> Josie Salesse-Lavergne (Traducteur)
> Jacques Roubaud (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2264023805
Éditeur : Editions 10/18 (2000)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 147 notes) Ajouter à mes livres
Though Northanger Abbey is one of Jane Austen's earliest novels, it was not published until after her death--well after she'd established her reputation with works such as Pride and Prejudice, Emma, and Sense and Sensibility. Of all her novels, this one is the most ex... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Northanger Abbey
    Traduction : Josette Salesse-Lavergne
    « Northanger Abbey, » que Jane Austen acheva de rédiger en 1803 mais qui ne fut publié que treize ans plus tard, est de loin son roman le plus caustique.
    Une fois de plus, l'héroïne qu'elle a choisie, Catherine Morland, est issue de la petite bourgeoisie anglaise – son père est clergyman - et vit dans un paisible village du sud de l'Angleterre où, on le devine, les occasions de se distraire sont plutôt rares ou alors si routinières que mieux vaut ne pas s'y appesantir.
    Avec les ans, Catherine prend donc l'habitude de lire beaucoup, et essentiellement des romans, genre littéraire qui, à cette époque, était plutôt considéré par nombre de bien pensants comme une espèce de sous-littérature.
    C'est l'Age d'Or du « roman gothique » dont Jane Austen nous cite ici les grands noms, aujourd'hui bien oubliés si l'on excepte Horace Walpole, Ann Radcliffe, Maturin et bien sûr Matthew Gregory Lewis. Catherine raffole de ces ouvrages où pullulent les spectres et les princes du Mal et passe des heures à en lire les péripéties.
    Un jour cependant, une voisine de ses parents, Mrs Allen, femme frivole et assez sotte qui ne parle guère que lieux communs et toilette, l'invite à l'accompagner à Bath, station thermale et ville fort à la mode de l'époque. (Quelques années plus tard, Dickens brossera de cette ville un portrait tout aussi ironique dans les « Pickwick Papers. »)
    Arrivée à Bath, Catherine déchanterait assez vite si Mrs Allen ne se voyait reconnue par une ancienne camarade de pension, Mrs Thorpe, laquelle leur présente deux au moins de ses enfants : la somptueuse Isabel, jeune fille « dans le vent » d'une grande beauté et le présomptueux John, son seul fils, en qui Jane Austen caricature à plaisir le « dandy » dans toute sa gloire.
    Tout de suite, Isabel se prend d'un affection démonstrative et presque déclamatoire pour la douce, timide et naïve Catherine. Quant à son frère, qui, par un hasard comme les affectionnent les romanciers de tous âges et de tous genres, a eu pour condisciple à Oxford le propre frère de Catherine, James Morland, il se pose tout de suite en prétendant sérieux quoique non désiré.
    Pourquoi non désiré ? Eh ! bien, parce que John Thorpe non seulement est laid mais il est de plus stupide et parfaitement épuisant. Tandis que sa soeur ne saurait prononcer un mot sans tomber dans les déclarations outrancières – attend-elle cinq minutes qu'elle parle de « dix heures d'ennui effroyable » - son frère, lui, fait pratiquement les demandes et les réponses, disant ainsi tout et son contraire, et s'en s'en rendre compte un seul instant, qui pis est. Quant aux sujets sur lesquels il se montre intarissable, on en fait vite le tour : les chevaux, la mode, le jeu, la fortune d'un tel ou d'une telle. Ajoutez à cela qu'il aime à lever le coude et le portrait sera complet.
    En dehors de cela, rien. A la différence de sa soeur qui, au moins, lit des romans, John, lui, ne lit pas. (Vous imaginez l'horreur ? ...)
    Fort heureusement pour elle, Catherine a également fait la connaissance de Henry Tilney et de sa sœur, Eleonor. le premier ne lui est pas tout à fait indifférent, il faut bien le dire. Quant à la seconde, sa douceur et son bon sens l'attirent irrésistiblement. Aussi, lorsque le général Tilney, leur père, l'invite à faire un petit séjour chez eux, à Northanger Abbey, est-elle au comble de la joie.
    Entretemps, James, son frère, s'est fiancé avec Isabel, ce qui n'empêche nullement cette dernière de continuer à flirter à droite et à gauche, notamment avec le capitaine Frederick Tilney, frère aîné de Henry et d'Eleonor, débarqué à Bath pour y prendre un peu de bon temps …
    Voici, résumés tant bien que mal, les divers ingrédients qui vont permettre à Jane Austen de nous raconter, sur le ton pince-sans-rire qu'on lui connaît mais qui, dans ce livre, atteint au summum, une histoire certes sans prétention mais qui se laisse lire avec un vif plaisir. Ainsi qu'il est d'usage à l'époque, les méchants verront leurs espoirs s'effondrer et les gentils seront récompensés. le lecteur, quant à lui, se sera bien amusé même si la conclusion moralisatrice n'est pas sans lui évoquer les oeuvres de la comtesse de Ségur.
    Si vous n'avez jamais lu cet écrivain dont les idées et le style demeurent, malgré tout, beaucoup plus proches du XXème siècle que du XIXème, « Northanger Abbey » constitue, avec ce chef-d'œuvre que demeure « Orgueil et préjugés », le meilleur moyen pour aborder son œuvre. Si j'étais vous, je commencerai cependant par "Orgueil et préjugés", plus profond que cette pochade de grand talent qu'est "Northanger Abbey." ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par philo15, le 20 août 2008

    philo15
    Dans ce livre, il y a Catherine Morland qui n'a rien d'une héroïne.
    "Sa situation dans l'existence, le caractère de son père et celui de sa mère, sa propre personne et son tempérament. Tout s'oopposait également à ce qu'elle en fût une un jour."
    Il y a aussi Henry Tilney, cadet d'une des plus riches familles d'Angleterre, affable et plein d'humour.
    Au travers de leurs regards, pur voire naïf pour la première, ironique et sans complaisance pour le second, Jane Austen nous brosse un portrait satyrique de la bonne société de l'époque, dans laquelle les maîtres mots sont frivolités et superficialité.
    Les rapports d'argent y tiennent bien sûr une place très importante et l'écrivain est sans pitié avec ces jeunes filles qui par appât du gain, jouent un double jeu au risque de tout perdre. A ce sujet, il y a quelques passages particulèrement savoureux.
    Et, au milieu de ces manipulations et calculs, et puisqu'il s'agit d'un roman de Jane Austen, il y a l'amour vrai, celui qui triomphe toujours.
    A noter, les fréquentes à la littérature gothique notemment aux romans d'Anne Radcliffe et la parodie qu'il en ai faite au travers du comportement de Catherine lorsqu'elle est invitée à séjournée dans une très vieille abbaye.
    Une histoire pleine d'ironie et d'humour qui m'a souvent faite sourire. un style piquant pour un très agréable moment de lecture.
    Ce manuscrit intitulé à l'origine Susan n'a été publié qu'après la mort de son auteur, même si l'éditeur en avait acheté les droits de nombreuses années auparavant.
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    • Livres 4.00/5
    Par Akeera, le 07 octobre 2011

    Akeera
    Pas le plus connu des romans de cette auteure, et pourtant c'est un régal, surtout pour celles et ceux qui aiment déjà ce style. Et pour une fois ça change un peu, Jane Austen a voulu faire une parodie de ce genre qui était si à la mode à son époque: une jeune fille issue d'une famille plutôt normale (comprenez pas trop riche mais pas dans le besoin non plus) part en séjour avec une de ses tantes éloignées dans une station balnéaire très prisée, pour 6 semaines de bals et autres rencontres de salons! (Le truc impensable aujourd'hui) Elle y fait une critique drôle et fine de la société de cette époque, tout en suivant quand même le canevas classique de ses romans précédents, avec les premiers émois amoureux, etc! Enfin bref, si c'est votre tasse de thé (anglais, of course!), vous apprécierez autant que moi je pense!
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    • Livres 5.00/5
    Par Katsuura, le 21 janvier 2011

    Katsuura
    Mon œuvre préférée de Jane Austen.
    L'auteur y livre une satyre mordante et pleine d'ironie sur la bonne société anglaise du 19ème siècle.
    De plus, elle parodie avec un grand brio les grands romans gothiques de l'époque, en faisant de son personnage principal une jeune fille sans grande beauté, sans talent particulier et à laquelle il n'arrive rien de mystérieux : pas de machination infernale, d'enlèvement ou de meurtre inexpliqué. L'héroïne, Catherine, est jolie, gentille, très naïve et a une imagination débordante grâce aux romans noirs qu'elle dévore, imagination qui lui causera quelques déconvenues au cours de l'histoire.
    J'aime beaucoup le héros, Henry qui a beaucoup d'humour et n'hésite pas à taquiner Catherine et sa sœur Eleonore, tout en restant un parfait gentleman.
    On rencontre aussi la famille Thorpe, véritable caricature de tout ce que déteste l'auteur : des personnes stupides, vaniteuses, soucieuses de leur apparence, orgueilleuses. On prend plaisir à se moquer d'eux et à s'indigner de leur conduite scandaleuse.
    Il est à noter que Catherine est la seule héroïne de Jane Austen à être dotée de parents bons, raisonnables, instruits et pensant en premier lieu au bonheur de leurs enfants.
    Le style est toujours drôle, incisif. C'est un vrai bonheur de lire ce livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par claudialucia, le 08 octobre 2010

    claudialucia
    On ne peut pas visiter Bath sans relire Northanger Abbey de Jane Austen. C'est donc ce que j'ai fait et en anglais, qui plus est! Jugez de l'exploit...enfin pour moi!
    Northanger Abbey est l'histoire de Catherine Morland, dix sept ans, fille de pasteur, jamais sortie de sa campagne natale, que des amis, monsieur et madame Allen, amènent à Bath. Pour la jeune fille naïve et ignorante, Bath est la ville des Merveilles. Les bals, le théâtre, les salons de thé, les rues bondées qui offrent la richesse de leurs beaux magasins, une société aisée et brillante, tout éblouit la jeune campagnarde. Et puis il y a les rencontres, celle de l'adorable Isabella Thorpe qui aime tant sa "sweetest Catherine" et de son frère John, lourdaud et importun. Il y a aussi le beau Henry Tilney qui fait battre son coeur et Eleonor, sa soeur, réservée et discrète. Et enfin, pour couronner le tout, l'invitation miraculeuse du Général Tilney, père de Henry et d'Eleonor, dans son domaine de Northanger Abbey. C'en est trop pour Catherine! Voilà qui lui fait tourner la tête....
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 07 mai 2010

    - Ce gentleman m'aurait vraiment mis hors de moi s'il était resté avec vous trente secondes de plus. Il n'a pas à détourner de moi l'attention de ma cavalière. Nous avons passé vous et moi un contrat de mutuelle amabilité l'espace d'une soirée, et pendant que tout ce temps, l'amabilité de chacun de nous appartient exclusivement à l'autre. Nul ne peut imposer à l'attention de l'un sans insulter les droits de l'autre. Je vois la contredanse comme un emblème du mariage. La fidélité et l'obligeance y sont également les devoirs principaux, et les hommes qui ne désirent ni danser ni se marier n'ont point à s'occuper des cavalières ou des femmes de leurs voisins.
    - Mais ce sont là des choses si différentes...
    -...qu'on ne peut pas les comparer, pensez-vous.
    - Certes. Les gens qui se marient ne peuvent plus jamais se séparer. Ils doivent au contraire sortir ensemble ou rester ensemble chez eux. Les gens qui dansent, eux, ne font que rester face à face pendant une demi-heure dans une grande salle.
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  • Par Yuko, le 11 janvier 2012

    Voici qui est bien étrange ! Je ne m'attendais pas à cela ! Une énorme et lourde malle ! Que peut-elle bien contenir ? Pourquoi l'avoir placée là ? ... A l'écart, comme si on voulait la dissimuler... Je vais regarder ce qu'elle contient... Coûte que coûte, je vais regarder ce qu'elle contient... et sur le champ encore ! A la lumière du jour... Si j'attends ce soir pour le faire ma bougie risque de s'éteindre... (...)
    La douloureuse curiosité de Catherine ne cessait de croître. Les mains tremblantes, elle saisit le moraillon du fermois et décida à tout hasard de vérifier le contenu du coffre (...) A ce moment précis, on frappa brusquement à la porte... Elle sursauta et lacha le couvercle qui retomba bruyamment. A la honte d'avoir nourri, pendant quelques minutes, des espérances ridicules, s'ajoutait à présent pour Catherine celle d'être surprise dans son absurde enquête (...) Elle rougit violemment, attacha sa robe et se hâta de prendre de sages résolutions.
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  • Par csapin, le 16 mai 2011

    Elle lut tous ces ouvrages que doivent lire les héroïnes pour emplir leur mémoire de ces citations qui s'avèrent tellement utiles et tellement apaisantes dans les vicissitudes de leur existence mouvementée.

    De Pope, elle apprit à censurer ceux qui

    "Portent partout leurs moqueries sur l'infortune..."

    De Gray, elle sut que

    "Mainte fleur est née pour rougir, invisible, et pour gaspiller sa fragrance dans un désert..."

    De Thompson, que

    "C'est une tâche délicieuse que d'apprendre à la jeune idée à percer..."

    Shakespeare lui fournit nombre d'informations. Elle apprit entre autres que

    "Des bagatelles légères comme l'air sont aux yeux du jaloux une aussi puissante assurance que les preuves que livrent les Saintes Ecritures..."

    Que

    Le pauvre scarabée que nous écrasons souffre en son corps des transes aussi cruelles qu'un géant lorsqu'il meurt..."

    Et qu'une jeune femme amoureuse est comme

    "La Patience qui sur son monument sourit à la Souffrance..."
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  • Par Katsuura, le 21 janvier 2011

    Bien qu'Henry fût sincèrement attaché à Catherine, bien qu'il fût conscient et ravi de toutes ses imperfections morales et appréciât réellement sa compagnie, il me faut en effet avouer que sa tendresse n'avait pas de plus noble origine que la gratitude, ou, en d'autres termes, qu'il n'avait commencé à l'aimer que parce qu'elle l'aimait. Une telle situation est très nouvelle dans le roman, je le reconnais, et elle porte, certes affreusement atteinte à la dignité de l'héroïne. Si elle se révèle tout aussi nouvelle dans la vie quotidienne, on m'accordera du moins une folle imagination.
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  • Par hootyowl, le 06 septembre 2010

    [Dans un roman] se manifestent les plus grands talents de l'esprit, où sont transmis au monde, dans un langage choisi, la connaissance la plus complète de la nature humaine, la peinture la plus juste de sa diversité, les traits les plus vifs d'esprit et d'humour.
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