ISBN : 2070123189
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
" De retour dans sa chambre d'hôtel.
Pierre ouvre au hasard un guide touristique. Il apprend que le mot safari signifie voyage. C'est ainsi que les choses commencent. " L'action de ce roman se passe au Kenya, c'est-à-dire partout.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 11 avril 2012

    Chouchane
    Nous autres, nous pousse avec intelligence vers les profondeurs de l'humanité. Au cœur de nos racines humaines, au milieu du Kenya, de la vallée du Rift, dans une nature que l'on sent majestueuse mais trop souvent dénaturée par l'homme occidental, « Nous autres » nous compte l'histoire millénaire d'un fils retrouvant son père mort et, lui cherchant la meilleure sépulture se découvre lui-même. Ce récit est relaté (avec subtilité) en voix off, celle de « Nous autres » qui sont «depuis le commencement des temps 80 milliards de morts » qui ont peuplé notre planète ; ces âmes généreuses et inquiètes surveillent la vie de quelques humains voués à renouer avec le bonheur. Cette histoire réparatrice fait des allers-retours dans l'espace temps, elle remonte vers une période où le Kenya, qui n'est encore qu'une terre vierge, va être défoncé par la construction d'un chemin de fer dévoreur de vies humaines, l'émergence de Nairobi, de ses miséreux. Au milieu de ces grandes exploitations de l'Afrique par l'Occident, de la lutte pour l'indépendance, surgissent des vies singulières, celle d'une femme hinga et de sa petite fille, celle de Michel en France en 1968, de Pierre quelques années plus tard, de Françoise, de Rob, d'Anyango, et d'Akwam. Ces existences vont témoigner d'une autre façon d'envisager le monde et de le vivre, chacune nous livre un regard original sur la société. de l'écologie, à la politique en passant par l'amour, la cupidité et l'Histoire, ce roman ne laisse de côté aucune dimension de l'humain. Avec une écriture poétique et dépouillée Stéphane Audeguy ne nous lâche pas et nous conduit avec bonheur vers une fin pleine d'un espoir simple.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par AnisLitterama, le 23 janvier 2011

    AnisLitterama
    Pierre apprend que son père qu'il n'a vu qu'une seule fois est mort au Kenya, à Nairobi, dans une curieuse mise en scène : nu, un sac plastique sur la tête, son corps exposé aux prédateurs. Serait-ce un crime ?
    Il part alors sur les traces de ce père inconnu et découvre l'homme qu'il était, ses amis et ses engagements. Il découvre peu à peu son histoire et apprend à le connaître. Cette rencontre post-mortem, dans un pays déchiré par les paradoxes, va le conduire à tisser des relations qui vont changer sa vie.
    Le livre est traversé par de très beaux personnages de femmes : Marie Nyanjira qui fera » honte à la peur des hommes », la hinja qui dirige dans le désert la caravane des femmes. Selon la tradition, ces femmes hikuyus voyagent en temps de guerre ou de disette afin de ravitailler les villages affamés ou les familles isolées. Elizabeth, fille de Mary, guerrière engagée dans la lutte pour l'indépendance, et sa fille qui court comme une gazelle, infatigable.

    Toute cette histoire est contée par « Nous autres », fantômes de cette terre kenyane, témoins et souffle profond, parole du fond des âges, qui donne à ce récit une puissance et une ampleur inégalées.
    J'ai beaucoup aimé l'écriture de Stéphane Audeguy. J'avais déjà lu « Fils unique », « La théorie des nuages », et « Petit éloge de la douceur ».
    On sent dans ce livre, la présence inquiétante des grands fauves, on entend le claquement des mâchoires des crocodiles, l'odeur pestilentielle des charognes. On y entend aussi la pulsation monocorde et insupportable de la misère, de l'injustice sociale et des fractures profondes causées par l'histoire et la corruption.
    J'ai été subjuguée par le voyage qu'offre Stéphane Audeguy, par cette parole qui avertit « …et le vent le plus fou ne nous fera pas taire ».


    Lien : http://www.litterama.fr/article-stephane-audeguy---nous-autres-61384..
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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 02 août 2010

    ay_guadalquivir
    Nous autres serait presque un passage étrange parmi les textes de Stéphane Audeguy. Etrange par le lieu, le Kenya, car même si la 4ème indique qu'il pourrait se passer n'importe où, il ressort de ce texte une réelle vision de l'Afrique dans le monde : la fin tragique de Michel sur le sol africain malgré lui victime de la globalisation, le rapport à la mort si particulier. Et puis, Audeguy nous raconte des individus, qui sont prets à changer devie dans une circonstance particulière. Michel, son fils, Rob, tous sont prêts à saisir la vie quand elle se présente. Doucble sentiment de la vie qui s'offre totalement, et des événements pourtant contre lesquels parfois on ne peut rien...
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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 29 mars 2012

    yv1
    Oserais-je avouer que j'avais peur en ouvrant ce livre : peur parce que je n'avais pas aimé La théorie des nuages du même S. Audeguy, peur parce que le sujet ne me tentait pas et que je sentais un certain élitisme de mauvais aloi ? Que nenni ! Je suis entré dans ce livre pour ne plus en sortir (sauf à la fin, bien sûr !). Quel style ! le chapitre 0 est à mon sens le plus beau dans l'écriture alors qu'il raconte ce que Pierre vit de pire dans ce pays : un safari. Il émane des ces lignes une poésie qui incite à continuer sa lecture. La suite, si elle est moins poétique, témoigne de la beauté de l'écriture de Stéphane Audeguy. de belles phrases, souvent longues. Pas toujours de verbes. L'histoire n'est pas en reste et pour qui n'aime pas particulièrement le Kenya, rien de rebutant, bien au contraire : on apprend énormément de choses sur ce pays sans avoir la sensation d'assister à un cours d'histoire. L'idée d'utiliser les voix des morts de la Terre est lumineuse et prolonge la poésie du livre.
    Le rythme est lent volontairement, s'adapte au climat du pays et nous permet d'y voyager en douceur. Rien à voir avec la soi-disante indolence africaine, concept qui n'a court que dans l'hémisphère nord, parce si nous, nous parcourons le Kenya au rythme des longues phrases de l'auteur, les Kenyans eux vivent vite, conduisent vite sur leurs routes cabossées et courent vite, notamment Anyango, championne de marathon, comme d'autres des ses compatriotes. Quant à cet élitisme évoqué plus haut, j'admets que ce livre n'est sûrement pas le plus facile que j'aie lu, mais il est largement lisible par le plus grand nombre.
    Interlignes a questionné l'auteur pour un autre roman


    Lien : http://www.lyvres.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par Marsup, le 15 avril 2010

    Marsup
    Construit comme un album photo, ce voyage initiatique nous plonge tantôt dans la vie du père défunt et de ses amis, tantôt aux côtés de ce fils explorateur. Ce roman à l'écriture poétique qui prend parfois des allures de documentaire nous happe dans cet univers savanien.


    Un bon roman
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Citations et extraits

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  • Par zorazur, le 21 février 2012

    Elle n'a pas cessé d'aimer courir. Elle préfère les marathons urbains à la monotonie des pistes synthétiques, mais par-dessus tout les courses dans les bois, le vent sur son visage, reconnaître le parcours, repèrer les endroits où l'on peut lâcher ses adversaires, et s'élancer enfin dans la joie de la course à travers les souffrances qu'on sait pouvoir vaincre, les paliers imprévisibles des nausées, les fringales insensées, les vagues de douleur qui balaient tout le corps, et l'extase curieuse du finish des victoires.
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  • Par NadinePestourie, le 10 janvier 2009

    Cependant dans cet embouteillage étrange, dans la fumée bleue des diésels, le guépard se met à tousser atrocement, c'est une toux déchirée, écartelée entre deux tons, l'attaque est rauque mais elle finit dans des aigus grotesques, dénaturée. Il sonne comme un gros chat malade et castré, et désormais Pierre est au bord des larmes, il a fait taire d'un geste excédé le chauffeur qui lui soufflait shoot, shoot, il écoute ce cri comme s'il s'agissait d'y reconnaître des paroles inouïes, ce cri est la détresse du guépard et comme l'expression parfaite de la tristesse qui maintenant unit l'animal aux hommes, aux silhouettes torturées des grands acacias, et même aux griffures glacées des nuages du soir, le cri des êtres sans langage touche au fond sans paroles du langage des hommes. Seule la honte d'être là sauve Pierre des larmes, la honte qui nous sépare des hyènes et des vautours.
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  • Par Chouchane, le 11 avril 2012

    Au commencement du XXième siècle, les premiers Kényans blancs s'installent autour du lac. On leur a promis que ces terres seraient désertes ; il y a bien des indigènes, mais ils sont incapables de produire le moindre document attestant leur propriété sur cette plaine où depuis deux mille ans ils paissent leurs troupeaux.
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  • Par Chouchane, le 11 avril 2012

    La caravane des femmes est une sage tradition : depuis toujours la coutume veut que dans les temps de disette et de guerres des femmes kikuyus voyagent, sans qu'aucune tribu de la plaine n'ose les attaquer, afin qu'elles puissent partout porter aux villages affamés, aux familles isolées, de quoi survivre au moins jusqu'au bout de l'année. L'absence d'hommes à leur côté est leur plus sûre défense : nul risque qu'on les soupçonne de vouloir guerroyer.
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  • Par Chouchane, le 11 avril 2012

    Pierre écoute son ami car il est entendu pour lui que Rob est son ami, et qu'il l'a toujours été, simplement ils n'avaient pas eu le loisir de se rencontrer, et dans le cœur de Pierre la place de Rob vide jusque-là s'adapte très exactement aux contours de cet homme, (P 89)
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