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ISBN : 2290347108
Éditeur : J'ai Lu (2005)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 335 notes)
Résumé :
"Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction [...]. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets."

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
Hyelana
Hyelana10 mai 2016
  • Livres 3.00/5
Ce roman de science-fiction dystopique prend place dans un monde où les Etats-Unis sont passés sous la coupe d'un mouvement politico-religieux dans lequel les femmes sont "remises à leur juste place", c'est-à-dire dans les cuisines, ou bien comme épouses, ou même encore comme mères porteuses, pour faire face à la très forte baisse de natalité.
Notre personnage principal, Defred, est justement l'une de ces dernières, habillée tout de rouge, au même titre que toutes ses autres camarades, elle est une servante au service d'un Commandant et d'une Épouse. Son rôle : coucher avec le Commandant pour tomber enceinte et fournir un enfant à ses propriétaires.
Ce roman est un roman qui se lit très bien. Tout se passe du point de vue de Defred, au travers de laquelle on en apprend davantage sur ce nouvel environnement dans lequel elle se retrouve à vivre. On en apprend également quelque peu sur sa vie d'avant, avant que le gouvernement ne soit renversé au profit de ce mouvement radical.
L'histoire est agréable à lire, tout cela se lit un peu comme un documentaire qui au travers d'un témoignage nous montre ce qu'est la vie dans une autre période de notre histoire. Cela en fait sa qualité, mais aussi son défaut, car malheureusement il y a rarement des rebondissements dans un documentaire et c'est exactement ce que l'on retrouve ici. le récit manque de quelque chose, à mon goût, il est un peu plat. Cela est encore accentué par le fait qu'à part Defred, on en apprend très peu sur les autres personnages, chaque "catégorie" de personnage à un profil type, et tous les personnages d'une même catégorie se ressemblent, ce qui est certainement volontaire de la part de l'auteur, dans le sens où plus personne ne s'appartient plus, plus personne n'est unique, chacun est un rouage du système, donc il n'est plus nécessaire (voire plus recommandé) d'avoir de la personnalité.
En résumé, c'est un livre agréable à lire mais il ne nous transporte pas vraiment. C'est un peu un docu-fiction sur un thème qui n'est pas réel mais qui pourrait tout aussi bien le devenir, un jour, quelque part.
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LydiaB
LydiaB20 juin 2012
  • Livres 5.00/5

"Je veux un ventre !" s'était écrié Napoléon après son divorce d'avec Joséphine, cette dernière ne lui ayant pas donné l'héritier tant espéré. Vous allez me demander quel est le rapport avec ce roman de science-fiction. Il est bien là justement : la procréation. Margaret Atwood imagine une société américaine dans laquelle seule une certaine caste de femmes, les Servantes, auraient à donner la vie. Mères porteuses, elles sont attribuées à des couples en mal d'enfants et sont à la merci des Epouses (en bleu) et des Commandants. Nous sommes proches ici des romans d'Huxley et d'Orwell : hiérarchie, surveillance totale et constante (l'Oeil), société sous contrainte... Il s'agit du schéma type d'une contre-utopie mettant en scène l'absence d'espoir, de possibilité de changement. Atwood dénonce les dérives, notamment celles des régimes totalitaires. La déportation de celles qui faillissent à la règle n'est pas sans rappeler les heures sombres de notre histoire. S'ajoutent à ceci le rationnement, les différents codes, les tatouages sur les Servantes afin de les identifier, la propagande, les arrestations et les exécutions... Il serait bien difficile de ne pas y voir un lien. Mais le totalitarisme ne touche pas non plus que la politique. le puritanisme en prend aussi pour son grade si j'ose dire.

Defred fait partie de ces Servantes. C'est à travers elle que nous pouvons découvrir ce monde froid, hostile, où la peur a pris la place de la communication. Les sentiments n'ont pas leur place. La narratrice insiste sur le fait que si un seul grain de sable venait s'immiscer dans les rouages bien huilés de cette vie qui lui est donnée, ce serait la fin. Il est interdit à ces "ventres" d'être malades ou infertiles.

Defred oscille entre vie présente et souvenirs de ce monde passé où, comme elle le dit elle-même, les gens ne pouvaient pas savoir qu'ils étaient heureux. La phrase est répétée à plusieurs reprises. Tout est détruit pour elle : sa vie de couple avec Luke et leur petite fille, ses études avec sa copine Moira... L'Oeil est toujours là... Sa confession est à la fois poignante et révoltante.

Je n'ai pas pu me détacher de ce roman lu en quelques heures seulement. Au-delà de cette palpitante lecture, il donne à réfléchir sur tout ce qui pourrait enfreindre la liberté.

A lire absolument !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Marple
Marple26 avril 2015
  • Livres 3.00/5
Effrayante et ennuyeuse, telle est la vie de la servante écarlate Defred, comme probablement celle de beaucoup d'habitants de Gilead, les États-Unis de la fin du XXIe siècle...
Car la société a bien changé, devenant une dictature de tous les instants, sous la surveillance des espions du régime, où chacun a un rôle et une couleur bien précis : les commandants sont en noir et dirigent, leurs femmes en bleu s'ennuient, leurs Marthas en vert les servent au quotidien... et leurs servantes en rouge tentent de leur donner des enfants ! Car la nature a bien changé aussi, la population étant devenue majoritairement stérile à cause de la pollution, faisant de la natalité une problématique primordiale.
À Gilead, il n'y a donc pas de liberté, pas de sensualité, pas d'amitié, pas d'amour et peu d'informations. Un monde particulièrement réjouissant donc, un peu à l'image du Meilleur des mondes ou de 1984, que dénonce ce roman féministe, écologique et résistant.
Pourtant, la mayonnaise écarlate n'a pas totalement pris chez moi : si j'ai bien aimé suivre le quotidien, les pensées et les souvenirs de Defred en tant que femme, je n'ai pas réussi à prendre la société de Gilead au sérieux. Tantôt mal à l'aise, tantôt indifférente, je suis un peu passée à côté des aspects révolutionnaires ou subversifs de cette dystopie et ne vais donc probablement pas en garder un souvenir durable. Dommage...
Challenge Pavés 21/xx, challenge Variétés et challenge Atout Prix.
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LiliGalipette
LiliGalipette26 février 2012
  • Livres 5.00/5
Dans un futur proche, les États-Unis ont basculé dans un régime policier et ultra-contrôlé : le pays est devenu la république de Giléad. Des accidents nucléaires ont pollué l'atmosphère et les corps. Nombreux sont ceux frappés de stérilité, mais selon la loi est claire à ce sujet : « Un homme stérile, ça n'existe plus, du moins officiellement. Il y a seulement des femmes qui sont fertiles et des femmes improductives, c'est la loi. » (p. 69) Ce nouvel ordre social est dominé par les hommes, mais il fait la part belle aux femmes capables de procréer. Elles sont les servantes, toutes vêtues de rouge et affectées au service d'un foyer influant pour leur donner un enfant. Jalousées et extrêmement surveillées, les servantes ont le privilège de la maternité et elles assument un rôle sacré, presque religieux, comme en témoignent leur robe aux allures moniales. « Maintenant elle sont protégées, elles peuvent accomplir leur destin biologique en paix. » (p. 246)
Objet de tous les désirs, ces femmes ne se livrent pas à tous les hommes. Strictement offertes à des hommes méritants, souvent puissants, rien ne doit souiller leur corps ou leur fonction. « Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des concubines. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n'est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d'autre ; l'amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c'est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152) Elles forment un corps unique, une hydre au ventre aussi prodigieux que monstrueux : nul ne sait si l'enfant qui naîtra sera viable, mais chaque grossesse est une promesse qui fait de la servante le réceptacle temporaire d'un miracle.
Parmi elles, Defred, « une soeur, trempée dans le sang » (p. 11), ne cesse de penser aux temps d'avant, pas si lointains, à l'époque où la liberté était une chose insouciante et à laquelle personne ne faisait vraiment attention. « Nous vivions comme d'habitude, en ignorant. Ignorer n'est pas la même chose que l'ignorance, il faut se donner la peine d'y arriver. » (p. 65) Defred pense à son époux et à sa fille, des êtres chers qui se dissolvent dans l'incertitude. Sont-ils morts ? Où sont-ils ? Vaut-il mieux ne pas savoir ? À ces souvenirs de bonheur perdu se mêlent ceux de la formation dans le centre rouge, là où elle a appris à devenir une servante. « Je suis devenue une ressource nationale » (p. 74), dit-elle : le nombre des naissances est en chute libre et la démographie est au coeur des enjeux belligérants de la nouvelle république.
Le souvenir de son amie Moira la poursuit parfois : la jeune femme, même avant la république de Giléad, était un esprit libre et rebelle, jamais soumis. Mais on défend aux femmes de trop réfléchir. « Penser peut nuire à nos chances, et j'ai l'intention de durer. » (p. 10) Globalement docile, Defred a parfois des accès insurrectionnels : la seule liberté serait mourir. Mais le régime le sait et il prévient toutes les tentatives. Interdites de divertissements et avant tout de lecture, les servantes vivent dans la menace constante de la déportation dans les Colonies, auprès des Antifemmes, dans ces terres brûlées et toxiques où la mort est un châtiment avant d'être une délivrance. Impossible de savoir à qui faire confiance, il y a des espions partout. Avec une phrase qui fait rengaine dans son esprit, « Nolite te salopardes exterminorum », Defred essaie de grappiller quelques libertés, de minuscules espaces de rébellion.
À mesure que se déroule le récit de Defred, et en dépit de certaines réticences, on comprend qu'elle se livre à un aveu honteux, presqu'un confiteor. « Je regrette qu'il y ait tant de souffrance dans cette histoire. Je regrette qu'elle soit en fragments, comme un corps pris sous un feu croisé ou écartelé de force. Mais je ne peux rien faire pour la changer. » (p. 297) Soumise malgré elle à la nouvelle religion austère qui domine la république, Defred sait ne pas pouvoir échapper à son rôle, ou alors au prix d'une inconcevable témérité.
Ce roman rappelle sans aucun doute 1984 d'Orwell ou Brave New World d'Huxley. Rien d'étonnant à cela : la société se répartit entre Commandants, Épouses, Gardiens, Yeux, Servantes, Marthas, Anges, etc. Chacun a une fonction et une couleur. La transgression est interdite, traquée et impitoyablement châtiée. La science-fiction se fait discrète : quelques allusions à un système général de reconnaissance et de contrôle qui régit tout et chacun. Mais pas d'insémination : la reproduction se fait à l'ancienne, avec les méthodes naturelles, même si la cérémonie de l'accouplement revêt des dehors pour le moins étranges.
Lisez avec attention les notes historiques qui concluent le récit de Defred. Oui, toute civilisation se passe et ce qui fait horreur aujourd'hui sera objet d'étude demain. Pour ma part, je ne peux que vous recommander cet excellent roman d'anticipation : son volet profondément social et féminin en fait un texte de mise en garde. Des femmes incubateurs ? On peut en rire, mais faisons attention…
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isabelleisapure
isabelleisapure08 août 2016
  • Livres 4.00/5
Margaret Atwood nous propose une immersion dans un futur où la population est devenue dangereusement infertile et où les femmes sont réduites à leurs capacités reproductrices.
Elles ne peuvent avoir ni travail ni argent et sont assignées à différentes castes :
« Les épouses » chastes et sans enfant, « Les Marthas » maîtresses de maison et Les servantes » reproductrices qui s'habillent de rouges.
L'une d'elle, Defred nous raconte son quotidien en portant une attention particulière à son corps qui n'est plus qu'un instrument de reproduction.
Elle évoque ses journées dans leur banalité avec des rêves d'évasion ou de suicide parfois et puis, il y a les souvenirs qui reviennent inexorablement.
Le temps d'avant, la vie avec Luke et leur petite fille. Sont-ils toujours en vie ou prisonniers quelque part dans un monde devenu abstrait ?
« La servante écarlate » est un livre magnifique à l'écriture efficace, sans fioriture.
Il s'en dégage cependant une certaine angoisse car il pose une question majeure : Comment peut-on vivre en étant privé du bien le plus précieux de l'humanité : la liberté !
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Citations & extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson21 décembre 2013
Serena Joy serre mes mains comme si c'était elle, et non pas moi, qui se faisait baiser, comme si elle trouvait la chose agréable, ou douloureuse, et le Commandant baise, à un rythme régulier de pas cadencé, une, deux, sans relâche, comme un robinet qui goutte. Il est absorbé, comme un homme qui fredonne sous la douche sans se rendre compte qu'il fredonne ; comme un homme qui a d'autres choses en tête. C'est comme s'il était ailleurs, à attendre de jouir, tout en tambourinant des doigts sur une table. Il y a une impatience dans sa cadence, à présent. Mais n'est-ce pas le rêve érotique de tout homme ? deux femmes à la fois? C'est ce que l'on disait. Excitant, disait-on. Ce qui se passe dans cette chambre sous le baldaquin argenté de Serena n'a rien d'excitant. Cela n'a aucun rapport avec la passion, ni l'amour, ni le romantisme, ni avec aucune des autres idées qui nous servaient à nous émoustiller. Cela n'a rien à voir avec le désir sexuel, du moins pour moi, et certainement pas pour Serena. Le désir et l'orgasme ne sont plus considérés nécessaires; ils ne seraient qu'un symptôme de frivolité, comme des jarretelles tape-à-l'œil, ou des grains de beauté : distractions superflues pour des écervelés. Démodées. Cela paraît étrange que les femmes aient jadis consacré tant de temps et d'énergie à s'informer de ces choses, à y penser, à s'en inquiéter, à écrire à leur propos. Il est tellement évident que ce sont des divertissements. Ceci n'est pas divertissant, même pour le Commandant.
Il s'agit d'une affaire sérieuse. Le Commandant, lui aussi, fait son devoir. Si j'entrouvrais les yeux, je pourrais le voir, son visage pas déplaisant suspendu au-dessus de mon torse, avec peut-être quelques mèches de ses cheveux d'argent lui tombant sur le front, absorbé par son voyage intérieur, ce lieu vers lequel il se hâte, et qui recule comme en rêve aussi vite qu'il s'en approche.
Je verrais ses yeux ouverts. S'il était plus beau, est-ce que je prendrais davantage de plaisir à ceci ?
Au moins il représente un progrès par rapport au précédent, qui sentait le vestiaire d'église par temps de pluie ; l'odeur de votre bouche quand le dentiste commence à vous curer les dents; l'odeur d'une narine. Le Commandant, lui, sent l'antimite, ou cette odeur est-elle une forme vindicative de lotion d'après-rasage ? Pourquoi doit-il porter ce stupide uniforme ? Mais est-ce que son corps blanc, hirsute, cru, me plairait davantage ? Il nous est interdit de nous embrasser. Cela rend la chose supportable.
On prend de la distance. On décrit. Il jouit enfin, avec un grognement étouffé comme de soulagement. Serena Joy, qui retenait son souffle, le laisse s'exhaler. Le Commandant, qui était arc-bouté sur les coudes, à distance de nos corps combinés, ne se permet pas de plonger en nous. Il se repose un instant, se retire, se rétracte, se rebraguette. Il fait un signe de tête, puis se détourne et quitte la pièce, en fermant la porte derrière lui avec un soin exagéré, comme si nous étions toutes deux sa mère souffrante. Il y a là quelque chose d'hilarant, mais je n'ose pas rire. Serena Joy me lâche les mains. «Vous pouvez vous lever, dit-elle. Levez-vous et partez. » Elle est censée me laisser me reposer, dix minutes, les pieds sur un coussin pour augmenter les chances. Elle est supposée consacrer ce moment à une méditation silencieuse, mais elle n'est pas d'humeur à cela. Il y a de la haine dans sa voix, comme si le contact de ma chair l'écœurait et la contaminait. Je me démêle de son corps, me lève; le jus du Commandant me coule le long des jambes. Avant de me détourner, je la vois lisser sa jupe bleue, serrer les jambes; elle reste étendue sur le lit à contempler le baldaquin au-dessus d'elle, raide et droite comme une statue.
Pour laquelle des deux est-ce pire, elle, ou moi ?
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LydiaBLydiaB20 juin 2012
Sur le Mur, pendent les trois femmes de ce matin, toujours vêtues de leurs robes, chaussées de leurs souliers, toujours la tête fourrée dans les sacs blancs. On leur a délié les bras, ils sont raides et convenables à leurs côtés. La bleue est au milieu, les deux rouges de part et d'autre, quoique les couleurs ne soient plus aussi vives. Elles semblent s'être fanées, défraîchies, comme des papillons morts ou des poissons tropicaux à se dessécher sur le rivage. elles ont perdu leur brillant. Nous restons à les regarder en silence.
"Que ce soit pour nous un rappel", dit enfin la nouvelle Deglen.
D'abord je ne réponds rien, parce que j'essaie de deviner ce qu'elle veut dire. Elle pourrait vouloir dire que ceci est pour nous un rappel de l'injustice et de la brutalité du régime. Auquel cas, je devrais répondre oui. Ou elle pourrait vouloir dire l'inverse, que nous devrions nous rappeler de faire ce qu'on dit, et de ne pas nous attirer d'ennuis parce que alors nous serons justement punies. Si c'est ce qu'elle entend, je devrais ajouter Loué soit. Elle avait la voix douce, atone, pas d'indices de ce côté.
Je prends un risque. Je réponds : "Oui."
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kathykathy05 juin 2012
Pas un pissenlit en vue ici, les pelouses sont soigneusement épilées. J'ai la nostalgie d'un pissenlit, un seul, poussé au hasard, dans son insolence d'ordure, difficile à éliminer et perpétuellement jaune comme le soleil. Gai et plébéien et brillant pareillement pour tous. Nous en faisions des bagues, et des couronnes et des colliers, nous tachant les doigts de son lait amer. Ou j'en tenais un sous son menton : "Est-ce que tu aimes le beurre?" A les sentir, elle se mettait du pollen sur le nez. Ou montés en graine : je la vois, courant à travers la pelouse, brandissant un pissenlit comme une allumette japonaise, petite baguette de feu blanc, et l'air se remplit de minuscules parachutes. "Souffle, et tu pourras savoir l'heure". Toutes ces heures envolées dans la brise d'été. C'étaient les marguerites pour lire l'amour, et nous les effeuillions à l'infini.
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LiliGalipetteLiliGalipette28 février 2012
« Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152)
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kathykathy07 juin 2012
On ne peut pas tromper la Nature, dit le Commandant. La Nature exige la variété, pour les hommes. C'est logique, cela fait partie de la stratégie de la procréation. C'est le dessein de la Nature."Je ne dis rien, et il poursuit : "Les femmes savent cela d'instinct. Pourquoi achetaient-elles tant de vêtements différents, dans l'ancien temps? Pour donner l'illusion aux hommes qu'elles étaient plusieurs femmes différentes. Tous les jours une femme nouvelle". Il dit cela comme s'il y croyait. Peut-être y croit-il, peut-être pas, ou peut-être y croit-il sans y croire. Impossible de savoir ce qu'il croit.
Je dis : "Alors, puisque nous n'avons plus plusieurs vêtements, vous avez tout simplement plusieurs femmes"; C'est ironique, mais il ne s'en rend pas compte.
"Cela résout un tas de problèmes", dit-il, sans ciller.
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Vidéo de Margaret Atwood
Une histoire se déroulant dans un futur alternatif, et que l'on espère ne pas vivre un jour...
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