ISBN : 2290347108
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
"Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction [...]. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets."

Dans un futur peut-être proche, da... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (24)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 26 février 2012

    LiliGalipette
    Dans un futur proche, les États-Unis ont basculé dans un régime policier et ultra-contrôlé : le pays est devenu la république de Giléad. Des accidents nucléaires ont pollué l'atmosphère et les corps. Nombreux sont ceux frappés de stérilité, mais selon la loi est claire à ce sujet : « Un homme stérile, ça n'existe plus, du moins officiellement. Il y a seulement des femmes qui sont fertiles et des femmes improductives, c'est la loi. » (p. 69) Ce nouvel ordre social est dominé par les hommes, mais il fait la part belle aux femmes capables de procréer. Elles sont les servantes, toutes vêtues de rouge et affectées au service d'un foyer influant pour leur donner un enfant. Jalousées et extrêmement surveillées, les servantes ont le privilège de la maternité et elles assument un rôle sacré, presque religieux, comme en témoignent leur robe aux allures moniales. « Maintenant elle sont protégées, elles peuvent accomplir leur destin biologique en paix. » (p. 246)
    Objet de tous les désirs, ces femmes ne se livrent pas à tous les hommes. Strictement offertes à des hommes méritants, souvent puissants, rien ne doit souiller leur corps ou leur fonction. « Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des concubines. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n'est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d'autre ; l'amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c'est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152) Elles forment un corps unique, une hydre au ventre aussi prodigieux que monstrueux : nul ne sait si l'enfant qui naîtra sera viable, mais chaque grossesse est une promesse qui fait de la servante le réceptacle temporaire d'un miracle.
    Parmi elles, Defred, « une sœur, trempée dans le sang » (p. 11), ne cesse de penser aux temps d'avant, pas si lointains, à l'époque où la liberté était une chose insouciante et à laquelle personne ne faisait vraiment attention. « Nous vivions comme d'habitude, en ignorant. Ignorer n'est pas la même chose que l'ignorance, il faut se donner la peine d'y arriver. » (p. 65) Defred pense à son époux et à sa fille, des êtres chers qui se dissolvent dans l'incertitude. Sont-ils morts ? Où sont-ils ? Vaut-il mieux ne pas savoir ? À ces souvenirs de bonheur perdu se mêlent ceux de la formation dans le centre rouge, là où elle a appris à devenir une servante. « Je suis devenue une ressource nationale » (p. 74), dit-elle : le nombre des naissances est en chute libre et la démographie est au cœur des enjeux belligérants de la nouvelle république.
    Le souvenir de son amie Moira la poursuit parfois : la jeune femme, même avant la république de Giléad, était un esprit libre et rebelle, jamais soumis. Mais on défend aux femmes de trop réfléchir. « Penser peut nuire à nos chances, et j'ai l'intention de durer. » (p. 10) Globalement docile, Defred a parfois des accès insurrectionnels : la seule liberté serait mourir. Mais le régime le sait et il prévient toutes les tentatives. Interdites de divertissements et avant tout de lecture, les servantes vivent dans la menace constante de la déportation dans les Colonies, auprès des Antifemmes, dans ces terres brûlées et toxiques où la mort est un châtiment avant d'être une délivrance. Impossible de savoir à qui faire confiance, il y a des espions partout. Avec une phrase qui fait rengaine dans son esprit, « Nolite te salopardes exterminorum », Defred essaie de grappiller quelques libertés, de minuscules espaces de rébellion.
    À mesure que se déroule le récit de Defred, et en dépit de certaines réticences, on comprend qu'elle se livre à un aveu honteux, presqu'un confiteor. « Je regrette qu'il y ait tant de souffrance dans cette histoire. Je regrette qu'elle soit en fragments, comme un corps pris sous un feu croisé ou écartelé de force. Mais je ne peux rien faire pour la changer. » (p. 297) Soumise malgré elle à la nouvelle religion austère qui domine la république, Defred sait ne pas pouvoir échapper à son rôle, ou alors au prix d'une inconcevable témérité.
    Ce roman rappelle sans aucun doute 1984 d'Orwell ou Brave New World d'Huxley. Rien d'étonnant à cela : la société se répartit entre Commandants, Épouses, Gardiens, Yeux, Servantes, Marthas, Anges, etc. Chacun a une fonction et une couleur. La transgression est interdite, traquée et impitoyablement châtiée. La science-fiction se fait discrète : quelques allusions à un système général de reconnaissance et de contrôle qui régit tout et chacun. Mais pas d'insémination : la reproduction se fait à l'ancienne, avec les méthodes naturelles, même si la cérémonie de l'accouplement revêt des dehors pour le moins étranges.
    Lisez avec attention les notes historiques qui concluent le récit de Defred. Oui, toute civilisation se passe et ce qui fait horreur aujourd'hui sera objet d'étude demain. Pour ma part, je ne peux que vous recommander cet excellent roman d'anticipation : son volet profondément social et féminin en fait un texte de mise en garde. Des femmes incubateurs ? On peut en rire, mais faisons attention…
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 22 mars 2012

    Missbouquin
    Dans un pays non identifié, en réponse à la baisse brutale de la fécondité des femmes, qui mettait en danger la survie de l'espèce humaine (liée à des accidents nucléaires), la société a connu un bouleversement majeur quelques années auparavant, qui a conduit une secte religieuse à prendre le pouvoir. Désormais, les femmes sont divisées entre les Epouses, qui n'ont qu'une fonction sociale, les Servantes, chargées de la reproduction, les Marthas, qui servent les autres. Les femmes qui ne se sont pas pliées à ces nouvelles règles sont envoyées dans les colonies ou dans des lieux de prostitution. Les relations personnelles homme/femme n'ont plus cours : “Notre fonction est la reproduction; nous ne sommes pas des concubines,des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n'est autorisée pour que fleurissent les désirs secrets.” Les femmes n'ont plus aucune liberté.
    Ce roman est transcrit sous la forme d'un récit, par une de ces “servantes” habillées de robes écarlates.
    “Je voudrais que cette histoire soit différente. Je voudrais qu'elle soit plus civilisée. Je voudrais qu'elle me montre sous un meilleur jour, sinon plus heureuse, au moins plus active, moins hésitante, moins distraite par des futilités. Je voudrais qu'elle ait plus de forme. Je voudrais qu'elle parle d'amour, ou d'illuminations soudaines importantes pour ma vie, ou même de couchers de soleil, d'oiseaux, d'ouragans ou de neige.”
    Ce que j'en ai pensé
    Car c'est un monde complètement fou que nous décrit Margaret Atwood dans ce dense roman; un pays qui fait froid dans le dos au fur et à mesure que l'on en apprend davantage, de la bouche même d'une “Servante écarlate”. Non seulement parce que l'auteur nous décrit un régime totalitaire et effroyable, mais aussi et surtout car la narratrice évoque à plusieurs reprises sa vie d'avant, tout à fait normale, 3 OU 4 années seulement auparavant, quand elle était mariée, travaillait et vivait avec sa petite fille. Bref, une société comme la nôtre, qui aurait dérivé.
    Au fur et à mesure, par un récit a posteriori, la narratrice nous décrit sa vie actuelle, avec de constants flash back sur son passé. On la voit évoluer peu à peu, se résigner à sa vie. On se demande d'ailleurs COMMENT elle peut s'y résigner.
    “Etait-ce ainsi que nous vivions alors ? mais nous vivions comme d'habitude. Comme tout le monde, la plupart du temps. Tout ce qui se passe est habituel. Même ceci est devenu habituel, maintenant.” Là est la clef : l'habitude, ce qui devient la normalité. Très rapidement.
    “Je cède mon corps, librement, à l'usage des autres. Ils peuvent faire de moi ce qu'ils veulent. Je suis abjecte. Je ressens, pour la première fois, leur véritable pouvoir.”
    La force de ce pouvoir qui s'étend et étouffe toute la société, ne laissant aucun choix à ses citoyens, est en effet la rapidité avec laquelle il a maîtrisé l'ensemble des mécanismes et a forcé le cours de l'histoire. Un retour aux valeurs traditionnelles auquel ils s'habituent tous. Ainsi quand la narratrice croise un groupe de touristes japonais, elle ne peut s'empêcher de remarquer : “Nous sommes fascinées, mais aussi dégoûtées. Elles paraissent déshabillées. Il a fallu si peu de temps pour changer notre façon de voir, pour ces choses.”
    L'amour a été anéanti, puisqu'il déchaînait des passions. le mariage a été détruit, sauf dans des cadres très stricts, car il créait des inégalités.Au point que les hommes semblent avoir oublié qu'il y avait autre chose avant.
    Ainsi, quand la narratrice évoque cette question, son chef lui demande :
    “Qu'avons-nous oublié ?
    - J'ai répondu : L'amour.
    - L'amour ? quelle sorte d'amour ?
    - Tomber amoureux”
    “Comme le savent tous les historiens, l'histoire est une immensité obscure, qui résonne d'échos. Des voix peuvent parvenir à nos oreilles mais ce qu'elles nous disent est prégnant de l'obscurité de la matrice d'où elles proviennent et, quels que soient nos efforts, nous ne pouvons pas toujours les déchiffrer avec précision à la lumière plus nette du jour d'aujourd'hui.”
    Un récit bouleversant, mais qui m'a laissé un peu froide, tellement j'ai été horrifiée, bouleversée par cette société. Une dystopie dérangeante, qui nous met face à des désirs secrets et aux pires côtés de l'homme.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/03/16/la-servante-ecarlate-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par sylvie, le 15 janvier 2009

    sylvie
    Il est très rare que je lise des romans d'anticipation, mais ce titre là me fait dire que je devrais le faire plus souvent, parce que ce domaine réserve des textes beaux et bouleversants qui éclairent d'une lumière intéressante notre monde d'aujourd'hui.
    La Servante écarlate fait partie de ceux là.
    Paru en 1985, il est devenu un classique du genre et comparé à 1984 de George Orwell.
    Bref, si vous ne l'avez pas encore lu, faites le, vous ne le regretterez pas.
    Margaret Atwood, écrivain québécoise féministe de grande renommée donne là une dystopie qui ne peut pas nous laisser indifférents.
    Elle imagine une théocratie : "la République de Giléad", en s'inspirant directement de la conception des puritains de la Nouvelle-Angleterre, pour qui l'Amérique est une nation élue.
    Ce courant de pensée prend le pouvoir en Amérique en s'appuyant sur un nouveau fléau s'abattant sur l'humanité : la stérilité.
    Suite à de multiples accidents écologiques l'espèce humaine craint pour sa pérennité et en Amérique, un pouvoir totalitaire s'installe pour la sauver.
    En un rien de temps, la démocratie est morte, l'état policier est en place avec son armée et ses espions de tous les instants.
    Les femmes n'ont plus de cartes de crédits, leurs comptes en banque sont détruits et elles perdent toutes leur job dans la foulée.
    Atterrées, certaines tentent la fuite, (vers le canada)..
    C'est le cas de l'héroïne narratrice de ce roman qui se décide à quitter le pays avec sa fille et son mari.
    Ils n'y arriveront pas, son compagnon sera tué ou blessé à la frontière, sa fille lui sera arrachée, et elle deviendra de force un membre de la caste des servantes.
    Les servantes sont celles qui doivent procréer au service de la classe dirigeante, composée des commandants et des épouses.
    Les Marthas sont au ménage et à la cuisine.
    Les déchus de leurs fonctions, les opposants et les contradicteurs sont considérés comme rebuts et envoyés dans les zones contaminées à haut risque pour le nettoyage des déchets.
    Dans ce monde clos et violent où pas un jour ne se passe sans une exécution capitale publique et qui est en guerre continue avec le reste du monde, Defred tente de dire et d'écrire le quotidien de sa vie d'esclave.
    Avec ce journal intime désespéré nous assistons à l'histoire d'une femme dépouillée de son identité et de sa dignité. Elle est réduite au rang "d'utérus sur pattes"et c'est au prix d'un travail de mémoire et d'écriture incessant qu'elle arrivera à ne pas tout à fait se perdre et même à s'échapper...
    Ce roman fascinant a pu paraître prophétique pour certains.
    Dans ses interviews Margaret Atwood rappelle qu'elle n'est pas visionnaire mais qu'elle fait un travail d'écriture et que tout ce qui est décrit dans son livre a déjà été fait ou écrit par des hommes sur terre.
    Ce livre est un condensé très noir de la condition féminine dans le monde et dans l'histoire, mais il est aussi porteur d'espoir.
    Les capacités de résistance, d'amour et de révolte semblent indéfectibles, jusque dans les situations les plus désespérées.
    des images et des liens sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/12/la-servante-carlate-marg..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 09 janvier 2012

    Luniver
    La servante écarlate nous emmène à Giléad, république qui s'est bâtie sur les ruines des USA. On sait peu de choses au début du roman sur ce qu'il s'est passé exactement, les explications arrivent petit à petit au fil de l'histoire. On comprend juste que la république est en fait une dictature, et que la société est divisée en castes : chez les hommes, il y a les Commandants, et les Gardiens. Chez les femmes, les Martha, qui occupent les fonctions de domestiques, les Épouses, femmes officielles des Commandants, et les Servantes écarlates, dont le rôle est intimement lié à la reproduction. Les Yeux surveillent tout ce beau monde et vérifient que personne ne dévie du droit chemin.
    Une Servante, Defred, nous raconte son histoire : on alterne entre sa vie juste avant que la révolution ne se produise, sa formation (ou plutôt son endoctrinement) en tant que Servante, et sa mission actuelle auprès d'un Commandant. Les évènements se sont produits très rapidement : quelques années seulement séparent la dictature actuelle de l'ancienne démocratie.
    Ce livre me semble très proche du 1984 d'Orwell : l'ambiance est lourde, oppressante. On sent que le système est invincible, tout le monde a accepté de se soumettre aux nouvelles règles. La délation est omniprésente, le moindre écart est sanctionné. Defred ne cherche pas vraiment à se révolter contre sa situation, elle nous raconte sa vie avec une certaine résignation.
    La servante écarlate est un livre très sombre, mais captivant. Tous les éléments présents dans la doctrine de la République de Giléad ont déjà été appliqué dans L Histoire, mais jamais tous en même temps. Pour le moment.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 14 décembre 2011

    Beatrice64
    "Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n'est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d'autre ; l'amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c'est tout : vases sacrés, calices ambulants."
    Nous sommes dans un futur écologiquement dévasté, plus ou moins proche. Les Etats-Unis, devenus une dictature théocratique et phallocratique, sont en guerre. Dans cette nouvelle société (La République de Gilead), la femme est cantonnée à quelques rôles très encadrés : Epouse, Tante, Martha, Econofemme. Voire éliminée. le statut le plus précieux est celui de Servante Ecarlate, duquel relève Defred, qui raconte l'histoire. Elle est au service d'un Commandant, avec lequel tout contact lui est interdit, hormis la relation sexuelle rituelle qui doit lui permettre de procréer. Vêtue d'une tenue rouge qui la couvre entièrement, Defred ne peut ni lire, ni écrire, ni fumer, ni parler avec les autres. Tout sentiment est interdit, l'amour est totalement évacué des rapports humains, et peut être puni de mort.
    Le récit du quotidien terrifiant et étouffant de Defred est le sujet de ce livre, entrecoupé de souvenirs de sa vie d'avant, quand elle avait un mari, une fille, un prénom.
    Alors moi la science-fiction, les romans d'anticipation, c'est pas vraiment ma came, mais là, impossible d'arrêter. Comparé à 1984 (qui vole très haut dans mon panthéon personnel), dont il n'a pas l'ampleur et la force je trouve, La Servante écarlate, dans ce monologue angoissant, désespérant, en extrapolant à partir d'un questionnement essentiel (et contemporain) sur l'identité et la condition féminine, m'a vraiment captivée.
    Et du même coup m'a permis de découvrir Margaret Atwood, une femme écrivain talentueuse à la parole impeccable.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

> voir toutes (39)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LiliGalipette, le 28 février 2012

    « Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par Zazette97, le 04 février 2011

    Parfois je ne peux penser à moi-même, à mon corps, sans voir mon squelette : ce que je suis, vue par un électron. Un berceau de vie, fait d'os; et à l'intérieur dangers, protéines déformées, cristaux ratés, ébréchés comme du verre.
    Les femmes prenaient des médicaments, des pilules, les hommes aspergeaient les arbres, les vaches mangeaient l'herbe, toute cette pisse épicée a coulé dans les rivières. Sans parler des explosions d'usines atomiques, le long de la faille de San Andreas, sans défaillance humaine, au moment des tremblements de terre, et la souche mutante de syphilis, qu'aucune moisissure ne pouvait arrêter.
    Certaines l'ont fait elles-mêmes, se sont fait coudre hermétiquement au catgut, ou ravager avec des produits chimiques. Comment ont-elles pu disait Tante Lydia, oh, comment ont-elles pu faire une chose pareille? Jézabels ! Mépriser les dons de Dieu ! p.189
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par sentinelle, le 15 janvier 2009

    Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquées par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par sylvie, le 15 janvier 2009

    A quoi Dewarren va-t-elle donner naissance ? à un bébé comme nous l'espérons toutes ? Ou à autre chose, un non-bébé, avec une tête comme une tête d'épingle, ou un museau de chien, ou deux corps, ou un trou dans le cœur ou des mains et des pieds palmés. On ne peut pas le savoir. On le pouvait, jadis, avec des machines, mais c'est maintenant interdit. A quoi cela servira-t-il de savoir, de toute façon? On ne peut pas les faire passer; dans tous les cas il faut mener la chose à terme.
    Les chances sont d'une sur quatre, nous l'avons appris au centre. L'atmosphère est devenue saturée, un jour, de produits chimiques, rayons, radiations; l'eau grouillait de molécules toxiques, tout cela prend des années à se purifier.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Neigeline, le 27 septembre 2009

    La nuit tombe. Ou est tombée. Comment se fait-il que la nuit tombe au lieu de se lever, comme l'aube ? Et pourtant si l'on regarde vers l'Est, au coucher du soleil, on peut voir la nuit se lever, et non pas tomber, l'obscurité monter dans le ciel depuis l'horizon, comme un soleil noir, derrière une couverture de nuages. Comme la fumée d'un feu invisible, un trait de feu juste au-dessus de l'horizon, feu de brousse ou ville en flammes. Peut-être la nuit tombe-t-elle parce qu'elle est lourde, un épais rideau remonté par-dessus les yeux. Couverture de laine. J'aimerais y voir dans le noir, mieux que je ne le puis.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (14)

Videos de Margaret Atwood

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Margaret Atwood

La neurologie de la lecture.
Non sous-titré, non traduit.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Servante écarlate par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (145)

> voir plus

Quiz