ISBN : 2234058600
Éditeur : Stock (2005)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
" Mon patron s'appelle Dolto. C'est un petit homme suave d'une quarantaine d'années assez rond à l'extérieur mais géométriquement pourri et sans pitié à l'intérieur. Aidé par trois garçons baraqués, il vient de déménager le coffre-fort de l'entreprise. Le coffre-fort de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par saphoo, le 16 juillet 2011

    saphoo
    Une histoire qui nous plonge dans le monde du travail et tout particulièrement le BTP, pas trop de surprises pour ma part puisque je fais partie indirectement de cette grande famille.
    Le personnage principal tout comme l'auteur connaissent bien ce milieu puisqu'ils ne font qu'un (c'est histoire et celle de l'auteur du moins je suppose plus ou moins romancée), ça se ressent par les termes et les habitudes qui y sont exposés, les réunions de chantier, les travers et les combines des ouvriers, les petits chefs qui se prennent pour Dieu le père, et les exploités , les coups foireux … Tout une petite foule pas toujours clean qui bouillonne dans une grande marmite ! Il y a de quoi péter les plombs !
    Le titre évocateur, “Bleu de chauffe” provient de cette même expression qui sous-entend qu'on se remet au travail sérieusement, et bien sûr le fameux “bleu” de tout ouvrier, ce n'est plus un mot à définir. Notre homme après avoir flirté avec la prison, enfile donc son bleu pour reprendre du service, avec, il est vrai de très bonnes intentions. Mais voilà, le grand manitou, lui chauffe les nerfs, et ce n'est pas sans compter sur le relent d'ex-taulard, pour aiguiser son besoin de régler les comptes comme il l'entend. le récit est parfois drôle parfois acide, énergique pour ne pas dire dynamique ! Un franc parler il est vrai mais jamais vulgaire, et toujours des vérités bien placées. Et puis au détour de ce tourbillon, on croise des passages qui nous interpellent :
    Page 83 : il y a des mouvements secrets de la pensée qui n'apparaissent jamais nulle part, ni le jour ni la nuit. Ce sont des paroles tenues dans des mains discrètes, comme de petites bougies protégées du vent des fanfares officielles. Nous nous y réchauffons, tels des loups venues d'un autre cosmos et en partance pour y retourner.

    L'intérêt de ce livre réside dans cette implication personnelle de l'auteur et on ressent pleinement cette part de vécu. Pour ceux qui baignent dans le monde du travail, cela leur semblera qu'un reflet ô combien mille fois croisé et sans doute subi, des passages qui résonnent et dont l'auteur nous fait le plaisir de dévoiler sans se priver
    Page 121 : Louize était habitué, de par sa position hiérarchique, à abuser de son petit pouvoir minable et mon attitude de plus que désinvolte ajoutée à mes écarts de langage le rendaient haineux. Il n'était rien, vraiment, beaucoup moins intéressant qu'un brin d'herbe, pourtant, dans son microscopique milieu du monde du travail salarié , il se prenait pour un dieu et parvenait à imposer sur les chantiers une simili terreur larvée. Hallucinant. Comme si la vie n'était déjà pas assez difficile comme ça pour un ouvrier, il fallait que ce mec-là vienne en remettre une couche.
    Au fil des pages, on ressent la tension qui s'étire, cette envie de remettre les pendules à l'heure, comment supporter ces petits chefs foireux et prétentieux.

    Page 122 : pourvu qu'il ne me pousse pas à bout, pourvu qu'il ne m'oblige pas à en venir aux mains, parce que malingre comme il est, une gifle et le petit pois qui lui sert de cerveau peut lui sortir facilement par les narines... c'est que je me disais en le regardant bien droit dans les yeux, le comique, afin qu'il comprenne, qu'il se tienne un peu en retrait car je la voyais déjà en filigrane la fin de l 'histoire pour lui, le minable qui se planquait derrière sa veste en tergal et son froc de chez Prisu,, ses petites cannes maigrelettes, son petit torse de poulet arrogant qui se prenait pour un coq sous sa chemise à dix balles.

    Ce roman comme une fresque de notre société, dénonce en demi-teinte :
    - des abus sociaux, genre : arrêt maladie déguisé, manigance pour se faire licencier sans perdre les avantages, tout un monde commun et des pratiques très courantes et bien plus qu'on pourrait se l'imaginer
    - et l'abus de pouvoir d'une hiérarchie sur une population à la merci d'un besoin de travail.
    En filigrane, on pourrait aussi citer, la main-d'oeuvre non déclarée, la pression en pyramide, se muant en dépression pour beaucoup de personnes, les dessous de table, les chantiers torchés, les malfaçons camouflées, le manque de sécurité, et surtout un manque de respect dans tous les sens du terme … ce mal être, ce mal au travail n'est que la répercussion de cette société qui en demande toujours plus, et toujours plus vite, à moindres coûts forcément, arrive où un maillon de la chaîne finit par céder…
    Page 139 : on était toujours vendredi et ma femme était en retete jusqu'au mardi suivant. Elle ne s'inquiétait plus de mon arrêt maladie, le trou de la Sécu c'était comme celui de la couche d'ozone, plus on avançait vers lamer moins elle en parlait.
    Au delà de ces sujets, on aborde la vie de couple, la stérilité et ce manque d'enfant dans un couple.
    Un premier roman qui décoiffe, et bouscule, un style particulier, je serais curieuse de lire son prochain roman.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/07/15/21572513.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 24 juillet 2011

    Malaura
    Mamout comptait rentrer dans le droit chemin en travaillant dans une entreprise de plomberie.
    Oui mais son patron Dolto est un salaud de la pire espèce; escroc, voleur, menteur, il envoie ses gars sur des chantiers non sécurisés bricoler avec du matériel de récupération.
    Dolto est une ordure et pour Mamout la coupe est pleine.
    Il frôle la dépression, Dolto l'obsède, il veut le pièger, lui faire regretter ses magouilles ignobles.
    Alors il le suit à la trace, traquant le faux pas, attendant la faute....
    Ecrit comme on parle, dans un langage populaire, c'est un roman de la rue qu'a écrit Nan Aurousseau, un livre brut de décoffrage, sans fioriture.
    Les mots viennent comme ils viennent dans leur réalité crue, ils fusent et s'entrechoquent avec drôlerie, avec énergie, avec la rage de la France d'en bas, avec la puissance de leur imperfection.
    On lit vite, très vite, entraîné par le débit, sourire aux lèvres mais haine en dedans, à maudire ces patrons exploiteurs et escrocs comme il y en a tant..
    Un premier roman sympathique par un auteur qui impose son style à grands coups de rentre dedans.

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    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 23 septembre 2009

    lolo71
    Daniel, le narrateur, est employé dans une entreprise de plomberie. Son patron s'appelle Dolto, « un petit homme suave d'une cinquantaine d'années assez rond à l'extérieur mais géométriquement pourri et sans pitié à l'intérieur ». Dolto exploite ses ouvriers, dédaignant leurs conditions de travail, les forçant à bâcler les chantiers pour réduire les frais et maximiser les gains. Il a également arnaqué Dujardin, dont il a fait son associé, laissant ce dernier sur la paille, sans maison et sans sa femme partie avec les enfants. Dujardin, une Winchester dans le coffre de sa voiture, recherche pour se venger un Dolto devenu insaisissable. Ecoeuré par les magouilles et la morgue de son patron, Daniel craque et obtient un arrêt-maladie de six mois, mais en profite pour surveiller Dolto. Il le surprend une nuit en train de déménager le coffre-fort de la boîte. Daniel le suit, bien décidé à le faire payer.
    Comme Nan Aurousseau, Daniel est un ancien taulard. Issu d'un milieu ouvrier honnête et travailleur, il refuse le destin de prolétaire qui lui semble promis, et se lance très jeune dans les braquages. C'est en prison qu'il apprend la plomberie afin d'obtenir une liberté conditionnelle (« avec eux la liberté était toujours associée à des mots tels que "provisoire", "conditionnelle", "semi"… »). Bien des années plus tard, toujours révolté mais décidé à échapper au RMI, et pour aider sa femme à subvenir aux besoins du ménage, il est contraint d'accepter ce boulot. le piège - « c'est comme ça qu'on pourrait nommer la société » - a fini par se refermer sur lui.
    L'intrigue principale du roman alterne avec des réminiscences de Daniel sur son expérience des chantiers, monde impitoyable dans lequel la soif de profit pousse à rogner sur la qualité du travail. Les premières victimes de ce système en sont les habitants pauvres des quartiers sensibles – « d'ailleurs on devrait dire "quartiers à vif » -, un juteux marché pour les entreprises du BTP. Daniel doit également souvent se battre contre de petits chefs tyranniques et incompétents. Pour couronner le tout, il ne peut que faire le constat amer du délitement des valeurs de la classe ouvrière : « Ne me parlez pas de la classe ouvrière. Jamais. » Ou bien : « Vous ne l'aimez pas le prolo à ce moment-là, la très fameuse classe ouvrière des révolutionnaires romantiques de salon… »
    Comme dans tout bon roman noir, l'intrigue est prétexte à la dénonciation d'un système inique qui broie les plus faibles et les moins adaptés. Ouvrier doué d'une conscience forte, mais brisé par la vie, Daniel ne semble avoir le choix qu'entre violence et folie. L'écriture sèche et nerveuse est l'exact reflet de sa colère, et les quelques détournements d'expression pleins d'humour (« Pas de quoi casser trois pattes à un connard », « On n'est jamais si bien asservi que par soi-même », « Une gueule longue comme un jour sans femme ») ne suffisent pas à masquer la tonalité tragique de cette histoire. Ce percutant roman donne envie de découvrir les autres œuvres de Nan Aurousseau, ex-taulard et véritable écrivain.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/09/23/bleu-de-chauffe-de-nan..
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  • Par XL, le 17 janvier 2011

    XL
    J'ai beaucoup aimé le roman de Nan Aurousseau, même si la fin m'a laissée un peu "dans le brouillard" justement. Sur un sujet grave comme le déséquilibre des rapports sociaux et l'exploitation patronale, l'auteur réussit, avec son langage cru et un humour parfois décapant, à faire passer de vraies réflexions. Je ne suis pas forcément fanatique des citations mais il y a de vraies perles telles qu'une femme qualifiée de " bulldozer de la pensée quotidienne ", des fesses comme : " du fromage blanc dans un sac plastique ".
    Le racisme et l'intolérance en moins, le sujet m'a rappelé Elise ou la vraie vie de Claire Etcherelli, prix Femina 1967, qui figurait au programme de mes années lycée. Et aussi un ouvrage plus récent que je devrais enfin extraire de ma PàL, Les Derniers Jours de la classe ouvrière d'Aurélie Filippetti.
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    • Livres 3.00/5
    Par Matavem, le 29 juin 2010

    Matavem
    Le narrateur est un plombier vulnérable qui en voit de toutes les couleurs avec son patron : en effet le premier vient de sortir de prison, il est en liberté conditionnelle et le second ne pense qu'à faire du profit au détriment de ses employés. Mais notre héros n'est pas dupe ! Avec un humour qui grince et dans un style plein de verve et d'énergie, l'auteur nous informe d'une manipulation qui n'est peut-être pas seulement imaginaire...
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Citations et extraits

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  • Par line70, le 18 mars 2011

    On laisse filer, y a un coup de mou et quand le câble se retend c'est là que ça casse, parce que c'est mauvais les coups de mou, y a rien de pire en ce qui concerne les rapports entre l'homme et la femme, c'est une chose qu'il faut savoir: entre l'homme et la femme les rapports doivent être constamment tendus pour que ça dure. Je dis pas tendus à mort, mais tendus, toujours.
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  • Par Spilett, le 05 octobre 2010

    On sait qu'on ne va pas trop mal tant qu'on arrive à fréquenter les autres et à survivre sans tomber dans la violence.
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  • Par XL, le 17 janvier 2011

    Il me restait mes poches et j'ai mis mes mains dedans.

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