> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742775676
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 3.23/5 (sur 111 notes) Ajouter à mes livres
L’homme qui, ce matin-là, se réveille, désorienté, dans une chambre inconnue est à l’évidence âgé. Il ne sait plus qui il est, il ignore pourquoi et comment il se retrouve assigné à résidence entre les quatre murs de cette pièce, percés d’une unique fenêtre n’ouvrant qu... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 22 avril 2008

    sylvie
    j'ai été intriguée et émue par ce Monsieur Blank, vivant une expérience extrême, et ne s'en sortant pas.
    Il est confronté à la vieillesse, à l'amnésie, à la maladie, à l'enfermement, et il s'accroche comme un beau diable à la quête de sens pour sa vie.
    Il se hisse à sa triste réalité, réduite au strict minimum, et prend conscience qu'il n'a peut-être même plus la force de l'explorer dans son entier.
    Y-a-t-il une porte, un placard ? Il se rend compte qu'il ne l'a peut-être pas encore remarqué...
    Une seule chose semble maintenir son désir d'exister : le bureau, sur lequel est posé un manuscrit qui lui fait peur mais auquel il arrive à se confronter courageusement, et des photos, sur lesquelles il tente de reconstituer l'histoire qu'a du être sa vie.
    Dans le scriptorium, il voit des mots écrits sur des bandelettes et qui disent ce que sont les choses qui l'entourent. Sans ces "pense-bêtes", serait-il encore capable de les appréhender ces objets qui sont sa réalité ?
    Où est-il, Que fait-il ? Qui a-t-il pu bien être ?
    Nous le suivons dans cette quête désespérée qui le maintien en vie mais nous comprenons bien qu'il ne peut pas arriver au bout. Il est soumis à un étrange protocole de soins qui le laisse hagard à cause des médicaments administrés.
    D'ailleurs, est-ce un soin ou une punition ? et si c'est une torture, de quoi l'accuse-t-on ? et que veulent ils savoir ?
    Nous comprenons bien que les personnages qui viennent soit le réconforter, soit le questionner sont des héros de romans. Ils ont pris chair alors que celui qui leur a donné vie est en train de disparaître.
    Son existence se réduit à être l'objet d'un texte écrit consignant le plus méticuleusement possible ses moindres gestes, bruits, paroles et réactions. Ce "rapport" est rédigé à partir d'une monstrueuse installation qui le filme et l'enregistre en permanence dans sa cellule blanche...
    Cette construction en abîme m'a intriguée.
    J'ai été touchée par ce questionnement qui nous donne à tous le vertige : qui nous encre dans la réalité ? le mot ou la chose ? le signifiant ou le signifié ? l'évènement ou le récit ?
    L'écrivain est-il celui qui crée le vide entre les deux au risque de s'y perdre ?
    Mais je m'égare sans doute un peu là... Il y a beaucoup de choses dans ce roman qui m'ont complètement échappées, et donc je vous renvoie aux excellents billets des uns et des autres, que je cite en bas de page.
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/04/dans-le-scriptorium-paul-auster.html
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    • Livres 5.00/5
    Par argantel, le 18 août 2008

    argantel
    Face à l'engouement de la blogosphère pour Paul Auster, je me suis décidée à lire un de ses livres pour me faire une idée par moi-même :-)
    J'avoue que la lecture des 4ème de couverture de ses romans ne permet pas vraiment de faire un choix "limpide" car à chaque fois je me suis demandée de quoi le livre pouvait bien parler ... alors j'ai choisi une couverture qui me plaisait et me voici lancée dans ce Scriptorium.
    Et je me suis trouvée embarquée dans un univers très particulier, un monde parallèle où un vieil homme, qu'on appellera Mr Blank, se réveille enfermé dans une pièce aveugle. Au cours de sa journée, il voit défiler des visiteurs dont il se rappelle peu mais qu'il a envoyé auparavant "en mission" et quand il est seul, il prend petit à petit possession de son univers restreint et nous fait découvrir le manuscrit posé sur le bureau.
    Ce livre est pour moi un tour de force car d'une part, la description de la journée de Mr Blank est passionnante, situé entre monde réel et fictif et d'autre part, en filigramme, la lecture du manuscrit puis la construction de la partie manquante nous font participer à un vrai travail d'écrivain (le tout basé sur une vision critique des USA).
    Ce livre, en moins de 200 pages, aborde tellement de choses qu'il en est vertigineux et la chute est tout simplement ébouriffante.
    Mon seul regret : ne pas avoir lu d'autres livres de cet auteur auparavant car il fait clairement référence à un certain nombre de personnages de ses romans précédents.
    Donc, une seule chose à faire : attaquer d'autres Paul Auster !
    http://argantel.canalblog.com/archives/2008/07/27/10029990.html#comments
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    Roman pour romanciers? Un vieil homme est enfermé. Des personnages (le mot compte) lui rendent visite, ils lui en veulent, il ne sait pas pourquoi. On lui demande de lire un roman inachevé. Il en invente la suite. Puis d'autres personnages (les siens, on commence à le deviner) entrent. Lui se croit enfermé. Il est livré à lui-même, sans mémoire, à la merci de ceux qu'il a créés comme ceux qu'il a créés étaient à sa merci. Et le voilà lui-même personnage de roman. Tout recommence, à l'envers. Ambiguité de l'écriture, aller-retour entre réalité et fiction, le roman marche. On aimerait y croire. On sait que c'est une illusion. Méta-roman réussi, mais la question demeure : roman pour romanciers? Sentiment d'une certaine stérilité.
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  • Par Zazette97, le 22 juin 2011

    Zazette97
    Publié en 2006 et traduit en français en 2007, "Dans le scriptorium" est un roman de l'écrivain américain Paul Auster, notamment auteur de la "Trilogie new-yorkaise", "L'Invention de la solitude", "La Vie Intérieure de Martin Frost" ou encore d'"Invisible".
    Un matin, un vieil homme du nom de Mr Blank se voit frappé d'amnésie. Sa chambre est placée sur écoute et sous l'étroite surveillance d'une caméra vidéo, des photographies de visages familiers et un manuscrit gisent, épars, sur le bureau.
    Tandis que Mr Blank procède à la découverte du manuscrit, sa lecture est interrompue par plusieurs coups de fil et visites pour le moins étranges. Qui est cette Anna qui lui administre des médicaments et lui fait sa toilette ? En quoi consiste le traitement prescrit par le Docteur Farr ?
    Qu'en est-il de ces "chargés de mission" qui semblent lui en vouloir ? Et pour quelle raison éprouve-t-il de la culpabilité à leur égard ?
    "Dans le scriptorium" était ma première incursion dans l'univers de Paul Auster et je dois dire que cette première découverte est une vraie déception.
    On a coutume de se figurer la personne de l'écrivain comme celle habilitée à tirer les ficelles et à décider des directions qu'empruntent ses personnages.
    Mais que peut-il arriver lorsque ces mêmes personnages se rebiffent et demandent des comptes à leur créateur ? C'est là l'idée originale de ce roman et la raison qui m'a poussée à vouloir lire cette rencontre entre fiction et réalité.
    Récit d'une seule journée de la vie de Mr Blank, ce roman se présente comme un huis-clos mettant en présence le vieil homme aux prises avec son imagination, un univers tortueux peuplé d'étranges personnages défilant tour à tour dans sa chambre pour lui reprocher de les avoir malmenés.
    Il apparaît que ceux-ci se trouvent être des personnages issus des précédents romans de Paul Auster.
    Hélas, ignorant tout de l'oeuvre d'Auster, je n'ai pas réussi à les identifier ni même à m'intéresser à leur sort. Il faut dire que leurs apparitions fugitives ne m'en ont pas vraiment laissé le temps.
    Mr Blank m'est apparu comme un vieil homme velléitaire qui m'a laissée dans une relative indifférence (les scènes de touche-touche pipi étaient-elles vraiment nécessaires ?).
    Quant au fameux manuscrit lu par celui-ci et distillé tout au long du récit, un roman dans le roman, je ne lui ai pas trouvé de véritable raison d'être si ce n'est celle de brouiller les pistes pour le lecteur.
    Ce roman, d'un format pourtant court, m'a semblé d'autant plus lourd par son absence de chapitrage et un style très clinique qui, bien qu'ayant son importance pour la compréhension de la chute finale (que j'ai trouvé attendue pour ma part), a contribué à me rendre ce récit ennuyeux.
    Bref, ce procès à l'écrivain était une belle idée de départ mais qui pour moi s'est soldée par un premier rendez-vous manqué...
    J'espère être davantage conquise par "L'Invention de la solitude" et "La Vie Intérieure de Martin Frost", tous deux dans ma PAL.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/06/dans-le-scriptorium-paul-a..
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  • Par keisha, le 20 janvier 2012

    keisha
    Un vieil homme sur un lit, en pyjama, dans une chambre fermée ou pas, aux volets clos, entendant des bruits d'oiseaux. Hôpital? Prison? Sur un bureau, des piles de photos et de manuscrits. Il se lance dans la lecture de l'un. Il reconnaît une certaine Anna sur une photo. Justement arrive Anna, mais avec vingt-cinq ans de plus, chargée de l'aider à sa toilette et à l'habiller, et aussi de luis faire prendre ses médicaments. le vieil homme (appelons-le comme Auster Mr Blank) ne se souvient pas de grand chose, sa mémoire immédiate est fugitive, et il note au fil du temps les noms que l'on prononce devant lui, tels Peter Stilman, Anna bien sûr, Mr Quin, Benjamin Sachs...

    Un lecteur ne peut jamais revenir en arrière, et évidemment tous ces noms apparaissent dans les romans de Paul Auster. Démarre ce qui pour moi fut un jeu de pistes fort réjouissant, à l'affût des détails déjà connus (il y en a pas mal de semés au fil des pages). On comprend vite que ces personnes qu'il a envoyées en mission sont ses personnages qui, pour certains, ont continué de vieillir. Mr Blank=Auster?

    Blank a lu un manuscrit inachevé et se décide à le terminer. ""Une nouvelle idée vient de lui passer par la tête, une illumination diabolique, dévastatrice, qui lui envoie dans tout le corps un grand frisson de plaisir, de l'extrémité des orteils aux cellules nerveuses du cerveau. En un seul instant, toute l'affaire est devenue claire pour lui et, lorsqu'il découvre les conséquences bouleversantes de ce qu'il perçoit maintenant comme la solution inévitable, l'unique solution dont il dispose à partir d'une horde de possibilités, le vieil homme se met à se frapper la poitrine, à lancer des coups de pied en l'air et à agiter les épaules en rugissant d'un fou rire convulsif."
    Voilà donc l'écrivain en proie à la création de son histoire. Blank-Auster?

    Personnellement j'ai lu ce roman d'une traite, Paul Auster menant le lecteur dans son univers étrange, excellant à lui faire sentir l'enfermement, et le laissant sur une pirouette finale. Juste un bémol sur certains détails un peu crus dont on aurait pu se passer (les aventures de Mr Fier-à-Bras, franchement...)


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-leviathan-dans-l..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 23 février 2010

    Je vous ai fait quelque chose de terrible. Je ne sais pas ce que c'est, mais c'était terrible... inexprimable... impossible à pardonner. Et vous êtes là, à prendre soin de moi comme une sainte.
    Ce n'était pas votre faute. Vous avez fait ce que vous aviez à faire, et je ne vous en veux pas.
    Mais vous avez souffert. Je vous ai fait souffrir, n'est-ce pas ?
    Oui, beaucoup. J'ai failli ne pas en réchapper.
    Qu'est-ce que j'ai fait ?
    Vous m'avez envoyée dans un endroit dangereux, un endroit de destruction et de mort.
    Qu'est-ce que c'était ? Une sorte de mission ?
    Je pense qu'on pourrait dire ça.
    Vous étiez jeune alors, n'est-ce pas ? La jeune fille de la photo ?
    Oui.
    Vous étiez très jolie, Anna. Vous êtes plus âgée maintenant, mais je vous trouve encore jolie. A peu près parfaite, si vous voyez ce que je veux dire.
    Il ne faut pas exagérer, M. Blank.
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  • Par sylvie, le 22 avril 2008

    Il y a dans la chambre un certain nombre d’objets et, sur chacun d’eux, on a fixé une bandelette de papier blanc où figure un mot écrit en capitales. Sur la table de chevet, par exemple, le mot est table. Sur la lampe, le mot est lampe. Jusque sur le mur, qui n’est pas un objet au sens strict, il y a un bout de papier qui dit mur. Le vieil homme relève un instant les yeux, il voit le mur, il voit le bout de papier fixé au mur et il prononce à voix basse le mot mur. Ce que l’on ne peut savoir à ce stade, c’est s’il lit le mot écrit sur le bout de papier ou s’il nomme simplement le mur. Il se pourrait qu’il ne sache plus lire mais qu’il reconnaisse encore les choses pour ce qu’elles sont et soit encore capable de les appeler par leur nom ou, à l’inverse, qu’il ait perdu la capacité de reconnaître les choses pour ce qu’elles sont mais qu’il sache encore lire."
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  • Par genieblanc, le 30 décembre 2011

    Assis à la table, j'écoute le grattement de la plume à la surface du papier. Je m'arrête. Je trempe la plume dans l'encrier, et puis je regarde les signes noirs qui prennent forme au fur et à mesure que ma main se déplace lentement de gauche à droite. J'arrive au bord, et puis je retourne à l'autre côté et, quand les signes s'amincissent, je m'arrête à nouveau pour tremper la plume dans l'encrier. Ainsi en va-t-il tandis que je progresse vers le bas de la page, et chaque groupe de signes est un mot, et chaque mot est un son dans ma tête, et chaque fois que j'écris un mot de plus, j'entends le son de ma propre voix, bien que mes lèvres soient silencieuses.
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  • Par wictoria, le 12 février 2008

    Mr. Blank s’installe avec lenteur dans le siège placé devant le bureau. C’est un siège d’un confort extrême, constate-t-il, garni d’un souple cuir brun et doté de larges accoudoirs où peuvent reposer ses coudes et ses avant-bras, sans parler du mécanisme à ressort invisible qui lui permet de se balancer à sa guise d’avant en arrière, ce qu’il commence d’ailleurs à faire dès l’instant où il est assis. Un tel balancement a sur lui un effet apaisant et, tandis qu’il continue à se laisser aller à ces agréables oscillations, Mr. Blank se souvient du cheval à bascule qui se trouvait dans sa chambre de petit garçon, et il se met alors à revivre certains des voyages imaginaires qu’il entreprenait sur ce cheval, qui s’appelait Whitey et qui, dans l’esprit du jeune Mr. Blank, n’était pas un objet en bois orné de peinture blanche mais un être vivant, un vrai cheval.
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  • Par Donatil, le 22 février 2011

    Un prouesse d'écriture qui interroge sur la relation entre l'auteur, ses personnages et le lecteur. Qu est qui ? On n'en est jamais très sûr. Un auteur face à ses personnages et qui prend le lecteur à témoin. Un perosnnage peut-il exister sans son auteur. quelle est la part de l'auteur dans le personnage et le personnage n'est-il pas une pertie de l'auteur. Et si le personnage se mettait à vivre dans l'auteur ? Qui serait dépossédé de l'autre ? Questions lancinantes que Paul Auster se pose et nous pose. Pour tous ceux qui tentent d'écrire, un modèle du genre.
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