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> Françoise Brun (Traducteur)

ISBN : 2867465672
Éditeur : Liana Lévi (2011)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 246 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Anna et Francesca ont treize ans, presque quatorze. C’est l’été à Piombino, ville désolée de Toscane bien loin de l’image de carte postale que l’on peut s’en faire quand on n’est pas d’ici. Chez elles, pas de vignes et Florence et son art sont bien loin. Leur quotidien ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 17 novembre 2014

    marina53
    Sous un soleil plombant, la ville Piombino déverse son lot quotidien de misères. Les hauts fourneaux de l'aciérie crachent leur fumée noire. Les familles s'entassent dans les barres de béton. Les pères, parfois les fils aussi, pointent tous les jours dans l'usine D'acier, véritable cœur de cette ville. Les mères s'acquittent à leurs tâches ménagères tandis que les enfants ont pris pour terrain de jeu la plage. Brouhaha de vaisselle, de klaxons et de cris. Au loin l'île d'Elbe, véritable oasis de bonheur, semble narguer la population ouvrière.
    L'on remarque tout de suite ces deux jeunes filles, Franscesca et Anna, 13 ans, la blonde et la brune. Deux beautés fatales, deux corps qui ne demandent qu'à être enlacés. Deux âmes soudées empreintes de liberté. Regardées avec envie parfois, jalousie ou malveillance. Elles partagent tout: les quelques pas de danse, nues devant le miroir, les désirs, les angoisses et leur endroit secret, théâtre de leur amitié qu'elles jurent inébranlable.
    Bientôt, des drames se jouent dans ces rues débordant de vie. Plan de licenciement à l'aciérie, amours et promesses trahies, des pères qui frappent leur famille, des lignes de coke qui se sniffent.
    L'on est plongé littéralement dans cette ville italienne, l'on suffoque sous ce soleil, l'on époussète ce sable collant et l'on croirait presque entendre ce bruit incessant de la rue qui s'anime de ces enfants qui crient, de ces adolescents qui se murmurent encore et toujours cette volonté farouche de sortir de tout ça. Roman social où les passions brulent au soleil, où les corps sont mis à nu et à mal. Dans cette cité où l'acier régit les gens, ces deux jeunes filles nous interpellent de par leurs rêves, leur soif de liberté, leur passion indestructible. Sylvia Avalonne nous dépeint somptueusement cette société en proie aux doutes et soucieuse, cette jeunesse trop vite confrontée aux drames et ces hommes qui démissionnent. L'écriture, à fleur de peau, est à la fois délicate et sans concession. Ce roman poignant, intelligent et d'une intensité grave est une très belle réussite.
    D'acier... et d'or...
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 21 août 2013

    carre
    L'Italie, la Toscane, Piombino, le soleil, la plage, ça donne envie, non !
    Et bien détrompez-vous le roman de Silvia Avallone est tout le contraire. A travers une dizaine de personnages, la dure réalité de petites gens dont les parents ont fait une croix d'une vie meilleure, les jeunes rêvant encore de lendemains plus florissants. On est touché par Anna et Francesca à la fois insolentes, provocantes mais aussi émouvantes. Ecœuré par la lâcheté et la violence des pères. Troublé par le mutisme des mères, les secrets ne doivent pas franchir la porte des appartements.
    Et puis au milieu de tout ça, L'aciérie, qui rythme cette petite ville industrielle, seule espoir de gagner un maigre salaire et de survivre malgré tout.
    Un roman coup de poing, noir, âpre, dur, le portrait d'une jeunesse sous l'air berlusconienne sans confession. L'écriture est au diapason. Malgré l'image idyllique de cette région, c'est bien la noirceur qui prédomine tout du long du roman de Silvia Avallone. Et même si le roman se termine sur une note d'espoir c'est la désespérance qui en est le fil conducteur.
    Une belle réussite.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 15 août 2013

    canel
    Eté 2001 à Piombini, une cité ouvrière italienne. Des femmes qui triment et souffrent, des époux et pères violents et/ou totalement irresponsables. Des jeunes qui ne veulent pas suivre ce chemin, mais qui n’ont finalement guère le choix et entrent aux aciéries dès seize ans (comme leurs voisins, leurs père et grands-pères), arrondissant les fins de mois avec petites combines, deal et vol de cuivre. Qui continuent malgré tout de rêver de l’île d’Elbe, eldorado inaccesible qu’ils aperçoivent de leur cité.
    En vedette dans ce roman, les inséparables Anna et Francesca à la veille de leurs quatorze ans, âge charnière où le corps se transforme plus ou moins harmonieusement. Elles, elles resplendissent, rendant jalouses les autres jeunes filles, amoureux les garçons, concupiscents les hommes. Elles sont deux lolitas plus innocentes et vulnérables que ne le laissent supposer leur arrogance, leurs provocations et exhibitions perverses.
    Ce roman est splendide, intense, sensuel, sobrement et magnifiquement écrit. Pauvreté, souffrance, tensions, chaleur d’un été italien sont parfaitement décrits. La sensualité qui s’en dégage dérange parfois, s’agissant de l’éveil des sens d’adolescentes. On s’y sent toujours sur un fil, comme dans certains romans de Steinbeck : entre routine et drame, entre passivité et action, entre amitié et coups de sang, entre docilité et rébellion...
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    • Livres 5.00/5
    Par Ancolie, le 05 juillet 2013

    Ancolie
    « Ca veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d'immeubles d'où tombent des morceaux de balcon et d'amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent ? Quel genre d'idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose même pas ?
    Cet endroit-là, elles s'y étaient rencontrées et elles s'étaient choisies. »
    Elles, ce sont Anna et Francesca, deux adolescentes issues d'une ville ouvrière d'Italie. Soudées par une amitié qui leur semble indestructible, elles vivent leurs quatorze ans avec un mélange d'insouciance et de fatalité. Elles ont déjà conscience des embûches que le destin leur prépare – vivre dans une cité n'offre pas la facilité, ni un avenir lumineux.
    L'amitié entre les deux filles est le noyau central du roman. Autour gravite une galerie de personnages tous aussi intéressants les uns que les autres. Il sera question d''amour, de sexe, de trahisons, de drames et D'acier.
    D'amour ? on n'échappe pas à cet idéal : trouver l'amour, le vrai et puis, on en revient, fatigué par des années de mariage usantes et décevantes.
    De sexe ? Que ce soit la première fois, une manière d'oublier le quotidien ou le sexe facile- à acheter, il est omniprésent.
    De trahisons ? Celles qui entravent l'amitié mais aussi, et surtout, celles de la vie.
    De drames ? Inceste, violence, prostitution… L'auteur se veut réaliste, rien n'est édulcoré.
    Et enfin, D'acier ? Une usine de métallurgie sert de toile de fond à l'histoire. Et puis, il y aussi l'acier trempé qui coule dans les veines des personnages : la volonté de s'en sortir malgré tout.
    J'ai été happée par ce roman, par la force qui s'en dégage. L'auteur insuffle la vie à ses personnages. Tout le long de ma lecture, j'ai eu l'impression de faire partie du décor, de marcher discrètement en compagnie d'Anna et de Francesca. Peut-être suivais-je les pas de l'auteur qui a grandi dans cette ville ?
    Si le fond est plutôt sombre, voir glauque, il reste de l'espoir et de la beauté dans le monde des deux amies. J'ai aimé ce message, que tout ne peut pas être totalement blanc ou noir. L'existence est faite de nuances, de difficultés et de beaux moments, qui que l'on soit et où que l'on vit.
    Merci à Babelio et aux éditions J'ai lu pour m'avoir offert ce livre dans le cadre de masse critique.
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  • Par trust_me, le 19 août 2012

    trust_me
    Anna et Francesca ont 13 ans. Ces deux gamines qui ne se sont jamais quittées depuis les bancs de la maternelle sont les meilleures amies du monde. Leur univers se circonscrit aux HLM de la rue Stalingrad, à Piombino, face à l'île d'Elbe. Leur quotidien, c'est la plage où se jettent les égouts. C'est aussi une vie de famille difficile. Dans cette Italie de Berlusconi, les maris sont avachis devant le petit écran pour mater les bimbos qui présentent des jeux à la con. Ils fantasment devant ces garces à la plastique parfaite, tout le contraire de leurs femmes. Anna et Francesca surnomment leur père les babouins. Celui de la première abandonne souvent sa famille et trempe dans des trafics à la petite semaine. le père de Francesca est un mari violent troublé par le corps de sa fille et qui passe ses après-midi à la regarder aux jumelles depuis le balcon. Anna a aussi un frère qui travaille à l'aciérie locale. le plus grand employeur de la ville, une usine et des hauts-fourneaux qui broient les ouvriers à coup de cadences infernales dans une chaleur insupportable.
    Les deux amies ne voient pas leur avenir de la même façon. Anna va rentrer au lycée général. Pour elle, l'éducation est la seule voie d'émancipation pour les femmes. Anna ne rêve que de plateaux télé, de mini-jupes et de talons hauts. Seule certitude pour ces ados un peu paumées, leur indestructible amitié ne les séparera jamais, quoi qu'il arrive…
    Ce premier roman est un coup de maître. Ample, dense, extrêmement construit, il pose un regard sans concession sur une Italie ayant fait du consumérisme et des reality-show graveleux la culture dominante. Un véritable « roman social », au sens le plus noble du terme. C'est également un superbe texte sur l'adolescence, ce moment où sensualité, doute et fragilité se conjuguent et où des destins de femmes se construisent parfois.
    Personnages incarnés, réalité sociale parfaitement décrite, D'acier est un texte d'une très grande force. Une divine surprise qui m'a permis de découvrir une nouvelle voix de littérature italienne actuelle et qui m'a définitivement convaincu que cette dernière ne se limitait pas au seul Erri de Luca.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/08/dacier-de-silvia-avall..
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Critiques presse (10)


  • Actualitte , le 22 août 2012
    Un style brut et percutant, tout en effervescence mais empreint de chaleur également. A fleur de peau, ardent.
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  • Lexpress , le 05 juillet 2012
    Misère, pollution, violences conjugales, espérances en jachère, Silvia Avallone réinvente le roman social avec ces pages magistrales […].
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  • Telerama , le 02 mai 2012
    Dans ce premier roman puissant, Silvia Avallone (née en 1984) brosse un portrait terrible de l'Italie contemporaine et de la vie familiale […].
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Avec ce roman hyperréaliste, entre Zola et Pasolini, Silvia Avallone brosse à l'acide les portraits de deux lolitas prisonnières de leurs illusions de pacotille
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  • LePoint , le 27 juillet 2011
    Le miracle, c'est qu'un livre aussi puissant, aussi juste soit le premier d'une jeune femme (Silvia Avallone est née en 1984) qui, se jetant dans le roman social, en évite les écueils - le pathos et les prêches - avec une belle maestria.
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  • LaPresse , le 20 juin 2011
    Le style est simple, fluide, accrocheur, mais ne cède rien à une certaine authenticité dans sa description d'une génération presque désenchantée.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • Lexpress , le 16 juin 2011
    Roman sombre et désenchanté qui peint une réalité désespérante, D'acier aurait, malgré une volonté manifeste de réalisme à tout crin […] tout du grand roman s'il ne péchait pas par un style sec, parfois hach
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  • Lexpress , le 14 juin 2011
    Silvia Avallone nous livre un beau roman sur l'adolescence tout en nous dressant le portrait de deux familles qui sonnent comme deux échos d'une Italie qui se situe loin, très loin, des paillettes Berlusconiennes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 14 juin 2011
    Silvia Avallone, au printemps de sa vie, signe là un très beau premier roman et nous rappelle qu'en art ce qui compte, avant l'expérience, c'est un certain élan que l'art accorde à quelques élu(e)s seulement.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 14 juin 2011
    Un ouvrage aussi chaud et coloré que la coulée de fonte qui sort en fusion des hauts fourneaux de Piombino, nous rappellant ces films du néo-réalisme italien d'après-guerre.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 17 novembre 2014

    Dès qu’elle voyait la mer, Anna devenait comme folle.
    Elle lâchait sac à dos et serviette n’importe où, prenait son élan et se mettait à courir. Elle courait jusqu’à ce que l’eau devienne trop haute, que ses poumons explosent dans sa poitrine, et là, elle plongeait. Elle frottait son ventre contre le dos ondulé du fond sableux, ressortait une dizaine de mètres plus loin, où l’on n’avait plus pied, même du bout des orteils. Elle adorait frôler ce dos, rêche et doux à la fois. Le toucher de la main, y enfoncer les doigts. Sous l’eau, là où les bruits du monde deviennent placenta, où le sel brûle la cornée et que tu n’entends plus que le bruit de ton coeur, qui ne t’appartient plus.
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  • Par babycomeback44, le 07 août 2013

    ça veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d'immeubles d'où tombent des morceaux de balcon et d'amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent? Quel genre d'idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de na pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livre, où la question de ne pose même pas?
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  • Par carre, le 04 août 2013

    Pour les jeunes qui vivaient dans les barres, pour les fils de personne qui suaient leur sueur et les sang dans les aciéries, la plage c'était déjà le paradis. Le seul le vrai.

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  • Par quiliravivra, le 07 avril 2012

    Elles couraient au milieu de la foule, se retournaient pour se regarder, se prenaient par la main. Elles savaient que la nature étaient avec elles, que c'était une force. Dans certains milieux, pour une fille, tout ce qui compte c'est qu'elle soit jolie. Si t'es un boudin, ta vie sera nulle. Si les garçons n'écrivent pas ton nom sur les piliers de la cour de l'immeuble et ne glissent pas des petits mots sous ta porte, tu n'es rien ; à treize ans, tu as déjà envie de mourir.
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  • Par Plumisa, le 08 septembre 2011

    Ça veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d’immeubles d’où tombent des morceaux de balcon et d’amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent ? Quel genre d’idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter de journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose même pas ?
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