> Françoise Brun (Traducteur)

ISBN : 2867465672
Éditeur : Liana Lévi (2011)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Anna et Francesca ont treize ans, presque quatorze. C’est l’été à Piombino, ville désolée de Toscane bien loin de l’image de carte postale que l’on peut s’en faire quand on n’est pas d’ici. Chez elles, pas de vignes et Florence et son art sont bien loin. Leur quotidien ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 20 mai 2012

    fee-tish
    Un roman italien, un roman social, sur l'adolescence, sur le chômage et ses méfaits, sur les rêves et sur la violence. Ce premier livre de Silvia Avallone est tout cela à la fois. Il est fort et tragique. Il est envoûtant et désenchanteur.
    Francesca et Anna sont deux jeunes filles de treize ans, bientôt quatorze. Elles sont belles, le savent et en jouent. Elles sont adulées par les hommes, détestées par les filles de leur âge. Elles vivent à Piombino, petite ville industrielle de Toscane, située en face de l'île d'Elbe, paradis des touristes. Pourtant, ne vous y trompez pas, tout n'est pas rose à Piombino. Tout est plutôt gris et bruyant, rythmé par l'aciérie locale, qui draine la majorité des emplois de la cité. Sauf que l'usine est sur le déclin, que les habitants vivent dans une misère sociale accentuée par le chômage.
    Nous suivons les deux jeunes filles dans leur quotidien rempli d'innocence, d'envie de vivre et de rêves. Mais rempli également de relations conflictuelles avec la figure paternelle, parfois violent, d'autres fois démissionnaire. Une amitié sans limites, à un âge où le corps s'épanouit et où on découvre l'amour.
    Ce roman de vies est extraordinaire. Il explore l'âme humaine dans un contexte social compliqué, où le paradis est à portée de main mais inaccessible. Ce paradis pour les habitants de Piombino, c'est l'île d'Elbe. Une destination qui remonte le moral et soulage les peines. Les descriptions des scènes se déroulant sur la plage sont d'ailleurs les seules images colorées. En effet, ce qui caractérise ce roman, c'est une ambiance grise et monotone, tout en étant à la fois très bruyante : le bruit des machines de l'aciérie, les individus qui s'interpellent sur les balcons, les disputes dans les familles. Un décor parfaitement maîtrisé par l'auteure puisqu'elle y a grandi.
    J'ai été frappé par la justesse du ton utilisé par Silvia Avallone pour évoquer ce désespoir ambiant. le père de Francesca, Enrico, est un personnage ravagé par sa situation : n'étant personne en-dehors de son foyer, il s'affirme en tant qu'homme devant sa femme et sa fille ; et pas de la meilleure des façons. Francesca devient elle-même un personnage extrêmement pessimiste : malgré ses envies d'évasion, le lecteur se rend rapidement compte que sa famille ne peut lui permettre de s'en sortir.
    Anna quant à elle est une fille très dynamique qui aspire au changement et à l'élévation sociale. du haut de ses quatorze ans, rien ne lui semble impossible. Son frère, Alessio, est certainement le personnage le plus tragique du roman : il travaille à l'aciérie locale, il est le jeune homme le plus beau du quartier et peut se permettre toutes les folies qu'il souhaite ; filles, drogue, etc.
    En conclusion, voilà une jeune auteure italienne qu'il faut lire ! Un style d'écriture excellent, des personnages parfaitement construits, avec une vraie profondeur. Je vous conseille vivement ce livre qui mérite d'être largement connu.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par quiliravivra, le 07 avril 2012

    quiliravivra
    J'ai vraiment du mal à exprimer mon ressenti par rapport à ce roman.qui m'a à la fois subjuguée et déstabilisée dès les premières scènes.
    La convoitise du père qui observe à la jumelle les formes de sa fille adolescente, l'exhibition des 2 amies sous les fenêtres des voisins concupiscents, la brutalité sournoise et permanente dans les relations des uns avec les autres, la violence dans la description de l'aciérie et du travail des ouvriers, autant de scènes décrits de façon crue et souvent hypersexualisée.
    Comment une aussi jeune écrivaine a t'elle pu traduire aussi puissamment toute cette ambiance sordide, étouffante, suffocante d'une petite ville pauvre d' italie adossée à son unique activité , la sidérurgie, sous l'ère berlusconienne ?!
    Je suis épatée par l'écriture luxuriante de Sylvia Avallone mais je n'ai pas été à l'aise dans la lecture
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ppette007, le 11 septembre 2011

    ppette007
    Bienvenue à Piombino, une ville industrielle face à l'île d'Elbe, et son horrible cité HLM en bord de mer, la via Stalingrado. Dans ce coin de Toscane, tout tourne autour de la Lucchini, une immense aciérie qui emploie la plupart des hommes de la ville. C'est l'été et les adolescents, désœuvrés, traînent à la plage. Parmi eux rayonnent deux meilleures amies, Francesca, la blonde, et Anna, la brune. Elles ont presque quatorze ans, sont d'une beauté insolente et rêvent de s'évader de la cité ouvrière pour « devenir quelqu'un ». Leur vie ne va pas sans difficultés (un père violent pour la première, un père chômeur qui devient un escroc pour la seconde) mais elles croient encore que tout est possible. Elles sont à l'âge des premiers amours, des premiers choix importants dans l'orientation que l'on donne à sa vie, ce qui ne va pas manquer de mettre à l'épreuve la solidité de leur amitié si particulière.
    Silvia Avallone signe ici un roman extrêmement juste sur le passage de l'enfance à l'adolescence et les tourments qui l'accompagnent. Les corps qui se transforment, les flirts, la première sortie au patinodrome, l'impression d'être seules au monde, tout cela sonne vrai et rend les deux personnages d'Anna et Francesca très attachants. L'amitié fusionnelle qui les unit et les aide à supporter leur quotidien est particulièrement bien rendue.
    Mais ce récit comporte aussi une forte dimension sociale. Silvia Avallone a choisi pour décor le monde masculin et impitoyable de l'aciérie et de « l'Afo 4 », le dernier haut fourneau de la Lucchini, un personnage à part entière. L'usine italienne a été rachetée par des Russes qui envisagent de délocaliser la production et de licencier des centaines d'ouvriers. Cette composante sociale noircit encore le tableau désenchanté que l'auteur dresse de l'Italie de Berlusconi. L'acier envahit les esprits qui essaient d'oublier en se défonçant à la cocaïne ; il colle à la peau, fatigue les corps et va même parfois jusqu'à les engloutir.
    Ce roman est une vraie réussite par son rythme, son écriture incisive et presque physique, et ses descriptions au plus près des personnages. La scène inaugurale où le père de Francesca espionne sa fille sur la plage à la jumelle, tout ruisselant de sueur et de désir, est impressionnante. La seule réserve à apporter est l'aspect parfois caricatural de certains passages: la relation entre l'ouvrier, Alessio, et Elena, la chef du personnel, issue d'une bonne famille, les mentions insistantes de la beauté d'Anna et Francesca alors que les autres filles sont décrites comme nécessairement laides, les hommes qui ne sont dépeints que comme des macho, des animaux, des menteurs. Mais à n'en pas douter, ce premier roman marquera les esprits.
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    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 14 décembre 2011

    mariech
    Francesca et Anna vivent dans une cité défavorisée mais elles sont très très jolies et très jeunes ( 14 ans ) je n'arrivais pas à commencer le livre car je me méfie toujours des critiques trop positives et puis je l'ai ouvert et j'ai été enchantée .... Je ne sais pas expliquer pourquoi mais à peu près au milieu du livre , j'ai décroché , je sentais qu'il n'y aurait plus de surprises , que les personnages étaient trop peu nuancés , bref j'ai eu du mal de finir ce livre .
    Mais la plus grosse déception est la fin du livre qui paraît rajoutée au dernier moment comme si l'auteur avait hésité sur la fin à prendre et avait pris sa décision au hasard .
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par christianebrody, le 10 novembre 2011

    christianebrody
    Francesca (la blonde ), Anna (la brune), deux bombasses de quatorze ans, bientôt lycéennes étrennent leur jeunesse et leur insolente beauté sur la plage de Piombino, zigzagant entre les ordures, les algues, les bouches d'égouts, la rouille. Voisines et amies depuis l'enfance, des rêves plein la tête, elles se projettent dans l'avenir, quelque chose qui n'aurait rien à voir avec le quotidien morose parfois morbide qu'elles partagent.
    Du haut leur enthousiasme juvénile, témoins d'un monde en pleine dégénérescence, elles font le vœu de ne pas finir comme leurs copines enceintes à un si jeune âge, mariées de force pour sauvegarder les apparences, ou travailler dans l'une de ces supérettes pour un salaire misérable, ou encore finir putes de bas étage dans ces bouges infâmes qui attirent tous les habitants de Pombiono. Et par dessus tout, éviter de marcher dans les chaussures de leurs parents. S'en sortir que coûte que coûte car si on ne peut pas maîtriser une économie en pleine débâcle, on se doit de ne pas gâcher sa vie.
    Pombiono n'a pas toujours été cette ville triste où chacun promène sa misère. Il fut un temps où elle offrait un espoir de vie meilleure aux petites gens venues de partout avec pour seul bagage la force de leur bras et leur endurance. Les entreprises Lucchini, fabriquant D'acier pour le monde entier, ont recruté jusqu'à sept générations de travailleurs, ont été le poumon économique de toute la région. Pour ces tous ces ouvriers, des bâtiments- barres de béton ont été construits avec vue sur la mer.
    Quarante ans plus tard, il ne reste plus rien. Juste une jeunesse désillusionnée qui tient le coup entre les sorties le week-end, la drogue qui permet de continuer un boulot usant, les prostituées, les petites combines qui autorisent l'achat de nouveaux gadgets, les virées en voiture, et le rêve d'un avenir meilleur qui s'effrite.
    Pombiono ressemble à toutes ces villes qui ont émergé, grandi, grossi, nourri des générations entières, ville eldorado qui a fini par s'essouffler puis mourir grâce à une politique économique toujours plus vorace et devenir un cimetière, une zone de non-vie.
    Un livre sec qui s'inscrit parfaitement dans notre présent. Ce n'est pas un réquisitoire mais une histoire qui colle à l'air du temps, le nôtre. Tous les personnages de Silvia Avallone sont touchants; de la femme soumise à la plus parfaite des ordures, elle leur rend une certaine dignité, une humanité que le quotidien leur ôte.
    Des hommes, des usines, les barres de fer, la plage cradingue et au loin, à quatre kilomètres, l'île d'Elbe, le paradis de ceux qui ont réussi, le graal à portée de brasses pour Francesca et Anna. Elles se le sont promis d'y aller elles aussi. Un jour.
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Critiques presse (8)


  • Telerama , le 02 mai 2012
    Dans ce premier roman puissant, Silvia Avallone (née en 1984) brosse un portrait terrible de l'Italie contemporaine et de la vie familiale […].
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  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Avec ce roman hyperréaliste, entre Zola et Pasolini, Silvia Avallone brosse à l'acide les portraits de deux lolitas prisonnières de leurs illusions de pacotille
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  • LePoint , le 27 juillet 2011
    Le miracle, c'est qu'un livre aussi puissant, aussi juste soit le premier d'une jeune femme (Silvia Avallone est née en 1984) qui, se jetant dans le roman social, en évite les écueils - le pathos et les prêches - avec une belle maestria.
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  • Cyberpresse , le 20 juin 2011
    Le style est simple, fluide, accrocheur, mais ne cède rien à une certaine authenticité dans sa description d'une génération presque désenchantée.
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  • Lexpress , le 16 juin 2011
    Roman sombre et désenchanté qui peint une réalité désespérante, D'acier aurait, malgré une volonté manifeste de réalisme à tout crin […] tout du grand roman s'il ne péchait pas par un style sec, parfois hach
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  • Lexpress , le 14 juin 2011
    Silvia Avallone nous livre un beau roman sur l'adolescence tout en nous dressant le portrait de deux familles qui sonnent comme deux échos d'une Italie qui se situe loin, très loin, des paillettes Berlusconiennes.
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  • Lexpress , le 14 juin 2011
    Silvia Avallone, au printemps de sa vie, signe là un très beau premier roman et nous rappelle qu'en art ce qui compte, avant l'expérience, c'est un certain élan que l'art accorde à quelques élu(e)s seulement.
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  • Lexpress , le 14 juin 2011
    Un ouvrage aussi chaud et coloré que la coulée de fonte qui sort en fusion des hauts fourneaux de Piombino, nous rappellant ces films du néo-réalisme italien d'après-guerre.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par quiliravivra, le 07 avril 2012

    Elles couraient au milieu de la foule, se retournaient pour se regarder, se prenaient par la main. Elles savaient que la nature étaient avec elles, que c'était une force. Dans certains milieux, pour une fille, tout ce qui compte c'est qu'elle soit jolie. Si t'es un boudin, ta vie sera nulle. Si les garçons n'écrivent pas ton nom sur les piliers de la cour de l'immeuble et ne glissent pas des petits mots sous ta porte, tu n'es rien ; à treize ans, tu as déjà envie de mourir.
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  • Par Plumisa, le 08 septembre 2011

    Ça veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d’immeubles d’où tombent des morceaux de balcon et d’amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent ? Quel genre d’idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter de journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose même pas ?
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  • Par yv1, le 03 juin 2011

    Enrico, en tournant la clé de contact de sa Uno blanche, ne pensait à rien. Sinon au trajet qu'il allait faire, trois feux et deux ronds-points. Se garer dans le grand parking, devant l'entrée de la via della Resistenza, pointer à la machine, se changer dans les vestiaires, arriver à destination : la cokerie.
    Il y avait quelque chose d'immobile dans son regard, comme celui d'un animal qui fixe la gorge de sa proie. La nature dans son accomplissement quotidien : la fatigue de l'acier, les mains fermes sur le volant. S'il fallait pelleter, il pelletait. Si on le mettait au contrôle, il contrôlait. Noter les températures dans le carnet, enfoncer la pelle dan le charbon et la soulever : pour lui, tout était pareil. (p.69/70)
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  • Par oops, le 21 octobre 2011

    Les maris, s'ils n'étaient pas au travail, ne mettaient pas le nez dehors. Ils restaient là, avachis, torse nu, ruisselants de sueur, à manier la télécommande. Pas pour écouter ses connards de la télé. Juste pour mater les bimbos, ces petites garces, le contraire absolu de leurs femmes.
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  • Par zabeth55, le 17 février 2012

    Pendant une fraction de seconde infinitésimale, en regardant le visage figé et fatigué de sa femme, il se sentit une merde. Une fraction infinitésimale, pas plus.
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