> Anne Rabinovitch (Traducteur)

ISBN : 2264035943
Éditeur : 10-18 (2005)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Trois amies déjeunent ensemble dans un restaurant à la mode. Elles se sont rencontrées étudiantes, se sont croisées, consolées et retrouvées à travers les années. Bien que très différentes, elles ont en commun de haïr Zenia - créature éphémère et mystérieuse, au passé o... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    The robber bride
    Traduction : Anne Rabinovitch.
    "La voleuse d'hommes" est un roman toujours aussi épais mais d'une optique un peu plus humoristique que celle observée dans "Le Tueur ..." et dans "Captive." C'est aussi une réflexion sur la nature de la Vérité (car en fait, on ne saura jamais qui était la vraie Zenia qui recrée sans cesse la Vérité, souvent dans son propre intérêt, parfois gratuitement, pour le seul plaisir de faire le mal) et sur les conséquences qu'implique sa révélation. Voilà pourquoi c'est un détail de la lithographie "La Vérité" de Verlinde qui a été utilisé par le Livre de Poche pour la jaquette de ce roman.
    Ainsi que le mentionne la quatrième de couverture citée par Julie, tout commence par un déjeuner pris au "Toxique" - c'est un restaurant qui, la nuit, voit se réunir pas mal de toxicomanes - par trois quinquagénaires dont l'amitié remonte au temps de l'université.
    La première à entrer en scène, c'est Tony (diminutif d'Antonia) Freemont, une femme si menue qu'elle peut encore s'habiller en 36 et qui donne des cours d'histoire militaire à l'université. Son intérêt, que dis-je, sa passion pour les grands stratèges et toutes les sortes de batailles possibles et imaginables a constitué très tôt pour elle une façon de se replier sur elle-même, de s'isoler, de se protéger. Tony n'a pas eu d'enfants de son mariage avec Stewart que cette gauchère contrariée devenue ambidextre et adepte de l'écritutre-miroir, appelle "West" (= presque Stew, mais inversé et avec un petit jeu entre le "t" et le "s") depuis des lustres.
    Pour la seconde de nos héroïnes, l'isolement a d'abord revêtu l'abandon de son premier prénom, Karen, pour devenir Charis. Somnambule et victime dès l'enfance, possédant sans doute un sixième sens très aigu qui, en dépit des apparences, l'a bel et bien sauvée de la folie ou du suicide, Charis ne parle et n'agit qu'en fonction de méditations, de zen, d'auras, d'ondes, etc ... En dépit de sa fragilité, en dépit de la terreur-panique du rejet et du manque d'amour qui la minent, Charis, à sa propre stupeur, trouvera cependant en elle la force d'affronter la "renaissance" de Zenia. D'un objecteur de conscience américain désireux d'échapper à la guerre du Viêt-nam et réfugié au Canada, elle a eu une fille, qu'elle a choisi de prénommer August mais qui, avec l'âge, a décidé de se réapproprier son prénom en lui ajoutant un "a."
    Quant à la troisième, Roz, je l'ai trouvée tout simplement épatante. Un personnage jovial et teigneux, une "femme forte" - dans tous les sens du mot - et dotée d'un optimisme salvateur. Son point faible à elle - son jardin secret où elle s'isole volontiers et dont Zenia jouera sans scrupules, c'est l'image du Père. Elle a épousé un avocat arriviste, Mitch, qui a multiplié les aventures avant de tomber dans les bras de Zenia et de ...
    Or donc, comme elles le font depuis une éternité une fois par semaine, ces dames déjeunent ensemble. Et qui voient-elles passer devant elles dans la salle du "Toxique" ? Zenia ! Zenia à l'enterrement de laquelle elles ont pourtant assisté il y a quelque temps. Zenia qui avait été victime d'un attentat à Beyrouth. Zenia qui, à chacune de ces trois femmes qui furent, chacune à son tour ou simultanément, ses amies, a volé l'homme qu'elles aimaient - ou croyaient aimer - pour mieux le rejeter ou l'abandonner par la suite.
    Zenia, fille d'une Russe blanche qui prostituait sa fille dès ses cinq ans. Ou alors Zenia, fille d'une tzigane lapidée en Roumanie. Zenia, fille de Grecs orthodoxes particulièrement pieux qui, en raison de la piété de ses parents, ne put jamais dénoncer le prêtre qui l'avait violée. Zenia, miraculée d'un cancer - dont elle n'a en fait jamais souffert sauf ...
    Zenia, dont on ne saura en fait jamais la vraie nature : ni Tony, prête pourtant à la tuer avec le Luger de son père ; ni Charis, qui parvient à lui pardonner avant de l'abandonner à son tour ; ni Roz, qui était prête à céder à son dernier chantage ... ni le lecteur.
    Un bon roman, à ne réserver cependant qu'aux inconditionnels de la romancière canadienne car - à mon sens en tous cas - il n'a pas ni la perfection glacée du "Tueur ..." ni la maîtrise absolue de "Captive." ;o)
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 12 juin 2008

    sentinelle
    Trois amies se retrouvent pour leur déjeuner mensuel dans un restaurant branché de Toronto.
    Elles croyaient s'être définitivement débarrassées de Zénia, créature au passé obscur qui leur a volé à chacune leur homme. En apprenant sa mort dans les journaux quatre ans auparavant, elles avaient assisté avec jubilation à son enterrement. Quand soudain la porte du restaurant s'ouvre et Zenia entre, en personne…
    Margaret Atwood nous décrit minutieusement le parcours depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte de ces trois femmes qui deviendront amies avec le temps : Tony, Charis et Roz, qui se sont rencontrées lors de leurs études supérieures mais qui ne se connaissaient guère d'atomes crochus à cette époque.
    Leur futur point de convergence : elles seront trahies, chacune à tour de rôle, par Zénia, femelle hyper sexy qui gagnera leur confiance et leur amitié avant de détruire leur couple en vampirisant leur conjoint. Ces femmes seront marquées au fer rouge par cette trahison, qui cimentera définitivement leur amitié.
    Ces trois femmes n'avaient pourtant pas été épargnées par leur enfance : mère volage et père devenu alcoolique et suicidaire pour Tony ; mère dépressive, père inconnu et oncle pédophile pour Charis ; mère effacée et père escroc pour Roz. L'auteure semble nous offrir une panoplie de personnages aussi détraqués les uns que les autres, les hommes n'ayant pas souvent le meilleur rôle… Chacune trimballe donc tant bien que mal ses failles, ses manques, ses faiblesses, véritables portes ouvertes par lesquelles d'engouffrera Zénia.
    Mais qui est donc cette fascinante Zénia, qui s'invente à chaque fois une autre vie et un autre passé en fonction de son interlocuteur ? Mante religieuse et femme caméléon, séductrice et prédatrice, qui sait tellement bien manipuler et se modeler de manière à s'offrir en miroir aux fantasmes des femmes d'abord, des hommes ensuite.
    La séduction, la confiance, la manipulation, le rejet, la trahison et l'abandon, voilà les thèmes récurrents apparaissant tout au long du roman.
    Pourquoi Zénia réapparaît-elle quatre années après son décès officiel ? Pourquoi a-t-elle simulé sa mort et organisé son propre enterrement ? Voilà ce que les trois amies essayeront de découvrir jusqu'au jour où chacune à tour de rôle la rencontrera en tête à tête dans sa chambre d'hôtel.
    Sachez toutefois que Zénia – qui tient à la fois de la vamp, de la stryge et de la sirène par son chant ensorcelant - demeurera à jamais opaque et insaisissable ; aucune question la concernant ne trouvera une réponse claire et définitive. On en vient même à se demander si le fait d'avoir embarqué les conjoints de Tony, Charis et Roz n'étaient pas plus une bénédiction qu'autre chose les concernant…
    Je suis dubitative quant à ce roman. D'un côté, je l'ai trouvé long, verbeux, de l'autre, je n'arrivais pas à l'abandonner et j'étais curieuse de lire la suite. Ce roman exerçait donc sur moi une certaine attraction en dépit de ces inconvénients.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 01 mars 2009

    Titine75
    Tony, Charis et Roz, qui se sont connues à l'université, se retrouvent pour déjeuner au restaurant le Toxique. « Toutes les trois déjeunent ensemble une fois par mois. Elles en sont arrivées à compter sur cette rencontre. Elles n'ont pas grand-chose en commun, excepté la catastrophe qui les a réunies, si l'on peut qualifier Zenia de catastrophe, mais avec le temps elles ont trouvé une solidarité, un esprit de corps. » Elles n'étaient effectivement pas amies lors de leurs études, elles étaient et restent extrêmement différentes. Tony, la garçonne, est professeure d'histoire à l'université avec une spécialité un peu particulière : les batailles, les guerres. le plus grand plaisir de Tony est de reconstituer les grandes batailles dans son sous-sol à l'aide de clous de girofle, de haricots rouges pour visualiser les différents adversaires. Elle vit avec West, musicologue qu'elle fréquentait à l'université.
    Charis est une adepte de l'ésotérisme, elle croit à la réincarnation, à la force de l'esprit. Elle travaille dans un magasin nommé « Radiances » qui vend des cristaux, de l'encens, des huiles essentielles, des cartes de tarot. Charis a une fille qui se nomme Augusta. *
    Roz est chef d'entreprise, elle a pris la succession de son père. C'est une femme d'affaires avertie, solide et très fortunée. Elle reste néanmoins très féminine, elle prend grand soin de son allure. Elle est la mère de trois enfants : un fils et des jumelles.
    Les trois amies ont commencé à se fréquenter lorsque la fameuse Zenia est entrée dans leurs vies. Zenia était dans la même université que les trois autres et elle faisait peur aux autres filles : « Brillante et terrifiante. Vorace, sauvage, inacceptable. » C'est Tony la première qui l'approche. Zenia est un être rusé qui sait profiter des faiblesses des autres pour s'insinuer dans leur vie et leur voler ce qu'ils ont de plus cher. Tony est petite, sans charisme à côté de Zenia et son anticonformisme l'éblouit. Mais « (…) cela coûte cher de défier l'ordre social, la liberté n'est pas gratuite, elle a un prix. » Zenia soutire de l'argent à Tony, la fait chanter et une fois obtenu ce qu'elle voulait elle disparaît en emportant West dans ses valises. Zenia refait son apparition dans la vie de la charitable Charis. Elle lui fait croire qu'elle est malade, Charis l'accueille les bras ouverts, s'occupe d'elle sans relâche. Zenia s'installe comme un coucou dans la maison de Charis et repart avec l'homme qui habite là, Billy le père d'Ausgusta.
    Roz se fait également berner malgré les mésaventures de ses amies. Zenia semble connaître des choses sur le père de Roz qui est resté mystérieux sur ses années de guerre. Une nouvelle fois le coucou s'installe, Roz lui donne du travail dans un de ses magasines. Mais comme toujours Zenia disparaît après avoir volé de l'argent à Roz, et bien sûr avec son mari.
    Les trois amies pensaient être débarrassées de Zenia, morte dans un attentat terroriste au Liban mais la voilà qui rentre au Toxique. Que revient-elle faire ici ? Que veut-elle encore soutirer à nos trois amies ?
    Margaret Atwood nous livre un roman cinglant sur les rapports hommes/femmes. L'amour est vu de manière très lucide, sans aucun romantisme. « Elle a dû renoncer en partie à l'amour bien sûr, à son amour, illimité autrefois, pour son mari. On ne peut garder la tête froide quand on se noie dans l'amour. On s'agite trop, on crie et on s'épuise. » Les hommes n'ont pas le beau rôle, ils sont peu fiables et prêts à tout quitter dès qu'une aguicheuse les approche. Néanmoins nos trois amies ne sont pas tellement mieux servies. Malgré les avertissements, elles se font toutes prendre dans les filets de la maléfique Zenia. Chacune succombe lorsque l'on fait appel à ses bons sentiments, chacune, naïvement, veut se sentir utile.
    « La voleuse d'hommes » est un roman sur l'amitié, celle qui se construit malgré les différences et qui reste un véritable soutien lorsque tout s'effondre. Margaret Atwood nous livre les portraits de trois femmes qui deviennent extrêmement attachantes pour leurs forces comme pour leurs faiblesses. « La voleuse d'hommes » se dévore, malgré ses 650 pages, tant le destin des trois héroïnes nous tient à cœur.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2008/08/15/la-voleuse-dhommes-de-..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par GentlemanW, le 06 octobre 2011

    GentlemanW
    J'essaye mais je n'arrive pas aller plus loin dans ce livre
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 12 juin 2008

    Zénia lui a volé quelque chose, le seul bien qu’il ait toujours conservé à l’abri de toutes les femmes, même de Roz. Appelons cela son âme. Zénia l’a prise dans sa poche de poitrine quand il ne regardait pas, aussi facilement que si elle avait dévalisé un ivrogne, elle l’a examinée, elle a mordu dedans pour voir si elle était vraie, elle a ricané de la trouver si petite après tout, et elle l’a jeté, parce que c’est le genre de femme qui désire ce qu’elle n’a pas et obtient ce qu’elle veut, puis méprise ce qu’elle a reçu.

    Quel est son secret ? Comment réussit-elle ? D’où vient son indéniable pourvoir sur les hommes ? Comment s’en empare-t-elle, interrompant leur course d’un croche-pied, pour le retourner comme un gant ?
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La neurologie de la lecture.
Non sous-titré, non traduit.








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