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Critiques sur Dans le scriptorium (16)


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  • Par sylvie le 22/04/2008


    j'ai été intriguée et émue par ce Monsieur Blank, vivant une expérience extrême, et ne s'en sortant pas.
    Il est confronté à la vieillesse, à l'amnésie, à la maladie, à l'enfermement, et il s'accroche comme un beau diable à la quête de sens pour sa vie.
    Il se hisse à sa triste réalité, réduite au strict minimum, et prend conscience qu'il n'a peut-être même plus la force de l'explorer dans son entier.
    Y-a-t-il une porte, un placard ? Il se rend compte qu'il ne l'a peut-être pas encore remarqué...
    Une seule chose semble maintenir son désir d'exister : le bureau, sur lequel est posé un manuscrit qui lui fait peur mais auquel il arrive à se confronter courageusement, et des photos, sur lesquelles il tente de reconstituer l'histoire qu'a du être sa vie.
    Dans le scriptorium, il voit des mots écrits sur des bandelettes et qui disent ce que sont les choses qui l'entourent. Sans ces "pense-bêtes", serait-il encore capable de les appréhender ces objets qui sont sa réalité ?
    Où est-il, Que fait-il ? Qui a-t-il pu bien être ?
    Nous le suivons dans cette quête désespérée qui le maintien en vie mais nous comprenons bien qu'il ne peut pas arriver au bout. Il est soumis à un étrange protocole de soins qui le laisse hagard à cause des médicaments administrés.
    D'ailleurs, est-ce un soin ou une punition ? et si c'est une torture, de quoi l'accuse-t-on ? et que veulent ils savoir ?
    Nous comprenons bien que les personnages qui viennent soit le réconforter, soit le questionner sont des héros de romans. Ils ont pris chair alors que celui qui leur a donné vie est en train de disparaître.
    Son existence se réduit à être l'objet d'un texte écrit consignant le plus méticuleusement possible ses moindres gestes, bruits, paroles et réactions. Ce "rapport" est rédigé à partir d'une monstrueuse installation qui le filme et l'enregistre en permanence dans sa cellule blanche...
    Cette construction en abîme m'a intriguée.
    J'ai été touchée par ce questionnement qui nous donne à tous le vertige : qui nous encre dans la réalité ? le mot ou la chose ? le signifiant ou le signifié ? l'évènement ou le récit ?
    L'écrivain est-il celui qui crée le vide entre les deux au risque de s'y perdre ?
    Mais je m'égare sans doute un peu là... Il y a beaucoup de choses dans ce roman qui m'ont complètement échappées, et donc je vous renvoie aux excellents billets des uns et des autres, que je cite en bas de page.
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/04/dans-le-scriptorium-paul-auster.html

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



  • Par J-line le 12/12/2011


    Entre court roman et longue nouvelle, le récit pose à la manière d'Auster (excellent traducteur de Sartre) la question de l'existence : des rôles, des personnages, des libertés, du sens et de la trace à laisser en ce monde (dans la mémoire de l'autre ou dans la bibliothèque collective…).
    La lecture prend peu de temps, la réflexion dure longtemps -jusqu'à inspirer d'autres envies d'écriture....

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par vincentf le 22/06/2010


    Roman pour romanciers? Un vieil homme est enfermé. Des personnages (le mot compte) lui rendent visite, ils lui en veulent, il ne sait pas pourquoi. On lui demande de lire un roman inachevé. Il en invente la suite. Puis d'autres personnages (les siens, on commence à le deviner) entrent. Lui se croit enfermé. Il est livré à lui-même, sans mémoire, à la merci de ceux qu'il a créés comme ceux qu'il a créés étaient à sa merci. Et le voilà lui-même personnage de roman. Tout recommence, à l'envers. Ambiguité de l'écriture, aller-retour entre réalité et fiction, le roman marche. On aimerait y croire. On sait que c'est une illusion. Méta-roman réussi, mais la question demeure : roman pour romanciers? Sentiment d'une certaine stérilité.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



  • Par keisha le 20/01/2012


    Un vieil homme sur un lit, en pyjama, dans une chambre fermée ou pas, aux volets clos, entendant des bruits d'oiseaux. Hôpital? Prison? Sur un bureau, des piles de photos et de manuscrits. Il se lance dans la lecture de l'un. Il reconnaît une certaine Anna sur une photo. Justement arrive Anna, mais avec vingt-cinq ans de plus, chargée de l'aider à sa toilette et à l'habiller, et aussi de luis faire prendre ses médicaments. le vieil homme (appelons-le comme Auster Mr Blank) ne se souvient pas de grand chose, sa mémoire immédiate est fugitive, et il note au fil du temps les noms que l'on prononce devant lui, tels Peter Stilman, Anna bien sûr, Mr Quin, Benjamin Sachs...



    Un lecteur ne peut jamais revenir en arrière, et évidemment tous ces noms apparaissent dans les romans de Paul Auster. Démarre ce qui pour moi fut un jeu de pistes fort réjouissant, à l'affût des détails déjà connus (il y en a pas mal de semés au fil des pages). On comprend vite que ces personnes qu'il a envoyées en mission sont ses personnages qui, pour certains, ont continué de vieillir. Mr Blank=Auster?



    Blank a lu un manuscrit inachevé et se décide à le terminer. ""Une nouvelle idée vient de lui passer par la tête, une illumination diabolique, dévastatrice, qui lui envoie dans tout le corps un grand frisson de plaisir, de l'extrémité des orteils aux cellules nerveuses du cerveau. En un seul instant, toute l'affaire est devenue claire pour lui et, lorsqu'il découvre les conséquences bouleversantes de ce qu'il perçoit maintenant comme la solution inévitable, l'unique solution dont il dispose à partir d'une horde de possibilités, le vieil homme se met à se frapper la poitrine, à lancer des coups de pied en l'air et à agiter les épaules en rugissant d'un fou rire convulsif."

    Voilà donc l'écrivain en proie à la création de son histoire. Blank-Auster?



    Personnellement j'ai lu ce roman d'une traite, Paul Auster menant le lecteur dans son univers étrange, excellant à lui faire sentir l'enfermement, et le laissant sur une pirouette finale. Juste un bémol sur certains détails un peu crus dont on aurait pu se passer (les aventures de Mr Fier-à-Bras, franchement...)


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-leviathan-dans-l..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par liliba le 20/07/2008


    Un vieil homme est enfermé dans une chambre aux volets hermétiquement clos. Il ne sait pas qui il est, où il est, d'où il vient, ni ce qu'il fait là. Des gens entrent et sortent de la chambre, l'appellent Monsieur Blank. Dans la pièce, sur un bureau, des photos, un stylo et deux manuscrits sont posés. Il est filmé et enregistré. Des visiteurs se présentent. Certains font des reproches au vieil homme, l'accuse de les avoir détruit.

    suite sur http://liliba.canalblog.com

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    • Livres 4.00/5
    Par pomme32 le 20/04/2011


    ON peut le lire de plusieurs façons, mais pour moi, c'est un formidable pied de nez humoristique de l'auteur à ses lecteurs. du début jusqu'à la fin ce n'est qu'une série de pistes ouvertes au questionnement du lecteur: qui est Blank, qu'a-t-il fait? espion, agent secret, dictateur,.. les personnages qui l'entourent vous entraînent vers l'indulgence, la haine, la compassion, le pardon ou la vengeance.. Et au bout du compte... Rien , Nada, Nothing... Bonne blague!

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    • Livres 4.00/5
    Par Fantasio le 12/02/2011


    Paul Auster a une écriture très particulière et originale qui n'appartient qu'à lui. Et dans ce roman énigmatique, il est au meilleur de sa forme.
    Le texte de présentation ci-dessus résume bien le climat assez angoissant de ce récit où les parts d'ombre sont nombreuses. Roman à tiroirs (un deuxième récit inachevé en second plan), roman intriguant où tout n'est pas dévoilé, roman parfois déroutant ou le personnage principal, que l'on devine antipathique , est confronté aux problèmes physiques engendrés par la vieillesse et surtout à une perte de mémoire qui l'oblige à redécouvrir certains aspects de sa vie.
    Il est difficile de rendre l'atmosphère étrange qui se dégage de cet ouvrage d'une profondeur qui amène la réflexion sur la responsabilité individuelle et collective ainsi que sur la justice et le châtiment.
    Une fin ouverte et étonnante laisse le lecteur en état d'interrogation.
    Dans le scriptorium est un livre aux multiples perceptions sur un univers trouble qui restera longtemps dans les mémoires...


    Lien : http://lefantasio.fr

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    • Livres 3.00/5
    Par Co le 10/09/2008


    Un vieil homme enfermé dans une chambre. Il ne se souvient de rien ou presque. Il reçoit des visites de personnes qui lui disent que c'est lui qui les a envoyés en mission, que certains ont beaucoup souffert à cause de lui. Il ne se souvient pas de leurs noms mais se rappelle d'eux. On comprend peu à peu que ces gens sont ses créatures, celles qu'ils a créées et qui ont désormais une vie propre. Une réflexion angoissée sur la relation d'un auteur à ses personnages.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par argantel le 18/08/2008


    Face à l'engouement de la blogosphère pour Paul Auster, je me suis décidée à lire un de ses livres pour me faire une idée par moi-même :-)

    J'avoue que la lecture des 4ème de couverture de ses romans ne permet pas vraiment de faire un choix "limpide" car à chaque fois je me suis demandée de quoi le livre pouvait bien parler ... alors j'ai choisi une couverture qui me plaisait et me voici lancée dans ce Scriptorium.

    Et je me suis trouvée embarquée dans un univers très particulier, un monde parallèle où un vieil homme, qu'on appellera Mr Blank, se réveille enfermé dans une pièce aveugle. Au cours de sa journée, il voit défiler des visiteurs dont il se rappelle peu mais qu'il a envoyé auparavant "en mission" et quand il est seul, il prend petit à petit possession de son univers restreint et nous fait découvrir le manuscrit posé sur le bureau.

    Ce livre est pour moi un tour de force car d'une part, la description de la journée de Mr Blank est passionnante, situé entre monde réel et fictif et d'autre part, en filigramme, la lecture du manuscrit puis la construction de la partie manquante nous font participer à un vrai travail d'écrivain (le tout basé sur une vision critique des USA).

    Ce livre, en moins de 200 pages, aborde tellement de choses qu'il en est vertigineux et la chute est tout simplement ébouriffante.

    Mon seul regret : ne pas avoir lu d'autres livres de cet auteur auparavant car il fait clairement référence à un certain nombre de personnages de ses romans précédents.

    Donc, une seule chose à faire : attaquer d'autres Paul Auster !

    http://argantel.canalblog.com/archives/2008/07/27/10029990.html#comments

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par wictoria le 12/02/2008


    Tout d'abord, je dois dire que ce très court roman peut se lire en une journée facile (137 pages de lecture). Ensuite, qu'il fait référence à des personnages apparus dans d'autres romans de l'auteur. Cela dit, il n'est pas absolument nécessaire de les avoir tous lus, seulement de savoir qu'il y a un jeu de cache-cache auquel s'adonne Paul Auster.
    Lire la suite :
    http://monbiblioblog.blogspot.com/2007/12/dans-le-scriptorium.html

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