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> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2253135038
Éditeur : Le Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 284 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"L'Invention de la solitude" comporte deux parties. Dans la première, "L'homme invisible", la mort soudaine du père conduit Paul Aster à fouiller la mémoire familiale en même temps qu'il explore ses propres sentiments et mobiles. Dans la seconde, "Le livre de la mémoire... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par latina, le 26 août 2014

    latina
    Tout commence par la mort du père. Un père absent, un père solitaire, un père « Invisible ». Et son fils, Paul Auster, veut aller à sa rencontre, veut enfin le trouver. Difficile... Il nous relate tout ce qu'il sait de lui, ses manies, sa façon de marcher, de parler (ou de ne pas parler, plutôt), ses relations avec les autres. Il nous dévoile aussi, avec difficulté, la cause probable de son comportement étrange, un secret de famille horrible.
    Sa prise de parole est difficile, oui. C'est étonnant pour un écrivain aussi talentueux que lui. Mais c'est compréhensible aussi, puisqu'il s'agit du très intime.
    J'ai beaucoup aimé cette première partie intitulée «Portrait d'un homme Invisible » , tout entière sincère et naturelle.
    Par contre, la seconde partie, « le livre de la mémoire » m'a complètement déconcertée : la narration en je a fait place à celle à la 3e personne, et les personnages n'ont plus d'identité, ils s'appellent « A » (ici, ce A représente l'écrivain, en l'occurrence), S, T....Et je ne comprends vraiment pas où ce A veut en venir. Ce sont des réflexions décousues, de toutes sortes, mais où le thème de la mémoire revient continuellement. Même s'il fait preuve d'érudition, ce qui est très intéressant, je suis désolée de dire que j'ai abandonné, la rage au cœur. Peut-être y reviendrais-je un jour, quand mon taux de bienveillance sera au beau fixe. Ce n'était pas le moment pour moi d'opérer un recul sur les choses, sur Auster, sur moi-même.
    Je ne conseille donc pas ce livre (très bon dans la 1e partie mais décousu dans la 2e) à ceux qui veulent faire connaissance avec l'univers austérien. Qu'ils se tournent plutôt vers des romans comme « Brooklyn Follies », « Invisible », « MOON PALACE », à la fois érudits, explosifs, sacrément sensés et très habiles.
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    • Livres 3.00/5
    Par JS-KM, le 16 juin 2014

    JS-KM
    Inventer sa solitude, ou s'individuer.

    Et présider, en conscience, aux déploiements de l'écriture à venir. En exposer le noyau, ou la pierre de jais ; l'absence de fascination guide la démarche (s'en tenir aux faits objectifs, ceux de la réalité physique d'un corps, sinon de sa position dans un lieu donné).
    C'est que tout commence par là. Etre assis devant un bureau. "Table de travail". Se situer dans un tel espace, sans rien perdre de l'extérieur pourtant ; être enfermé, mais sentir, jusque dans ses os, que ce confinement s'impose, et qu'il parle, longuement. Et ainsi, ouvrir la voie avec un premier texte, le « Portait d'un homme Invisible ».

    L'homme Invisible, c'est le père, dont la vie intérieure, la présence même semblent relever du bruit blanc. Des mots, des souvenirs ; leur écho, à l'épreuve du réel, poursuit le travail de l'absence, cette fois consommée par la mort.
    Deviner la nature d'un vertige intérieur, le sien, propre, à l'aune de la disparition d'un père. La solitude de celui qui écrit "dans la chambre" se partage avec celles des ombres côtoyées ; on devient, pour soi-même et pour se trouver, ou pour un autre, un "bloc d'espace impénétrable".
    Ecrire, une absence nécessaire pour être au monde, et répondre à la voix d'un enfant : celui qui a attendu son père, il y a tant d'années, sans le rencontrer. Et celui qui, aujourd'hui, entend entraîner son père avec lui : plus loin, dans le dédale que la chair, et le souvenir, dessinent pour eux.

    « le livre de la mémoire », seconde partie de « L'Invention de la solitude », évoque, en plus des mystères de la filiation, le lien fondamental entre le présent et les époques révolues. L'identité circule entre ces pôles de stabilité avec une conscience d'elle-même de moins en moins certaine, ou arrêtée.
    Des figures historiques (Anne Frank, Israel Lichentenstein), bibliques (Jonas et la Baleine), artistiques (Vermeer, Collodi et son Pinocchio) viennent éclairer la solitude comme épreuve ontologique, et les postures créatrices, pour soi, qu'elle peut favoriser, mais qui peuvent, ou doivent être mises en place pour la survie même ; une façon de cheminer dans le labyrinthe Austérien. Ou, comme le dit justement P. Bruckner : le fondement même de « « l'art poétique » de P. Auster.
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    • Livres 4.00/5
    Par EosMayonnaise, le 04 avril 2013

    EosMayonnaise
    Je serais incapable de trouver les mots justes pour donner envie de lire ce livre.
    Comme à chaque fois que j'ouvre un de ses livres, Auster m'a encore foutu une grande claque.
    Alors, certes, on adhère ou on adhère pas, mais il est indescriptible.
    Aucun mot de sort, je ne vais pas insister. J'ai trouvé MON auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 03 février 2011

    alicejo
    Deux parties composent ce livre :
    Une première assez "classique" dans laquelle Paul Auster évoque à la première personne du singulier son père (et plus largement sa famille paternelle), personnage fermé et assez mystérieux qui vient de mourir. Une première partie intimiste assez agréable à lire.
    Dans la deuxième partie, "le livre de la mémoire", Paul Auster abandonne le "Je" et parle de A., de son grand-père, de son fils et nous livre ses réflexions sur l'existence, la mémoire en faisant référence à des personnalités très diverses (Anne Franck, Collodi et son Pinocchio, Marcel Proust...). Une deuxième partie remarquablement bien écrite.
    J'ai abordé cette deuxième partie un peu distraitement et je suis passée un peu à côté de certains passages. L'intérêt n'a fait que croitre au fur et à mesure de ma lecture et j'ai bien envie de relire ce livre de la mémoire un peu plus attentivement dans quelques temps.
    Pour ceux qui ne connaissent pas l'œuvre de Paul Auster, je déconseillerais cependant de commencer par cet ouvrage qui n'est pas la porte la plus accessible pour entrer dans l'univers d'Auster.
    Aujourd'hui 3 février Paul Auster fête ses 64 ans, bon anniversaire Monsieur A.
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    • Livres 3.00/5
    Par anne_le_bruit_des_vagues, le 16 septembre 2014

    anne_le_bruit_des_vagues
    Je suis vraiment contente ! J'ai réussi à lire ce "roman" jusqu'au bout... Parce que, honnêtement, cette lecture n'était pas des plus faciles...Je suis allée voir un peu l'avis d'autres lecteurs, sur le site Babelio, et me voilà réconfortée : nombreux sont ceux qui partagent mon avis et sont sortis un peu déconcertés de leur lecture.
    La première partie, même si elle est plutôt triste (l'auteur parle de son père, qui vient de mourir et de sa vie, distante) est plutôt agréable à lire.
    Mais la seconde doit s'adresser à l'autre hémisphère de mon cerveau, celle qui fonctionne au ralenti. Pas qu'elle soit inintéressante ou mal écrite, mais vraiment complexe, peu structurée (dans ma compréhension ! Je suis certaine que l'auteur sait exactement quel chemin il prend pour se rendre exactement où il souhaite aller...). J'ai eu un peu de mal à le suivre... Même cette référence redondante à la baleine, dans "Pinocchio", qui pourtant a tout son sens, a fini par me lasser.
    En revanche, l'allusion au conte des mille et une nuits a titillé ma curiosité, puisque cela fait longtemps maintenant que je remets à plus tard la lecture de ce conte... Et puis Anne Franck. Vermeer.
    Ne rien oublier, et restituer.
    Je crois qu'il y a une vraie profondeur dans ce texte, une quête. Celle de l'auteur, et, par rebond, celle du lecteur. Il faut juste ne pas se perdre en chemin...
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Citations et extraits

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  • Par lireanimes, le 04 mai 2008

    Il trouve extraordinaire, même dans l’ordinaire de son existence quotidienne, de sentir le sol sous ses pieds, et le mouvement de ses poumons qui s’enflent et se contractent à chaque respiration, de savoir qu’il peut, en posant un pied devant l’autre, marcher de là où il est à l’endroit où il veut aller. Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil, quand il se penche pour lacer ses chaussures, un flot de bonheur l’envahisse, un bonheur si intense, si naturellement en harmonie avec l’univers qu’il prend conscience d’être vivant dans le présent, ce présent qui l’entoure et le pénètre, qui l’envahit soudain, le submerge de la conscience d’être vivant. Et le bonheur qu’il découvre en lui à cet instant est extraordinaire. Et qu’il le soit ou non, il trouve ce bonheur extraordinaire.
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  • Par FRANGA, le 04 janvier 2013

    Que je réussisse ou non ne comptait guère pour lui. J'existais pour lui en fonction de ce que j'étais, non de ce que je faisais, et cela signifiait que jamais la perception qu'il avait de moi ne changerait, nos rapports étaient déterminés de façon inaltérable, nous étions séparés l'un de l'autre par un mur. Je comprenais surtout que tout cela n'avait pas grand-chose à voir avec moi. Lui seul était en cause. Comme tous les éléments de son existence, il ne me voyait qu'à travers les brumes de sa solitude, à grande distance. L'univers était pour lui, à mon avis, un lieu éloigné où jamais il ne pénétrait pour de bon, et c'est là-bas, dans le lointain, parmi les ombres qui flottaient devant lui, que j'étais né et devenu son fils, que j'avais grandi, apparaissant et disparaissant comme une ombre de plus dans la pénombre de sa conscience.
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  • Par FRANGA, le 09 janvier 2013

    Il a rêvé toute sa vie de devenir millionnaire, l'homme le plus riche du monde.
    Ce qu'il convoitait n'était pas tant la fortune que ce qu'elle représente : non seulement le succès aux yeux des autres mais aussi une possibilité de se sentir intouchable. Avoir de l'argent, ce n'est pas seulement pouvoir acheter : cela signifie être hors d'atteinte de la réalité. L'argent en tant que protection, non pour le plaisir. Parce que dans son enfance il en avait été démuni, et donc vulnérable aux caprices de l'existence, l'idée de richesse était devenue pour lui synonyme d'évasion : échapper au mal, à la souffrance, ne plus être une victime. Il ne prétendait pas s'acheter le bonheur mais simplement l'absence de malheur. L'argent était la panacée, la matérialisation de ses désirs les plus profonds, les plus difficiles à exprimer. Il ne voulait pas le dépenser mais le posséder, savoir qu'il était là. Moins qu'élixir qu'antidote : la petite fiole à emmener au fond d'une poche si on va dans la jungle-au cas où on serait mordu par un serpent venimeux.
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  • Par lireanimes, le 04 mai 2008

    On a parfois l’impression d’être en train de déambuler sans but dans une ville. On se promène dans une rue, on tourne au hasard dans une autre, on s’arrête pour admirer la corniche d’un immeuble, on se penche pour inspecter sur le trottoir une tache de goudron qui fait penser à certains tableaux que l’on a admirés, on regarde les visages des gens que l’on croise en essayant d’imaginer les vies qu’ils trimbalent en eux, on va déjeuner dans un petit restaurant pas cher, on ressort, on continue vers le fleuve (si cette ville possède un fleuve) pour regarder passer les grands bateaux, ou les gros navires à quai dans le port, on chantonne peut-être en marchant, ou on sifflote, ou on cherche à se souvenir d’une chose oubliée. On a parfois l’impression, à se balader ainsi dans la ville, de n’aller nulle part, de ne chercher qu’à passer le temps, et que seule la fatigue nous dira où et quand nous arrêter. (…) en réalité, ce qu’on fait quand on marche dans une ville, c’est penser, et on pense de telle façon que nos réflexions composent un parcours, parcours qui n’est ni plus ni moins que les pas accomplis, si bien qu’à la fin on pourrait sans risque affirmer avoir voyagé et, même si l’on ne quitte pas sa chambre, il s’agit bien d’un voyage, on pourrait sans risque affirmer avoir été quelque part, même si on ne sait pas où.
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  • Par FRANGA, le 16 janvier 2013

    A l'époque de son troisième anniversaire, les goûts littéraires du fils de A. ont commencé à évoluer, passant des simples livres d'images pour tout-petits à des ouvrages pour enfants plus élaborés. Les illustrations en étaient encore une grande source de plaisir, mais ce n'était plus décisif. L'histoire en elle-même suffisait à soutenir sont attention, et quand A. arrivait à une page dépourvue du moindre dessin, il était ému de voir le petit garçon fixer intensément devant lui le vide de l'air, un mur blanc, rien, en se représentant ce que les mots lui suggéraient. "C'est amusant d'imaginer ce qu'on ne voit pas", a t-il dit à son père , un jour qu'ils marchaient dans la rue. Une autre fois, il était allé à la salle-de-bain, s'était enfermé et ne ressortait plus. "Qu'est-ce que tu fais là-dedans ?" a demandé A. à travers la porte. "Je pense, a répondu l'enfant. Pour ça, il faut que je sois seul."
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