> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742743693
Éditeur : Actes Sud (2003)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 107 notes) Ajouter à mes livres
Comment reprendre goût à la vie lorsque les êtres que l'on aime sont morts de façon tragique ? Pour David Zimmer, ce sera par l'écriture : il entreprend tout d'abord d'éditer une monographie sur les comédies en noir et blanc ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Forban, le 29 juin 2008

    Forban
    Est-ce une coïncidence ? Ou bien Auster s'est-il inspiré de Djian ? Je pencherai plutôt pour la coïncidence. En tout cas, lorsque j'ai commencé à lire ce de Paul Auster, j'ai réalisé qu'il traitait du même thème que le roman de Philippe Djian Vers chez les blancs . Ou, en mettant les choses au mieux, que la toile de fond des deux livres présentait de réelles analogies. le fait qu'ils soient les deux romanciers contemporains que je préfère m'a entraîné, au fur et à mesure que j'ai découvert ce rapport, à faire des allers-retours incessants entre les deux romans. J'avais été passionné par la lecture du roman de Djian, je l'ai été autant (et peut-être davantage encore) par la lecture du livre des illusions de Paul Auster.

    Dans les deux romans, la vie d'un homme, le narrateur de l'histoire, est brisée à la suite d'un accident d'avion dans lequel meurent sa femme et ses enfants. Situation extrême, mais que chacun d'entre nous peut d'autant plus facilement imaginer Peut-on imaginer pire situation dans une vie ?

    Dans les deux romans, les narrateurs sont : un romancier chez Djian ; un spécialiste du cinéma et traducteur de Chateaubriand pour Auster.

    Dans les deux romans, ils sont confrontés à la création artistique, à ses douleurs, à ses rapports avec la souffrance, et surtout, au sens que la création donne leur vie.

    A partir de ce point de départ commun, et comme il fallait s'y attendre, les deux œuvres vont diverger fortement par leur construction, leurs thèmes secondaires, leur écriture, chacune d'elles conservant pourtant une force indubitable qui fait paraître fade beaucoup de petits romans nombrilistes et intimistes dans l'air du temps.

    David Zimmer n'attend plus rien de la vie. Sa femme Helen et ses deux garçons sont morts dans un accident d'avion. Il est devenu alcoolique et vit dans un brouillard cotonneux en s'apitoyant sur son sort et en rêvant son suicide. Un soir, il voit à la télé un extrait d'un vieux film d'Hector Mann. Et pour la première fois depuis l'accident, il rit.

    « Cela peut sembler sans importance, mais c'était la première fois depuis juin que je riais de quoi que ce fût et en sentant ce spasme inattendu monter dans ma poitrine et se mettre à chahuter mes poumons, je compris que je n'avais pas encore touché le fond, qu'il restait en moi quelque chose qui souhaitait continuer à vivre ».

    Il entreprend alors ce qui n'avait jamais été fait, une étude fouillée, exhaustive, de l'œuvre d'Hector Mann, cinéaste génial et méconnu du cinéma muet, disparu depuis 1929.

    « J'ai écrit le livre en moins de neuf mois. le manuscrit terminé comptait plus de trois cents pages dactylographiées, et chacune de ces pages avait représenté pour moi un combat ».

    le livre est publié. David Zimmer passe à autre chose, il commence un travail passionnant : la traduction des « Mémoires d'outre-tombe » de Chateaubriand. Et puis, l'invraisemblable se produit. Hector Mann, que tout le monde croyait mort, vit toujours, caché en Californie. Il veut rencontrer David Zimmer. Alma Grund, une jeune femme, vient chercher David Zimmer pour le conduire à Hector. Et David se laisse finalement convaincre. Et peu à peu, la vie extraordinaire et méconnue d'Hector Mann va lui être révélée par Alma. La vie, mais aussi tout un pan immense de son œuvre cinématographique, quatorze films que jamais personne n'a vu et qu'il va être le seul à pouvoir visionner en partie. Tous ces films inédits d'Hector Mann seront en effet détruits lorsque David les aura visionnés.

    A travers cette narration palpitante d'un bout à l'autre du livre, Paul Auster mène avec brio une réflexion sur la signification de l'art. Que représente l'œuvre d'art pour un artiste si celui-ci, de façon délibérée, refuse de la montrer à qui que ce soit ? Pourquoi Frieda, l'épouse d'Hector Mann, veut-elle absolument faire disparaître ces films alors qu'elle a tant œuvré avec Hector pour leur réalisation ?

    « Petit à petit, c'était devenu un principe esthétique en soi. Alors même qu'elle continuait à travailler avec Hector, elle devait avoir eu le sentiment qu'il ne s'agissait plus de faire des films. Il s'agissait de fabriquer quelque chose afin de le détruire. C'était ça, l'œuvre, et tant que toute trace de l'œuvre n'aurait pas été détruite, l'œuvre n'existerait pas. Elle ne commencerait à exister qu'au moment de son anéantissement –et alors, tandis que la fumée s'élèverait dans le jour brûlant du Nouveau-Mexique, elle disparaîtrait. »

    Mais le roman de Paul Auster est d'une grande richesse thématique.

    Que représente une vie d'homme, nous dit Paul Auster, sans la création ? Et quelle peut être l'importance de cette vie, si la création reste cachée ? Pour que la vie d'Hector prenne tout son sens, il faut que ses films les plus importants, détruits par le feu, puissent enfin être vus de tous. Peut-être Alma a-t-elle réussi à préserver les films ?

    « S'il en est ainsi, alors les films d'Hector ne sont pas perdus. Ils n'ont que disparu et, tôt ou tard, quelqu'un surviendra qui ouvrira par hasard la porte de la chambre où Alma les a cachés, et l'histoire reprendra du début.
    Je vis dans cet espoir ».

    A travers l'histoire extraordinaire de la vie d'Hector, racontée par Alma, à travers l'amour qui naît, avec difficultés, entre David et Alma les deux admirateurs de l'œuvre d'Hector, à travers l'oubli progressif de la douleur de David ainsi que l'importance que va prendre la traduction des « Mémoires d'outre-tombe » dans sa vie, Paul Auster déploie son immense talent narratif avec une maestria époustouflante. Le livre des illusions est un roman qui fera date dans l'œuvre magistrale de Paul Auster.
    Cette critique peut être lue sur mon blog : Un Polar (blog collectif), à l'adresse suivante :
    http://unpolar.hautetfort.com/archive/2010/12/14/le-livre-des-illusion-de-paul-auster.html
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    • Livres 3.00/5
    Par stefferon, le 04 novembre 2011

    stefferon
    Quel livre étrange. Presque envoûtant tant on peut se perdre entre la vie de David, celle de Hector et de ces héros de film.
    On ne sait plus qui est qui.
    Les tragédies se confondent, se mêlent.
    On se laisse porter par les vies.
    Comme en plongée on perd le sens de l'orientation, on procède par paliers pour s'enfoncer toujours plus loin.
    Et lorsqu'on sort de l'eau, l'envie d'y retourner se mêle à la joie d'en être sorti.
    Bilan mitigé mais somme toute assez plaisant.
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    • Livres 3.00/5
    Par Alexielle63, le 11 mars 2011

    Alexielle63
    Le narrateur est David Zimmer, un professeur du Vermont qui vient de perdre sa femme, Helen et ses deux enfants, Todd et Marco, suite à un crash aérien. Pour ne pas sombrer totalement, il se lance dans la rédaction d'un livre sur un ancien acteur disparu, Hector Mann. Les premières lignes nous expliquent comment il a entamé cette entreprise, décrivent Hector, sa façon d'être et les douze films qu'il a laissés à titre d'héritage. J'ai beaucoup aimé le début puis, le visionnage des douze films et leur description en large et en travers m'ont paru très long mais néanmoins nécessaires : ainsi, Hector nous paraît réel, je me suis plusieurs fois demandé s'il avait réellement existé. de fil en aiguille, le lecteur s'interroge également sur son devenir : s'agit-il d'une disparition volontaire ou d'un meurtre ? Si elle est volontaire, pourquoi ? D'autant qu'il n'avait aucune raison de disparaître : sa carrière était en train de démarrer et il avait un contrat important sur le feu... le suspense est donc total et l'on mène l'enquête en même temps que le narrateur. le tout est assez sombre, empli de tristesse et pessimiste : à ne surtout pas lire lorsque l'on est déprimé, ce n'est clairement pas le livre qui va vous aider à voir la vie du bon côté !!!! Cette plongée dans la vie d'Hector Mann m'a souvent « dérangée », remuée, mise mal à l'aise : à chaque fois que l'on pense qu'il va enfin s'en sortir, il tombe encore plus bas ! Je comprends son sentiment de culpabilité mais je trouve qu'il va beaucoup trop loin dans l'auto flagellation, à la limite du malsain. J'ai trouvé de nombreuses longueurs, j'avais hâte d'en finir, de connaître enfin le fin mot de l'histoire et c'est uniquement cela qui m'a fait tenir, continuer ma lecture...
    J'ai par contre trouvé David très touchant, c'est clairement LE personnage qui m'a le plus touchée, je n'ai eu aucun mal à me mettre à sa place, à ressentir de l'empathie pour lui. Tout comme Hector, on le sent au bord du gouffre mais il va se plonger dans la rédaction de son livre pour échapper à la terrible réalité, pour ne pas sombrer totalement. Sa colère et son chagrin sont palpables, le lecteur ne peut que compatir. Alma est également un personnage intéressant et sa rencontre avec David a un peu accru mon intérêt, même s'il a difficilement été maintenu jusqu'à la fin, fin que j'imaginais très différente, plus extraordinaire peut-être...
    Un peu déçue par ce livre de Paul AUSTER, d'autant que j'avais beaucoup aimé Brooklyn Follies et je me faisais donc une joie de le lire.

    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-the-book-of-illusion..
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    • Livres 3.00/5
    Par belledeschamps, le 06 juin 2008

    belledeschamps
    Après la mort de sa femme et de ses enfants dans un accident d'avion, David Zimmer est anéanti. Pour échapper au désespoir, il se lance dans l'écriture d'un livre consacré à Hector Mann, un réalisateur de l'époque du cinéma muet et porté disparu en 1929. Après la publication du livre, David reçoit un courrier lui annonçant que le cinéaste est toujours vivant, mais très malade et qu'il souhaite le rencontrer...
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    • Livres 2.00/5
    Par patouche, le 17 juillet 2010

    patouche
    l'ambiance du livre est sombre et il ne se passe pas grand chose à part l'obsession d'un ecrivain pour la vie menée par un acteur du cinéma muet et par les films que celui-ci a tourné Peut-être ce livre plaira-t-il aux amoureux du septième-art. Personnellement j'aurai un avis mitigé. Les retours en arrière incessants de l'auteur font que le récit ne semble pas avancer.
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 12 février 2008

    Je ne savais toujours pas qui j’étais, je ne savais pas ce que je voulais et, jusqu’à ce que je trouve un moyen de vivre à nouveau en compagnie d’autrui, je continuerai à n’être qu’une chose à moitié humaine.
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  • Par strawberries_milkshake, le 24 novembre 2010

    Allez-y, tirez, dis-je. Vous me rendrez un grand service.
    Ces mots m'étaient sortis de la bouche avant que j'aie su que j'allais les prononcer. Ils me parurent durs et terribles, du genre que seul prononcerait un aliéné, mais lorsque je les entendis, je compris que je n'avais aucune intention de les retirer. Ils me plaisaient. J'étais satisfait de leur franchise et de leur candeur, de la façon décisive et pragmatique d'aborder la situation à laquelle j'étais confronté.
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François Busnel propose de découvrir les Etats-Unis à travers le regard de ses écrivains. Il débute son périple par New York, ville la plus européenne du continent, qui n'en est pas moins un reflet de l'Amérique. Reflet de son immensité, de ses contrastes et de sa mixité. C'est aussi le lieu où s'épanouit une scène artistique foisonnante. François Busnel rencontre certains de ces New-yorkais d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.








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