ISBN : 2813101303
Éditeur : praelego (2011)


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Sur fond de guerre d’indépendance, Le Fabuleux destin d’un cahier d’écolier est un roman qui jongle entre mémoire, imagination et surréalisme.
Pourquoi mémoire ? L’action de ce roman se situe durant les événements d’Algérie entre 1961 et 1962. Page après page, ... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par virtualbook, le 04 août 2011

    Je ne sais pas combien de temps je restais ainsi endormi, cependant, quelques heures plus tard, je fus extrait de cette léthargie ambiante par un fort rayon de soleil qui vint s'écraser sur les persiennes encore fermées du salon-salle à manger. Encore tout engourdi, je ne compris pas vraiment en cet instant précis ce qui se passait et où je me trouvais à présent. A un moment même, je l'avoue, je crus me retrouver au paradis ; Oui, le paradis !! Notre paradis, celui des cahiers d'écoliers qui par je ne sais quel miracle ne finissent pas leur existence sous les flammes d'enfer d'une décharge publique. En effet, ce rayon de soleil qui transperçait ainsi les persiennes, dessinait devant moi, un large ballet de lignes parallèles et éclatantes, religieusement enserrées dans l'opacité de deux rectangles parfaits, qui en cet instant précis se transformaient pour moi, en un grand cahier d'ombres et de lumières qui faisait briller de milles feux chacune de ses lignes. Ayant partagé un temps, mon étagère dans la boutique d'Hassan avec une vieille bible récupérée, je ne sais où, javais eu le loisir de discuter avec elle et j'avais appris que les êtres humains, du moins les meilleurs d'entre eux pouvaient espérer se retrouver un jour au paradis. Un certain Saint Pierre serait là pour les accueillir. Serait-ce, mon St Pierre qui se dressait là, devant moi aujourdhui ? Et bien non !! Car à la minute même où jétais prêt à embrasser cette nouvelle destinée, mon beau cahier d'or et dombres disparu entre les deux mains de Maman qui vinrent ouvrir les persiennes pour effacer ainsi dun geste, la folle sensation mystique qui m'avait envahi. D'un trait, je retrouvais alors la conscience de ce monde dans lequel au hasard d'une rencontre mercantile j'avais investi cet appartement hier. Lentement, tout l'appartement se réveillait. J'entendis sur ma droite adossé au mur, les sept coups dun carillon en étain sur lequel il avait été finement gravé une fidèle reproduction de la basilique de « Notre Dame de Santa Cruz » située à une dizaine de kilomètres à vol doiseau de notre appartement. Plus loin, dans une pièce voisine, j'entendis la petite voix de Josy, puis celle de Jules et enfin celle de Papa. Chacun semblait vaquer à ses occupations. Dans la cuisine raisonnait le bruit sourd de petites cuillères à café que l'on dépose dans des tasses et des bols encore vides...
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  • Par virtualbook, le 04 août 2011

    Tout commença, un beau matin de Juillet. Avant dêtre ce que je suis aujourdhui, je fus un cahier d'écolier jeté dans une besace, entre deux, trois BD Marvell, une madeleine émiettée, des coquillages et une petite fiole de verre remplie de sable. Jaurais pu rester là et vous ne seriez pas en train de me lire. Pourtant sous le brouhaha des moteurs qui nous arrachaient du quai, une main vint m'extraire de cette besace pour me faire atterrir sur les jambes tremblantes d'un jeune adolescent assis sur le pont dun navire. Au fur et à mesure que nous nous arrachions de ce quai, la brise qui glissait sur moi telle une caresse se transformait en un vent violent qui faisait claquer ma couverture. C'est alors qu'une main tremblante vint interrompre ce va et vient forcé, pour la plaquer et ouvrir mes blanches pages au désir d'écriture de mon jeune auteur.
    Ces premières lignes, je vous les ai données dés ma première page et même si elles vous ont déconcertées, elles sont à elles seules l'essence de ce que je suis aujourdhui. Autrement dit, l'histoire de mon auteur, un jeune adolescent qui je ne sais pourquoi, s'est senti ce matin là, obligé de coucher sur le papier tout l'amour qu'il portait au pays qui s'arrachait lentement à lui.
    Il était 7h30, quand les premières bulles d'encre vinrent maculer ma page blanche. J'ai d'abord pensé que je n'étais qu'un brouillon, le brouillon d'une lettre qui serait adressée. Un courrier sans prétention, semblable à mille autres sur lequel j'apprendrai à un inconnu que le soleil brille, que les oiseaux chantent. Pourtant très vite, je compris quil n'en était rien, sous les doigts étrangement crispés de mon auteur, la bille du stylo marquait chacune de mes lignes avec une telle intensité que je m'en sentais incisé. Il s'agissait ici, d'autre chose ! D'un sentiment bien plus profond et la larme qui vint s'écraser et se mêler à l'encre encore fraîchement déposée ne fit que me confirmer que dés maintenant je serais et je resterais peut-être pour lui, l'empreinte de son histoire. Il fallait qu'il écrive cette lettre que je vous ai proposée dés ma première page. En faisant d'Oran une femme, il espérait certainement pouvoir directement s'adresser à sa ville. La personnifier, c'était s'assurer un dialogue avec elle, et pourquoi pas des réponses à toutes les questions qu'il se posait...
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  • Par virtualbook, le 04 août 2011

    Quoi ? Tu as honte d'être pied noir ?

    -Non, je rejette juste l'image qui m'a été imposée depuis des générations et des générations et que je trimballe depuis. Nous sommes restés englués dans cette identité de colons armés qui ont débarqué un jour, sur cette terre avec leurs belles bottes de cuir noir lustrées. Baptisés dés notre premier pas posé sur cette terre, nous n'avons jamais su nous se détacher de cette première image que nous avions laissé à ces hommes chez qui nous venions nous installer. Nous sommes restés pour eux, cette image de bottes en cuir noir qui vient fouler une terre qui ne leur appartient pas. Ce n'est pas étonnant alors qu'aujourdhui, ils nous rejettent tous en bloc en nous considérant tous comme des étrangers. Des pieds noirs, des envahisseurs d'un autre temps qui malgré les années passées n'ont pas su effacer l'image stéréotypée de ces bottes qui leurs collent à la peau pour les assimiler à tout jamais à un colonialisme exacerbé. Oui, je comprends les arabes, je comprends leur volonté d'émancipation pour retrouver une identité culturelle et politique et non, je ne peux accepter que cela soit fait dans la terreur, le meurtre et les actes de barbaries.

    -Je crois rêver, non cauchemarder !! Comment peux-tu me lancer de telles inepties à la gueule en me regardant dans les yeux.

    -Oui, je te regarde dans les yeux ! Et je suis fier de penser et d'être ce que je suis aujourd'hui. Je n'aurai jamais sur mes mains le sang de mes frères. Tu me reproches de ne pas m'engager, de ne pas choisir mon camp mais comment pourrai-je choisir ? Je suis un peu de tout cela ! Jamais personne ne pourra me convaincre que nous trouverons notre salut dans cette guerre fratricide ...
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