienne Egypte aux dynasties chinoises, en passant par le Bassin méditerranéen, le Moyen Age européen, l'Inde ou le Moyen-Orient, il met en perspective les trois ordres qui conditionnent le développement des sociétés humaines: l'ordre rituel (religieux), l'ordre impérial (militaire) et l'ordre marchand (contrôle de l'économie). Etape par étape, il décrit l'implantation de la démocratie de marché, la naissance du capitalisme, la mondialisation, l'influence croissante d'Internet et des objets nomades dans les relations sociétales et dans les nouvelles formes de travail.
    Puis progressivement, il se projette dans un avenir de plus en plus inquiétant, marqué par ce qu'il appelle «l'hyperempire» (l'extension de la démocratie de marché, avec ses règles impitoyables, allant jusqu'à la marchandisation du temps et du corps), «l'hyperconflit», (le choc armé de politiques, de cultures, de religions, entre des Etats ou des groupes se déclarant incompatibles, en lutte pour le contrôle des flux financiers, de l'énergie ou de l'eau). Des groupes puissants représentés par les mafias, les cartels, les «entreprises pirates», les « criminels en col blanc », s'appuyant sur «l'hypersurveillance», au détriment des règles de base de la vie privée et de l'éthique de la vie en société. de ce champ de bataille réel et virtuel des prochaines années Jacques Attali fait émerger la lueur de l'espoir.
    Mais les bases de la construction de ce grand futur sont jetées: réseaux solidaires, démocratie participative, «entreprises relationnelles», ONG, micro-crédits, intelligence collective... Encore faudra-t-il qu'au-delà des luttes de pouvoir et de l'égoïsme de chacun, les hommes prennent conscience de leur communauté de destin avec une nouvelle forme de «sagesse» pour référence principale.
    Certes, on pourra dénoncer le caractère utopique, ou trop optimiste de cette vision à long terme. Certes, une collection de mots ne fait pas une politique globale, en particulier lorsque certains d'entre eux dénotent une certaine ambiguïté idéologique (comme «transhumanisme» ou «gouvernement mondial»). Mais pour ma part, je trouve très intéressant ces points de vues de l'avenir.
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    • Livres 3.00/5
    Par lecassin, le 30 mai 2012

    lecassin
    Peut-on considérer q' « Une brève histoire de l'avenir » est, en quelque sorte, le résumé de deux volumes précédents, le très bon « Lignes d'horizon » paru en 1990 – qui posait la question de la légitimité de la bipolarisation gauche-droite et celle du devenir du politique – et le non moins bon « La Voie humaine » – qui proposait la refondation de la social-démocratie ?
    Je ne sais pas… Je sais simplement que la lecture de ce pavé de plus de quatre cents pages s'entame sans peine, mais qu'au fil des chapitres, elle devient malaisée du fait des redites par rapport aux deux ouvrages précédemment cités ; notamment la notion de cœurs marchants évoluant vers une apogée puis immanquablement vers le déclin ; un concept que l'auteur nous sert en variations depuis un certain temps, et comme on le verra plus tard, qui sera décliné à l‘infini.
    Quand au titre « Une brève histoire de l'avenir », il faut bien admettre, qu'alléchant, il constitue plus qu'un habile oxymore, un abus de confiance : plus de la moitié du volume est en effet consacré à « l'histoire du passé », preuve s'il en était besoin que le passé est plus facile à décrire que l'avenir à prédire…
    Déçu.
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    • Livres 3.00/5
    Par EmmanuelFontaine, le 08 décembre 2014

    EmmanuelFontaine
    Très intéressant mais ce n'est pas une ballade optimiste. C'est à retirer l'envie de voir nos enfants grandir et leur inciter à ne pas en avoir. Malheureusement, les discussions récentes avec des personnalités politiques lui donnent raison quant au calendrier des événements qui s’enchaînent depuis sa date de parution en 2006 !!!. Il nous faut trouver le moyen de l'enrayer pour avoir un horizon plus radieux, mais c'est aune autre histoire.

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