ISBN : 2264023813
Éditeur : Editions 10/18 (1999)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 353 notes) Ajouter à mes livres
Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgoisie locale étriquée et à l'hypocrisie feutrée.
L'aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Sense & Sensibility
    Traduction : Marcelle Sibon
    Henry James et Virginia Woolf l'ont célébrée à l'envi : il faut bien admettre que Jane Austen ne ressemble à personne lorsqu'elle s'avise de disséquer la société dans laquelle elle est née. Ses dialogues, qui dissimulent autant qu'ils en disent, sont de véritables chefs-d'oeuvre, aussi travaillés que ceux - d'un tout autre genre mais eux aussi britanniques - de P.G. Wodehouse.
    Pourtant, le monde qu'elle n'a cessé de dépeindre dans ses livres demeure un monde aussi clos que celui que l'on rencontre dans les Romans dits "à l'eau de rose" ou encore "pour jeunes filles de bonne famille." Les valeurs qu'elle défend, force morale, discrétion, réserve, bonne éducation, on les retrouve par exemple chez des auteurs plus humbles, comme Delly en France. Un même parallèle peut s'établir quant aux thèmes repris, plus nettement féeriques chez Delly mais qui, chez Austen, descendent eux aussi des histoires de jeunes filles mal aimées ou méconnues qui, pourtant, finissent un jour par atteindre au bonheur.
    Dans "Raison & Sentiments", qui fut son premier ouvrage de grande ampleur, le lecteur assiste au véritable parcours du combattant qui attend Elinor Dashwood, jeune fille de bonne mais modeste famille, amoureuse du fils aîné de Mrs Ferrars, vieille femme de caractère snob et méprisant qui s'oppose, bien entendu, à tout mariage considéré par elle comme inférieur à La Condition et à la fortune de son fils Edward.
    Comme si cela ne suffisait pas, la pauvre Elinor, à la suite d'un concours de circonstances que je vous laisse découvrir, est prise comme confidente par Lucy Steele, laquelle affirme être fiancée secrètement à Edward depuis que celui-ci a séjourné chez son père.
    Vous imaginez le martyre ? ...
    Mais un martyre bien entendu subi dans la plus grande dignité par la sage et très raisonnable Elinor.
    En contrepoint, sa soeur cadette, Marianne, laisse parler ses sentiments envers le beau mais tout aussi libertin Willoughby. Marianne est en effet une nature excessive et l'on peut voir en elle une caricature très fine des sentiments romantiques de l'époque qui prenaient alors leur essor - Jane Austen mourut en 1817, probablement des suites De la maladie d'Addison, sur laquelle on n'avait pas encore mis de nom.
    Surviennent évidemment la découverte des véritables intentions de Willoughby - épouser une fille fortunée - puis la dépression de Marianne et son repli sur soi. Si elle souffre en silence, nul ne peut en tous cas ignorer sa douleur tant celle-ci est visible. Jusque dans le malheur, les deux soeurs sont aux antipodes l'une de l'autre et il faudra près de 370 pages en édition de poche pour que la cadette comprenne toute la grandeur de l'attitude de sa soeur.
    Comme toujours chez Austen, les seconds rôles sont irremplaçables : Mrs Jennings, qui nous apparaît tout d'abord comme une insupportable bavarde mais nous révèlera peu à peu une nature attachante et généreuse ; son beau-fils, sir John Middleton, petit hobereau brouillon mais sympathique ; ses deux filles, lady Middleton et Charlotte Palmer, toutes deux sottes comme des oies mais chacune dans un registre différend ; le dévoué colonel Brandon et, telles deux cerises d'un rouge agressif sur une montagne de crème, Mr et Mrs John Dashwood, demi-frère et (demi-)belle-soeur d'Elinor et Marianne. C'est à eux que Jane Austen a confié l'ouverture du roman, en un dialogue (chapitre 2) allègre et grinçant où elle dénonce pour la première fois le triste sort qui était fait à son époque aux veuves et aux filles laissées sans grand héritage par leur père.
    Avec "Orgueil et Préjugés" et sans doute "Northanger Abbey", "Raison & Sentiment" reste à mes yeux le plus plaisant des six Romans achevés par Jane Austen dans sa courte vie. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 01 septembre 2011

    juliette2a
    J'ai beaucoup aimé "Raison et Sentiments" de Jane Austen.
    En effet, c'est le premier roman dans laquelle se trouvent deux héroines, Elinor et Marianne Dashwood.
    C'est un très beau roman, avec comme toujours les prétendants: le colonel Brandon et Willoughby pour Marianne et Edward Ferrars pour Elinor.
    Marianne est une passionnée ne voulant exprimer que ses sentiments alors que sa soeur est plus réservée, pleinde de raisons.
    Personnellement, j'aime beaucoup Margaret, leur petite soeur, qui exprime clairement son opinion et se trouve toujours à des endroits où se passent généralement beaucoup de choses (comme la Boucle de cheveux) mais je n'en dit pas plus...
    Je recommande donc "Raison et Sentiments" qui d'après moi, est le deuxième plus beau roman de Jane Austen après "Orgueil et Préjugés", bien sûr !!
    A lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par nuitet0ilee, le 15 janvier 2012

    nuitet0ilee
    Je continue de découvrir l'univers de Jane Austen, cette fois en VO. Au début l'anglais ne m'a pas paru si difficile mais comme je lis moins vite je finissais par m'ennuyer alors j'ai lancé la lecture audio par Librivox tout en lisant mon texte, et tout de suite j'ai retrouvé ce que j'aime dans les livres de Jane Austen : l'ironie, la critique de la société du XIXe, les conventions de cette époque, les personnages très bien définis.
    L'histoire est simple : Elinor est dirigé plus par sa raison et Marianne par sa passion, ses sentiments d'où le titre. Les sœurs Dashwood et leur mère quittent le domaine de Norland suite au décès de leur père qui doit laisser ce domaine à son fils aîné, le beau-frère des sœurs est Edward Ferrars, un jeune homme timide qui montre une certaine attirance envers Elinor. Les Dashwood s'installent dans une simple chaumière vu leur condition financière. Elles y rencontrent le colonel Brandon, un homme d'un trentaine d'années qui est vite charmé par Marianne ; mais Marianne lors d'une chute rencontre Willoughby, un jeune homme séduisant qui a les mêmes goûts qu'elle.
    Au départ pour les personnages j'ai été perdu car Jane Austen présente la situation avec de nombreux personnages, mais rapidement resitué tout le monde. Elinor est une jeune femme raisonnable, peut-être j'ai eu envie de lui dire “montre tes sentiments”, “ne fais pas le robot”. Car malheureusement je me retrouve plus dans le personnage de Marianne, j'ai été comme elle à une époque, peut-être moins fort qu'elle l'est (encore heureux!). Elle ne peut cacher ses sentiments, elle a à peu près la même conception que moi de l'amour. Par compte, la troisième sœur est totalement absente du récit. La mère est un peu comme Marianne, là par compte je pense comme Elinor, quand elle souhaite une maison elle ne pense pas à l'aspect financier par exemple. Colonel Brandon, dans le livre, j'ai eu pas mal de pitié pour lui, c'est triste de voir un amour à sens unique, il est touchant comme personnage. Willoughby, au début charmé, puis totalement haï, et enfin beaucoup de pitié (il reste touchant le jour où il révèle à Elinor la vérité, qu'il aime Marianne mais qu'il n'a pas assez d'argent). Edward Ferrars est émouvant par sa timidité. le demi-frère des sœurs (fils du premier mariage), John Dashwood est totalement dominé par sa femme, alors qu'il devrait aider ses sœurs à être confortablement installé, il laisse faire. Dans Orgueil et préjugés, je détestais Caroline Bingley, ici, c'est Miss John Dashwood, la belle-sœur, elle se permet de s'installer à Norland quelques jours après la mort de M. Dashwood et elle se refuse à donner quoique ce soit à ses belles-sœurs tout cela pour gâter son fils. Dans S&S, il y a aussi une femme autoritaire comme Lady Catherine de Bourgh, ici elle s'incarne en Mrs Ferrars. Ah oui, j'oubliais Lucy Steele, qui essaie de rendre jalouse Elinor, sa sœur et elle sont si bêtes qu'elles me font presque rire ! Mrs Jennings m'a d'abord agacée, j'ai eu l'impression de voir la mère des sœurs Bennet, mais en fait elle est une femme très généreuse et aimant les commérages.
    Pour les relations amoureuses, celle entre Elinor et Edward est plus que touchante, bon j'ai pleuré à la fin ! J'ai été brisée par Willoughby comme Marianne, par compte pas très convaincue par la relation Marianne & colonel Brandon en final, j'ai pensé que c'était par dépit :/.
    Comme dans Orgueil et préjugés, j'ai retrouvé des thèmes de l'auteur : la condition financière pour un mariage, les balades rafraîchissantes, les bals, les lettres (la lettre de Willoughby est si choquante!), la complicité entre sœurs qui se retrouvent dans P&P également, la musique et la lecture tient une place importante également.
    Très bonne lecture, peut-être un cran en dessous de P&P, en même temps c'est le premier roman publié de l'auteur. Je ne sais encore dans quel livre de Jane Austen me lancer ensuite, j'ai maintenant toute son œuvre excepté Northanger Abbey. Contente de commencer 2012 avec un Jane Austen, comme l'année dernière :) .

    Lien : http://novelenn.wordpress.com/2012/01/08/sense-and-sensibility-jane-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 28 août 2011

    Zazette97

    Publié en 1811, "Raison et Sentiments" est le premier roman de Jane Austen, romancière anglaise également auteure du célèbre "Orgueil et Préjugés" ou encore de "Lady Susan".
    Sur son lit de mort, Henry Dashwood fait promettre à John, son fils aîné, de veiller aux intérêts de sa belle-mère et de ses 3 demi-soeurs, Elinor, Marianne et Margaret.
    Subissant l'influence de son épouse, John se laisse convaincre de ne leur octroyer aucune rente et s'installe à Norland Park avec l'intention de les faire déménager.
    Fort heureusement, l'un de leurs cousins, John Middleton, les invite à venir s'établir dans le cottage qui jouxte sa demeure de Barton.
    Cependant, alors que la famille Dashwood s'apprête à quitter le Sussex pour le Devonshire, Elinor se rapproche de son beau-frère, Edward Ferrars tandis que sa soeur Marianne succombe aux charmes de John Willoughby.
    La mère Dashwood se réjouit d'avance de ces deux unions qui pourraient largement contribuer à améliorer leur condition.
    Mais les événements se dérouleront-ils comme prévu?
    "Raison" et "sentiments" en réfèrent directement aux caractères respectifs des deux personnages principaux que sont Elinor et Marianne.
    Elinor, l'aînée, se veut toute en retenue et apte à conserver son calme en toute circonstance. On pourrait aisément dire d'elle qu'elle est "bonne", sauf qu'en deux siècles, l'expression a fait du chemin...
    Elle trouve en la personne d'Edward Ferrars, un homme pourtant timide et dénué d'ambition, la droiture et la sincérité qu'elle recherche chez un homme.
    Marianne se révèle quant à elle une âme romanesque encline à laisser son coeur faire fi des convenances pour choisir l'élu de son coeur. Willoughby représente pour elle l'homme idéal, sûr de lui, bavard, animé par les mêmes passions qu'elle.
    Toutes deux aimeront un homme qui leur vaudra mille inquiétudes et les décevra, et chacune d'elle vivra son désarroi au gré des vicissitudes de son caractère.
    Hormis les deux hommes qui occupent toutes leurs pensées, autour d'elles gravitent une mère qui ne cessera de les soutenir dans leurs sentiments mais aussi le colonel Brandon, homme taciturne et grave qui passe pour un célibataire endurci et Mrs Jennings, marieuse bienveillante mais maladroite, toujours à l'affût du moindre commérage.
    Cette galerie de personnages évolue dans un paysage vallonné, pittoresque - tel que l'affectionnait Jane Austen - où l'on se promène volontiers pour s'isoler dans son chagrin ou pour échanger des confidences.
    Tous évoluent dans des cercles fermés dans lesquels tout finit un jour par se savoir, tant il est de mise de se mêler de la vie des uns et des autres, sans discrétion aucune.
    Les conversations tournent presque exclusivement autour des unions à venir et du confort matériel que celles-ci représenteront pour les jeunes gens concernés.
    C'est un monde superficiel que Jane Austen nous dépeint à nouveau ici. Mais Elinor et Marianne se démarquent de ce milieu sans scrupules par leur simplicité, leur noblesse de coeur, leur intégrité et leur volonté commune de faire avant tout un mariage d'amour.
    Il est connu que les scénarios élaborés par Austen aboutissent à des dénouements heureux. Les "méchants" récoltent ce qu'ils ont semé et les bonnes actions finissent par être récompensées.
    Mais ce qui est particulièrement intéressant chez Austen, c'est la façon dont elle met à l'épreuve ses personnages, "pour leur bien", afin d'examiner quelle incidence le chagrin peut avoir sur leur nature profonde.
    Le chagrin d'Elinor est intérieur, silencieux là où la douleur de Marianne transparaît dans ses moindres faits et gestes. Et pourtant, toutes deux souffrent du même mal.
    J'ai retrouvé avec plaisir le phrasé majestueux de Jane Austen, cette aisance dans l'écriture qui laisse pourtant, à nous contemporains, l'impression que chaque phrase se veut recherchée, façonnée.
    Cependant, malgré la tendresse éprouvée pour ces deux soeurs (et surtout pour ce pauvre colonel Brandon!), j'ai trouvé qu'il leur manquait quelque force de volonté.
    Si j'ai été sensible à leurs situations respectives, je me suis parfois ennuyée à voir leurs atermoiements durer sur des pages et des pages.
    En cela, j'ai largement préféré "Orgueil et Préjugés" et ses figures intransigeantes !
    Une légère déception donc en regard de certaines longueurs mais un plaisir toujours vif à lire la prose de Jane Austen.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/08/raison-et-sentiments-jane-..
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  • Par keisha, le 25 août 2008

    keisha
    Madame Dashwood a le malheur de perdre à la fois son mari et un train de vie aisé. Elle doit donc s'établir dans un modeste cottage avec ses trois filles, Elinor, Marianne et Margaret. Les deux ainées sont fort liées ; leurs caractères différents se révèlent au cours d'expériences sentimentales similaires. Trois hommes gravitent autour des soeurs : Edward Ferrars le réservé (on découvrira pourquoi), le beau Willoughby et le colonel Brandon. Il ne reste plus qu'à découvrir la suite ...
    Comme toujours chez Jane Austen, droit au but, et grande économie dans la description et la présentation des personnages. L'argent que l'on possède - ou ne possède pas - joue un rôle important, que l'on soit homme ou femme d'ailleurs. Et les rebondissements seront nombreux !
    Certains dialogues sont de vraies perles, en particulier entre Elinor et Lucy, laquelle est quasiment une vraie "méchante" dans ce roman !
    Toujours beaucoup d'ironie ; voici par exemple la description du cottage où s'installe la famille : "En tant que cottage, Barton Cottage laissait à désirer, car la construction était sans originalité, le toit couvert de tuiles, les contrevents n'étaient pas peints en vert et les murs ne s'agrémentaient pas de chèvrefeuille." Sans doute la romantique Marianne a-t-elle été déçue !
    Sans oublier de nombreux personnages secondaires fort bien campés. le demi frère des soeurs Dashwood, si près de ses sous, l'excentrique Monsieur Palmer, la bavarde Madame Jennings, impossible de tous les citer.
    Que du bonheur, je vous l'assure.
    http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-21431420.html
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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 22 juin 2009

    — Quatre mois ! et cependant vous l’aimiez !
    — Oui, mais je n’aime pas que lui, et, le bonheur des autres m’étant cher, j’étais heureuse de leur épargner le spectacle de mes souffrances. Maintenant, je ne veux pas que vous vous inquiétiez à cause de moi, car je vous assure que je ne souffre plus vraiment moi-même. J’ai, pour me soutenir, beaucoup de choses. J’ai conscience de n’avoir provoqué ma déception par aucune imprudence et je l’ai supportée de mon mieux sans l’augmenter. Je n’impute à Edward aucune faute véritable. Je voudrais qu’il fût très heureux. Et je suis sûre qu’il fera toujours son devoir, que, bien qu’il puisse ressentir en ce moment quelque regret, je pense qu’à la fin cela pourra s’arranger. Lucy ne manque pas de bon sens et, sur ce fondement, on peut bâtir beaucoup de bien. Et, après tout, Marianne, quand on réfléchit à ce qu’il y a d’admirable dans l’idée d’un attachement constant et unique, et quand on imagine tout ce qui est inclus dans cette idée que le bonheur d’une personne dépend entièrement d’une autre, n’est-il pas concevable, n’est-il pas possible qu’il en soit ainsi ? Edward épousera Lucy et il épousera une personne supérieure physiquement et moralement à la moitié de son sexe ; et le temps et l’habitude l’amèneront à oublier qu’il ait jamais pensé à une autre qui valait mieux qu’elle.
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  • Par letteratura, le 25 mai 2011

    Chère Mademoiselle,

    Je viens d'avoir l'honneur de recevoir votre lettre et vous prie d'accepter en échange mes sincères remerciements. Je suis navré d'apprendre qu'il ait pu y avoir quelque chose dans ma façon d'agir hier soir qui n'ait pas rencontré votre approbation? Bien que je sois dans le grand embarras pour découvrir par quel détail de mon comportement j'ai pu avoir le malheur de vous offenser, je vous conjure de me pardonner, ce qui, je vous l'assure, s'est produit sans aucune mauvaise intention de ma part. Je ne penserai jamais aux relations que j'ai eues autrefois avec votre famille dans le Devon sans les sentiments les plus vifs de plaisir et de gratitude, et je me flatte qu'ils n'auront point à disparaître sous l'effet de quelque méprise ou de quelque interprétation erronée de mes actions. L'estime que je porte à tout votre famille est des plus sincères. Mais si j'ai eu le malheur de donner à croire davantage que je ne ressentais ou que je ne cherchais à exprimer, je me reprocherai de ne pas avoir été plus circonspect dans la manière dont j'ai fait connaître cette estime. Que j'aie jamais voulu laisser entendre davantage est une chose dont vous reconnaîtrez l'impossibilité quand vous comprendrez que mon coeur est depuis longtemps promis à une autre et que beaucoup de semaines ne s'écouleront pas avant que cet engagement soitjane austen,raison et sentiment,sense and sensibility,lettre,letter,marianne,willoughby tenu. C'est avec beaucoup de regrets que j'obéis à vos ordres de retourner les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser et la mèche de cheveux que vous m'avez si obligeamment accordée.

    Je suis, chère Mademoiselle, votre très obéissant et très humble serviteur,

    John Willoughby"
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  • Par wictoria, le 17 avril 2010

    Elinor ne répondit rien. Elle méditait silencieusement sur le mal irréparable qui découlait d'une indépendance prématurée. La paresse, la dissipation, le luxe qui en avaient été la conséquence avaient anéanti l'esprit et le caractère, détruit le bonheur d'un homme doué de tous les avantages du corps et de l'esprit. Avec des dispositions naturelles à la franchises et à l'honnêteté et un coeur sensible et aimant, le monde l'avait rendu d'abord extravagant et vain; et, peu à peu, insensible et égoïste. La vanité, en lui faisant rechercher un triomphe coupable aux dépens d'une autre, l'avait mis sur la route d'un amour sincère que son emportement vers les plaisirs l'avait forcé à sacrifier. Chaque concession en l'inclinant vers le mal l'avait également conduit au châtiment. L'amour qu'il avait volontairement repoussé contre son honneur, son propre sentiment et son véritable intérêt, le possédait tout entier, maintenant qu'il lui était interdit.
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  • Par Shana, le 03 mars 2010

    « Oh ! s'écria Marianne, avec quels transports je voyais tomber les feuilles ! Quelles délices, quand je me promenais, de les voir tourbillonner autour de moi, emportées par le vent ou entraînées dans le ruisseau ! Quel sentiment de douce mélancolie m'inspiraient ces arbres effeuillés, cet air sombre d'automne, ces feuilles jaunes et flétries qui résonnaient sous mes pas ! Maintenant personne ne les admire, personne ne les regarde, on les dédaigne, et l'on se hâte de les balayer ; de les ôter. »
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  • Par Priscilla29, le 23 juillet 2010

    En vérité, sa situation avait de quoi le réjouir. Il avait pour dilater son cœur et exalter ses sentiments plus que la satisfaction de voir son amour partagé. Il était délivré, sans avoir rien à se reprocher, d'un lien qui avait longtemps été son tourment, d'une femme qu'il avait de longue date cessé d'aimer, et voilà que, presque aussitôt, il venait de se trouver assuré de la main d'une autre, à laquelle il n'avait jamais pensé qu'avec désespoir, depuis qu'il avait commencé à la désirer. Il passait non du doute à de l'inquiétude, mais du désespoir au bonheur et le changement avait eu lieu dans une atmosphère naturelle, cordiale et joyeuse, comme s'il ne s'était rien passé, auparavant.
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