> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2253135038
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
"L'Invention de la solitude" comporte deux parties. Dans la première, "L'homme invisible", la mort soudaine du père conduit Paul Aster à fouiller la mémoire familiale en même temps qu'il explore ses propres sentiments et mobiles. Dans la seconde, "Le livre de la mémoire... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68, le 29 août 2011

    jcnb68
    C'est pas gentil de comparer Auster et Murakami.
    Oui, mais voilà moi j'en ai envie.
    Et à force de me battre contre et avec la vie, j'ai appris que face aux envies, rien ne sert de lutter. Autant les assouvir au plus vite. Comme ça ; l'on en parle plus.
    Je ne sais pas si Auster est le plus japonais des auteurs américains ou si c'est Murakami qui est le plus américain des auteurs japonais ?
    C'est égal, ou presque.
    De toute façon, le but de cette phrase était de faire joli.
    Je ne pourrais vous dire ce que je leur trouve de véritablement commun à ces deux là.
    Je crois que c'est l'état d'hypnose méditative dans lequel je plonge lorsque je lis certains de leurs récits.
    Dans ce petit livre de rien du tout, Auster vous explose la conscience.
    Ce n'est pas tant le contenu de ce qu'il écrit, sinon surtout sa manière de disposer les mots, les commencements de phrases, leur surdité. Auster arrive à capter votre attention en vous choquant de part sa façon de s'exprimer. Puis, une fois sous le choc, il vous glisse à l'intérieur des petites bombes encore plus explosives qui déconstruisent toute votre pensée pépère et accommodante.
    Qu'est-ce qu'il doit prendre son pied en nous bottant le cul de la sorte.
    En tout cas, il y en a un qui n'a pas volé son prix Nobel.
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 03 février 2011

    alicejo
    Deux parties composent ce livre :
    Une première assez "classique" dans laquelle Paul Auster évoque à la première personne du singulier son père (et plus largement sa famille paternelle), personnage fermé et assez mystérieux qui vient de mourir. Une première partie intimiste assez agréable à lire.
    Dans la deuxième partie, "le livre de la mémoire", Paul Auster abandonne le "Je" et parle de A., de son grand-père, de son fils et nous livre ses réflexions sur l'existence, la mémoire en faisant référence à des personnalités très diverses (Anne Franck, Collodi et son Pinocchio, Marcel Proust...). Une deuxième partie remarquablement bien écrite.
    J'ai abordé cette deuxième partie un peu distraitement et je suis passée un peu à côté de certains passages. L'intérêt n'a fait que croitre au fur et à mesure de ma lecture et j'ai bien envie de relire ce livre de la mémoire un peu plus attentivement dans quelques temps.
    Pour ceux qui ne connaissent pas l'œuvre de Paul Auster, je déconseillerais cependant de commencer par cet ouvrage qui n'est pas la porte la plus accessible pour entrer dans l'univers d'Auster.
    Aujourd'hui 3 février Paul Auster fête ses 64 ans, bon anniversaire Monsieur A.
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    • Livres 4.00/5
    Par Christw, le 18 janvier 2012

    Christw

    Paul Auster est souvent qualifié d'auteur inclassable, ce livre le justifie amplement. Entre la recherche de l'identité d'un père peu présent, la mise en évidence de la mémoire et de la solitude dans l'acte d'écriture, les collisions du hasard dans le temps et l'espace, à travers un flot de réflexions autobiographiques intimes et tentaculaires, il ouvre des portes que certains d'entre-nous ont entrouvertes pour vite les refermer, pris de vertige. Il nous met face à notre esprit.
    (Suite sur mon blog).

    Lien : http://marque-pages.over-blog.net/article-l-invention-de-la-solitude..
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    • Livres 5.00/5
    Par Murielle2Paris, le 25 juillet 2011

    Murielle2Paris
    Un de mes livres préférés de Paul Auster, la première partie, mais encore plus la deuxième, tournée sur la mémoire et les racines.
    Et un coup de coeur pour ce titre incroyable, qui peut susciter, je trouve, des échos chez chacune et chacun d'entre nous.
    Cela dit, comme d'autres l'ont signalé ici, "L'Invention de la solitude" n'est pas le Paul Auster le plus facile à lire, et sans doute pas celui à conseiller pour découvrir cet auteur pour la première fois.
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  • Par micheled, le 19 janvier 2011

    micheled
    C'est mon préféré. On trouvera des résumés à différents endroits. Ici que l'une ou impression.
    La ville est un élément de décor pour Paul Auster, comme l'est L' "esprit" d' un appart, d' une maison. Je n'aime pas le mot "âme". Il observe avec un bon regard, celui qui se souvient, anticipe. le hasard joue un rôle essentiel chez lui. Il l'interprète et l'intègre à sa réalité.
    Je trouve à l'instant un lien qui envoie à un article qui v dans le sens de la phrase qui précède.
    http://www.buzz-litteraire.com/index.php?2009/03/04/1296-l-heritage-de-paul-auster-a-la-nouvelle-generation-d-auteurs

    Lien : http://micheledassy.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par Lyjazz, le 29 janvier 2012

    Un seul occupant peuplait la pièce, deux personnes l'encombraient. Il était impossible de s'y déplacer sans contracter son corps pour le réduire à ses moindre dimensions, sans concentrer son esprit en un point infiniment petit au-dedans de soi. Ce n'est qu'à cette condition que l'on pouvait commencer à respirer, sentir la chambre se déployer et se voir en explorer mentalement l'étendue démesurée et insondable. Car cette chambre contenait un univers entier, une cosmogonie en miniature comprenant tout ce qui existe de plus vaste, de plus distant, de plus inconnu. C'était une châsse, à peine plus grande q'un corps humain, à la gloire de tout ce qui en dépasse les limites : la représentation, jusqu'au moindre détail, du monde intérieur d'un homme. S. avait littéralement réussi à s'entourer de ce qui se trouvait au-dedans de lui. L'espace qu'il habitait tenait du rêve, ses murs tels la peau d'un second corps autour du sien, comme si celui-ci avait été transformé en esprit, vivant instrument de pensée pure. C'était l'utérus, le ventre de la baleine, le lien originel de l'imagination. En se situant dans cette obscurité, S. avait inventé un moyen de rêver les yeux ouverts.
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  • Par lireanimes, le 04 mai 2008

    Il trouve extraordinaire, même dans l’ordinaire de son existence quotidienne, de sentir le sol sous ses pieds, et le mouvement de ses poumons qui s’enflent et se contractent à chaque respiration, de savoir qu’il peut, en posant un pied devant l’autre, marcher de là où il est à l’endroit où il veut aller. Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil, quand il se penche pour lacer ses chaussures, un flot de bonheur l’envahisse, un bonheur si intense, si naturellement en harmonie avec l’univers qu’il prend conscience d’être vivant dans le présent, ce présent qui l’entoure et le pénètre, qui l’envahit soudain, le submerge de la conscience d’être vivant. Et le bonheur qu’il découvre en lui à cet instant est extraordinaire. Et qu’il le soit ou non, il trouve ce bonheur extraordinaire.
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  • Par lireanimes, le 04 mai 2008

    On a parfois l’impression d’être en train de déambuler sans but dans une ville. On se promène dans une rue, on tourne au hasard dans une autre, on s’arrête pour admirer la corniche d’un immeuble, on se penche pour inspecter sur le trottoir une tache de goudron qui fait penser à certains tableaux que l’on a admirés, on regarde les visages des gens que l’on croise en essayant d’imaginer les vies qu’ils trimbalent en eux, on va déjeuner dans un petit restaurant pas cher, on ressort, on continue vers le fleuve (si cette ville possède un fleuve) pour regarder passer les grands bateaux, ou les gros navires à quai dans le port, on chantonne peut-être en marchant, ou on sifflote, ou on cherche à se souvenir d’une chose oubliée. On a parfois l’impression, à se balader ainsi dans la ville, de n’aller nulle part, de ne chercher qu’à passer le temps, et que seule la fatigue nous dira où et quand nous arrêter. (…) en réalité, ce qu’on fait quand on marche dans une ville, c’est penser, et on pense de telle façon que nos réflexions composent un parcours, parcours qui n’est ni plus ni moins que les pas accomplis, si bien qu’à la fin on pourrait sans risque affirmer avoir voyagé et, même si l’on ne quitte pas sa chambre, il s’agit bien d’un voyage, on pourrait sans risque affirmer avoir été quelque part, même si on ne sait pas où.
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  • Par alicejo, le 30 janvier 2011

    Un jour il y a la vie. Voici un homme en parfaite santé, pas vieux, jamais malade. Tout va pour lui comme il en fut toujours, comme il en ira toujours. Il vit au quotidien, s'occupe de ses affaires et ne rêve qu'aux réalités qui se présentent à lui. Et puis d'un seul coup, la mort. Notre homme laisse échapper un petit soupir, s'affaisse dans son fauteuil, et c'est la mort. Si soudaine, qu'il n'y a pas de place pour la réflexion, aucune possibilité pour l'intelligence de se trouver un mot de consolation. Il ne nous reste que la mort, l'irréductible évidence que nous sommes mortels.
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  • Par alicejo, le 30 janvier 2011

    J'ai appris qu'il n'y a rien de plus terrible que la confrontation avec les effets personnels d'un mort. Les choses sont inertes. Elles n'ont de signification qu'en fonction de celui qui les utilise. La disparition advenue, les objets, même s'ils demeurent, sont différents. Ils sont là sans y être, fantômes tangibles, condamnés à survivre dans un monde où ils n'ont plus leur place.
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