Autopsie d'un couple en phase terminale dans les années 70.
Si le mariage de la sensuelle Elizabeth et du contemplatif Nate bat de l'aile depuis longtemps, ils n'ont jamais pour autant envisagé de se séparer pour le bien-être de leurs deux enfants. Chacun s'accommode des amant(e)s de l'autre jusqu'au jour où l'amant d'Elizabeth se suicide. Nate en profite pour quitter sa maîtresse actuelle mais ce n'est que pour mieux tomber amoureux de Lesje, une jeune paléontologue gauche et timide. La tolérance de façade qui prévalait jusque là commence à se fissurer, et ce sont toutes les petites avanies, compromissions désavouées, petites lâchetés et manipulations douteuses qui commencent à s'engouffrer dans les brèches de plus en plus profondes d'un couple en perdition. Polyphonie à trois voix (Elizabeth, Nate, Lesje), ce roman tient autant du roman psychologique que de la sociologie d'une époque. Au final, un roman mélancolique désenchanté où l'humour n'est pas absent même s'il laisse toujours une certaine amertume dans ses sillages : incompréhension, incommunicabilité, les êtres se croisent et se décroisent sans jamais vraiment se rencontrer. Aucun gagnant mais tous perdants semble nous dire
Margaret Atwood, qui sait de quoi elle parle tant ce roman sent le vécu dans les déambulations et questionnements divers des trois protagonistes. Décidément le mariage est tout un art mais ne sont-ils pas leurs propres bourreaux dans cette histoire ? Et s'il fallait tout simplement essayer de se libérer de ses derniers oripeaux pour mieux aller à la rencontre de l'autre ? Encore faut-il savoir ce que l'on veut pour décider où l'on va, question de maturité sans doute. Tout est dans la finesse du trait et
Margaret Atwood n'est pas en reste dans cet exercice difficile.