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ISBN : 2264023813
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 1615 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgoisie locale étriquée et à l'hypocrisie feutrée.
L'aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qu... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 14 juin 2014

    Gwen21
    Je m'inscris en faux contre l'opinion assez courante qui veut que les gens coincés dans un salon austenien entre une assiette de scones, une table de whist et une théière en argent s'ennuyaient à périr.
    Au contraire... Leur mutuel intérêt étant d'occuper les heures de conversations et les mondanités, ces "coincés de salon" étaient bien plus à même que nous de développer une analyse très fine de la nature humaine, une observation aiguë de leurs concitoyens et un sens de la psychologie frôlant l'expertise. Jane Austen elle-même, tout comme certaines de ses héroïnes - Elinor, Elizabeth, Anne - était une femme de tête qui savait à la fois raisonner et exprimer ses sentiments.
    Je ne vénérerai jamais assez la liberté de ton, l'humour, la finesse et la tournure d'esprit, l'ironie, l'objectivité et le jugement de Jane Austen qui, bien qu'étant née femme en 1775, a su brosser de tels portraits d'hommes et de femmes, tenant compte de leur psychologie, de leur tempérament, de leur condition sociale, de leurs aspirations personnelles, de leurs sentiments et par dessus tout cela de la complexité de l'âme humaine pour nous offrir ces concentrés d'émotion et de pénétration que sont ses malheureusement-trop-peu-nombreux romans.
    "Sense and sensibility" est un diamant, tout simplement.
    Plus cérébrale que "Pride and Prejudice", cette oeuvre se caractérise pourtant elle aussi par les parcours croisés de deux soeurs et si Elinor et Marianne sont moins intimes et soudées qu'Elizabeth et Jane, cela n'a pour effet que de renforcer encore davantage l'aspect dramatique du récit. Jane Austen réussit la prouesse de tisser une trame qui tient compte des particularités et des comportements de très nombreux personnages ayant leurs propres codes de conduite issus de leur position sociale et de leur éducation tout comme leur propre personnalité et leurs propres défauts et qualités. Alors que chez d'autres auteurs, une telle densité et de telles particularismes mèneraient au désordre et à la dispersion, miss Austen, elle, parvient à en faire un puzzle harmonieux, structuré et spirituel quoique définitivement poétique et exaltant.
    Je ne dirai rien ici de l'histoire, je me contenterai seulement de louer une fois de plus l'écriture inimitable d'un auteur que j'encourage tout lecteur à découvrir au moins une fois dans sa vie. Cependant, pour celles et ceux qui, résolument, prendraient peur devant une littérature classique, je les encourage alors à visionner la superbe adaptation qu'Emma Thompson a réalisée pour le film d'Ang Lee en 1995 que je tiens à ce jour pour l'adaptation la plus soignée, précise, esthétique et fidèle de tout ce que le cinéma et la télévision ont pu produire dans la catégorie "austeneries".
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    • Livres 4.00/5
    Par darkmoon, le 24 mars 2014

    darkmoon
    Raison et sentiments … Un roman conventionnel certes, tout comme l'univers étriqué de la bonne société anglaise dans laquelle nos héroïnes évoluent, mais sous la plume de la grande Jane Austen, ironie, esprit et cynisme s'en mêlent, fines analyses psychologies aussi de l'esprit féminin et de la naissance de l'amour, sentiment si délicat et imprévisible qui change sans cesse la donne.
    Raison et sentiments distille ainsi un parfum persistant de romance, étranglé sous les convenances et le rang social. A l'époque, quand on aime, on le fait éperdument ou en silence. La retenue conjuguée à la passion. Jane Austen a su conjuguer élégance et frivolité, délicatesse et complexité des noeuds et des liens qui se font, et se défont, dans un livre qui fait partie de ma bibliothèque fétiche. Découpé en tranches de vie tour à tour dramatiques, ou tendres, le roman s'articule surtout sur nos deux héroïnes principales, Marianne, la jeune idéaliste passionnée, qui vibre à chaque seconde et sur tous les tons, et Elinor, douce, discrète et plus modérée. Deux soeurs, aussi différentes l'une de l'autre, qu'unies par une même volonté d'aimer et d'être aimées en retour. Elinor n'ose avouer ses sentiments par peur d'être repoussée, alors que Marianne les affiche fougueusement sans se soucier du retour de bâton. Tout sonne juste, le style d'écriture est en lui-même vraiment magnifique, et exhale un doux parfum de nostalgie bucolique propre à nous transporter plus de 200 ans auparavant.
    Qu'il est doux de pouvoir apprécier pleinement de telles oeuvres, pleines de tact et de vérité cachée sous le vernis.
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    • Livres 5.00/5
    Par cmpf, le 07 mai 2015

    cmpf
    Cette fois encore le titre contient deux termes antinomiques. L'un s'applique à la fille ainée de la famille Dashwood, Élinor, le second à la cadette Marianne. La benjamine Margaret encore trop jeune pour être concernée par le mariage apparaît peu. le testament d'un oncle ayant favorisé l'enfant né d'un premier mariage, Mrs Dashwood et ses trois filles doivent quitter leur propriété à la mort du père. La façon dont leur demi-frère déjà riche, se convainc sous l'influence de sa femme, qu'il ne peut rien faire pour elles, est déjà un régal. Et l'on sait qu'on va retrouver l'esprit caustique de l'auteur. Installées dans un cottage dans un autre comté, les deux soeurs vont bien sûr vivre des émois amoureux, mais sur des modes différents ainsi que le suggère le titre.
    Miss Jane Austen semble décidément douée pour créer des caractères, et singulièrement des caractères ridicules. Comme dans Orgueil et préjugés avec Mrs Bennet, Mr Collins et lady Catherine, nous avons ici quelques portraits de personnes stupides et impolies. A se demander où elle prenait ses modèles. Celui de sir John « Homme bénévole et philanthropique ! Il lui était pénible de garder pour lui seul, même un cousin au troisième degré. », de sa belle-mère Mrs Jennings qui bénéficie toutefois de réelles qualités de coeur, de Mr et Mrs Palmer et bien d'autres à divers degrés. Ainsi Mrs Parker ne trouve rien d'étrange à répondre à Elinor qui l'interroge sur Willoughby : « Oh oui ma chère, je le connais extrêmement bien. Non pas que je lui ai jamais parlé, mais je l'ai souvent vu en ville. » Croiser quelqu'un dans des réunions mondaines ne m'avait pas jusqu'alors paru la meilleure façon de le connaître intimement. Ou son mari répondant à sa femme en présence de sa belle-mère : « Je crois ne contredire personne en disant que votre mère est mal élevée. » Moi qui croyais que les conversations bourgeoises, surtout il y a deux siècles étaient compassées.
    C'est vraiment l'étude des caractères et de leur évolution qui constituent de la volonté même de l'auteur l'intérêt de ses livres. le dénouement est en effet rapporté sobrement sur quelques pages.
    J'ai ressenti, plus que dans d'autres romans du même type, le drame que constitue dans n'importe quelle civilisation, à n'importe quelle époque, le fait pour les femmes de n'exister que pour et par le mariage. Je ne pense même pas aux mariages forcés et aux femmes maltraitées, simplement au fait de ne pouvoir avoir d'autre but dans la vie. Pas d'autre source d'épanouissement, bien que j'aime peu ce terme.
    Contrairement à beaucoup, j'ai préféré ce titre à Orgueil et préjugés, nonobstant une causticité moins apparente.
    J'ai été étonnée de lire dans une critique parue pendant ma lecture, que les romans de Jane Austen et des soeurs Brontë étaient l'équivalent au début 19ème des Musso, Levy et Gavalda d'aujourd'hui. Je ne peux comparer, n'ayant lu aucun de ces trois auteurs. Mais y trouve-t-on vraiment la même finesse d'analyse psychologique ? Les descriptions ne sont pas très longues chez Austen, mais y en a-t-il chez les auteurs précités ? Or cela me semble faire partie des éléments indispensables pour s'imprégner d'une atmosphère. Enfin les oeuvres d'il y a 200 ans bénéficiaient elles d'une telle publicité, de l'équivalent des têtes de gondoles ?
    Mais encore une fois, je n'ai pas les éléments pour comparer.

    Challenge 19ème siècle 2015
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    • Livres 5.00/5
    Par Eve025, le 08 juillet 2015

    Eve025
    C'est un pur bonheur que de lire les romans de Jane Austen ! Son écriture est d'une finesse sans égale, elle décortique et analyse avec verve ses personnages et à travers eux, la bonne société anglaise du début du XIXème siècle ! Sous couvert d'histoires qui peuvent paraître futiles (principalement des histoires de mariage), tellement de sujets sont abordés : la condition féminine, l'hypocrisie de ces cercles bourgeois ...
    Sans parler de son humour ! Car oui, loin des idées reçues, les livres de Miss Austen sont drôles !
    Voici une petite citation qui était en préface de mon livre, il s'agit d'une personne qui parle de Jane Austen : "...on ne la remarquait pas plus en société qu'on ne remarque un tisonnier ou un pare-feu ... (après la parution de son premier roman) Il en va tout autrement maintenant, c'est toujours un tisonnier, mais un tisonnier dont on a peur...Un bel esprit, un dessinateur de caractères qui ne parle pas est bien terrifiant en vérité !" C'est dire l'impact qu'auront eu ses livres ! J'aime bien à m'imaginer cette petite bonne femme qui faisait trembler ces "bonnes gens" !
    Une fois n'est pas coutume, j'ai vu et adoré le film de 1995 avec Kate Winslet et Emma Thompson avant de lire le livre. Il en ressort que cette adaptation m'a semblé très fidèle au roman même si évidemment rien ne vaut le livre !
    CHALLENGE MELI-MELO 2015-2016
    CHALLENGE VARIÉTÉS 2015 : Un livre dont le titre contient des antonymes ET Une romance classique
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    • Livres 5.00/5
    Par Demoiselle-Coquelicote, le 01 février 2015

    Demoiselle-Coquelicote
    Malgré mon grand enthousiasme pour Jane Austen, je n'ai pas beaucoup relu ses textes. Dans ses six romans majeurs, seul Persuasion avait fait l'objet d'une relecture (VF) il y a deux ans, afin de voir si mon avis sur ce roman demeurait le même. J'ai relu en VO Lady Susan l'an dernier. Avec les austeneries, j'ai aussi relu plusieurs fois le texte inachevé de Sanditon. Il était temps que je me mette à la relecture en anglais des autres romans de l'auteure, tous adorés à la première lecture (Mansfield Park m'avait laissée plus mitigée, il sera intéressant de remettre mon nez dedans !). J'ai choisi Raison et Sentiments, ou plutôt Sense and Sensibility, parce que j'avais commencé à le relire pour une correspondance avec Miss Elody. Pendant les vacances, je l'ai vraiment relu, pour mon plus grand plaisir !

    Mr Dashwood vient de mourir. Ses biens reviennent entièrement à son fils, John, issu d'une première union, laissant sa belle-mère et ses demi-soeurs dans une situation financière précaire. Elles sont obligées de quitter Norland Park. Un cousin éloigné de Mrs Dashwood, Sir John Middleton, lui propose un petit cottage dans le Devonshire. Sans dot, Elinor et Marianne ont bien peu de chances de trouver à se marier. Pourtant, l'amour va vite s'inviter dans leurs vies.

    C'est vraiment l'une de mes histoires préférées, et ce pour de nombreuses raisons (oui, cet article est de ceux où j'essaie vivement de vous convaincre de lire et d'aimer ce livre !). Commençons par les personnages. Paradoxalement, on suit davantage Elinor, l'aînée puisque nous avons accès à ses pensées plus qu'à celles de Marianne, la cadette, mais l'arc narratif consacré à Marianne est plus développé que celui consacré à Elinor. Personnellement je le comprends, parce qu'il y a beaucoup plus de péripéties pour Marianne que pour Elinor ! J'y reviendrai après.

    Elinor donc, l'aînée, pas encore vieille fille mais à écouter son frère et l'épouse de celui-ci elle n'en est plus très loin. Calme, réfléchie, sensée et respectueuse des convenances, elle a tout de la jeune fille parfaite du XIXème. Elle sait masquer ses émotions, se comporter en société, et passe une bonne partie de son temps à s'occuper de la maison grâce à ses compétences toutes pragmatiques, en jugulant l'enthousiasme souvent peu réaliste de sa mère et de sa soeur. le calvaire qu'elle endure une bonne partie du roman nous la rend sympathique – comment ne pas avoir pitié d'elle, qui ne mérite absolument pas ce qui lui arrive ? –, en plus de son caractère dévoué et de sa gentillesse, néanmoins je dois dire qu'elle est un peu ennuyeuse... Mis à part les moments où elle entre en joute orale avec une certaine Miss. J'étais bien contente de la voir s'indigner (intérieurement bien sûr) et se défendre face à une vraie chipie. C'est un personnage que j'apprécie et que je respecte, mais que je ne peux pas adorer.

    Sa soeur Marianne, dont la personnalité est presque à l'opposé, me plaît infiniment plus malgré ses défauts. C'est encore une adolescente, elle a des rêves plein la tête, nourris par des lectures romantiques et des morceaux mélancoliques, en plus d'une sensibilité à fleur de peau, exacerbée dès le début du roman par le décès de son père. Son caractère est riche mais la conduit à faire des erreurs de conduite et de jugement. Son comportement est délicieusement décalé dans la société policée où elle doit évoluer. J'aime son côté presque provocateur et indifférent aux racontars. Elle a une grande confiance en elle et je ne peux m'empêcher de l'admirer, même si elle est un peu trop capricieuse au début du roman ! C'est aussi le personnage qui évolue le plus. N'étant pas parfaite, elle peut s'améliorer et le fait, à l'inverse d'Elinor qui ne bouge pas d'un iota. Je m'identifie énormément à Marianne, car comme elle j'ai commis des erreurs qui auraient pu me coûter cher, et comme elle j'ai réussi à m'en remettre et à finir avec la bonne personne. Suivre deux soeurs aussi différentes permet donc de trouver son compte, quel que soit notre type de personnage préféré.
    Leur mère, Mrs Dashwood, est rigolote et/ou exaspérante selon les moments. Ce que j'apprécie le plus chez elle, c'est son amour infini pour ses trois filles, et sa capacité à rester jeune dans sa tête. Ce n'est pas forcément une mère idéale, car elle est trop laxiste, surtout avec Marianne, mais quelle mère est parfaite ? Je m'interroge sur les raisons qui ont poussé Jane Austen a créé la benjamine, Margaret. Elle est totalement insignifiante dans le roman. Les films lui font davantage justice. J'ai l'impression qu'elle sert surtout à rapprocher Edward et Elinor au début du roman.

    Les personnages masculins sont aussi très variés et là encore Jane Austen nous laisse le choix. Edward peut être le pendant masculin d'Elinor, à la différence notable qu'il n'a pas sa force de caractère, en tout cas pas dans la façon dont il nous est présenté. Il s'améliore sur la fin, mais je dois dire que sa conception du devoir, partagée par Elinor, va trop loin à mon sens. Je m'efforce de me remettre dans le contexte de l'époque où ce roman a été écrit, où la religion était très prégnante, néanmoins je n'adhère pas à leur conception trop radicale. Je vais arrêter là sur ce sujet sinon je vais partir dans des considérations de philosophe du dimanche sur le bonheur et tutti quanti ! le Colonel Brandon est indubitablement l'un de mes héros austeniens préférés. Il est extrêmement romantique, a ses blessures cachées, il est un ami attentif et prévenant, un homme sur lequel on peut compter... Son interprétation par Alan Rickman me bouleverse systématiquement ! Quant à Willoughby, je n'envie pas sa situation mais je suis loin de le plaindre et de lui pardonner comme le fond trop volontiers les autres protagonistes ! Ouais, je ne suis pas une gentille.

    Les personnages secondaires sont extraordinaires, parmi les plus vivants que j'ai lus, qu'ils soient détestables, énervants ou même attachants. Sir John Middleton et sa belle-mère Mrs Jennings sont à la fois énervants et adorables. Au final, ce sont des gens biens, de ceux qu'on apprécie de voir lors des réunions de famille. L'épouse de Sir John est en revanche d'un autre genre. Je ne me souvenais plus d'elle je dois dire, et elle est vraiment déplaisante. Elle va très bien avec Fanny, la Mrs John Dashwood (la belle-soeur d'Elinor et Marianne), même si cette dernière est bien plus mauvaise ! Son mari est un lâche doublé d'un imbécile, sans le moindre tact. le frère de Fanny Dashwood est tout aussi décérébré, et leur mère est une vraie harpie. Avec eux, il y a des baffes qui se perdent ! Mais celle qu'on exècre par-dessus tout, c'est Miss Lucy Steele. Sa soeur est une idiote qui se contente de se croire attirante et de rapporter des commérages, mais au moins elle contribue à débloquer la situation d'Elinor, alors que Lucy est une vipère, sournoise et fourbe, méchante comme une teigne et pleine de duplicité. Sa conduite envers les autres personnages est abominable. Bref, je la déteste. Elle ne paraît pas si mauvaise dans les adaptations, je trouve que la dimension qu'elle a dans le livre est beaucoup plus intéressante.

    Je passe à l'histoire. Après cette relecture, je ne vois vraiment pas comment on peut dire qu'il ne se passe rien dans les romans de Jane Austen. Il y a des tonnes de péripéties ! Petites ou grandes, d'importance moindre ou capitale, elles sont en tout cas constantes et variées. On a des secrets, des révélations, des retournements de situation, et on lit avidement pour savoir comment les choses vont tourner pour nos personnages chéris. C'est généralement très détaillé, pour mon plus grand plaisir. Mon seul vrai regret est que la fin ne développe pas davantage sur Marianne. J'apprécie beaucoup le fait que Jane Austen laisse passer du temps avant de la marier (temps pas vraiment respecté dans les adaptations), mais j'aurais voulu en savoir plus sur la façon dont elle arrive à l'autel ! le récit est en tout cas très bien construit. On suit les soeurs Dashwood pendant plusieurs mois, et ce qui leur arrive est tout à fait plausible, même si j'imagine que ce genre de happy end arrivait peu souvent. de ce fait, le récit est réaliste avec juste ce qu'il faut de plus pour y croire, et pour donner une irrépressible impression d'espoir et d'optimisme au lecteur. C'est bien pour ça que je lis Jane Austen en tout cas, pour me sentir heureuse à la fin de la lecture.

    Et bien sûr, toutes ces qualités sont portées par l'écriture de Jane Austen, avec des monologues irrésistiblement drôles, des dialogues vivants, des personnages croqués à la perfection, un style soutenu mais absolument pas snob... le vocabulaire n'est pas trop dur, surtout si vous connaissez déjà un peu l'époque, mais la tournure des phrases peut dérouter au début. Une fois le pli pris, c'est que du bonheur. Mes prochaines relectures seront en VO sans faute !

    Je suis ravie de cette relecture, et je compte bien continuer avec Emma dans l'année. Je n'ai pas voulu quitter Marianne et Brandon tout de suite, il y a donc un autre article à venir sur le sequel de Jane Odiwe Willoughby's Return. Et mon avis sur le film d'Ang Lee devrait aussi arriver prochainement. Si ça vous intéresse, vous pouvez aussi lire mon article sur la version de la BBC de 2008 sur mon blog !

    Lien : http://sans-grand-interet.cowblog.fr/sense-and-sensibility-3271277.h..
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Citations et extraits

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  • Par letteratura, le 25 mai 2011

    Chère Mademoiselle,

    Je viens d'avoir l'honneur de recevoir votre lettre et vous prie d'accepter en échange mes sincères remerciements. Je suis navré d'apprendre qu'il ait pu y avoir quelque chose dans ma façon d'agir hier soir qui n'ait pas rencontré votre approbation? Bien que je sois dans le grand embarras pour découvrir par quel détail de mon comportement j'ai pu avoir le malheur de vous offenser, je vous conjure de me pardonner, ce qui, je vous l'assure, s'est produit sans aucune mauvaise intention de ma part. Je ne penserai jamais aux relations que j'ai eues autrefois avec votre famille dans le Devon sans les sentiments les plus vifs de plaisir et de gratitude, et je me flatte qu'ils n'auront point à disparaître sous l'effet de quelque méprise ou de quelque interprétation erronée de mes actions. L'estime que je porte à tout votre famille est des plus sincères. Mais si j'ai eu le malheur de donner à croire davantage que je ne ressentais ou que je ne cherchais à exprimer, je me reprocherai de ne pas avoir été plus circonspect dans la manière dont j'ai fait connaître cette estime. Que j'aie jamais voulu laisser entendre davantage est une chose dont vous reconnaîtrez l'impossibilité quand vous comprendrez que mon coeur est depuis longtemps promis à une autre et que beaucoup de semaines ne s'écouleront pas avant que cet engagement soitjane austen,raison et sentiment,sense and sensibility,lettre,letter,marianne,willoughby tenu. C'est avec beaucoup de regrets que j'obéis à vos ordres de retourner les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser et la mèche de cheveux que vous m'avez si obligeamment accordée.

    Je suis, chère Mademoiselle, votre très obéissant et très humble serviteur,

    John Willoughby"
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  • Par Morgouille, le 22 juin 2009

    — Quatre mois ! et cependant vous l’aimiez !
    — Oui, mais je n’aime pas que lui, et, le bonheur des autres m’étant cher, j’étais heureuse de leur épargner le spectacle de mes souffrances. Maintenant, je ne veux pas que vous vous inquiétiez à cause de moi, car je vous assure que je ne souffre plus vraiment moi-même. J’ai, pour me soutenir, beaucoup de choses. J’ai conscience de n’avoir provoqué ma déception par aucune imprudence et je l’ai supportée de mon mieux sans l’augmenter. Je n’impute à Edward aucune faute véritable. Je voudrais qu’il fût très heureux. Et je suis sûre qu’il fera toujours son devoir, que, bien qu’il puisse ressentir en ce moment quelque regret, je pense qu’à la fin cela pourra s’arranger. Lucy ne manque pas de bon sens et, sur ce fondement, on peut bâtir beaucoup de bien. Et, après tout, Marianne, quand on réfléchit à ce qu’il y a d’admirable dans l’idée d’un attachement constant et unique, et quand on imagine tout ce qui est inclus dans cette idée que le bonheur d’une personne dépend entièrement d’une autre, n’est-il pas concevable, n’est-il pas possible qu’il en soit ainsi ? Edward épousera Lucy et il épousera une personne supérieure physiquement et moralement à la moitié de son sexe ; et le temps et l’habitude l’amèneront à oublier qu’il ait jamais pensé à une autre qui valait mieux qu’elle.
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  • Par iarsenea, le 09 juillet 2012

    - Il ne faut pas chercher trop loin, Marianne. Rappelez-vous ; je ne connais rien au pittoresque et je vous choquerai par mon ignorance et mon manque de goût si j'en viens au détail. Je dirai des collines qu'elles sont escarpées alors qu'il faudrait les qualifier d'imposantes ; du relief, qu'il est étrange et bizarre tandis que vous le qualifierez de sauvage et de romantique ; des lointains qu'ils sont hors de vue au lieu d'être fondus dans une molle brume. Il faut vous contenter de l'admiration que je puis honnêtement vous offrir. Je trouve ce pays tout à fait à mon goût. [...] Je n'ai pas l'âme d'un peintre.
    - J'ai peur que ce ne soit que trop vrai, dit Marianne ; mais pourquoi vous en moquez vous ?
    - Je soupçonne, dit Elinor, que, pour éviter un genre d'affectation, Edward tombe ici dans un autre. Parce qu'il est persuadé que beaucoup de gens affichent plus d'admiration pour les beautés de la nature qu'ils n'en ressentent réellement, et que leur prétention l'irrite, il affecte une plus grande indifférence et moins de perspicacité à les découvrir que ce n'est réellement le cas. Il est délicat et veut avoir son genre d'affectation personnel.
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  • Par wictoria, le 17 avril 2010

    Elinor ne répondit rien. Elle méditait silencieusement sur le mal irréparable qui découlait d'une indépendance prématurée. La paresse, la dissipation, le luxe qui en avaient été la conséquence avaient anéanti l'esprit et le caractère, détruit le bonheur d'un homme doué de tous les avantages du corps et de l'esprit. Avec des dispositions naturelles à la franchises et à l'honnêteté et un coeur sensible et aimant, le monde l'avait rendu d'abord extravagant et vain; et, peu à peu, insensible et égoïste. La vanité, en lui faisant rechercher un triomphe coupable aux dépens d'une autre, l'avait mis sur la route d'un amour sincère que son emportement vers les plaisirs l'avait forcé à sacrifier. Chaque concession en l'inclinant vers le mal l'avait également conduit au châtiment. L'amour qu'il avait volontairement repoussé contre son honneur, son propre sentiment et son véritable intérêt, le possédait tout entier, maintenant qu'il lui était interdit.
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  • Par Lea25, le 15 janvier 2013

    Je me suis souvent surprise moi-même à faire ce genre d'erreur, dit Elinor, à me méprendre sur quelque aspect d'un caractère; on s'imagine que les gens sont plus gais ou plus graves, plus ingénieux, plus stupides qu'ils ne le sont en réalité, et il est difficile de dire comment et en quoi l'erreur a pris naissance. Parfois, on se fonde sur ce qu'ils disent eux-même et, plus fréquemment, sur ce qu'en disent les autres, sans se donner à soi-même le loisir de réfléchir et de juger.
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