ISBN : 2264023813
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 421 notes) Ajouter à mes livres
Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgoisie locale étriquée et à l'hypocrisie feutrée.
L'aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 21 avril 2012

    Aline1102
    Suite au décès de Mr Dashwood, sa femme et ses filles se font littéralement jeter à la porte de Norland, leur ancienne propriété, par John Dashwood, le fils issu du premier mariage de Mr Dashwood, et Fanny, l'épouse de John. Cette dernière est particulièrement pressée de se débarasser de Mrs Daswhood et de ses trois filles, car l'aînée de celles-ci, Elinor, semble plaire à Edward Ferrars, le frère de Fanny. Et Elinor n'est bien entendu pas assez riche pour être fréquentable.
    Heureusement, un parent de Mrs Dashwood, Sir John Middleton, possède un cottage sur ses terres et se propose d'y accueillir ses parentes. La proposition de Sir John est acceptée avec reconnaissance et les Dashwoods deviennent donc les voisines de cet homme accueillant, mais aussi envahissant et curieux.
    C'est dans ce cottage de Barton Park que Marianne Dashwood va rencontrer celui qu'elle voit comme le grand amour de sa vie, John Willoughby. Mais Marianne a également attiré l'attention du Colonel Brandon, un ami de longue date de Sir John. Lequel des deux choisira-t-elle?
    Elinor, quant à elle, reçoit de mauvaises nouvelles en ce qui concerne Edward: le jeune homme serait déjà secrètement fiancé. Parviendra-t-elle a surmonter cette déception, tout en cachant ses sentiments à son entourage, qu'elle ne veut pas impliquer dans ses histoires de coeur?

    Jane Austen nous régale avec cette histoire romantique et dramatique, qui cache de nombreuses scènes humoristiques parmi ses pages.
    Car tout ne tourne pas autour de la romance des deux demoiselles Dashwood. le texte se concentre aussi sur les personnages secondaires, parmi lesquels la fameuse Mrs Jennings. Et cette brave femme et sa curiosité maladive amusent bien souvent le lecteur. Grande spécialiste des commérages, Mrs Jennings sait tout ce qu'il y a à savoir sur la bonne société de son époque et n'hésite pas à partager ses connaissances avec qui veut bien l'entendre. C'est d'ailleurs bien souvent grâce à elle que l'on en apprend plus sur certains personnages de l'histoire.
    Mais le thème central du roman reste la réflexion que Jane Austen développe au sujet de la Raison et des Sentiments, comme le montre le titre.
    La Raison, c'est Elinor, l'aînée des filles Dashwood. Contrairement à sa mère et à sa Marianne, Elinor ne se laisse jamais emporter par ses sentiments ou ses instincts. C'est donc souvent elle qui prend les décisions importantes et qui rappelle Marianne à l'ordre.
    Marianne représente les Sentiments. Elle se laisse guider par sa passion pour annalyser toute situation et désire vivre intensément chaque instant de son existence. Elle juge les gens assez rapidement et, bien souvent, injustement, car elle méprise tous ceux qui ne se laissent pas dominer par leurs sentiments. Et, persuadée qu'une grande passion ne peut se vivre sans de nombreuses démonstrations, sa conduite lors de sa relation avec Willoughby est bien souvent proche de l'inconvenance, à tel point qu'Elinor doit souvent la rappeler à l'ordre.
    Mais, au fur et à mesure de l'évolution du récit, les deux jeunes filles vont être confrontées à certaines déceptions qui vont les obliger à changer et à revoir leurs réactions face aux événements auxquels elles seront confrontées.
    Ainsi, Marianne va peu à peu apprendre à ne plus se laisser submerger par ses émotions. Si ce calme n'est qu'apparent au début et révèle plus une indifférence totale pour les personnes qui l'entourent, ce trait de caractère va toutefois se développer de plus en plus. A tel point que Marianne va se rapprocher de la Raison de son aînée. Cela ne la rendra que plus sympathique.
    De son côté, Elinor va apprendre à montrer ses sentiments. le choc de certaines révélations au sujet d'Edward vont développer le côté sensible de cette jeune fille qui avait l'habitude d'analyser froidement toute situation se présentant à elle. Submergée plus d'une fois par ses émotions, Elinor va comprendre la manière dont "fonctionne" sa cadette et changer peu à peu, elle aussi.
    La fin du récit nous montre donc deux jeunes femmes ayant atteint un équilibre entre la Raison et les Sentiments. Une belle leçon de vie, en somme.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Sense & Sensibility
    Traduction : Marcelle Sibon
    Henry James et Virginia Woolf l'ont célébrée à l'envi : il faut bien admettre que Jane Austen ne ressemble à personne lorsqu'elle s'avise de disséquer la société dans laquelle elle est née. Ses dialogues, qui dissimulent autant qu'ils en disent, sont de véritables chefs-d'oeuvre, aussi travaillés que ceux - d'un tout autre genre mais eux aussi britanniques - de P.G. Wodehouse.
    Pourtant, le monde qu'elle n'a cessé de dépeindre dans ses livres demeure un monde aussi clos que celui que l'on rencontre dans les Romans dits "à l'eau de rose" ou encore "pour jeunes filles de bonne famille." Les valeurs qu'elle défend, force morale, discrétion, réserve, bonne éducation, on les retrouve par exemple chez des auteurs plus humbles, comme Delly en France. Un même parallèle peut s'établir quant aux thèmes repris, plus nettement féeriques chez Delly mais qui, chez Austen, descendent eux aussi des histoires de jeunes filles mal aimées ou méconnues qui, pourtant, finissent un jour par atteindre au bonheur.
    Dans "Raison & Sentiments", qui fut son premier ouvrage de grande ampleur, le lecteur assiste au véritable parcours du combattant qui attend Elinor Dashwood, jeune fille de bonne mais modeste famille, amoureuse du fils aîné de Mrs Ferrars, vieille femme de caractère snob et méprisant qui s'oppose, bien entendu, à tout mariage considéré par elle comme inférieur à La Condition et à la fortune de son fils Edward.
    Comme si cela ne suffisait pas, la pauvre Elinor, à la suite d'un concours de circonstances que je vous laisse découvrir, est prise comme confidente par Lucy Steele, laquelle affirme être fiancée secrètement à Edward depuis que celui-ci a séjourné chez son père.
    Vous imaginez le martyre ? ...
    Mais un martyre bien entendu subi dans la plus grande dignité par la sage et très raisonnable Elinor.
    En contrepoint, sa soeur cadette, Marianne, laisse parler ses sentiments envers le beau mais tout aussi libertin Willoughby. Marianne est en effet une nature excessive et l'on peut voir en elle une caricature très fine des sentiments romantiques de l'époque qui prenaient alors leur essor - Jane Austen mourut en 1817, probablement des suites De la maladie d'Addison, sur laquelle on n'avait pas encore mis de nom.
    Surviennent évidemment la découverte des véritables intentions de Willoughby - épouser une fille fortunée - puis la dépression de Marianne et son repli sur soi. Si elle souffre en silence, nul ne peut en tous cas ignorer sa douleur tant celle-ci est visible. Jusque dans le malheur, les deux soeurs sont aux antipodes l'une de l'autre et il faudra près de 370 pages en édition de poche pour que la cadette comprenne toute la grandeur de l'attitude de sa soeur.
    Comme toujours chez Austen, les seconds rôles sont irremplaçables : Mrs Jennings, qui nous apparaît tout d'abord comme une insupportable bavarde mais nous révèlera peu à peu une nature attachante et généreuse ; son beau-fils, sir John Middleton, petit hobereau brouillon mais sympathique ; ses deux filles, lady Middleton et Charlotte Palmer, toutes deux sottes comme des oies mais chacune dans un registre différend ; le dévoué colonel Brandon et, telles deux cerises d'un rouge agressif sur une montagne de crème, Mr et Mrs John Dashwood, demi-frère et (demi-)belle-soeur d'Elinor et Marianne. C'est à eux que Jane Austen a confié l'ouverture du roman, en un dialogue (chapitre 2) allègre et grinçant où elle dénonce pour la première fois le triste sort qui était fait à son époque aux veuves et aux filles laissées sans grand héritage par leur père.
    Avec "Orgueil et Préjugés" et sans doute "Northanger Abbey", "Raison & Sentiment" reste à mes yeux le plus plaisant des six Romans achevés par Jane Austen dans sa courte vie. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 11 février 2012

    pile
    A la mort de Mr Dashwood, selon la loi en vigueur en ce début de XIXe siècle en Angleterre, son fils John né d'un premier mariage hérite de tout. Puis, sous la mauvaise influence de sa femme, l'insupportable Fanny, John oublie très vite la promesse qu'il avait faite à son père de veiller à ce que ses trois soeurs et leur mère ne manquent de rien. Celles-ci se retrouvent donc sans le sou, obligées de déménager pour un petit cottage dans la campagne anglaise, avec pour seul espoir de bons mariages pour les deux aînées. Justement les deux jeunes filles ne tardent pas à tomber amoureuses. L'aînée, la raisonnable Elinor, jette son dévolu sur Edward, le frère de Fanny. Quant à la cadette, la sentimentale Marianne, elle tombe éperdument amoureuse d'un certain Willoughby, rencontré par hasard lors d'une promenade. Mais très vite les deux soeurs qui se voyaient déjà fiancées vont déchanter. Chacun de leurs prétendants aurait déjà une fiancée. Confrontées à la même situation, Elinor et Marianne, les deux soeurs aux caractères opposés, vont réagir bien différemment…
    Raison et Sentiments est le premier roman publié de Jane Austen. Paru en 1811, il a tout juste 200 ans. C'est en fait la version remaniée d'un de ses premiers romans de jeunesse, un roman épistolaire alors intitulé Elinor et Marianne. On y retrouve un des thèmes les plus chers à Jane Austen : l'accès au mariage des jeunes filles de bonne famille, quand les histoires d'amour et les questions d'argent s'emmêlent. L'action se situe dans le milieu de la gentry, cette bonne société de la campagne anglaise. Mais la famille Dashwood voit son statut social vaciller dés les premières lignes du roman.
    Les deux soeurs Dashwood ont des caractères totalement opposés. Elinor est du côté de la raison. C'est une personne modérée, qui reste sur la réserve et dévoile peu ses sentiments. Marianne, sa soeur, fait preuve de beaucoup moins de retenue. Facilement exaltée, elle ne cache à son entourage ni ses joies ni ses peines. Capable de fondre en larmes ou de s'évanouir à la première occasion, elle est l'héroïne romantique par excellence. Sur son passage même les éléments naturels se déchaînent : il pleut, le vent souffle, l'orage gronde… C'est d'ailleurs à une tempête qu'elle doit sa rencontre avec Willoughby.
    Jane Austen manipule ses personnages comme des marionnettes et leur fait vivre sensiblement la même chose au même moment : elles tombent amoureuses, se croient déjà fiancées, puis chacune apprend que son fiancé était déjà engagé avec une autre. Comment vont-elles réagir ? Très différemment bien sûr ! Elinor ne laissera rien paraître, tandis que Marianne ne sera pas loin de se ridiculiser en public. Si l'on en croit la fin du roman (qui, rassurez-vous, est tout de même heureuse pour tout le monde), Jane Austen semble prendre parti pour la raison. Mais on sent qu'elle a tout de même beaucoup de tendresse et d'indulgence pour Marianne.
    J'ai un peu moins aimé Raison et Sentiments que je n'avais apprécié Orgueil et préjugés. Pourtant le roman s'ouvre (presque) sur une scène de comédie comme je les aime. Un dialogue entre John et sa femme Fanny, au sujet de l'aide à apporter à Mme Dashwood et ses filles, est aussi amusant que la scène d'ouverture d'Orgueil et préjugés. Mais ensuite le roman m'a paru mois enlevé, l'humour moins présent. Beaucoup de considérations sur la psychologie des personnages m'ont même fait trouver le temps un peu long par moments. Mais cela reste tout de même globalement une lecture des plus agréables.
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    • Livres 4.00/5
    Par Flambert, le 15 mai 2012

    Flambert
    Raison et Sentiments, ce sont deux histoires d'amour, celles de deux soeurs dans la société anglaise du XIXe siècle. Elinor, calme, posée, en un mot raisonnable ; et Marianne, impétueuse, entière, dominée par le sentiment. Toutes deux sans fortune, elles savent que leur condition sociale est une source de difficulté pour leurs histoires d'amour. Tandis que Marianne s'éprend du jeune Willoughby, d'un amour passionnel et sans condition, Elinor rêve à Edward Ferrars, le frère de sa belle-soeur, celle-là même qui l'a jetée à la porte.
    Entre amour, argent et conventions sociales, les jeunes filles vont connaître des obstacles à leur amour. Se plieront-elles aux conventions et à la raison, ou leurs sentiments triompheront-ils de tout ?
    Au final, la passionnée Marianne fera un mariage de raison tandis que la raisonnable Elinor fera passer avant tout ses sentiments.
    Un joli roman, une belle histoire d'amitié entre des soeurs. Où les personnages secondaires, comme toujours chez Jane Austen, sont si bien croqués. Où les moeurs et bonnes manières sont épinglés. Où l'on apprend que la raison peut triompher des sentiments, et vice-versa. D'une grande modernité.
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 01 septembre 2011

    juliette2a
    J'ai beaucoup aimé "Raison et Sentiments" de Jane Austen.
    En effet, c'est le premier roman dans laquelle se trouvent deux héroines, Elinor et Marianne Dashwood.
    C'est un très beau roman, avec comme toujours les prétendants: le colonel Brandon et Willoughby pour Marianne et Edward Ferrars pour Elinor.
    Marianne est une passionnée ne voulant exprimer que ses sentiments alors que sa soeur est plus réservée, pleinde de raisons.
    Personnellement, j'aime beaucoup Margaret, leur petite soeur, qui exprime clairement son opinion et se trouve toujours à des endroits où se passent généralement beaucoup de choses (comme la Boucle de cheveux) mais je n'en dit pas plus...
    Je recommande donc "Raison et Sentiments" qui d'après moi, est le deuxième plus beau roman de Jane Austen après "Orgueil et Préjugés", bien sûr !!
    A lire !
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Citations et extraits

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  • Par SALOMONI-Fabrice, le 05 avril 2012

    J'espère , Marianne , que vous ne le considérez pas comme manquant de goût en général. Du reste, cela me paraîtrait bien impossible, car votre attitude envers lui est parfaitement cordiale, et si telle était votre opinion,je suis bien sûre que vous ne pourriez jamais le traiter aussi calmement !

    Marianne ne savait vraiment que dire. Elle ne voulait à aucun prix blesser les sentiments de sa sœur, et, pourtant , il lui était impossible de parler contre sa pensée. A la fin, elle répliqua :

    Ne m'en veuillez pas, Elinor, si l'éloge que j'en fais ne correspond pas exactement au sentiment que vous avez de ses mérites. Je n'ai pas eu autant d'occasion que vous d'observer minutieusement la direction de son esprit, ses inclinations et ses goût. Mais j'ai la meilleure opinion de sa droiture et de son jugement.

    Je le tiens pour tout ce qu'il y a de plus digne et de plus aimable.
    Il est certain, répliqua Elinor en souriant, que ses meilleur amis ne pourraient se plaindre d'une pareille appréciation. Je ne vois pas comment vous pourriez vous exprimer plus chaleureusement

    Marianne s'applaudit de voir sa sœur si aisément satisfaite.

    Pour son intelligence et ses principes, continua Elinor, il est impossible de les mettre en doute lorsqu'on a eu souvent l'occasion de causer avec lui dans l'intimité. C'est seulement sa timidité qui l'empêche de les montrer et le réduit au silence.
    Vous en savez assez sur lui pour rendre justice à ses solides qualités de fond. Mais les circonstances ont fait que vous êtes moins au courant que moi de ce que sont ses goûts.
    Nous nous sommes souvent trouvés ensemble tandis que vous vous consacriez de la façon la plus affectueuse à notre mère.
    J'ai eu le loisir de l'étudier longuement, de connaître ses sentiments, de l'entendre exprimer ses opinions sur la littérature et l'art ; et, au total, j'ose affirmer que son esprit est fort cultivé, son amour des livres très vif, son imagination éveillée, son sens de l'observation juste correct et son goût délicat et pur.

    A mesure qu'on le connait mieux, on apprécie d'autant plus ses talents ainsi que ses manières et sa personne. Son abord ne frappe certainement pas à première vue, et on ne le trouve guère intéressant jusqu'à ce qu'on ai fait attention à l'expression incomparable de ses yeux et à la grâce de son maintien.
    Je le connais maintenant si bien que je le trouve beau, ou du moins, c'est tout comme.

    Qu'en dites-vous Marianne?
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  • Par letteratura, le 25 mai 2011

    Chère Mademoiselle,

    Je viens d'avoir l'honneur de recevoir votre lettre et vous prie d'accepter en échange mes sincères remerciements. Je suis navré d'apprendre qu'il ait pu y avoir quelque chose dans ma façon d'agir hier soir qui n'ait pas rencontré votre approbation? Bien que je sois dans le grand embarras pour découvrir par quel détail de mon comportement j'ai pu avoir le malheur de vous offenser, je vous conjure de me pardonner, ce qui, je vous l'assure, s'est produit sans aucune mauvaise intention de ma part. Je ne penserai jamais aux relations que j'ai eues autrefois avec votre famille dans le Devon sans les sentiments les plus vifs de plaisir et de gratitude, et je me flatte qu'ils n'auront point à disparaître sous l'effet de quelque méprise ou de quelque interprétation erronée de mes actions. L'estime que je porte à tout votre famille est des plus sincères. Mais si j'ai eu le malheur de donner à croire davantage que je ne ressentais ou que je ne cherchais à exprimer, je me reprocherai de ne pas avoir été plus circonspect dans la manière dont j'ai fait connaître cette estime. Que j'aie jamais voulu laisser entendre davantage est une chose dont vous reconnaîtrez l'impossibilité quand vous comprendrez que mon coeur est depuis longtemps promis à une autre et que beaucoup de semaines ne s'écouleront pas avant que cet engagement soitjane austen,raison et sentiment,sense and sensibility,lettre,letter,marianne,willoughby tenu. C'est avec beaucoup de regrets que j'obéis à vos ordres de retourner les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser et la mèche de cheveux que vous m'avez si obligeamment accordée.

    Je suis, chère Mademoiselle, votre très obéissant et très humble serviteur,

    John Willoughby"
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  • Par Morgouille, le 22 juin 2009

    — Quatre mois ! et cependant vous l’aimiez !
    — Oui, mais je n’aime pas que lui, et, le bonheur des autres m’étant cher, j’étais heureuse de leur épargner le spectacle de mes souffrances. Maintenant, je ne veux pas que vous vous inquiétiez à cause de moi, car je vous assure que je ne souffre plus vraiment moi-même. J’ai, pour me soutenir, beaucoup de choses. J’ai conscience de n’avoir provoqué ma déception par aucune imprudence et je l’ai supportée de mon mieux sans l’augmenter. Je n’impute à Edward aucune faute véritable. Je voudrais qu’il fût très heureux. Et je suis sûre qu’il fera toujours son devoir, que, bien qu’il puisse ressentir en ce moment quelque regret, je pense qu’à la fin cela pourra s’arranger. Lucy ne manque pas de bon sens et, sur ce fondement, on peut bâtir beaucoup de bien. Et, après tout, Marianne, quand on réfléchit à ce qu’il y a d’admirable dans l’idée d’un attachement constant et unique, et quand on imagine tout ce qui est inclus dans cette idée que le bonheur d’une personne dépend entièrement d’une autre, n’est-il pas concevable, n’est-il pas possible qu’il en soit ainsi ? Edward épousera Lucy et il épousera une personne supérieure physiquement et moralement à la moitié de son sexe ; et le temps et l’habitude l’amèneront à oublier qu’il ait jamais pensé à une autre qui valait mieux qu’elle.
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  • Par wictoria, le 17 avril 2010

    Elinor ne répondit rien. Elle méditait silencieusement sur le mal irréparable qui découlait d'une indépendance prématurée. La paresse, la dissipation, le luxe qui en avaient été la conséquence avaient anéanti l'esprit et le caractère, détruit le bonheur d'un homme doué de tous les avantages du corps et de l'esprit. Avec des dispositions naturelles à la franchises et à l'honnêteté et un coeur sensible et aimant, le monde l'avait rendu d'abord extravagant et vain; et, peu à peu, insensible et égoïste. La vanité, en lui faisant rechercher un triomphe coupable aux dépens d'une autre, l'avait mis sur la route d'un amour sincère que son emportement vers les plaisirs l'avait forcé à sacrifier. Chaque concession en l'inclinant vers le mal l'avait également conduit au châtiment. L'amour qu'il avait volontairement repoussé contre son honneur, son propre sentiment et son véritable intérêt, le possédait tout entier, maintenant qu'il lui était interdit.
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  • Par Shana, le 03 mars 2010

    « Oh ! s'écria Marianne, avec quels transports je voyais tomber les feuilles ! Quelles délices, quand je me promenais, de les voir tourbillonner autour de moi, emportées par le vent ou entraînées dans le ruisseau ! Quel sentiment de douce mélancolie m'inspiraient ces arbres effeuillés, cet air sombre d'automne, ces feuilles jaunes et flétries qui résonnaient sous mes pas ! Maintenant personne ne les admire, personne ne les regarde, on les dédaigne, et l'on se hâte de les balayer ; de les ôter. »
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"Persuasion" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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