Pourquoi lire ces romans?
1 ) J'avais commencé et laissé tomber, il y a des années, et vraiment je voulais enchaîner ces trois lectures.
2 ) Après ma (légère) déception avec
Sunset park, c'était le moment de lire les premiers romans parus en France, à l'époque où il n'était pas encore connu. Histoire de vérifier si je retrouve le
Paul Auster dont j'ai l'habitude.
3 ) Je veux lire
Dans le scriptorium, qui a l'air de reprendre des personnages de cette trilogie, ou à tout le moins leurs noms.
Cité de verreQuinn, auteur de romans policiers sous un pseudo, vit solitaire depuis la mort de sa femme et son fils. Un soir, il reçoit un coup de téléphone; son interlocuteur cherche un détective privé nommé
Paul Auster. Après quelque temps, Quinn décide d'endosser cette identité pour aider à protéger Peter Stillman de la vengeance de son père qui va sortir de prison. Quinn doit se charger de la surveillance et de la filature.
RevenantsUn nommé Bleu est chargé par Blanc de surveiller et filer un certain Noir. Il s'installe donc dans un appartement donnant sur celui de Noir. Celui-ci écrit, et lit Walden de Thoreau. Bleu, lui, écrit ses compte rendus qu'il expédie à Blanc.Un petit jeu avec les noms et les couleurs, tout du long du roman.
La Chambre dérobéeFanshawe disparaît mystérieusement, laissant sa femme Sophie et son fils Ben, non sans demander à sa femme de contacter un de ses anciens amis d'enfance, qui devra examiner ses manuscrits et éventuellement les faire paraître. Celui ci, le narrateur, reprendra la recherche de Fanshawe abandonnée par le détective Quinn, dont on n'a plus de nouvelles non plus. Peter Stillman réapparaîtra dans ce roman, d'ailleurs...
Mission accomplie! J'ai retrouvé l'univers de
Paul Auster, les trucs bien bizarres, les hasards (mais "rien n'est réel sauf le hasard"), les fausses identités, les camouflages, les digressions passionnantes (bon, dans
Sunset park j'ai aussi aimé cela), les personnages un peu limite, les petits jeux avec le lecteur, l'art de raconter les histoires les plus improbables et de tenir son lecteur en haleine...
Parfois on s'y perd, évidemment. Mais:
""Il y a un côté agréable à être dans le brouillard, un côté palpitant à ne pas savoir ce qui va suivre. Ça vous maintient sur le qui-vive, et il n'y a pas de mal à ça, n'est-ce pas? Bien réveillé, sur les dents, enregistrant tout et toujours prêt."
et de toute façon:
"Inventer des histoires peut être davantage qu'un simple passe-temps et peut constituer un plaisir en soi."
Mon esprit cartésien est soumis à rude épreuve, je n'ai sûrement pas tout compris, le lecteur est parfois laissé sur une pirouette, mais quel plaisir!
Quel lien entre ces histoires? Comme l'écrit
Paul Auster dans
La Chambre dérobée, faisant parler son narrateur:
"Ces trois récits, au bout du compte, sont la même histoire, mais chacun représente un stade différent de ma conscience de ce à quoi elle se rapporte."
Narrateur qui à la fin de
Cité de verre est un ami de
Paul Auster. Pour
Revenants je l'ignore.
Paul Auster a le culot d'être un personnage de
Cité de verre, où lui, sa femme (la première?) et leur fils apparaissent.
Bien évidemment les trois romans font la part belle aux balades dans New York, filatures, longues attentes dans la rue, enfermement dans une pièce, mais sont tous différents et d'une imagination originale.
Donc on continue avec
Paul Auster!
Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-trilogie-new-yor..